Notre hôpital dans les mains des promoteurs ?
Publié dans i) Coups de projecteur (79), le 18/06/2009 à 20:37, par Philippe Guerineau
Du C.H.I.C. au CHIC
Chacun sait que l’hôpital général Jean Pierre Gabarrou n’existera plus au cours de l’année 2010 ; il va déménager sur le Causse. La reconversion de l’ensemble de ses bâtiments, sur une superficie de 1,5 ha avec le terrain a été au centre des débats des élections municipales de mars 2008. Des promesses avaient été faites, des engagements ont été pris, notamment par le maire P.Bugis , l’ensemble des candidats se sont longuement exprimés à ce sujet.
Il suffit entre autres de se reporter au dossier de la Dépêche du Midi en date du 6 février 2008 et des programmes des candidats.
Une piqûre de rappel est nécessaire. La Dépêche du Midi écrivait en conclusion d’un long article : « Cette grande surface hospitalière devra donc être aménagée et l’ensemble des prétendants aux municipales ont des idées assez proches sur la question. On remarque que tous les prétendants à la mairie proposent des solutions d’aménagement très orientées vers le social et la solidarité.
Une façon sans doute indispensable de compenser la perte d’activités et d’emplois très importante qui suivra le départ de l’institution hospitalière du centre-ville de Castres. »
Attardons nous sur les promesses des 4 têtes de liste :
- Ph.Folliot propose l’aménagement d’ « une maison des solidarités », un peu sur le modèle de la maison Emploi-formation à l’Albinque. Il souhaitait créer un pôle social, un guichet unique social ( CCAS, antenne du conseil général, sécurité sociale, associations…) ainsi qu’un projet intergénérationnel novateur ( établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, une résidence pour personnes âgées , des logements pour étudiants et jeunes travailleurs)
- S.Cèbe propose de faire de l’ « hôpital général un espace d’équilibre, de multi-activité et d’attractivité(…)et d’y fonder un espace à la fois social, économique et culturel avec un pôle intergénérationnel ( hébergement personnes âgées, accueil petite enfance et Maison de l’étudiant) et une galerie commerciale en rez-de-chaussée.

- Ph Guérineau propose dans une conférence de presse spécifique : « le droit à la santé » en compagnie d’infirmières de l’hôpital : une antenne d’urgence doit rester sur le site actuel de l’hôpital. Il y a nécessité de maintenir un accueil d’urgence sur la ville pour les plus démunis, pour ceux qui ne peuvent se déplacer sur le nouveau hôpital mais aussi pour des soins qui ne nécessitent pas forcément l’utilisation du plateau technique hospitalier
Les Centres médico-psychologiques pour adultes et pour enfants doivent trouver leur place sur le site actuel de l’hôpital. Ils sont aujourd’hui logés à la zone de la Chartreuse et rue Emilie de Villeneuve.
La création d’un espace d’accueil pour les jeunes, en ce qui concerne la prévention.
Le relogement du CHRS, la création d’un foyer pour femmes en détresse, des logements pour les personnes âgées, les étudiants et les jeunes travailleurs ainsi qu’une crèche.
Je rajoutai lors d’une interview : « Pour une telle question, qui engagera la ville pour des décennies, je pense d’abord qu’il faut écouter et associer la population et pourquoi pas l’organisation d’un référendum d’initiative locale. L’avenir du site conditionne l’avenir du centre-ville, on n’a pas le droit à l’erreur. »
- P. Bugis propose une « requalification de l’actuel centre hospitalier ». Il envisage la création d’une résidence pour les seniors et aussi un lieu intergénérationnel avec l’installation d’une crèche. « Il y a des besoins et il faut faire quelque chose ».
Par ailleurs, il souhaite l’installation de commerces de proximité dans une partie de l’actuel établissement et enfin l’aménagement de parkings.
Chacun se souvient lors des divers débats que la ville devait se porter acquéreur de l’hôpital Jean Pierre Gabarrou ( estimation des domaines entre 3 et 4 millions d’euros )
C’ETAIT IL Y A UN AN !
Aujourd’hui, bien sûr sans aucun débat au Conseil municipal, sans aucune concertation avec la population, nous apprenons par la presse que l’hôpital va être vendu à un promoteur immobilier pour, nous dit-on : « une résidence de standing et des commerces).
Cherchez l’erreur !
Qu’en est-il des promesses du maire de Castres ?
L’hôpital en déficit budgétaire, a inscrit les 3,5 millions d’euros environ ( ?) pour ses besoins propres, on peut le comprendre quand le ministère de la Santé restreint tous les crédits. Pourtant, cette somme paraît dérisoire si le centre hospitalier devait être vendu à un promoteur immobilier.

Quant au maire de Castres et ses promesses non tenues, soit il mentait pendant la campagne électorale, soit et c’est la même chose il n’a pas anticipé financièrement ( étonnant, non ?) l’achat du site, privilégiant d’autres projets.
Le devenir en centre-ville des bâtiments et des terrains n’est pourtant pas anecdotique.
Le directeur du Centre Hospitalier Intercommunal Castres-Mazamet évoque un cahier des charges ( ?).
Force est de constater qu’à ce jour, tout cela se passe en catimini, sans la moindre transparence avec pourtant des enjeux financiers énormes.
Avec mes amis, nous poserons une « question orale » lors du Conseil municipal prévu le 30 juin pour que l’avenir humain du centre-ville ne soit pas bradé aux promoteurs immobiliers. Nous demanderons la convocation d’un Conseil municipal extraordinaire.
Un débat public doit être organisé au plus vite et au fait ! l’idée d’un référendum local pourrait être étudiée ( cela serait plus sérieux que pour la subvention au Castres Olympique).
Dans tous les cas, je serai très attentif et je vous tiendrai au courant d’un dossier dont le traitement ( sous la table) commence bien mal…

