Archives du 3 avril 2009

La culture jetable

 

 

Trop de festivals tuent le festival

 

 

 

Il était une fois, dans notre belle ville de Castres, un festival d’été né sous une bonne étoile dans les années 80 avec la municipalité de Jean Pierre Gabarrou. Il était le fruit de l’amour et de la raison ; son concept et son nom furent longtemps étudiés pour que les habitants de notre ville se reconnaissent en lui, en soient fiers et que l’on vienne de toute la contrée et plus loin encore apprécier le bonheur d’être à Castres. Son nom évoquait le musée d’art hispanique ce qui ne manquait pas de faire apprécier celui-ci à des visiteurs de passage qu’on appelle des touristes.

 

Les plus grands de la chanson et de la danse espagnole, flamenco, se succédèrent à Castres mais pas seulement. Il grandit, traversa les diverses municipalités de Limouzy avec Mme Salvan jusqu’à la municipalité d’A.Mandement et de votre serviteur, délégué à la culture. Il s’ouvrit à d’autres musiques, notamment méditerranéennes et l’on annonçait sa programmation dans les gazettes nationales, dans les magazines des festivals de l’été, sur les murs de Toulouse . Il était aidé financièrement pour sa qualité par le ministère de la Culture (DRAC), la Région Midi-Pyrénées, le département. Bien sûr, il était perfectible…

 

Brutalement, sa vie fut interrompue dés le premier été de 2001 qui vit l’arrivée du nouveau édile qui, du passé faisait table rase. Il faut beaucoup de temps, de volonté pour faire grandir et connaître un festival, de même pour que Castres devienne un lieu où les touristes aient plaisir à s’arrêter quelques jours. Eh oui ! Notre cité doit se battre plus que les autres pour exister et se développer, certains appellent cela « le syndrome de la sous-préfecture ».

 

Aujourd’hui, ici même, dans le domaine culturel, ce n’est plus la patience de bâtir sur la longue durée mais c’est le règne de l’éphémère et de la superficialité.

La moindre initiative devient festival, apparaît sans réflexion ni concertation et disparaît aussi vite, même si certaines peuvent être de qualité comme « A Portée de rue » notamment mais nous le devons davantage au dynamisme de la présidente et de son association « Forum » qu’à la municipalité.

 

On annonce déjà une baisse du nombre de spectacles et du financement d’ « Extravadanses » «  ça s’en va et ça revient »… et l’on claironne « à tue tête » la création d’un nouveau festival avec, il est vrai, un artiste et deux groupes de grande qualité.

Pourquoi habiller du nom de festival des prestations qui ne font pas une identité forte permettant une attraction d’été pour la ville, festival «  Canada Dry »assurément.

 

A la veille du vote de la délibération, au Conseil municipal du 31 mars, je constate au Secrétariat général que le dossier est complètement vide, pas de budget prévisionnel, pas de contrat… en infraction de la loi.

Il est annoncé pourtant que la ville devra payer 185 850 € pour les 3 soirées mais il n’y a pas plus de précisions pour l’instant, ce qui n’empêchera pas le Conseil municipal de voter cette délibération ( chèque en blanc ?).

Au cours du débat, le maire, perdant son sang froid répondit au député qu’ «  il n’avait rien à faire de la presse nationale et de l’attractivité de la ville » .

Ah bon ! Veut-on que Castres ne soit connue que par ses mesures sécuritaires à répétition ( couvre feu pour les mineurs, CDDF, vidéosurveillance, etc…)?

Il faudra bientôt reconstruire les remparts de la ville.

A suivre…