Communiqué de Jean-Luc Mélenchon et du Parti de Gauche
Publié dans Situation politique, le 11/06/2009 à 21:39, par Philippe GuerineauJean-Luc Mélenchon : « longue vie au Front de Gauche »
Communiqué de Jean-Luc Mélenchon, Tête de liste du Front de Gauche dans le Sud-Ouest, Député européen, Président du Parti de Gauche
Je tiens à remercier chaleureusement les 213 926 électeurs du Sud-Ouest qui ont voté pour la liste du Front de Gauche que je conduisais, et qui m’ont ainsi élu député européen, avec 8,15 % des suffrages exprimés.
Je tiens à adresser mes plus fraternels remerciements à tous les candidats qui ont porté le rassemblement de notre liste à commencer par ma co-listière Cathy Daguerre dont je salue l’engagement. Mais aussi à tous les militants et élus du PCF et du Parti de Gauche, ainsi que ceux de Gauche Unitaire issus du NPA, à ceux du MRC ou des Collectifs unitaires qui ont permis par leur engagement de faire vivre notre dynamique unitaire.
Je remercie les nombreux citoyens, syndicalistes, responsables associatifs qui ont apporté leur aide à notre belle campagne, lui donnant un goût du Front populaire que nous voulons construire. Dans plusieurs départements, nous approchons ou dépassons les 10 % des voix, ce qui installe le Front de Gauche comme une force majeure à gauche.

Enfin j’exprime ma reconnaissance et je renouvelle ma solidarité aux nombreux travailleurs en lutte que j’ai rencontrés tout au long de cette campagne : ouvriers et techniciens de Célanèse, de Continental, de Merlin-Gerin, d’ESK-Ceramics, de la SNECMA ou encore de la Société nationale des poudres et explosifs, agents des services publics, électriciens et gaziers, cheminots, enseignants et élèves de lycée professionnel, professeurs et étudiants des universités et des IUFM, agriculteurs, viticulteurs du Languedoc, ostréiculteurs du bassin d’Arcachon.
Tous m’ont tant appris sur ce grand Sud-Ouest qui travaille et qui lutte.
Je suis heureux que notre circonscription soit celle où l’abstention a été la moins forte dans ces élections. Elle n’en reste pas moins très élevée car notre peuple déserte une Europe qui l’ignore et qui le méprise.
J’ai mesuré à travers mes 21 meetings et mes nombreux déplacements dans les 18 départements de la circonscription combien l’attente était grande de voir changer la gauche dans notre pays. Je leur dis que notre campagne n’était qu’un premier pas et que le Front de Gauche doit continuer et s’élargir pour construire une nouvelle majorité populaire en rupture avec le capitalisme dans notre pays.
Je dis donc longue vie au Front de Gauche !
Le 14 juillet prochain, je céderai mon mandat de sénateur pour devenir député européen. A partir de cette date symbolique de la liberté rebelle de notre République en Europe, je porterai sans relâche au Parlement européen la voix de ceux qui veulent tourner la page du libéralisme qui saigne notre peuple, notre pays et l’Europe.
Déclaration du Bureau national du Parti de Gauche
Le 7 juin, dans les urnes, l’Union Européenne est devenue un désert de la démocratie. Les milieux populaires s’en sont auto-exclus par une abstention presque totale. Les élites sociales la dominent presque sans partage. Du coup, ce qui va déjà mal ira encore plus mal.
La droite l’emporte quasiment partout en Europe. En France, toutes listes confondues, elle est majoritaire en voix. Il faut regarder cette réalité en face. La droite a la main au moment même où sévit une crise historique du capitalisme. C’est vrai dans toute l’Europe. Le Parlement européen sera ainsi le plus à droite depuis sa création en 1979.

