Journal d’Ici et d’Hier…
Publié dans l) Le dessous des cartes (59), le 08/04/2009 à 9:49, par admin
« Vous avez réagi »
« Un actif sur deux occupe un emploi public »
Cette phrase est extraite de l’édito d’un hebdomadaire tarnais signé par son directeur délégué. Emporté par son élan, ce dernier fustige, il est vrai depuis des années ,tout ce qui ressemble de près ou de loin à un fonctionnaire. Ces derniers temps, pourtant les attaques s’étaient espacées. S’agit-il d’une rechute ?
C’est bien connu, les fonctionnaires sont trop nombreux en France (infirmières , enseignants, postiers , policiers, gendarmes, …) . C’est un scandale !
Que disent les chiffres ?
Population active ( 2005) : 27 635 000 personnes d’après l’INSEE
Emploi total : 24 870 000 ( personnes ayant un emploi)
Effectif des trois fonctions publiques ( d’Etat, hospitalière, territoriale) : 5 179 000 agents publics ( pas tous fonctionnaires : contractuels- de plus en plus-vacataires – de plus en plus- )
Un calcul très simple donne un pourcentage d’agents publics par rapport à la population active de 18,74%.
On retrouve ce pourcentage dans « l’Etat de la France, éd.2007-2008 » : 18,3 %.
Il fallait donc écrire : Moins d’1 actif sur 5 occupe un emploi public et non « un actif sur deux ».
Il s’agit donc d’une erreur importante qui sera donc rectifiée dans un prochain numéro de l’hebdomadaire à moins que l’ aveuglement « idéologique » de l’auteur l’en empêche.
Dans le même édito, haro sur la haute fonction publique coupable « d’indécente goinfrerie ».
Nous sommes toujours dans le même registre pourtant il ne semble pas que la majorité des patrons du CAC 40 et la joyeuse bande du Fouquet’s soient tous issus des « serviteurs de l’Etat ».
Un exemple parmi d’autres :le dénommé Thierry Morin, l’ex PDG de Valéo où 1600 emplois vont être supprimés a hérité d’un joli parachute doré de 3,2 millions d’euros.
Celui-ci est sorti avec une maîtrise de gestion de l’université Paris IX Dauphine puis Groupe Schlumberger, directeur général de Thomson Consumer Electronics…
Si « défaillance » il y a , il s’agit de celle du politique, en particulier de ceux qui depuis des années, ont souhaité la dérégulation du système financier pour des raisons idéologiques.
Il est d’ailleurs pour le moins surprenant de voir aujourd’hui le modèle économique et social français cité en exemple dans le monde entier.
Il apparaît dans ce contexte de crise économique que les salariés, les retraités, le chômeurs, les surendettés sont mieux protégés de ce côté ci de l’Atlantique.
Qu’avons nous entendu et lu en effet depuis une vingtaine d’années ? Le modèle français était « moribond, archaïque, jacobin, keynésien, crypto-communiste et tutti quanti » Et notre éditorialiste départemental en rajoutait encore.
Cerise sur le gâteau : il s’agit vraiment d’une vilaine rechute : « un demi-siècle d’enseignement marxisant de la lutte des classes » serait une spécificité française.
Il y a vraiment très longtemps que l’on n’avait lu une telle phrase ( à part peut être dans la presse d’extrême droite) qui relève du pur fantasme .
Profitant d’une mauvaise météo qui sévissait hier à Castres, je décidais de passer deux heures à la bibliothèque pour consulter tous les éditos de l’hebdomadaire concernant l’année 2008 et l’année 2009. Plaisir assez masochiste, avouons le !
Contrairement au souvenir des années précédentes, l’ensemble ne verse pas dans une dérive que l’on pourrait qualifier de poujadiste, mais il est étonnant de noter que les mots « cris d’orfraie » reviennent souvent (plus de 6 éditos) poussés soit par des syndicalistes, des « droits-de-l’hommiste »(expression très connotée),les politiciens (habituellement de gauche), à croire que le débat démocratique se limite à pousser des cris d’oiseau d’une manière répétitive et inconsidérée.
Billet d’humeur
Le même hebdomadaire invente l’interview sans question ( procédé journalistique à déposer d’urgence au concours Lépine) .
En effet, en première page annonce d’une « interview vérité » du maire P.Bugis avec grande photo. A l’intérieur, plus d’ une page avec très grande photo mais pas l’ombre d’une question.
Procédé étonnant qui permet au maire de Castres de dérouler tranquillement , sans être dérangé, son bilan. Rassurez vous, tout va bien. Faire mieux serait indécent.
Pourquoi rajouter le mot vérité au mot interview ( qui n’en est pas une) ?
Existerait il une interview- bobard, une interview- boniment, etc…ou faut il absolument rajouter le mot de vérité aux propos du maire de Castres tant celui-ci nous aurait habitué à la désinformation ?