Archives de mai 2009

Lettre aux socialistes

 LE 29 MAI 2005

Le 29 mai 2005, les Français votaient NON au référendum sur le Traité Constitutionnel Européen. Parmi eux, une grande majorité d’électeurs de gauche, notamment du Parti Socialiste. Pourtant la plupart des partis, PS, UDF, UMP, Verts avaient fait une incroyable campagne pour le OUI, relayée par l’immense majorité des médias, accusant les tenants du NON d’être des xénophobes anti-européens.

Une campagne populaire, citoyenne s’est alors développée et a permis la victoire du NON. Celle-ci fait encore trembler les zélateurs de l’Europe libérale. Aujourd’hui, les mêmes font tout pour camoufler la campagne électorale et cacher les véritables enjeux européens.

    

« Lettre ouverte à nos amis socialistes qui n’ont pas oublié de l’être »

Le 7 juin prochain, vous êtes invités à élire vos représentants au Parlement Européen. Vous pouvez choisir entre deux options :

- soit la poursuite des politiques libérales contenues dans le Traité de Lisbonne qui a été imposé au mépris du Non des Français lors du référendum de 2005 par Nicolas Sarkozy et l’UMP, mais aussi appuyé par les dirigeants socialistes et verts ; on en perçoit tous les jours les effets à travers la casse des services publics : santé, énergie, poste, éducation, formation professionnelle, etc. 
 - soit une nouvelle voie pour la construction d’une autre Europe, plus démocratique, plus sociale, plus écologique et plus pacifique. C’est ce que proposent Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche pour changer d’Europe.

On ne peut pas, comme le font les dirigeants du PS, prétendre, d’une part, s’opposer à Barroso, alors que le Parti Socialiste Européen (PSE), auquel appartient le PS, co-gouverne avec lui, et d’autre part approuver l’intégration du Traité de Lisbonne dans le programme de ce même PSE pour les élections européennes.

Il y a bien 5 bonnes raisons pour se mobiliser dés maintenant et de voter pour le Front de Gauche :

1) Pour donner un carton rouge à Sarkozy qui a déclaré qu’il voulait profiter de la crise pour « accélérer sa politique ». Ne le laissons pas faire !

2) Pour changer d’Europe, l’Europe actuelle est incapable de répondre à la crise.

3) Pour faire avancer l’unité dans les luttes, les salariés ont su construire l’unité. Assez de divisions stériles, ensemble nous pouvons bouleverser la donne à Gauche !

4) Pour des élus européens à nos côtés pour s’opposer aux politiques libérales et soutenir les mobilisations, pour imposer des avancées nouvelles, les élus du Front de Gauche seront des points d’appui indispensables.

5) Pour un bouclier social : avec des mesures sociales d’urgence.

Nous ne voterons donc pas pour la liste socialiste le 7 juin. Nos voix iront à la liste « Front de Gauche » menée par Jean-Luc Mélenchon.

Nous vous appelons donc, vous qui avez, le 29 mai 2005, voté en majorité « Non » au référendum, sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe, à mettre vos idées, notamment celles d’une Europe sociale, en adéquation avec votre choix électoral du 7 juin, en votant pour la liste conduite par Jean-Luc Mélenchon qui, lui aussi, fut membre du PS pendant plus de 30 ans, jusqu’au Congrès de Reims, en novembre 2008. 

Hubert AIT LARBI : membre de la Gauche Unie et Citoyenne, ancien responsable départemental PS Tarn, responsable syndical.

Max ASSIE : membre du Parti Socialiste durant 35 ans, ancien responsable départemental PS Tarn.

Philippe GUERINEAU : Conseiller Municipal de Castres, ancien responsable départemental PS Tarn.

Pour nous,

Face à la crise, L’EUROPE LIBERALE, c’est toujours NON.

 

 

 - – - – - – - – - -

 

 

 

Le 3 juin, à 20H,

au Zénith de Toulouse,

grand meeting avec :

 

Jean-Luc MELENCHON,

Marie-George BUFFET,

Christian PICQUET

 

Concert de Magyd CHERFI, président du Comité de soutien .

