Archives de juin 2009

Notre hôpital dans les mains des promoteurs ?

 

Du C.H.I.C. au CHIC 

 

 

Chacun sait que l’hôpital général Jean Pierre Gabarrou n’existera plus au cours de l’année 2010 ; il va déménager sur le Causse. La reconversion de l’ensemble de ses bâtiments, sur une superficie de 1,5 ha avec le terrain a été au centre des débats des élections municipales de mars 2008. Des promesses avaient été faites, des engagements ont été pris, notamment par le maire P.Bugis , l’ensemble des candidats se sont longuement exprimés à ce sujet.

Il suffit entre autres de se reporter au dossier de la Dépêche du Midi en date du 6 février 2008 et des programmes des candidats.

Une piqûre de rappel est nécessaire. La Dépêche du Midi écrivait en conclusion d’un long article : «  Cette grande surface hospitalière devra donc être aménagée et l’ensemble des prétendants aux municipales ont des idées assez proches sur la question. On remarque que tous les prétendants à la mairie proposent des solutions d’aménagement très orientées vers le social et la solidarité.

Une façon sans doute indispensable de compenser la perte d’activités et d’emplois très importante qui suivra le départ de l’institution hospitalière du centre-ville de Castres. »

 

Attardons nous sur les promesses des 4 têtes de liste :

 

- Ph.Folliot propose l’aménagement d’ « une maison des solidarités », un peu sur le modèle de la maison Emploi-formation à l’Albinque. Il souhaitait créer un pôle social, un guichet unique social ( CCAS, antenne du conseil général, sécurité sociale, associations…) ainsi qu’un projet intergénérationnel novateur ( établissement d’hébergement  pour personnes âgées dépendantes, une résidence pour personnes âgées , des logements pour étudiants et jeunes travailleurs)

 

- S.Cèbe  propose de faire de l’ «  hôpital général   un espace d’équilibre, de multi-activité et d’attractivité(…)et d’y fonder un espace à la fois social, économique et culturel avec un pôle intergénérationnel ( hébergement personnes âgées, accueil petite enfance et Maison de l’étudiant) et une galerie commerciale en rez-de-chaussée.

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- Ph Guérineau  propose dans une conférence de presse spécifique : «  le droit à la santé » en compagnie d’infirmières de l’hôpital :  une antenne d’urgence doit rester sur le site actuel de l’hôpital. Il y a nécessité de maintenir un accueil d’urgence sur la ville pour les plus démunis, pour ceux qui ne peuvent se déplacer sur le nouveau hôpital mais aussi pour des soins qui ne nécessitent pas forcément l’utilisation du plateau technique hospitalier

Les Centres médico-psychologiques pour adultes et pour enfants doivent trouver leur place sur le site actuel de l’hôpital. Ils sont aujourd’hui logés à la zone de la Chartreuse et rue Emilie de Villeneuve.

La création d’un espace d’accueil pour les jeunes, en ce qui concerne la prévention.

Le relogement du CHRS, la création d’un foyer pour femmes en détresse, des logements pour les personnes âgées, les étudiants et les jeunes travailleurs ainsi qu’une crèche.

Je rajoutai lors d’une interview : «  Pour une telle question, qui engagera la ville pour des décennies, je pense d’abord qu’il faut écouter et associer la population et pourquoi pas l’organisation d’un référendum d’initiative locale. L’avenir du site conditionne l’avenir du centre-ville, on n’a pas le droit à l’erreur.  »

 

- P. Bugis propose une « requalification de l’actuel centre hospitalier ». Il envisage la création d’une résidence pour les seniors et aussi un lieu intergénérationnel avec l’installation d’une crèche. «  Il y a des besoins et il faut faire quelque chose ».

Par ailleurs, il souhaite l’installation de commerces de proximité dans une partie de l’actuel établissement et enfin l’aménagement de parkings.

