Archives du 23 mars 2009

Francisco Ferrer oublié

 

 

Dans le bulletin trimestriel de l’association  «  Casa de Espana » de Castres : « El abanico », un article rappelle très opportunément l’histoire de Francisco Ferrer. Je me permets d’en citer quelques passages importants.

 

 

 

 

2009  : 150° anniversaire de la naissance de Francisco Ferrer

et centenaire de son exécution .

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Une rue du centre de Castres porte son nom , mais qui connaît cet homme ?

 

Francisco Ferrer Guardia était un libre-penseur , révolutionnaire, célèbre pédagogue dans le monde entier et éditeur.

 

Il est né à Allela le 10 janvier 1859 ( la même année que Jean Jaurès dont on célèbre le 150° anniversaire) dans un village près de Barcelone, treizième de quatorze enfants d’agriculteurs très catholiques.

A 14 ans il est placé chez un minotier qui le marque par ses idéaux républicains. Francisco lit beaucoup, s’intéresse à la politique et commence à fréquenter les milieux socialistes et anarchistes.

En 1883, il rejoint la compagnie des chemins de fer et devient membre du Parti Républicain Progressiste ( dont le chef est Ruiz Zorilla).

En 1886 il est obligé de s’exiler à Paris avec Teresa Sanmarti ( après l’échec du coup d’Etat du général Villacampa qui voulait proclamer la République). Il aura 3 enfants.

En 1890, il s’affilie à la loge du Grand Orient de France.

 

Il travaille à un projet éducatif de l’Ecole Moderne qu’il établit à Barcelone en 1901 : cette école mixte et laïque où la coopération était encouragée et la compétition exclue.

Elle rencontre un grand succès et de nombreux centres éducatifs voient le jour dans tout le pays. Aujourd’hui encore, «  l’école moderne » est étudiée par de nombreux enseignants et parents.

Francisco écrit pour le journal : «  La Huelga General » ( la Grève Générale) de 1901 à 1903 puis fonde son propre journal «  Solidaridad Obrera » ( Solidarité Ouvrière ) en 1907.

Il crée l’Ecole Moderne en France puis en Belgique où il fonde la Ligue Internationale pour l’Education Rationnelle de l’Enfance ( Anatole France en est le président honoraire).
En 1908, il édite l’Ecole Rénovée.

 

La Catalogne fut bientôt en pleine effervescence car les réservistes venaient d’être mobilisés pour aller combattre au Maroc. A Barcelone, cette mesure impopulaire déclencha une émeute qui se transforma très vite en une véritable insurrection.
En 1909, il est jugé coupable devant un tribunal militaire d’être l’un des instigateurs de la « Semaine Tragique ».

Malgré l’absence de preuves, Francisco Ferrer fut condamné à mort le 12 octobre 1909 et fusillé le lendemain matin, dans les fossés de Montjuich.
Face à ses bourreaux, il s’écria : je suis innocent ! Vive L’Ecole moderne !

La nouvelle de son exécution provoqua une explosion de colère dans le monde entier. Le jour même, toutes les capitales furent secouées par de violentes manifestations.

A Paris, la manifestation rassembla plusieurs dizaines de milliers de personnes dont Jean Jaurès.

D’ailleurs en visitant l’exposition : «  Jean Jaurès : l’homme de paix » actuellement au Collège Jean Jaurès de Castres, on peut découvrir que Jean Jaurès fut malmené par les forces de police à l’occasion de cette manifestation.

 

Surpris par l’ampleur de la réprobation, le gouvernement espagnol démissionna une semaine plus tard.

 

Il est intéressant de noter que le département du Tarn fut l’un des premiers en France en 1909 à lui rendre hommage : six villes auront une rue Francisco Ferrer (aujourd’hui il ne reste que Carmaux et Castres).

 

Récemment, Alain Boscus ( directeur de Centre National et Musée Jean Jaurès de 1987 à 2003) me rappela qu’en 1989, un important colloque à la mémoire de Francisco Ferrer fut organisé à Castres et qu’une brochure fut éditée.

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1959 : meeting en l'honneur de F Ferrer en présence d'Albert Camus