Jean Luc Mélenchon et Magyd Cherfi

 

 

Front de Gauche- Castres- 30 Mai/Appel des économistes

ELECTIONS EUROPEENNES DU 7 JUIN 2009- Circonscription du Sud-Ouest

 

 

I  N  V  I  T  A  T  I  O  N

 

 
SAMEDI    30    MAI     à partir de 12h30
A Castres, Parc de Gourjade

Pique-nique républicain

( chacun apporte son panier repas, l’apéritif est offert)

 

 

organisé par le

Comité de soutien au Front de GAUCHE de Castres

 

 

Avec les interventions de :

François DELAPIERRE, responsable  national du Parti de Gauche

 

Eric JALADE, responsable départemental du PCF

Philippe GUERINEAU, Président du Comité de soutien

 

Et de syndicalistes en lutte d’entreprises textile, hospitaliers, cheminots, EDF-GDF, enseignants, postiers, etc… 

 Le 7 juin, 4 bonnes raisons de voter pour le Front de Gauche :

 -          donner un carton rouge à Sarkozy

-          changer d’Europe

-          faire avancer l’unité dans la rue et dans les urnes

-         pour des élus européens à nos côtés.

  Trente-six économistes soutiennent le Front de gauche

Issus de courants différents, les auteurs se rejoignent pour soutenir l’initiative commune du PCF, du Parti de gauche et de la Gauche unitaire aux élections européennes.

Ils étaient une petite quinzaine à avoir signé une tribune intitulée Le dirigisme libéral a échoué. Sortons-en ! (1), le 2 mai, dans les colonnes du Monde. – Depuis, la liste s’est étoffée. Trente-six économistes, parmi lesquels Jacques Sapir, directeur d’études à l’EHESS et spécialiste des crises financières, ou Dominique Plihon, professeur à Paris-XIII, familier des questions financières internationales, ont décidé de soutenir le Front de gauche. « En gardant notre – indépendance d’esprit, nous soutenons cette initiative », concluent-ils dans un article qui rend compte des « deux principales sources » de la crise : « L’austérité salariale, qui a conduit à l’explosion de l’endettement privé, et la libéralisation financière, qui a transformé cette dette en bulle spéculative. » Persuadés que « les gouvernements utilisent depuis longtemps l’UE pour introduire des mesures qu’ils peuvent difficilement imposer directement, faute d’assentiment populaire », les auteurs pointent « l’urgence qu’il y a à dessiner des alternatives au capitalisme libéral ». Or, ni les orientations actuelles des partis socialistes qui ont « explicitement soutenu » le traité de Lisbonne, ni la stratégie en solo du NPA d’Olivier Besancenot n’ont convaincu les signataires : « Des économistes non libéraux, qui n’étaient membres ni du Parti communiste ni des courants du Parti socialiste ayant donné naissance au Parti de gauche », précisent-ils.

Si la crise tend à renforcer la place centrale de la discipline économique dans le – débat, l’engagement des économistes eux-mêmes dans l’arène politique n’est pas si fréquente. Preuve qu’au-delà des cercles universitaires, les désaccords qui opposent les laudateurs du capitalisme libéral et ses – détracteurs cherchent une visibilité dans la sphère publique. L’occasion également pour le citoyen de se saisir de questions réputées difficiles et pourtant déterminantes dans le fonctionnement de la société. Le traité de Lisbonne « loin d’être « simplifié », – reprend la quasi-totalité des dispositions de la Constitution. C’est donc aux citoyens qu’il revient à nouveau de dire stop. Les élections européennes en offrent l’occasion », proposent les auteurs. Car, contrairement aux apparences, désapprouvé par les Irlandais, le fameux traité de Lisbonne défendu par Nicolas Sarkozy ne peut entrer en vigueur. Il reste au centre d’un combat qui n’est pas derrière mais devant nous.

 

 

 

 « Mon soutien vaut pour le scrutin du 7 juin et aussi au-delà »

 

Dominique Plihon, économiste à l’université de Paris-XIII, commente son engagement auprès du Front de gauche.

 

Qu’est-ce qui explique l’engagement d’économistes tels que vous dans le combat politique et électoral ?

Dominique Plihon. Avec la crise, l’enjeu d’une autre Europe est devenu considérable. Or l’Union européenne, qui joue un rôle essentiel pour l’avenir des peuples, est aujourd’hui dans un état catastrophique. En tant que – citoyens engagés et non membres de partis politiques, notre démarche vise à démontrer que c’est en rassemblant largement et en suscitant le débat que nous pourrons changer l’Europe. C’est à ce titre que nous avons réalisé un texte de propositions qui peuvent, pour certaines, être mises en place rapidement, de sorte à répondre à l’urgence de la crise sociale, et d’autres, comme la remise à plat du système financier et une autre approche de la question écologique, qui s’inscrivent dans la durée. Mais toutes ces mesures sont complémentaires et toutes sont des priorités si nous voulons changer radicalement de cap.

