Archives du 26 mai 2009

Front de Gauche- Castres- 30 Mai/Appel des économistes

ELECTIONS EUROPEENNES DU 7 JUIN 2009- Circonscription du Sud-Ouest

 

 

I  N  V  I  T  A  T  I  O  N

 

 
SAMEDI    30    MAI     à partir de 12h30
A Castres, Parc de Gourjade

Pique-nique républicain

( chacun apporte son panier repas, l’apéritif est offert)

 

 

organisé par le

Comité de soutien au Front de GAUCHE de Castres

 

 

Avec les interventions de :

François DELAPIERRE, responsable  national du Parti de Gauche

 

Eric JALADE, responsable départemental du PCF

Philippe GUERINEAU, Président du Comité de soutien

 

Et de syndicalistes en lutte d’entreprises textile, hospitaliers, cheminots, EDF-GDF, enseignants, postiers, etc… 

 Le 7 juin, 4 bonnes raisons de voter pour le Front de Gauche :

 -          donner un carton rouge à Sarkozy

-          changer d’Europe

-          faire avancer l’unité dans la rue et dans les urnes

-         pour des élus européens à nos côtés.

  Trente-six économistes soutiennent le Front de gauche

Issus de courants différents, les auteurs se rejoignent pour soutenir l’initiative commune du PCF, du Parti de gauche et de la Gauche unitaire aux élections européennes.

Ils étaient une petite quinzaine à avoir signé une tribune intitulée Le dirigisme libéral a échoué. Sortons-en ! (1), le 2 mai, dans les colonnes du Monde. – Depuis, la liste s’est étoffée. Trente-six économistes, parmi lesquels Jacques Sapir, directeur d’études à l’EHESS et spécialiste des crises financières, ou Dominique Plihon, professeur à Paris-XIII, familier des questions financières internationales, ont décidé de soutenir le Front de gauche. « En gardant notre – indépendance d’esprit, nous soutenons cette initiative », concluent-ils dans un article qui rend compte des « deux principales sources » de la crise : « L’austérité salariale, qui a conduit à l’explosion de l’endettement privé, et la libéralisation financière, qui a transformé cette dette en bulle spéculative. » Persuadés que « les gouvernements utilisent depuis longtemps l’UE pour introduire des mesures qu’ils peuvent difficilement imposer directement, faute d’assentiment populaire », les auteurs pointent « l’urgence qu’il y a à dessiner des alternatives au capitalisme libéral ». Or, ni les orientations actuelles des partis socialistes qui ont « explicitement soutenu » le traité de Lisbonne, ni la stratégie en solo du NPA d’Olivier Besancenot n’ont convaincu les signataires : « Des économistes non libéraux, qui n’étaient membres ni du Parti communiste ni des courants du Parti socialiste ayant donné naissance au Parti de gauche », précisent-ils.

Si la crise tend à renforcer la place centrale de la discipline économique dans le – débat, l’engagement des économistes eux-mêmes dans l’arène politique n’est pas si fréquente. Preuve qu’au-delà des cercles universitaires, les désaccords qui opposent les laudateurs du capitalisme libéral et ses – détracteurs cherchent une visibilité dans la sphère publique. L’occasion également pour le citoyen de se saisir de questions réputées difficiles et pourtant déterminantes dans le fonctionnement de la société. Le traité de Lisbonne « loin d’être « simplifié », – reprend la quasi-totalité des dispositions de la Constitution. C’est donc aux citoyens qu’il revient à nouveau de dire stop. Les élections européennes en offrent l’occasion », proposent les auteurs. Car, contrairement aux apparences, désapprouvé par les Irlandais, le fameux traité de Lisbonne défendu par Nicolas Sarkozy ne peut entrer en vigueur. Il reste au centre d’un combat qui n’est pas derrière mais devant nous.

 

 

 

 « Mon soutien vaut pour le scrutin du 7 juin et aussi au-delà »

 

Dominique Plihon, économiste à l’université de Paris-XIII, commente son engagement auprès du Front de gauche.

 

Qu’est-ce qui explique l’engagement d’économistes tels que vous dans le combat politique et électoral ?

Dominique Plihon. Avec la crise, l’enjeu d’une autre Europe est devenu considérable. Or l’Union européenne, qui joue un rôle essentiel pour l’avenir des peuples, est aujourd’hui dans un état catastrophique. En tant que – citoyens engagés et non membres de partis politiques, notre démarche vise à démontrer que c’est en rassemblant largement et en suscitant le débat que nous pourrons changer l’Europe. C’est à ce titre que nous avons réalisé un texte de propositions qui peuvent, pour certaines, être mises en place rapidement, de sorte à répondre à l’urgence de la crise sociale, et d’autres, comme la remise à plat du système financier et une autre approche de la question écologique, qui s’inscrivent dans la durée. Mais toutes ces mesures sont complémentaires et toutes sont des priorités si nous voulons changer radicalement de cap.

 

En quoi la constitution d’un Front de gauche vous a-t-elle paru pertinente ?