 

Chacun se souvient lors des divers débats que la ville devait se porter acquéreur de l’hôpital Jean Pierre Gabarrou ( estimation des domaines entre 3 et 4 millions d’euros )

 

C’ETAIT IL Y A UN AN !

 

Aujourd’hui, bien sûr sans aucun débat au Conseil municipal, sans aucune concertation avec la population, nous apprenons par la presse que l’hôpital va être vendu à un promoteur immobilier pour, nous dit-on : «  une résidence de standing et des commerces).

Cherchez l’erreur !

Qu’en est-il des promesses du maire de Castres ?

L’hôpital en déficit budgétaire, a inscrit les 3,5 millions d’euros environ ( ?) pour ses besoins propres, on peut le comprendre quand le ministère de la Santé restreint tous les crédits. Pourtant, cette somme paraît dérisoire si le centre hospitalier devait être vendu à un promoteur immobilier.

 

Quant au maire de Castres et ses promesses non tenues, soit il mentait pendant la campagne électorale, soit et c’est la même chose il n’a pas anticipé financièrement ( étonnant, non ?) l’achat du site, privilégiant d’autres projets.

Le devenir en centre-ville des bâtiments et des terrains n’est pourtant pas anecdotique.

Le directeur du Centre Hospitalier Intercommunal Castres-Mazamet évoque un cahier des charges ( ?).

Force est de constater qu’à ce jour, tout cela se passe en catimini, sans la moindre transparence avec pourtant des enjeux financiers énormes.

 

Avec mes amis, nous poserons une «  question orale » lors du Conseil municipal prévu le 30 juin pour que l’avenir humain du centre-ville ne soit pas bradé aux promoteurs immobiliers. Nous demanderons la convocation d’un Conseil municipal extraordinaire.

Un débat public doit être organisé au plus vite et au fait ! l’idée d’un référendum local pourrait être étudiée ( cela serait plus sérieux que pour la subvention au Castres Olympique).

 

Dans tous les cas, je serai très attentif et je vous tiendrai au courant d’un dossier dont le traitement ( sous la table) commence bien mal…

 

 

 

 

 

 

 

Mobilisation contre les antennes relais

 

LA MOBILISATION CONTRE L’IMPLANTATION D’ANTENNES RELAIS PRES DE L’ECOLE MATERNELLE MARIE CURIE S’INTENSIFIE

 

 

Résumé des chapitres précédents :

 

Le Conseil municipal de Castres en date du 31 mars 2009 ( à la veille des vacances de Pâques) a voté majoritairement ( les 5 élus du groupe «  La Gauche Rassemblée pour un réel changement » ont voté contre, les 2 élus PS se sont abstenus ) une délibération autorisant : «  L’occupation temporaire du domaine public par la société France Télécom pour permettre l’installation de plusieurs antennes relais sur le terrain de sport de la Capélanié ».

Bien évidemment, sans aucune information ni concertation avec les parents  d’élèves de l’école maternelle Marie Curie et les riverains qui ont appris la nouvelle par la presse et notamment la Dépêche du Midi ( voir l’article en date du 7 avril 2009).

 

Le lundi 20 avril ( jour de rentrée des classes) 3 conseillers municipaux  dont moi-même étaient présents à l’école pour distribuer un tract et engager la conversation avec les parents ( se reporter à mon article publié dans mon blog le 20/04/09 sous le titre : «  3 antennes relais, danger ? ») .

 

Le mardi 28 avril, une délégation de parents d’élèves a rencontré l’adjointe au maire chargée de l’enseignement pour lui faire part de leur inquiétude mais il n’y eut aucune réponse aux questions posées…La délégation demande alors une entrevue avec le maire.

 

Lors du Conseil municipal du 19 mai, j’interpelle P.Bugis : «  Comment comptez vous répondre à l’inquiétude légitime des parents et des riverains ? » Je lui fais part d’une pétition signée alors par plus de 7O parents ( la totalité des parents de l’école) et par plus de 400 riverains du quartier de la Capelanié. Je lui demande surtout de recevoir enfin les parents, ce qu’il se décidera à faire …

 

Depuis le début, la mobilisation des parents et des riverains n’a pas cessé et même prend de l’ampleur chaque jour un peu plus.