 

En quoi la constitution d’un Front de gauche vous a-t-elle paru pertinente ?

Dominique Plihon. La dynamique unitaire proposée par le Front de gauche me paraît utile parce qu’elle répond à la nécessaire unification pour l’avenir des forces de gauche progressistes et opposées au néolibéralisme. Mais aussi parce que cette coalition politique, contrairement au Parti socialiste, propose une autre vision, une orientation alternative de l’Europe. Mon soutien vaut pour le scrutin du 7 juin et aussi au-delà. Poursuivre la dynamique permet de répondre au NPA (Nouveau Parti anticapitaliste) qui n’a pas souhaité se joindre à cette union sous-prétexte que l’alliance volera en éclats après l’échéance européenne. Face à une droite qui va multiplier les attaques sur les droits sociaux, les services publics… nous devons au contraire continuer cet engagement ensemble. Dans cette perspective, je propose l’organisation d’états généraux dès la rentrée pour fédérer toutes celles et tous ceux qui veulent prolonger la dynamique créée par ces élections.

 

« Pour une alliance à l’image du CNR »

 

Jacques Sapir, économiste et directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales.

 

Dans ce contexte de crise, qu’est-ce qui vous pousse à soutenir le Front de gauche ?

Jacques Sapir. Mon engagement s’est fait autour de trois éléments essentiels que l’on retrouve dans le manifeste. L’idée d’une nouvelle répartition des richesses, la nécessité d’un retour de l’État et des services publics et, pour finir, celle d’une protection au niveau des frontières. Prises une par une, ces idées sont également soutenues par d’autres partis, mais le Front de gauche est le seul à faire siennes ces trois idées dont la cohérence dessine une sortie possible à la crise.

 

Êtes-vous surpris par le succès de cet appel auprès de vos confrères ?

Jacques Sapir. Les économistes, en général, ont tendance à peu s’engager au niveau politique ou en tout cas à ne pas s’engager publiquement. C’est, selon moi, un symbole extrêmement important que 36 économistes aient choisi de porter cet appel. Je vois là le début d’un grand mouvement autour des idées de notre manifeste.

 

Quels seraient les atouts du Front de gauche par rapport aux autres listes présentes à gauche ?

Jacques Sapir. Pour moi, le Parti socialiste est en faillite. C’est un échec considérable qui va peser dans les années à venir sur la vie politique française. Pour l’instant, le NPA (Nouveau Parti anticapitaliste) refuse de proposer un programme avec un minimum de crédibilité. Il se veut le porte-voix des luttes, ce qui est nécessaire mais pas suffisant. Dans ces conditions, le Front de gauche a la possibilité d’être à la fois le rassemblement qui va représenter les luttes mais également proposer des mesures politiques pour nous permettre de sortir de la crise. Par ailleurs, il a intérêt à s’ouvrir le plus rapidement possible à tous les gens prêts, aujourd’hui, en France à remettre en cause le libéralisme, le libre-échange. Je crois qu’autour du Front de gauche peut se constituer une alliance à l’image de ce que fut le Conseil national de la Résistance (qui avait réuni communistes et gaullistes – NDLR) allant au-delà du rassemblement de la gauche de la gauche.

 

« La gauche doit se repositionner dans le débat intellectuel »

 

Richard Sobel, économiste à l’université de Lille-I.

 

Au-delà de son soutien au Front de gauche, qu’est-ce qui fait, selon vous, l’originalité de cet appel ?

Richard Sobel. Le fait que de nombreux économistes issus d’écoles de pensée hétérodoxes (marxistes, keynésiens, régulateurs) soient capables, sur des sujets théoriques, de s’inscrire dans une démarche intellectuelle collective. Cet élément a été déterminant dans mon choix. S’y ajoute la volonté partagée de bâtir des contenus très à gauche, beaucoup plus radicaux que le projet économique porté par la gauche institutionnelle, omniprésente dans les médias.

 

Pourquoi avoir proposé cet appel aux seuls économistes, d’autres disciplines n’auraient-elles pas pu se sentir concernées ?