Dominique Plihon. La dynamique unitaire proposée par le Front de gauche me paraît utile parce qu’elle répond à la nécessaire unification pour l’avenir des forces de gauche progressistes et opposées au néolibéralisme. Mais aussi parce que cette coalition politique, contrairement au Parti socialiste, propose une autre vision, une orientation alternative de l’Europe. Mon soutien vaut pour le scrutin du 7 juin et aussi au-delà. Poursuivre la dynamique permet de répondre au NPA (Nouveau Parti anticapitaliste) qui n’a pas souhaité se joindre à cette union sous-prétexte que l’alliance volera en éclats après l’échéance européenne. Face à une droite qui va multiplier les attaques sur les droits sociaux, les services publics… nous devons au contraire continuer cet engagement ensemble. Dans cette perspective, je propose l’organisation d’états généraux dès la rentrée pour fédérer toutes celles et tous ceux qui veulent prolonger la dynamique créée par ces élections.

 

« Pour une alliance à l’image du CNR »

 

Jacques Sapir, économiste et directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales.

 

Dans ce contexte de crise, qu’est-ce qui vous pousse à soutenir le Front de gauche ?

Jacques Sapir. Mon engagement s’est fait autour de trois éléments essentiels que l’on retrouve dans le manifeste. L’idée d’une nouvelle répartition des richesses, la nécessité d’un retour de l’État et des services publics et, pour finir, celle d’une protection au niveau des frontières. Prises une par une, ces idées sont également soutenues par d’autres partis, mais le Front de gauche est le seul à faire siennes ces trois idées dont la cohérence dessine une sortie possible à la crise.

 

Êtes-vous surpris par le succès de cet appel auprès de vos confrères ?

Jacques Sapir. Les économistes, en général, ont tendance à peu s’engager au niveau politique ou en tout cas à ne pas s’engager publiquement. C’est, selon moi, un symbole extrêmement important que 36 économistes aient choisi de porter cet appel. Je vois là le début d’un grand mouvement autour des idées de notre manifeste.

 

Quels seraient les atouts du Front de gauche par rapport aux autres listes présentes à gauche ?

Jacques Sapir. Pour moi, le Parti socialiste est en faillite. C’est un échec considérable qui va peser dans les années à venir sur la vie politique française. Pour l’instant, le NPA (Nouveau Parti anticapitaliste) refuse de proposer un programme avec un minimum de crédibilité. Il se veut le porte-voix des luttes, ce qui est nécessaire mais pas suffisant. Dans ces conditions, le Front de gauche a la possibilité d’être à la fois le rassemblement qui va représenter les luttes mais également proposer des mesures politiques pour nous permettre de sortir de la crise. Par ailleurs, il a intérêt à s’ouvrir le plus rapidement possible à tous les gens prêts, aujourd’hui, en France à remettre en cause le libéralisme, le libre-échange. Je crois qu’autour du Front de gauche peut se constituer une alliance à l’image de ce que fut le Conseil national de la Résistance (qui avait réuni communistes et gaullistes – NDLR) allant au-delà du rassemblement de la gauche de la gauche.

 

« La gauche doit se repositionner dans le débat intellectuel »

 

Richard Sobel, économiste à l’université de Lille-I.

 

Au-delà de son soutien au Front de gauche, qu’est-ce qui fait, selon vous, l’originalité de cet appel ?

Richard Sobel. Le fait que de nombreux économistes issus d’écoles de pensée hétérodoxes (marxistes, keynésiens, régulateurs) soient capables, sur des sujets théoriques, de s’inscrire dans une démarche intellectuelle collective. Cet élément a été déterminant dans mon choix. S’y ajoute la volonté partagée de bâtir des contenus très à gauche, beaucoup plus radicaux que le projet économique porté par la gauche institutionnelle, omniprésente dans les médias.

 

Pourquoi avoir proposé cet appel aux seuls économistes, d’autres disciplines n’auraient-elles pas pu se sentir concernées ?

Richard Sobel. Sans doute, mais nous ne voulions pas « noyer le poisson » et risquer d’être moins audibles dans un contexte où il est urgent de contrer les économistes dominants. Le débat politique aujourd’hui tourne fondamentalement autour de l’organisation de l’économie. Entre ceux qui croient qu’il faut l’adapter au marché (les libéraux et néolibéraux) et ceux qui pensent qu’il doit faire l’objet d’une réappropriation citoyenne au travers d’un débat démocratique. Alors que les choix économiques structurent la société, on nous dit : « Circulez, il n’y a rien à voir » là où nous estimons, au contraire, qu’il y a « des choses à voir », mais autrement. Je pense que la gauche a perdu l’hégémonie intellectuelle sur les questions économiques et la droite nous oblige aujourd’hui à trouver des réponses. La gauche doit donc se repositionner dans le débat intellectuel en aidant les gens réinterroger la gauche. Et c’est pour cette raison que nous agissons en groupes, pour créer un effet de masse critique. Au-delà des 36 signataires, des économistes, membres du PS ou des Verts, remettent également en cause le modèle économique dominant.

 

Pourquoi un soutien explicite au Front de gauche et pas à d’autres formations de gauche ?

Richard Sobel. Personnellement, deux éléments de clivage me poussent à soutenir cette coalition. Le premier concerne le minitraité de Lisbonne voté en 2007 et qui a donné lieu à un contournement de la décision démocratique du référendum de 2005. Les responsables politiques qui conduisent aujourd’hui le Front de gauche ont été cohérents et clairs en refusant de le voter. Le PS dans sa grande majorité a joué d’ambiguïté en s’abstenant. Ensuite, du côté de l’extrême gauche, si d’un point de vue strictement intellectuel, on peut tomber d’accord, on se heurte à un refus systématique de nouer des alliances pour participer aux affaires.