La culture jetable
Publié dans c) Vie municipale (86), le 03/04/2009 à 8:19, par admin
Trop de festivals tuent le festival
Il était une fois, dans notre belle ville de Castres, un festival d’été né sous une bonne étoile dans les années 80 avec la municipalité de Jean Pierre Gabarrou. Il était le fruit de l’amour et de la raison ; son concept et son nom furent longtemps étudiés pour que les habitants de notre ville se reconnaissent en lui, en soient fiers et que l’on vienne de toute la contrée et plus loin encore apprécier le bonheur d’être à Castres. Son nom évoquait le musée d’art hispanique ce qui ne manquait pas de faire apprécier celui-ci à des visiteurs de passage qu’on appelle des touristes.
Les plus grands de la chanson et de la danse espagnole, flamenco, se succédèrent à Castres mais pas seulement. Il grandit, traversa les diverses municipalités de Limouzy avec Mme Salvan jusqu’à la municipalité d’A.Mandement et de votre serviteur, délégué à la culture. Il s’ouvrit à d’autres musiques, notamment méditerranéennes et l’on annonçait sa programmation dans les gazettes nationales, dans les magazines des festivals de l’été, sur les murs de Toulouse . Il était aidé financièrement pour sa qualité par le ministère de la Culture (DRAC), la Région Midi-Pyrénées, le département. Bien sûr, il était perfectible…
Brutalement, sa vie fut interrompue dés le premier été de 2001 qui vit l’arrivée du nouveau édile qui, du passé faisait table rase. Il faut beaucoup de temps, de volonté pour faire grandir et connaître un festival, de même pour que Castres devienne un lieu où les touristes aient plaisir à s’arrêter quelques jours. Eh oui ! Notre cité doit se battre plus que les autres pour exister et se développer, certains appellent cela « le syndrome de la sous-préfecture ».
Aujourd’hui, ici même, dans le domaine culturel, ce n’est plus la patience de bâtir sur la longue durée mais c’est le règne de l’éphémère et de la superficialité.
La moindre initiative devient festival, apparaît sans réflexion ni concertation et disparaît aussi vite, même si certaines peuvent être de qualité comme « A Portée de rue » notamment mais nous le devons davantage au dynamisme de la présidente et de son association « Forum » qu’à la municipalité.
On annonce déjà une baisse du nombre de spectacles et du financement d’ « Extravadanses » « ça s’en va et ça revient »… et l’on claironne « à tue tête » la création d’un nouveau festival avec, il est vrai, un artiste et deux groupes de grande qualité.
Pourquoi habiller du nom de festival des prestations qui ne font pas une identité forte permettant une attraction d’été pour la ville, festival « Canada Dry »assurément.
A la veille du vote de la délibération, au Conseil municipal du 31 mars, je constate au Secrétariat général que le dossier est complètement vide, pas de budget prévisionnel, pas de contrat… en infraction de la loi.
Il est annoncé pourtant que la ville devra payer 185 850 € pour les 3 soirées mais il n’y a pas plus de précisions pour l’instant, ce qui n’empêchera pas le Conseil municipal de voter cette délibération ( chèque en blanc ?).
Au cours du débat, le maire, perdant son sang froid répondit au député qu’ « il n’avait rien à faire de la presse nationale et de l’attractivité de la ville » .
Ah bon ! Veut-on que Castres ne soit connue que par ses mesures sécuritaires à répétition ( couvre feu pour les mineurs, CDDF, vidéosurveillance, etc…)?
Il faudra bientôt reconstruire les remparts de la ville.
A suivre…
06/04/2009 à 13 h 50 min
M. Guérineau, concernant le Festival « A tue-tête »,
vous parliez en Conseil municipal de concurrence avec Albi alors que nous
devrions être en position de complémentarité.
Dans une vision solidaire des territoires, donc en théorie,
Castres pourrait être le complément d’Albi.
Mais Castres, qui est enclavé contrairement à la Préfecture, doit se battre et
considérer Albi comme sa concurrente, dans la mesure où elle nous considère comme telle.
Je ne pense pas que les touristes seraient prêts à venir dans une ville complémentaire,
un complément n’étant qu’une information en plus qui n’apporte rien au principal.
Pour exister il faut offrir une offre concurrente.
Pourquoi la chanson française ne pourrait-elle pas s’implanter à Castres ?
Albi n’a aucun monopole sur elle.
Je vous rappelle que « Pause guitare » dont la programmation est beaucoup plus
ecclectiques était auparavant programmé à Monestiès et depuis peu à Albi.
L’identité vient avec le temps. Et le thème de la chanson française est fédérateur.
Concernant ensuite, le Festival Goya, j’ai l’impression que vous mythifiez un événement
parce que vous y avez travaillé de près. C’est de l’ordre du sentimental.
Les plus grands du Flamenco et de la chanson espagnole se sont succédés.
Etes-vous sûr que les Castrais s’étaient réellement identifiés à un pays qui
n’est pas le leur ?
Concernant à « Portée de Rue », c’est une idée initiale de P.Bugis.
Même si sa présidente est des plus dynamiques, rien n’aurait pu se faire sans
l’impulsion de la ville de Castres et son soutien, ce que ses organisateurs omettent
trop souvent de préciser.
C’est un très bon festival comme vous l’avez noté, qui bénéficie chaque année de très
bonnes critiques dans la presse nationale spécialisée (la musique classique étant encore
aujourd’hui un milieu quelque peu élitiste mais l’art lyrique et l’opéra à Orange et Aix
ne le sont-ils pas aussi ?) Même si à Castres on peut se satisfaire qu’un festival de
cette qualité soit une manifestation des plus populaires.