Richard Sobel. Sans doute, mais nous ne voulions pas « noyer le poisson » et risquer d’être moins audibles dans un contexte où il est urgent de contrer les économistes dominants. Le débat politique aujourd’hui tourne fondamentalement autour de l’organisation de l’économie. Entre ceux qui croient qu’il faut l’adapter au marché (les libéraux et néolibéraux) et ceux qui pensent qu’il doit faire l’objet d’une réappropriation citoyenne au travers d’un débat démocratique. Alors que les choix économiques structurent la société, on nous dit : « Circulez, il n’y a rien à voir » là où nous estimons, au contraire, qu’il y a « des choses à voir », mais autrement. Je pense que la gauche a perdu l’hégémonie intellectuelle sur les questions économiques et la droite nous oblige aujourd’hui à trouver des réponses. La gauche doit donc se repositionner dans le débat intellectuel en aidant les gens réinterroger la gauche. Et c’est pour cette raison que nous agissons en groupes, pour créer un effet de masse critique. Au-delà des 36 signataires, des économistes, membres du PS ou des Verts, remettent également en cause le modèle économique dominant.

 

Pourquoi un soutien explicite au Front de gauche et pas à d’autres formations de gauche ?

Richard Sobel. Personnellement, deux éléments de clivage me poussent à soutenir cette coalition. Le premier concerne le minitraité de Lisbonne voté en 2007 et qui a donné lieu à un contournement de la décision démocratique du référendum de 2005. Les responsables politiques qui conduisent aujourd’hui le Front de gauche ont été cohérents et clairs en refusant de le voter. Le PS dans sa grande majorité a joué d’ambiguïté en s’abstenant. Ensuite, du côté de l’extrême gauche, si d’un point de vue strictement intellectuel, on peut tomber d’accord, on se heurte à un refus systématique de nouer des alliances pour participer aux affaires.

 

Robert Guédiguian et l’Armée du crime

 » Vivre et résister  »

 On ne présente plus la filmographie de ce grand cinéaste : 1995 « A la vie, à la mort », 1997 : « Marius et Jeannette », 2000 : « A l’attaque ! », 2001 : «  La ville est tranquille », 2005 : « Le promeneur du Champ de Mars ».

Robert Guédiguian a choisi de soutenir, à l’occasion des élections européennes les listes du FRONT DE GAUCHE : «  La seule proposition de gauche qui affiche une stratégie d’union de la gauche, c’est le Front de Gauche. Puisse-t-il recréer le lien qui s’est rompu avec l’histoire du mouvement social ».

Il était présent au Festival de Cannes pour présenter son dernier film :  « L’Armée du crime » sur l’Affiche rouge et le réseau Manoukian, ces résistants à l’occupation nazie pendant la dernière guerre.

 Ci après , deux articles de presse, l’un du journal l’Humanité, l’autre du journal Le Monde

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Robert Guédiguian « Des étrangers et nos frères pourtant »

Hors compétition . Robert Guédiguian ressuscite les membres du groupe Manouchian, ceux de « l’affiche rouge ». Une fresque historique servie par des acteurs magnifiques.

L’Armée du crime, de Robert Guédiguian. France, 2 h 19.

Envoyé spécial.

Le film assez avancé, l’un de ses jeunes résistants dira le sens de son engagement armé : il se situe « du côté de la vie ». Appliqués à l’Armée du crime, ces mots décrivent à quel niveau s’est placé, dès le premier plan, Robert Guédiguian, avec Serge Le Péron au scénario, pour retracer l’histoire de celles et ceux qui vont former le groupe Manouchian entre 1941 et le 21 février 1944. La caméra, elle, se pose dans le bas Belleville parisien de ces années-là, refuge des juifs fuyant les pogroms, puis des émigrés persécutés. Un quartier populaire, avec ses ateliers dans les cours des immeubles où, à seize ans, on a l’âge des premières amours, celui de héler depuis la cour son pote du second étage d’un « Krasu » tonitruant, du dépassement de soi par le sport, la piscine devenant le lieu idéal pour ces trois pôles d’une vie qui déborde d’énergie. Ou, lorsqu’on est devenu poète arménien et communiste après avoir fui enfant le premier génocide du siècle, vivre autant qu’il est possible son amour avec sa jeune femme. Ou encore, étudiant, dessiner des faucilles et des marteaux à la craie sur les murs du lycée, avant de casser la gueule au petit fasciste qui vous demande de les effacer en vous traitant de « sale youpin ».

