Archives du 20 avril 2009

3 antennes relais : danger ?

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UNE LEGITIME INQUIETUDE

 

 

 

Les ondes des antennes relais suscitent à travers la France et au-delà de réelles inquiétudes , diverses mobilisations et de nombreuses plaintes en justice.

 

Les avis des experts «  officiels » et d’experts dits indépendants sont pour le moins partagés. Dés 2001, les premiers n’écrivaient ils pas : «  Les antennes sont sans danger … » et dans le même temps, ils préconisaient de les éloigner des écoles. Sacrée contradiction !

 

D’autre part, si un avis rassurant a été publié le mois dernier par l’Académie de médecine, des médecins généralistes, issus de la revue « Pratiques » et du Syndicat de la médecine générale ( SMG) ont lancé samedi 18 avril 2009 un appel dénonçant le « DENI D’UN RISQUE SANITAIRE » et demandant : « UN RESPECT STRICT DU PRINCIPE DE PRECAUTION ».

 

C’est au nom du même principe de précaution que la Cour d’appel de Versailles, le 4 février dernier, a obligé Bouygues Télécom à démonter une antenne près de Lyon.

 

Jeudi prochain s’ouvrira le « Grenelle des antennes » sous l’égide de la Ministre de la Santé avec la collaboration de divers secrétaires d’Etat, d’élus, de partenaires sociaux, de représentants des agences sanitaires, d’opérateurs, de scientifiques, etc…Ils débattront jusqu’à fin mai.

Un consensus sera-t-il possible  alors que beaucoup d’experts « officiels » sont souvent accusés (à l’instar du professeur André Aurengo, auteur d’un avis de l’Académie de médecine) d’appartenir au conseil scientifique de Bouygues Télécom ?

Bonjour l’indépendance !

 

De plus, les méthodes de travail de l’AFSSET ( agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail) qui a publié en 2003 et en 2005 des rapports concluant à l’absence de risque, ont été critiqués par l’Inspection générale des affaires sociales, notamment en raison des liens entre certains experts et les industriels.

Le gouvernement est soupçonné d’hypocrisie dans la mesure où au même moment, on vend une 4° licence de téléphonie mobile, ce qui impliquera de poser des milliers de nouvelles antennes.

 

A La Capélanié

 

Dans ce contexte, l’inquiétude des parents ( sans parler des riverains et des jeunes sportifs) des enfants de l’école maternelle Marie Curie ( à la Capelanié) est-elle légitime et justifiée ?

Si dans de nombreux cas en France, certains riverains se mobilisent pour des raisons démocratiques ( ils n’acceptent pas de ne pas avoir été consultés), esthétiques ( les antennes leur gâchent le paysage), patrimoniales ( ils craignent qu ‘elles ne fassent baisser la valeur de leur bien), dans la plupart des cas il s’agit surtout de mettre en avant des raisons sanitaires, en particulier pour les jeunes enfants.

Le Conseil municipal de Castres en date du 31 mars 2009 a voté majoritairement ( l’opposition de gauche a voté contre) une délibération autorisant :  « l’occupation temporaire du domaine public – bail avec la société France Télécom ».

Le bail est de 12 ans et permettra l’installation de plusieurs antennes relais sur le terrain de sport de La Capelanié. A noter que la commission municipale concernée par cette délibération ne s’est pas réunie. Les élus, une fois de plus, ont été placés devant le fait accompli.

Monique Maynadier, élue municipale est intervenue à cette occasion au nom du groupe : «  La Gauche rassemblée pour un réel changement » expliquant longuement la nécessité d’appliquer « le principe de précaution ».

 

La Dépêche du Midi en date du 7 avril 2009 s’est fait l’écho de la stupéfaction et du mécontentement des parents des enfants de l’école maternelle : «  C’est un truc de fou, dont personne ne nous a jamais parlé », « Le principe de précaution, ils en font quoi ? On exige une information. Nous étions en droit d’attendre une concertation. », « Déjà, à proximité d’un quartier résidentiel, j’ai du mal à comprendre, mais en bordure d’une école maternelle ! », etc…

 

Interpellé par ce même journal, j’ai déclaré : «  En raison des particularités du lieu choisi, nous demandons de surseoir à cette implantation et qu’un groupe de travail réfléchisse à tous les problèmes qu’elle pose. Cette délibération, comme d’habitude, s’est faite sans concertation, dans la précipitation. C’est la politique du fait accompli chère à Pascal Bugis. »

 

Quand la santé de dizaines d’enfants peut être sans doute altérée par les ondes d’antennes relais, face à l’inconséquence de la majorité, le rôle d’élus de l’opposition est bien d’interroger et d’alerter la population concernée, n’en déplaise à certains soutiens inconditionnels du maire.

 

Dés le lundi 20 avril ( jour de rentrée des classes) Monique et Robert, conseillers municipaux, que je rejoindrai, seront à 16h30 à l’école maternelle Marie Curie pour distribuer un tract et engager la conversation avec les parents.

 

Il est possible grâce à la mobilisation que ce projet d’antennes soit gelé dans l’intérêt général. Le plus vite sera le mieux. Il n’y a rien de déshonorant à mettre en place un moratoire afin que l’indispensable débat démocratique ait enfin lieu.