Archives du 10 mars 2009

Les manipulations de Bernard Carayon

Président d’une « Fondation » appelée Prometheus, le député-maire UMP de Lavaur s’agite. Le quotidien « La Dépêche du Midi » en date du 1er mars rend compte, à travers une interview de B.Carayon, de la dernière initiative de Prometheus concernant le « baromètre 2009 de transparence des ONG ». Plus de 90 ONG recevant des subventions de la Commission Européenne et du Ministère des Affaires Etrangères ou qui ont participé au Grenelle de l’environnement ont été soi-disant évaluées. Il s’agissait à partir de 10 critères de juger la transparence financière et la gouvernance…d’après leur site internet. L’objectif affiché de ce drôle de baromètre de transparence des ONG doit constituer « un plaidoyer pour la création à l’échelle nationale et européenne d’un label- société civile- d’agrément aux ONG candidates aux subventions financières ou communautaires »

Chaque ONG est notée sur 10, passons rapidement sur les « bons élèves » dont la Croix- Rouge pour nous arrêter sur les derniers de la classe parmi lesquels- attention, vous allez être surpris…Greenpeace France, ATTAC, France Libertés ( Danielle Mitterrand), la CRIIRAD, France Nature Environnement, et enfin en voie d’exclusion Objectif 21 ( Corinne Lepage).

Mais quels sont donc les membres du jury de cette curieuse fondation d’entreprise « Promotheus » créée en 2005 ? Asseyez vous, vous êtes prêts ?… Les membres du conseil d’administration sont : Alsthom, Areva (nucléaire), Dassault Aviation, EADS, Sagem Défense Sécurité, Thalès, Sanofi, etc…Le directeur général n’est autre qu’un attaché parlementaire de notre député rouletabille.

Pourquoi un tel intérêt pour les ONG de la part de ces « grands industriels » et de leur fondation dont le but est « l’analyse, la prévision et la prospective sur les questions de mondialisation » ? Ils avancent un début de réponse : il faut « amorcer une clarification nécessaire au regard de la montée en puissance des ONG » .D’ailleurs B.Carayon, dans « Valeurs Actuelles » en date du 19 février ( hebdomadaire de la droite libérale, rachetée dernièrement par un grand laboratoire pharmaceutique) écrit : « Les ONG sont devenues au cours des 30 dernières années des acteurs importants de la mondialisation ».

Force est de constater qu’il est pour le moins étonnant de découvrir que ce baromètre, présenté comme une étude indépendante avec des critères objectifs est de fait, commandé, réalisé, par de grands groupes de l’armement et du nucléaire vis à vis d’ONG dont l’activité principale ou secondaire peut être de contester leurs choix.

France Nature Environnement l’écrit d’ailleurs :« Recevoir des leçons de transparence de la part d’entreprises elles-mêmes, peu transparentes est inadmissible ». Elle dénonce une enquête très légère et des contre-vérités inacceptables.

Le manipulateur en gros sabots ne s’arrête d’ailleurs pas là puisqu’il ne peut s’empêcher d’écrire que « Les associations hostiles à l’autoroute Castres-Toulouse se rattachent à France Nature Environnement ».Les 3000 autres associations rattachées également à cette dernière savent à quoi s’en tenir. Le but de la manœuvre est donc clair …

B.Carayon n’aime pas les associations et leurs nombreux bénévoles, qui pourront très bientôt faire plus que le noter, lui l’indispensable lobbyiste professionnel au service de grands intérêts financiers.

total

 

 

Les fréquentations de Bernard Carayon

Début mars, dans notre département, une réunion était organisée par le Mouvement National des Elus Locaux ( le MNEL) rassemblant plusieurs dizaines d’élus tarnais en présence de Bernard Carayon ( député maire de Lavaur), de Pascal Bugis, de Laurent Bonneville ( maire de Mazamet), etc… et du dénommé Alain Robert, secrétaire général de ce mouvement qui rassemble des élus UMP.

Mais qui est donc cet Alain Robert ?

Non, il ne s’agit pas de l’homme araignée escaladant les buildings du monde entier à mains nues mais il mérite assurément d’être connu.