loin de la pseudo-fidélité figée dans le sépia

« Du côté de la vie », c’est-à-dire du côté d’êtres qui ont leurs propres engagements, ne sont pas sourds à la tempête en cours, mais dont la collision des deux va s’inscrire au plus profond d’eux-mêmes. Lorsque votre père est des premiers à disparaître vers les camps de la mort, tuer un soldat allemand qui vous demande du feu dans un parc n’est pas un acte de haine, mais un premier de ces actes de résistance. Ou, lorsque votre parti vous demande de constituer le premier noyau clandestin d’auteurs d’attentats, être le premier à lancer sa première grenade sur des uniformes ou à mettre par-dessus tout la sécurité de ceux qui vous accompagnent en constituent d’autres. Ou choisir un exemplaire du Capital pour y loger la bombe qui dévastera une librairie collabo.

Ainsi filmée à hauteur d’homme, nous sommes bien loin de la pseudo-fidélité figée dans le sépia. On peut mesurer ici la force du « réalisme social » et du réalisme tout court d’un auteur décidant d’infiltrer à son seizième film le genre historique. Lumière et décors naturels, pas de dialogues édifiants, ni de musique envahissante, mais des corps de suppliciés sous la torture comme des cadavres de soldats saisis avec une véracité interdisant la fascination : tout concourt ici au refus militant de « l’héroïsme ». Et de cette intelligence sensible qui respecte sujet et spectateurs jaillit l’émotion. Les lignes du cinéma comme du monde ont bien bougé depuis 1976 et la brechtienne Affiche rouge de Frank Cassenti. Autre forme de résistance, donc, pour celui qui indique à la fin de son film avoir voulu « une légende d’aujourd’hui ».

Jean-Pierre Darroussin en rôle de salaud

Et puis, il y a celles et ceux qui prêtent leur corps à ce travail de résurrection. Simon Abkarian, dont la taille n’a rien de celle de Missak Manouchian, peu importe puisqu’il l’incarne avec ses doutes, ses scrupules et ses résolutions. Robinson Stévenin, lui, est un Marcel Rayman des plus impressionnants de vitalité, de force brute d’animal blessé, en chien fou de cette résistance communiste immigrée. Grégoire Leprince-Ringuet en Thomas Elek, jeune intellectuel rouge pétri d’humour. Virginie Ledoyen en Mélinée capable d’aller affronter l’ennemi pour retrouver son mari. Adrien Jolivet en Henri Krasucki, jeune communiste adolescent et vite rodé à la clandestinité… On en oublie. On retiendra, parfaits dans leurs rôles de salauds, Jean-Pierre Darroussin aux côtés d’un Yann Trégouët, son jeune chef à la tête des brigades spéciales des renseignements généraux de la police de Vichy. Deux cents flics en plus de l’occupant contre ce groupe d’à peine cinquante, « la traque de l’affiche rouge » pour reprendre le titre du documentaire de Denis Peschanski (2007) ne pouvait qu’être à force inégale. D’un hors-champ, le tumulte de la guerre, et de ce qui deviendra l’histoire, va progressivement s’insinuer dans la vie de chacun, au double rythme de leurs actions et de la chasse menée dans l’ombre jusqu’à l’assassinat final, sans « suspense » là non plus puisque annoncé dès le début. On ne devient héros que mort quand les actes, eux, étaient d’une vie qui ne demandait qu’à s’épanouir.

Michel Guilloux

« L’Armée du crime » : le regard juste de Guédiguian sur ‘l’armée du crime’

Avec L’Armée du crime, présenté hors compétition à Cannes, Robert Guédiguian a fait un choix périlleux : la reconstitution d’une page mi-douloureuse, mi-glorieuse de la seconde guerre mondiale.

A Paris, pendant l’occupation allemande, le poète arménien Missak Manouchian est chargé par l’Internationale communiste de constituer un groupe de combattants pour participer à la libération de la France. Autour de lui militent clandestinement de jeunes étrangers, Hongrois, Polonais, Roumains, Espagnols, Italiens. Après la distribution de tracts « contre les salopards », ils passent aux attentats contre les nazis.

