La fin des panneaux « d ‘expression libre »
Publié dans j) Il a osé le dire (43), le 28/04/2009 à 21:13, par admin
« Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses,
le pouvoir arrête le pouvoir ». Montesquieu dans « L’Esprit des lois »
UNE NOUVELLE ATTEINTE A LA DEMOCRATIE LOCALE
Une fois de plus, le Maire de Castres s’acharne à écorner les principes qui fondent le cœur de notre démocratie locale dans la forme et dans le fond. C’est en effet par surprise, sans information, sans concertation, sans annonce dans une commission ou au Conseil municipal que nous avons vu soudainement disparaître les panneaux « d’expression libre » de notre ville. Il en reste à ce jour une dizaine sur 50.
Aujourd’hui, cela peut paraître à certains de peu d’importance et pourtant à l’image de la plupart des villes de notre pays, la municipalité de Gauche de Jean Pierre Gabarrou avait installé ces panneaux pour favoriser un « espace démocratique » afin de permettre l’expression des associations, des syndicats, des partis politiques. Tout affichage commercial était d’ailleurs interdit. La création de la Maison des Associations et des Syndicats à la même époque répondait également à ce besoin.
La municipalité de Gauche d’Arnaud Mandement avait remplacé ces panneaux vieillissants par des panneaux neufs et plus grands. Après la disparition de la Fête des associations, P.Bugis décide entre autres d’affaiblir le mouvement associatif qu’il soit social, culturel, sportif avec toujours cette même idée : ce qu’il ne peut contrôler, il faut par un biais ou par un autre le supprimer.
Pourtant ces panneaux étaient un élément important (bien souvent le seul espace) pour l’information indispensable des associations qui leur permettent de s’exprimer et d’informer la population sur leurs activités.
Pourquoi cette précipitation ? Au dernier Conseil municipal en date du 31 mars, une délibération : « Mobilier urbain – supports d’informations publicitaires et municipales »était votée par la majorité, la convention avec l’entreprise « Decaux » arrivant à échéance le 31 décembre 2009. Il est indiqué « qu’il est nécessaire de prévoir le remplacement du mobilier urbain mis à la disposition de la ville par son titulaire, à ce titre, une harmonisation du mobilier implanté ,etc… »
L’entreprise Decaux était en charge de l’entretien des abribus et des « sucettes ( affiches sous verre avec d’un côté une affiche commerciale). Pourquoi donc aujourd’hui avoir supprimé brutalement les panneaux d’expression libre ? Veut-on développer l’affichage sauvage dans notre ville ? Veut-on, et c’est sans doute cela la réalité, développer uniquement l’affichage commercial, institutionnel voire au mieux celui de quelques grandes associations ?
Certains mauvais esprits pensent qu’il faut surtout, en cette période de crise économique et sociale, limiter l’affichage syndical voire tout affichage politique pour les élections européennes à venir.
Rien ne peut donc justifier la disparition de ces panneaux. Cet étouffement de tout ce qui pourrait ressembler dans notre ville à des « contre-pouvoirs » est inadmissible.
Devant l’émotion et la colère suscitées par cette mesure, les 5 conseillers municipaux de la « Gauche rassemblée pour un réel changement » prendront dans les jours qui viennent tous les contacts nécessaires afin de développer les initiatives qui s’imposent.
Nous en discuterons au cours de la réunion publique sur « LES LIBERTES PUBLIQUES EN DANGER » prévue :
à la Maison des Associations et des Syndicats
Le mercredi 29 avril - 20h30
en présence d’Odile BARRAL, juge d’instance, membre du Syndicat de la Magistrature
et de Jean François MIGNARD, Président de la Ligue des Droits de l’Homme de Toulouse.
