« L’accent du pays »
Publié dans h) Coups de coeur (66), le 09/04/2009 à 9:51, par admin
Cher(e) ami(e),
L’Antidote se repose une semaine et part respirer l’air du grand large de la Charente-Maritime, département d’origine de mes grands parents maternels, de ma mère, etc…
Aussi loin que je me souvienne, j’y retournais à chaque vacance, petites ou grandes. Jamais je ne me suis lassé des couleurs de ses cabanes de pêcheurs, des balades en vélo dans les pinèdes et de ses odeurs si particulières, de ses plages de sable fin, immenses à marée basse.
Jean Claude Guillebaud a écrit en 1990 un livre intitulé : « L’accent du pays ». Je vous offre à l’occasion de ma semaine de vacances un court extrait :
« Chacun sa niche, au fond. Nous voyageons peut être pour mieux nous convaincre que nous aimons surtout nos propres ciels. La Charente Maritime m’émeut de façon si précise, si pointue, qu’il faudrait tâcher de s’en expliquer. Contre un petit port à huîtres de la Seudre ou de Brouage, je donnerai bien les îles du Pacifique.
Dans ces dédales de vase, ces chenaux couleur d’acier sombre piqué de goélands, ces barques acidulées, de guingois sur leur quille, quelque chose est aboutie qui me semble rare : la rencontre d’une terre très agricole, encore grasse et crottée, et de l’océan, venu pousser son exotique respiration jusqu’au milieu des prés. Ailleurs, la rectitude d’une plage ou la géométrie élémentaire d’une falaise partage abruptement deux univers : celui du marin, celui du paysan. Ici, au contraire, ils se mêlent et se pénètrent de troublante façon.(…)
Sa cousine, bien sûr, c’est la lumière. La nôtre. De quel hasard géographique est-elle le produit ? D’où vient que vous ne trouverez point hors de chez nous- mettons de Talmont à Bourg-Chapon-ce même miroitement bizarre ,ces contrastes aigus, ces sautes inimitables de luminosité qui donnent au paysage une netteté surréelle et changeante. Qui vous dit que cette lumière-là n’est pas le fruit d’une alchimie quasi géologique dont nous conserverions, mine de rien, le secret ? Sans doute existe-t-il ailleurs qu’en Charente des marais, des parc à huîtres, des salines, des roses trémières même…Enfin, on le prétend.
Prenez plutôt la peine de reconnaître (au goût, comme vous le feriez d’un vin) cette lumière et ce silence-là, si bien conjugués. Le reste, alors, vous sera donné pour rien»
A très bientôt.
N.B. Dernière minute : j’apprends que cette municipalité entreprend de faire disparaître les panneaux d’ « expression libre ». Ceux ci passeraient d’une soixantaine à quatorze ( ?) Ils étaient partie prenante de la démocratie locale de notre cité en permettant aux associations, syndicats, partis politiques de faire connaître leurs initiatives. C’était encore de trop, semble-t-il pour le maire de Castres.
A suivre…