Traqué par une police bleu-blanc-rouge qui fait du zèle, ce front populaire d’émigrés finit par tomber, victime d’une dénonciation. Le réseau est fusillé au mont Valérien en 1944. La propagande franco-allemande placarde sur les murs l’Affiche rouge, où ces héros de l’ombre sont présentés comme une « armée du crime », des métèques, terroristes, juifs, bolchevik, animés par la haine.

Evoquant les activités du Groupe Manouchian, Robert Guédiguian commence par la fin – le transport des condamnés à mort dans un fourgon grillagé -, mais son film est un hymne à la vie et à la résistance, un appel très contemporain à la lutte pour les droits de l’homme, à la résistance. Ce qu’ils voient au dehors, menottes aux poings, sur les quais de la Seine, c’est la vie qui palpite. Ce que cette fresque belle et poignante sous-entend, c’est qu’il existe encore aujourd’hui des échos à ce type de lutte, dans notre monde d’inégalités criantes, de replis communautaires et religieux.

Guédiguian affronte tous les dangers de ce sujet difficile sans biaiser, haut la main. La reconstitution ? Elle est vraie, discrète, tissée d’une fraternité populaire, avec ces hommes en marcel, les chansons de Ray Ventura, les bus à impériale qui un jour de rafle emmènent des citoyens à l’étoile jaune vers le Vél’d'Hiv. La scène est bouleversante par sa pudeur, son économie de moyens. La légende ? Elle est traitée comme telle, avec une pédagogie revendiquée mais incarnée.

RIEN N’EST ÉLUDÉ

L’une des grandes réussites du film est d’avoir réussi à ne pas perdre des membres du groupe en route. Tous sont là, touchants, vibrant à la fois de leur idéal collectif et de leurs chemins personnels, mus par des sentiments intimes. L’Armée du crime est un film historique où l’amour, les rapports familiaux, sont authentiques. Un film où, par la grâce de la mise en scène et la délicatesse de l’interprétation, rien n’est éludé.

Magnifiques, la dévotion amoureuse de Manouchian pour son épouse, la blessure béante en lui du génocide arménien, et ce plan où il bascule dans la violence, où il lance sa première grenade et pleure, conscience fracassée. Magnifiques aussi, l’arrogance révoltée de Marcel Rayman (Robinson Stévenin), la détermination idéaliste de Thomas Elek (Grégoire Leprince-Ringuet). Tous ces acteurs, sans oublier Virginie Ledoyen, ne semblent jamais interpréter des martyrs, mais plutôt vivre un combat et transmettre une morale.

On n’oubliera pas Jean-Pierre Darroussin, qui se coltine le rôle d’un petit flic français glauque, le fonctionnaire minable qui recueille les dénonciations et devient limier, prompt à torturer, à faire chanter. L’image d’une autre France.


Film français de Robert Guédiguian avec Simon Abkarian, Virginie Ledoyen, Robinson Stévenin, Grégoire Leprince-Ringuet, Jean-Pierre Darroussin. (2 h 19.)
Sortie en France le 16 septembre 2009.

Jean-Luc Douin

Article paru dans l’édition du journal Le Monde (19.05.09).

L’affiche Rouge

Vous n’aviez demandé ni gloire ni les larmes                                                      

Ni l’orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n’éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE

Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c’est alors que l’un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d’hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant

Poème de Louis Aragon, chanté par Léo Ferré

La dernière lettre de Michel Manouchian à sa femme, la veille de son exécution  

 

Ma Chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée, Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m’arrive comme un accident dans ma vie, je n’y crois pas mais pourtant je sais que je ne te verrai plus jamais.
Que puis-je t’écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps.

Je m’étais engagé dans l’Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n’ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu’il méritera comme châtiment et comme récompense.

Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous… J’ai un regret profond de ne t’avoir pas rendue heureuse, j’aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et d’avoir un enfant pour mon bonheur, et pour accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu’un qui puisse te rendre heureuse. Tous mes biens et toutes mes affaires je les lègue à toi à ta sœur et à mes neveux. Après la guerre tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat régulier de l’armée française de la libération.

Avec l’aide des amis qui voudront bien m’honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui valent d’être lus. Tu apporteras mes souvenirs si possible à mes parents en Arménie. Je mourrai avec mes 23 camarades tout à l’heure avec le courage et la sérénité d’un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n’ai fait de mal à personne et si je l’ai fait, je l’ai fait sans haine. Aujourd’hui, il y a du soleil. C’est en regardant le soleil et la belle nature que j’ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m’ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus. Je t’embrasse bien fort ainsi que ta sœur et tous les amis qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon cœur. Adieu. Ton ami, ton camarade, ton mari.

