Textile« Carreman » tout un symbole !
Publié dans i) Coups de projecteur (79), le 09/05/2009 à 17:22, par admin
Une mondialisation heureuse…qu’ils disaient !
Le journal La Dépêche du Midi en date du 7 mai 2009 titrait sur sa première page :
« Castres : un emploi en Inde pour 69€/mois »,
en sous-titre : « L’entreprise textile Carreman à Castres est en train de licencier 9 personnes, les propositions de reclassement font scandale. »
Stupéfaction et colère : telles sont les premières réactions.
Voici celle que j’ai exprimée le vendredi 8 mai dans le quotidien local que vous lirez , complétée ci-après par de nombreuses autres réflexions.
Ce n’est pas une fatalité !
Au cœur de la crise économique, avec 3000 chômeurs de plus chaque jour dans notre pays, le gouvernement UMP et ses représentants locaux osent maintenir le bouclier fiscal et s’opposent au bouclier social. Les mêmes refusent de voter toute proposition de loi permettant d’interdire des licenciements dans des entreprises réalisant des profits ( boursiers ou autres) ou bénéficiant de fonds publics, refusent d’accorder un droit de veto au comité d’entreprise, limitent l’expression syndicale et continuent de démanteler le Code du Travail.
A Castres, dans tout notre Bassin d’emploi, a-t-on seulement anticipé les conséquences de la crise économique et sociale pour un secteur textile déjà profondément sinistré depuis des années ?
Les questions se bousculent quand se rajoute à des licenciements une proposition ubuesque d’un « reclassement » à Bangalore pour quelques roupies. Si la loi le permet, il faut donc au plus vite changer la loi. Comment est ce possible ? Comment en est-on arrivé là ?
Les 360 milliards reçus par les banques ne servent-ils qu’à reconstituer leur taux de profit ?
Qu’en est-il des aides financières promises aux PMI-PME ? Force est de constater que le « Plan de relance » est un échec.
« Réagir et se mobiliser avant qu’il ne soit trop tard car des centaines de licenciements sont annoncés à l’échelle de notre Communauté d’Agglomération, telle doit être notre priorité… » c’est ce que j’écrivais il y a déjà 4 mois. Pourtant le président de cette dernière refuse toujours de prendre la moindre initiative.
L’entreprise Carreman (1300 personnes dont 283 en Midi-Pyrénées et notamment à Castres) symbolisait le dynamisme d’un secteur industriel qui résistait à la crise grâce au savoir-faire de ses cadres et employés. La sous traitance est touchée à son tour. Que fait-on ? Que font donc nos élus à l’échelle locale, de la Communauté d’Agglomération, sans oublier nos députés du Sud Tarn ?
Tartuffes
Le maire UMP de Castres et président de la Communauté d’agglomération fuit ses responsabilités en matière économique et sociale , refuse toute intervention . Pourtant, l’économie est une des compétences reconnues de la Communauté d’agglomération mais c’est plus que jamais le silence absolu. C’est inadmissible ! Aujourd’hui, quelques lignes : « Une telle proposition n’est pas responsable, on est dans la démesure. » Il est vrai que Bangalore n’est pas Bucarest (salarié « reclassé » pour 135 € par mois) mais est ce bien différent sur le principe ? P.Folliot est député ( Nouveau Centre, allié fidèle de l’UMP) , il vote les lois ; que fait-il ? Qu’attend-il donc pour s’opposer à toute forme de dérégulation ? Quelles propositions fait-il pour éviter la « casse industrielle » et la destruction d’emplois annoncée ?
Face à la souffrance humaine, le double langage de l’un comme de l’autre devient aujourd’hui insupportable.
Face à l’urgence sociale
Il n’y a pas de fatalité du chômage et de la précarité pas plus que des bas salaires et de la pauvreté, les moyens financiers existent.
Des mesures immédiates peuvent être prises, par exemple : rétablir au plus vite le contrôle administratif de l’inspection du travail sur les licenciements pour motif économique.
Il est grand temps de mettre en place un « Observatoire de l’emploi » réclamé depuis des mois, d’instituer un moratoire sur tout licenciement. En tout état de cause, une « cellule de reclassement » digne de ce nom doit pouvoir agir.
Je tiens à saluer la détermination et le courage de Véronique Jacobé, employée chez Carreman et concernée par la proposition de reclassement en Inde. Elle a su témoigner de la réalité de son travail et de sa colère ( La Dépêche du Midi, samedi 9 mai). C’est aussi pour beaucoup un message d’espoir : ne plus vouloir subir, relever la tête et se battre.
Ce samedi matin, sur le marché Jean Jaurès, les militants du Front de Gauche ainsi qu’Eric Jalade pour le PCF, distribuaient un tract . Toutes les discussions ont porté sur la situation des salariés de l’entreprise textile. Inutile de préciser que l’indignation s’exprimait ouvertement. Le lien était vite fait avec la réalité du capitalisme financier aujourd’hui, l’Europe » libérale » que l’on nous promet, etc…Il est vraiment grand temps, ENSEMBLE, de proposer une autre Europe, une autre société.
Assez de pessimisme, si vous êtes cadre commercial chez Carreman, un séjour ( appelé voyage d’affaires) est prévu bientôt à Bora Bora. Il est évident qu’il est impossible de signer des contrats à Castres. Quant à Toulouse, il y a longtemps que l’aéroport a disparu…
Je vous propose donc un beau voyage vers Bora-Bora.