L’homme fut à l’origine de nombreux mouvements qualifiés en leur temps de fascistes.

Jugez en plutôt :

En avril 1964, il participe à la création du mouvement Occident, devient son responsable action ( comprendre à la tête de divers commandos) jusqu’à sa dissolution en 1968.Ce mouvement se distingua par des attaques violentes contre des librairies, des cinémas, des locaux syndicaux, etc…

En 1969, avec d’anciens membres d’Occident, en particulier ceux regroupés dans le GUD (Groupe Union Droit) , qui feront régner par la force l’ intimidation ( pléonasme) dans de nombreuses facultés, il participe à la création d’ « Ordre Nouveau » et fera partie de son bureau politique. Les maîtres à penser de ce mouvement seront Primo de Rivera, fondateur de la Phalange espagnole, le Portugal du dictateur Salazar, les Colonels grecs ,sans oublier de nombreux responsables du régime de Vichy, etc…

En octobre 1972, il est à l’initiative de la création du Front National dont il devient le secrétaire général qu’il quittera en novembre 1973 pour fonder un autre parti d’extrême droite : le Parti des Forces Nouvelles ; membre de son bureau politique.
1978 : création de l’Eurodroite( divers mouvements fascistes européens)

1981 : il rejoint le CNIP ( Centre National des Indépendants et Paysans) – droite très libérale-

Plus tard, il se recycle chez Pasqua puis chez Pandraud et deviendra secrétaire général du MNEL .

J’étais alors en 1970 étudiant en Sciences Economiques à l’université Paris 1 (Assas), adhérent alors à l’UNEF et au PSU ( Parti Socialiste Unifié) ; c’est dans cette faculté qu’Alain Robert et ses sbires, barres de fer à la main, pourchassaient tous les étudiants progressistes et je dus quitter comme d’autres Paris 1 pour commencer des études d’histoire à la faculté de Censier.

Je me souviens comme si c’était aujourd’hui de l’avoir vu descendre le grand escalier de la Sorbonne en faisant le salut fasciste.

Bernard Carayon, dans sa prime jeunesse a fréquenté de près ces divers mouvements d’extrême droite ; il reste fidèle en amitié politique en invitant dans le Tarn son ami Alain Robert.

Sur la photo parue dans le journal la Dépêche du 4 mars, P.Bugis est assis à la tribune entre les deux hommes, il y a certainement de meilleures places.

 

 

« Les enfants du voyage »

Non assistance à enfants en danger ? C’est ce principe qui nous a guidé quand le jeudi 8 janvier, à l’occasion des vœux de la municipalité, les 5 conseillers municipaux d’opposition ( Castres A Gauche Vraiment) ont refusé de monter sur l’estrade aux côtés du Maire.

Nous venions d’apprendre que P.Bugis avait brutalement interrompu tout transport scolaire des enfants du camp de la Vivarié .En plein hiver ,sous la neige, plus de 60 d’entre eux ( 9 pour les collèges, 34 pour les écoles primaires, 17 pour les écoles maternelles), âgés de 3 à 15 ans se voyaient privés d’accès à l’école. Comment pouvions nous un seul instant nous taire alors qu’aux portes de notre ville, cette souffrance subie par les enfants était inacceptable ? Une nouvelle fois, la réaction du maire fut pour le moins indigne : il parla d’ « attaques politiciennes » et plus grave proféra un mensonge qui ne fut pas relevé par la presse quotidienne en affirmant que « l’assistance au transport scolaire n’est pas remise en cause ».

De nombreuses protestations émanant de la FCPE de Castres, du « collectif des Droits de l’homme », du MRAP, de syndicats enseignants, en direction de l’IDEN ( Inspecteur Départemental de l’Education Nationale), du sous-préfet, ont relayé la position des élus .