 

La remise des prix « A Droite toute »

« La bourse d’or » de la Droite castraise

 

 

Chaque Conseil municipal amène son lot d’interventions souvent caricaturales mais aussi reflétant une réelle pensée de Droite voire plus qui peut s’avérer dangereuse pour notre démocratie locale. Ces interventions méritent assurément d’être portées à la connaissance du plus grand nombre. J’ai choisi de le faire sous le mode d’une remise mensuelle des prix : 3 pièces d’or, 2 pièces d’or, 1 pièce d’or, préparant sans doute l’obtention d’un trophée bien mérité.

 

Au cours du  Conseil municipal en date du 19 mai, ont obtenu :

 

   

Un conseiller municipal très proche sympathisant du MPF de P.de Villiers (comme on peut encore le lire sur le site de cette organisation ).

 A l’occasion du débat concernant la suppression des panneaux «  d’expression libre » , il s’est lancé dans une longue diatribe où l’on pouvait saisir quelques mots : «  Mur de Berlin…  lutte de classes…les chiens de Besancenot… etc…». Un frisson a parcouru alors une partie de l’assemblée, on n’était pas loin du mot « terroriste »

N.B. Le MPF de Castres a négocié avec P.Bugis (qui ne s’en vante guère, on le comprend) les postes de 2+1 conseillers municipaux.

 

 

  

Une conseillère municipale UMP qui , pendant la commission des finances s’était inquiété du fait qu’une institutrice ne paierait son repas à l’école pas plus cher qu’un élève ( quotient familial : 5° tranche). En réalité cela ne concerne que l’institutrice qui surveille et aide les enfants  pendant le temps de cantine. Cette intervention symbolise à l’évidence le mépris et la suffisance d’une Droite locale vis à vis des enseignants de notre école publique.

 

   

Le maire UMP de Castres a refusé une fois de plus qu’un membre de l’opposition puisse siéger dans un groupe de travail. Il en est ainsi depuis le début de son mandat. Et pourtant, ce groupe de travail n’aura pour fonction que : «  d’engager la modification du règlement local de publicité et d’élaborer le règlement local des enseignes » avec les représentants des services de l’Etat, les chambres de commerce et d’industrie… . Rien de bien méchant !

Ce groupe de travail comprendra 4 membres de la municipalité , nous avons proposé Robert Gourjade. Refus sans le moindre débat ! Drôle de conception de la démocratie…

 

 

 

 

 

 

 

Conseil municipal du mardi 19 mai

 

PRESENTATION DE QUELQUES DELIBERATIONS……….

 

 

Mardi 19 mai de 18h à 22h15, 35 délibérations, 4 questions orales, la routine…

 

Un Conseil municipal se compose de 3 parties d’inégale importance :

  • - un compte rendu des décisions prises par le maire entre deux conseils municipaux qui ne nécessitent pas une délibération
  • - les délibérations vues auparavant dans diverses commissions puis à la commission des finances
  • - les questions orales.

 

Arrêtons nous quelques instants sur la première partie car «  le diable se cache souvent dans les détails » . Entre le 31 mars et le 19 mai, 51 décisions ont été prises ( le Conseil municipal ayant donné délégation d’une partie de ses pouvoirs au maire en vertu d’articles du Code général des collectivités territoriales).

Une loi votée récemment (17 février 2009) pour l’accélération des programmes de construction et d’investissement publics et privés étend encore les pouvoirs du maire et lui permet SEUL «  de prendre toute décision concernant la préparation, la passation, l’exécution et le règlement des marchés… »

            Vous l’aurez compris, plus besoin d’information dans les commissions, plus besoin de voter les délibérations, le risque devient donc réel d’une gestion pour le moins opaque.

Au cours de ce Conseil municipal, première application de cette nouvelle loi à travers les marchés conclus avec diverses entreprises pour des travaux d’aménagement partiels du rez de chaussée du château de Gourjade pour un montant de 53 173,49 € . Une question fut tout de même posée concernant l’avenir du château de Gourjade, ni occupé ni utilisé à ce jour. Réponse pour le moins très évasive du maire : «  Vous le verrez bien ! ».