 Dernièrement, le mercredi 10 juin, une réunion s’est tenue à la Maison des Associations et des Syndicats avec la FCPE et les responsables tarnais de l’association «  Robin des toits ».

Les 5 élus du groupe «  la Gauche Rassemblée pour un réel changement » ont déposé une tribune libre : «  Stop aux antennes relais » à paraître dans le prochain Castres Magazine…le 22 juin.

 

 

RENDEZ VOUS IMPORTANT

 

Les parents d’élèves et les riverains invitent,

à l’occasion de la fête de la musique,

toutes celles et ceux «  attachés au principe de précaution »

 

le dimanche 21 juin , à partir de 18h

 

à un rassemblement festif ( on peut apporter son pique-nique)

avec le groupe musical «  Glass and the Dog »

au stade de la Capelanié

 

SOYONS NOMBREUX !

Dernière minute : les parents d’élèves seront reçus par le maire le mardi 23 juin (soit 2 mois après leur demande, mieux vaut tard que jamais…).

 

Autoroute : pour un réel débat public

 LE DEBAT VA AVOIR LIEU, ENFIN !

 

Chacun se souvient, la Commission Nationale de Débat Public ( CNDP) – saisie en décembre 2008 par le ministre Jean Louis Borloo- a désigné le 4 février 2009 Mme Danielle Barrès comme présidente de la Commission particulière du débat public sur l’achèvement de la       2 X 2 voies Castres – Toulouse par mise en concession autoroutière. Le choix d’un débat public, explique la CNDP, est motivé par les considérations suivantes :

 le projet revêt un caractère national, les impacts socio-économiques pour le développement du bassin Castres- Mazamet et de l’aire métropolitaine de Toulouse sont importants, les impacts sur l’environnement sont significatifs, il existe plusieurs modalités de financement. L’ABANDON DU PROJET DE GRAND CONTOURNEMENT DE TOULOUSE CONSTITUE UN ELEMENT NOUVEAU vis à vis de la concertation déjà menée jusqu’à présent.

 

Les réactions d’alors, à la fois du maire UMP de Castres et du député-maire de Lavaur, sont pour le moins surprenantes . Pour le premier, «  On va leur dire à ces ronds de cuir qu’on en a plein le dos. J’irai dire à la population qu’il faut manifester son mécontentement. » La présidente de la Commission ( ingénieur ) a dû apprécier comme il se doit le sens de la nuance de l’édile local. Le deuxième : « Cette décision me paraît inopportune pour ne pas dire scandaleuse(…) selon mes informations -sic !- , cette concertation devrait se tenir dans un temps très limité et être terminée avant l’été 2009 ». Ce député toujours prétendument bien informé, a donc tout faux !

Constatons que seul le Président de la CCI Castres- Mazamet sauve l’honneur de notre Bassin d’emplois :  « Tenir un grand débat public aura peut être l’avantage de mettre à plat certaines questions en amont et de limiter le contentieux pour plus tard. »

 

Le débat sur l’opportunité de la construction d’une autoroute va avoir lieu. Tant mieux, car ce sujet passionne tous les Castrais et au-delà depuis des années ( pour ne pas écrire des décennies). L’enclavement est une réelle difficulté pour la ville et pour toute  la Communauté d’agglomération et la recherche de solutions est une nécessité.

Déjà avec la municipalité d’A.Mandement j’ai participé à de nombreuses réunions ( on se souvient des rassemblements salle Gérard Philipe et de la manifestation à Toulouse). Tout cela d’ailleurs n’avait pas empêché une misérable petite opération politicienne de la Droite avec le sieur Cabrol en première ligne contre la municipalité de Gauche en 2001 (mais laissons cela…).