Le maire de Castres qui avait refusé de répondre à une question d’André Martinez ( conseiller municipal) au cours du Conseil municipal du 16 décembre, concernant la disparition de tout accompagnement social et qui n’envisageait d’étudier la question du transport que fin février a enfin rétabli celui-ci fin janvier. Résultat : 3 semaines sans école pour la plupart des enfants. Cela n’aidera en rien l’intégration d’une population en grande difficulté pour laquelle l’école et la scolarisation demeurent la seule espérance. Avec des associations de Castres, nous demandons la construction d’un local pour les enfants sur l’aire de la Vivarié .

P.Bugis perd son sang froid( cela devient une triste habitude) en accusant la gauche de n’avoir rien fait entre 1995 et 2001, ce qui est faux ! Si le problème du déménagement n’a pas en effet été réglé, bien souvent d’ailleurs à cause des protestations orchestrées par la droite, il aura fallu 7 ans à la nouvelle municipalité et donc une année supplémentaire de mandat pour que le déménagement ait lieu.

Il faut toutefois noter que l’aire de la Vivarié financée en grande partie par l’Etat ( loi Besson) ne correspond aucunement à une « aire de passage » puisqu’il n’y séjourne que des sédentaires.

Depuis le début, nous avons accompli notre rôle d’élus citoyens …tout simplement et humainement.

 

 

Lameilhé : de 30 millions € A 8 millions € ( ?) ou l’histoire d’unmensonge

Chacun se souvient : Décembre 2007 après un communiqué de presse, nous avons distribué un tract concernant l’éventuelle rénovation du quartier de Lameilhé. Il est utile aujourd’hui de relire ce que nous écrivions alors :

« …. Promettre une requalification du quartier de Lameilhé et la rénovation des HLM relève à ce jour d’une publicité mensongère. Présenter un projet à hauteur de 30,6 millions € alors qu’on ne peut inscrire dans le budget 2008, qu’un million € pour la passerelle n’est pas sérieux. En effet, si une démarche de contractualisation est entamée avec l’ANRU (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine), elle n’en est qu’à un stade technique donc avec aucune promesse de financement. (…) .Que de temps perdu depuis plus de 6 ans pour engager une réelle rénovation alors que les conditions de vie se dégradaient. Nous espérons qu’enfin Lameilhé soit un quartier enfin réhabilité mais il ne faudrait pas que les illusions créées aujourd’hui entrainent les déceptions de demain. Il en va du respect que l’on doit aux habitants de ce quartier ».

Lors de la campagne électorale pour les municipales, P. Bugis n’a pas hésité à organiser une réunion à Lameilhé où furent exposées devant les habitants les grandes lignes du projet à hauteur de 30,6 millions €..

Une nouvelle fois , le Maire est pris les doigts dans la confiture du mensonge.

INTOX

Le Maire de Castres prétend qu’il n’a pas reçu le financement de l’ANRU car le quartier de Lameilhé n’a jamais été classé en ZUS (Zone Urbaine Sensible) par la dernière municipalité avant son premier mandat en 2001. Suivez mon regard, c’est la faute à la municipalité d’Union de la Gauche.

DESINTOX

Si telle était la condition pour obtenir des financements, P. Bugis le savait pertinemment en décembre 2007, en février 2008 etc… Si des démarches ont été effectivement entreprises par la municipalité UMP, pour au moins obtenir le financement du « cœur du projet » ,c’est que l’on pensait qu’elles pouvaient aboutir.

Si ce quartier n’a pas été classé ZUS avant 2001, c’est qu’il ne remplissait pas les conditions requises ; chacun comprendra que la situation s’est fortement dégradée (c’est d’ailleurs écrit dans le « Contrat Urbain de Cohésion Sociale ») au cours de ces dernières années.

C’est un échec, bien sûr des projets verront le jour, nous les soutiendrons mais force est de constater que depuis le début de ce dossier le mensonge est au rendez-vous.

sos-castres

 

La démocratie locale en berne

Le 21 mars 2008 lors de l’installation du nouveau Conseil Municipal, sous forme de boutade, je déclarais : « vous avez aimez Bugis 1, vous adorerez Bugis 2 ». J’espérais alors me tromper et croyais à l’avènement d’une démocratie apaisée dans notre Ville, dans l’intérêt de l’ensemble de la population. J’ajoutais « Nous jugerons sur vos actes et en particulier sur le choix d’élus de l’opposition pour siéger à la Communauté d’Agglomération ».