 

Festival «  A tue-tête » : la part des dépenses de la ville s’élèvera à 185 000 € pour 3 jours, attendons de voir le budget précis d’une initiative qui semble prendre le pas sur toutes les autres. En effet, la vie culturelle s’arrête en attendant «  l’événement ». Rien ou presque rien sur le festival «  Extravadances » , le festival «  A portée de rue », etc…

Le maire assurément en fait une affaire personnelle, tous les services sont mobilisés…..

 

Saison de spectacles 2009-2010 : la part de la ville est estimée pour cette saison culturelle à 151 664 €. Elle ne cesse de baisser : 200 268 € ( 2007/2008), 176 931 € ( 2008/2009).Une culture qui se résume à quelques coups médiatiques au détriment d’une culture plurielle, ouverte à tous………

 

 

Contrat urbain de cohésion sociale 2007-2009- programmation 2009 : en faveur des habitants des quartiers reconnus prioritaires de Castres ( habitat et cadre de vie, éducation et réussite éducative, santé, citoyenneté et prévention de la délinquance).
Monique Maynadier est intervenue pour souligner le désengagement financier de l’Etat et pour constater que les actions qui étaient menées par la régie de quartier d’Aillot -Bisséous ( supprimée brutalement par le maire) et les Compagnons bâtisseurs n’ont toujours pas été remplacées……. 

 Les MJC de Lameilhé et des Salvages, avenants n°2 : la précédente convention n’avait pas été reconduite, un avenant a donc été voté le 11 juillet 2008. Il prend fin le 30 juin 2009. Cette période devait servir à définir une nouvelle convention. Cela ne sera pas le cas puisqu’un avenant n° 2 est proposé jusqu’au 31 décembre 2009.

Géraldine Rouquette s’est étonnée que les «  négociations entre la mairie et les MJC traînent à ce point en longueur ( il ne s’agit pourtant pas d’un Traité international !…)

Il est nécessaire d’avancer au plus vite vers la signature d’une «  convention d’objectifs » , tout retard risquant de compromettre les activités des deux MJC, notamment celles de Lameilhé  (1685 adhérents)………

Note positive ? Le maire déclare : « Des excès de précipitation par le passé nous ont fait commettre des bêtises ». Il devait sans doute faire allusion à la disparition de la MJC du Centre. C’était la minute de lucidité de la soirée.

 

Nouveaux passeports biométriques : des stations d’enregistrement des données seront déployées dans 15 communes du département du Tarn, la ville de Castres fait partie des villes retenues pour accueillir ces stations. André Martinez fait remarquer que la CNIL (  Commission Nationale de l’informatique et des libertés)  a rendu un rapport très inquiétant à ce sujet…….

 

Affaires foncières -désaffection d’une partie d’un chemin rural: en réalité il s’agit de l’achat par l’enseigne Leclerc d’une petite route reliant route de Lautrec au chemin des Droits de l’Homme ( près du rond-point de la rocade nord ouest)…………

La Commune s’est engagée à ce que cette voie reste ouverte à la circulation publique sur toute sa longueur et dans les deux sens….Nous en reparlerons…………….

 

Avis du conseil municipal sur le projet de plan particulier d’intervention  PPI : la Seppic

L’action, entre autres de l’association des riverains fut saluée………..

 

Voici rapidement présentées quelques délibérations.

 

 

4 questions orales ont été déposées.

Monique Maynadier concernant l’avenir des bâtiments EDF, l’accueil du public ( avenue Charles de Gaulle)…..

L’élu PS  au sujet de la polémique qui oppose P.Bugis au sénateur J M Pastor à propos de Trifyl ( gestion des déchets) – voir mon blog.

Moi même :-  les antennes relais prévues à côté de l’école maternelle Marie Curie

                   -  la disparition des panneaux «  d’expression libre »

 

Le maire de Castres , après plus d’un mois de silence, daignera enfin recevoir une délégation des parents d’élèves de l’école maternelle Marie Curie suite au projet d’installer une station d’antennes-relais .

 Face à une légitime inquiétude et à des craintes justifiées ( voir le débat national, le « Grenelle des ondes » etc…) il était temps de répondre aux diverses interrogations et d’avancer vers un débat local.

Déjà 514 signatures de la pétition et des initiatives s’annoncent prochainement

 ( cf. article récent du blog)