 

La saisine de la Commission nationale du débat public ( CNDP) était obligatoire (quoiqu’en disent certains) pour ce projet et elle témoigne du respect d’un bon fonctionnement démocratique. Espérons que tous les avis pourront se faire entendre sans risquer le lynchage des puissants.

 Un seul principe me guide : l’ARGUMENTATION. Des réponses précises devront être apportées. Il en est fini du temps des «  arguments d’autorité » , nous sortons du domaine de la « foi » pour entrer dans celui de la  « raison ».

Autoroute = désenclavement = emplois ?

Autoroute = gain de temps ?

Coût du projet ?

Qui finance ? L’utilisateur, le contribuable, … ? 

Quel impact écologique ?

D’autres solutions existent elles ?

Etc…

Ces questions sont pour le moins légitimes, elles sont souvent posées par des associations responsables.

Alors que ce grand débat public se prépare au mieux et en toute sérénité (entre fin octobre 2009 et janvier 2010), le Frédéric Lefebvre tarnais ( j’ai bien peur que cela soit perçu comme un compliment…) se distingue à nouveau , le débat ne servira à rien : «  Il a déjà eu lieu lors de la concertation sur le grand contournement de Toulouse(…). La commission n’a aucun pouvoir de décision , elle ne fait que rendre un avis et au final c’est le gouvernement qui tranche et on sait ( ?) qu’il est favorable au projet»

 

Curieuse conception de la démocratie et de la concertation de la part de l’UMP Bernard Carayon ! Avec de telles déclarations, de telles provocations, les défenseurs du projet autoroutier ont de quoi s’inquiéter, à leur place ( mais je ne suis pas à leur place) un conseil : « faites le taire ! » .

Force est de constater que le député Philippe Folliot abandonne pour la première fois le ton vindicatif pour déclarer : « Moi, je pense qu’une attitude positive et constructive doit aussi prévaloir durant le débat public qui va bientôt s’ouvrir dans le Tarn ».Il n’est jamais trop tard…

 

Il est vrai que quand on est sûr de son argumentation, à aucun moment on ne peut craindre le débat public et donc la démocratie.

 

J’invite toute la Gauche à mener le débat sur le fond , à éviter les jeux politiciens car l’enjeu est trop important, à faire montre d’indépendance envers toutes les pressions et divers lobbies et à prendre une décision en toute connaissance de cause. Mon attitude sera guidée par les réponses apportées ( enfin) aux diverses questions.

 

  • 1. Tous les extraits des déclarations des uns et des autres sont parus dans la Dépêche du Midi en date du jeudi 5 février, du mercredi 10 juin, du samedi 13 juin.

 

  • 2. A votre réflexion: les mêmes qui ont voté la privatisation scandaleuse des autoroutes pour le grand bien des actionnaires , les mêmes qui répètent à l’envi que l’Etat n’a plus d’argent ( cf. bouclier fiscal) sont souvent les mêmes qui affirment que les collectivités locales ( donc nos impôts) devront à nouveau payer…

                        

             

 

 

 

Edwy Plenel : lettre à ces socialistes qui nous désespèrent

Edwy Plenel : de lointains souvenirs dans les années 1970 font que le parcours et la bibliographie de ce journaliste et écrivain m’ont toujours été très proches. J’ai dû lire la quasi-totalité de ses livres : La République inachevée, La part d’ombre, Un temps de chien, Les mots volés, L’épreuve,etc…Dans son ouvrage : «  Secrets de jeunesse » paru en 2001, il revient sur une jeunesse militante qu’il n’a jamais reniée. Il fut pendant 25 ans journaliste au Monde et directeur de la rédaction du quotidien de 1996 à 2005.

Fondateur du site Médiapart.