Le 4 avril 2008, nouveau Conseil Municipal pour désigner des représentants de la Ville au Conseil de la Communauté d’Agglomération. Rappelons que celle-ci a été créée le 1er janvier 2000, la ville de Castres dispose de 26 délégués, rappelons également que sous la municipalité Mandement 3 sièges furent accordés à la Droite (si la loi impose la représentativité de l’opposition pour les Communautés Urbaines, elle ne l’impose pas pour les Communautés d’Agglomération).

P. Bugis refuse une nouvelle fois tout siège à son opposition. Je déclare alors : « qu’il s’agit là d’un déni de démocratie, un bien mauvais départ et un bien mauvais signe envoyé à la population, d’autant plus que vous n’êtes élu qu’avec 50 % des voix, donc 50% des électeurs ne seront pas représentés »…

Vous n’êtes pas sans savoir que le champ de compétence de la C. A. est très important puisqu’il concerne en autres le développement économique, les routes, l’habitat, le social etc

P. Bugis prend l’engagement : « On vous donnera des informations de manière systématique, sous forme de documents, après chaque conseil de la C. A., vous aurez l’ensemble des délibérations qui auront été passées et je peux même vous dire que je serai partisan de vous livrer l’ensemble des comptes rendus des Bureaux, de manière à ce que vous ayez l’information que vous êtes en droit d’attendre sur le fonctionnement de la C. A. ».

Un an après, nous attendons toujours

A noter que l’opposition municipale d’Albi est représentée dans la Communauté d’ Agglomération, elle y siège, peut intervenir dans les débats (toutefois elle n’a pas le droit de vote). Il était donc possible de faire la même chose à Castres, mais dans notre ville une fois de plus, la démocratie ne franchit pas les portes de notre Mairie.

Le 9 avril 2008, nouveau Conseil Municipal à l’ordre du jour la mise en place des « commissions municipales d’études » et des « représentants de la municipalité » dans diverses institutions. Nous constatons, que le nombre de places réservées à l’opposition est en baisse dans de nombreuses commissions.

Beaucoup plus grave, l’opposition est exclue d’un certain nombre d’organisme :

le C.A. de l’Office Public de l’habitat (ex O.P.H.L.M.)

majorité 5 sièges

opposition 0

le C.A du centre Hospitalier Inter Communal (CHIC)

majorité 3 sièges

opposition 0

Syndicat mixte du conservatoire de musique et de danse

majorité 4 sièges

opposition 0

Office du tourisme

majorité 6 sièges

opposition 0

Comité de la foire économique de Castres

majorité 6 sièges

opposition 0

OMEPS

majorité 3 sièges

opposition 0

Le C.A. du comité des œuvres sociales du personnel territorial

majorité 6 sièges

opposition 0

Véritable régression démocratique. Pour la première fois, des membres de l’opposition ne siègent pas dans les Conseils d’Administrations des établissements publics locaux d’enseignement, comprendre les collèges et les lycées. De tout temps, un membre de l’opposition était délégué (il y a 3 sièges par lycée et 2 sièges par collège).

Certains d’entre vous se sont étonnés de nous voir absents à des moments importants de la vie de notre cité, il faut savoir que le Cabinet du Maire, prend manifestement plaisir à ne pas transmettre les invitations nécessaires. Là encore, c’est une première.

bugis-park

P.Bugis a prévu la crise:

Le 28 mai, il n’a pas hésité à augmenter  » ses indemnités  » de 100% ( moins que N.Sarkozy il est vrai ).

Son salaire mensuel comme maire de Castres, s’élève à 3.367,13 auquel il faut rajouter son salaire de président de la communauté d’agglomération à hauteur de  2.993.
Soit un total de 6.360€. Sachant que dans le même temps il a conservé son activité professionnelle comme avocat.

Toutes nos félicitations.

Il en est de même pour un jeune promu directeur général adjoint des services qui se voit offrir un logement de fonction : montant mensuel du loyer 850€.