Les partis sociaux-démocrates dominants à gauche en Europe portent la principale responsabilité de ce désastre. Face aux partis de droite, ils n’offrent aucune alternative. Aux mieux proposent-ils la régulation du capitalisme financier. Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn comme horizon. « Non merci » ont répondu les salariés dans tous les pays, délaissant une partie qui semblait jouée d’avance entre pareil et même. Tous les modèles sociaux-démocrates sont en déroute. En Italie, pays des primaires, la défaite est sans appel. En Grande-Bretagne, pays du « parti unique à gauche », le Labour, l’effondrement est historique. C’est donc un problème d’orientation politique qui est posé à la social-démocratie en Europe. Le Parti socialiste en France peut-il en tirer les conséquences ? Va-t-il renoncer à son alignement sur le PSE ? Va-t-il enfin renoncer à cogérer le Parlement européen avec la droite à travers le groupe du PSE ? Le Parti de Gauche appelle solennellement le Parti socialiste à changer d’orientation en rompant ses liens avec la droite européenne et les politiques libérales qu’ils impliquent.
Enfin, on note le résultat élevé de l’autre gauche. Au sein de celle-ci le Front de Gauche a été le plus convaincant et obtient 6,5% des voix. Il apportera 5 élus au groupe de la Gauche Unitaire Européenne (3 dans le mandat précédent alors que le nombre de députés européens élus en France a baissé). Le résultat montre aussi qu’unie l’autre gauche aurait changé le paysage politique de l’élection. Nous aurions obtenu 12 élus au lieu de 5 pour le Front de Gauche et 0 pour le NPA et LO. Nous aurions privé le FN de son siège dans l’Est, battu Le Pen dans le Sud-Est et Hortefeux dans le Centre. Nous aurions produit un bouleversement politique majeur. Si nous nous unissons celui-ci est toujours à notre portée.
Face à la crise politique qui grossit et à l’échec de la ligne démocrate épousée par le Parti socialiste, le Front de Gauche est la seule stratégie permettant de construire une nouvelle majorité populaire pour gouverner la France au service de l’intérêt général et non des intérêts particuliers des privilégiés de la finance.

Le Parti de Gauche propose donc de continuer et renforcer le Front de Gauche. Il s’adresse au PCF, à Gauche Unitaire, à République et Socialisme, à tous les membres des comités d’initiative et de soutien qui ont participé au Front de Gauche pour changer d’Europe pour leur proposer un Front de Gauche permanent, présent dans les luttes et dans toutes les élections, des régionales de 2010 aux présidentielles et législatives de 2012, ainsi que lors des élections partielles qui se dérouleront d’ici là. Il adresse cette proposition à toute l’autre gauche, notamment au NPA, aux Alternatifs, à Ecologies solidaires et au MRC. Cette unité serait décisive pour impliquer les citoyens et plus particulièrement les classes populaires dans le combat politique pour une alternative. Elle permettrait la constitution d’un véritable Front Populaire. Elle faciliterait l’élaboration de l’alternative au capitalisme rendue plus urgente que jamais par la catastrophe écologique et la crise économique, sociale et politique actuelle.
Sur le terrain européen, le Parti de Gauche propose que le Front de Gauche s’implique dans la bataille décisive contre la ratification du traité de Lisbonne qui se jouera notamment lors du nouveau referendum prévu en Irlande à l’automne prochain. Par la voix de ses députés européens, il proposera des mesures urgentes face à la crise qui s’aggrave.
Face aux attaques de la droite en France, le Parti de Gauche propose de mener dès la rentrée des campagnes unitaires du Front de Gauche. Celles-ci pourraient porter sur les questions sociales, en s’appuyant sur les contenus des 3 projets de lois déposés par les députés PCF et PG au printemps, écologiques, et sur la défense des libertés. Le Parti de Gauche propose également de prendre des initiatives communes de soutien aux luttes et de s’engager dans l’élaboration de propositions programmatiques alternatives.

Dans la perspective des prochaines élections régionales, le Parti de Gauche propose d’ouvrir des discussions sur les changements politiques à opérer dans la gestion des régions. Il constate que le PS et les Verts abordent cette échéance avec une stratégie d’alliances à la carte.
Dans ces conditions, il se prononce pour la constitution de listes du Front de Gauche, autonomes et ouvertes à toute l’autre gauche. De telles listes pourraient prendre la tête de la gauche et faire élire de nouveaux gouvernements pour nos régions. Si elles n’y parvenaient pas, elles se mobiliseraient évidemment pour battre la droite au deuxième tour. Elles seraient bien sûr disposées pour cela à fusionner avec la liste de gauche arrivée en tête si les conditions politiques le permettent, notamment si celle-ci ne comprend pas de représentants du Modem, car on ne peut vouloir incarner une alternative au système en s’alliant avec ses partisans.
Le Front de Gauche continue
Uni dans la rue comme dans les urnes
Lors de toutes les élections à venir, partielles ou générales, régionales ou nationales
Afin de bâtir une alternative majoritaire et gouvernementale à ce système en faillite