 

Lettre à ces socialistes qui nous désespèrent

Peut-être est-il trop tard, et cette lettre inutile. Je vous ai écoutés depuis dimanche soir : les mêmes mots désolés, les mêmes phrases d’attrition, le même lamento qu’aux soirs de vos échecs de 2002 et de 2007 – ces élections présidentielles supposées imperdables. Mots vides, phrases creuses, refrains artificiels auxquels, depuis le temps, nous ne pouvons plus croire. Car sans doute les retrouverait-on, identiques, aux soirs de vos cinglants revers législatifs de 1986 et de 1993. C’est une vieille manie : les soirées de défaites électorales, vous vous souvenez soudain de vos électeurs. Quand vous les perdez…


Puis vous revenez à vos affaires, sans rien changer de vos habitudes – manœuvres d’appareil, divisions intestines, rivalités personnelles. Avec la conviction tranquille qu’un retour de balancier vous assurera, de nouveau, places, postes, réseaux. Comme si vous étiez définitivement la seule alternance possible à la droite et naturellement les propriétaires des suffrages qui vont avec. Comme si vous n’aviez pas à les reconquérir. Comme s’ils vous revenaient de droit, telles des brebis égarées trouvant forcément le chemin du bercail.
Procès d’intention, direz-vous. Non, simple constat logique : si vous pensiez vraiment le contraire, vous auriez agi autrement depuis 2007, voire depuis 2002. Vous vous seriez ressaisis, vous n’auriez pas privilégié vos détestations plutôt que vos solidarités, vous ne vous seriez pas écharpés comme des chiffonniers, vous n’auriez pas truqué vos propres votes de congrès, vous n’auriez pas offert ce spectacle lamentable à Reims, vous ne vous seriez pas repliés sur vous-mêmes en ces temps d’urgence sociale et démocratique, bref vous auriez pensé à parler à celles et ceux sans lesquels vous n’êtes politiquement rien, plus rien : vos concitoyens, vos électeurs.
Quel droit ai-je à vous apostropher ainsi ? Justement, celui d’être, comme des millions d’autres Français, l’un de vos électeurs, fidèle et constant. J’ai beau parfois la juger avec sévérité, puisque confronté dans mon travail de journaliste à ses incohérences ou à ses impostures, la gauche reste ma famille, de cœur et d’esprit.
La gauche ? Sans l’idéaliser, je veux dire par là cette conviction élémentaire que, derrière tout désordre, il y a une injustice, quand conservateurs et réactionnaires choisiront l’injustice plutôt que le désordre. Or, depuis votre congrès d’Epinay en 1971, depuis la dynamique unitaire qui a suivi, depuis qu’ainsi, vous avez définitivement ravi au Parti communiste la première place, vouloir que la gauche gouverne le pays oblige à voter pour vous, par-delà la diversité des gauches françaises.
Cette responsabilité que vous revendiquez auprès de nous, nous donne donc quelques droits sur vous, et d’abord celui de vous parler franchement. Pour vous dire que les partis sont mortels, qu’aucune étiquette n’est éternelle et que les idéaux n’ont pas d’écurie assignée. Le darwinisme vaut aussi en politique : on vit, on meurt, on se transforme ou on disparaît.
Discréditée par son attitude devant la question coloniale, la SFIO aura vécu, et le Parti socialiste fut plutôt une création par agrégation et rupture que sa succession logique. De 1958 aux années 1970, l’enterrement aura duré près de quinze ans. C’est à peu près le temps qui nous sépare de la fin, en 1995, de l’interminable présidence de François Mitterrand dont, en vérité, vous ne vous êtes toujours pas remis. Et dont, peut-être, vous ne vous remettrez jamais.
Un vote qui sanctionne vos renoncements
Car le résultat électoral du 7 juin 2009 n’est pas un accident, mais une confirmation : celle de votre incapacité collective à vous réinventer un avenir, un projet, une vision. Contrairement aux commentaires convenus, ce n’est pas l’opposition déterminée à Nicolas Sarkozy qui a été sanctionnée dans les urnes, mais votre impuissance à incarner une opposition crédible. Abstentionnistes massifs – dont, pour l’essentiel, la jeunesse et les classes populaires – et électeurs écologistes – dont, notamment, le socle urbain et diplômé de votre électorat – ont sanctionné, par leur absence ou par leur vote, vos divisions, vos faiblesses et vos silences. L’affirmer, ce n’est aucunement diminuer le mérite des listes Europe Ecologie qui ont suscité l’adhésion par contraste avec vos manques.
L’unité des différences, l’originalité du projet, le souci du monde et le souffle de démocratie étaient en effet de leur côté, pas du vôtre. Dans un processus longuement mûri et parfaitement maîtrisé, les Verts ont suscité un rassemblement qui les dépassait, du noniste altermondialiste José Bové aux animateurs de la Fondation Hulot. Loin des vieilles recettes, leur projet européen associait le changement écologique et la protection sociale, se voulant carrément un « programme de transition entre deux mondes, entre deux modèles de développement, entre deux civilisations ».
La promotion de deux figures européennes, mariant et dépassant les nationalités, Daniel Cohn-Bendit et Eva Joly, exprimait une particulière intelligence du monde, de son interdépendance, de sa complexité et de sa fragilité. Enfin, l’absence de toute préoccupation présidentielle, associée à une authentique culture parlementaire européenne, insufflait une vitalité démocratique, à l’image de la décontraction et de la simplicité du leader de la campagne.


Pendant que les écologistes travaillaient, vous vous disputiez. Non pas sur les idées, tant les divergences sont au fond minimes entre vous, mais sur les personnes. En 2006, dans un livre d’entretiens, je me souviens avoir opposé à votre premier secrétaire d’alors, François Hollande, cette réflexion de Pierre Mendès France : « Choisir un homme sur la seule base de son talent, de ses mérites, de son prestige (ou de son habileté électorale), c’est une abdication de la part du peuple, une renonciation à commander et à contrôler lui-même, c’est une régression par rapport à une évolution que toute l’histoire nous a appris à considérer comme un progrès. »
A trois ans de distance, sa réponse ferait sourire si ce n’était pas pitié : « L’essentiel, c’est le projet politique, et cette leçon-là demeure. Les personnalités comptent, mais ne nous laissons pas emporter par la compétition des personnes. [...] C’est le projet, c’est le contrat, c’est la politique qui crée la dynamique. C’est le collectif qui porte l’individuel. » Vous avez toujours produit d’excellents commentateurs de notre vie politique. Ils ne font pas forcément ses meilleurs rénovateurs.
La sanction électorale dont vous faites l’objet vient de loin. Elle frappe de longues fainéantises et d’anciens renoncements. J’en dénombre au moins quatre. Le présidentialisme d’abord, cette gangrène qui dévitalise la démocratie française : héritiers de François Mitterrand, qui en accrut les travers à rebours de ses engagements, vous n’avez pas su inventer un projet politique qui refonde notre démocratie en limitant, en contrôlant et en équilibrant ce pouvoir exécutif dominateur.
Pis, vous avez même accéléré, sans en débattre publiquement, cette présidentialisation de notre vie publique, dont profite l’actuel pouvoir, en associant le passage au quinquennat et l’inversion du calendrier électoral. Toutes générations confondues, vous êtes ainsi devenus un parti de professionnels, où l’individualisme carriériste l’emporte sur la fraternité militante. A tel point que, dans un paradoxe audacieux, les plus rénovateurs d’entre vous ne voient d’autre moyen de sortir de l’impasse que de trancher au plus vite cet enjeu présidentiel en contournant votre propre parti par des primaires ouvertes à toute la gauche.
Cette campagne européenne l’a prouvé au-delà du raisonnable : votre deuxième renoncement concerne rien de moins que le monde qui nous entoure. En théorie porteur, depuis l’origine, de valeurs et principes universalisables, sans passeports ni frontières, le socialisme est supposé unir l’intelligence internationale au projet national. De fait, l’Europe fut, dans les années 1980, votre affaire avec Jacques Delors, tout comme ce sont deux des vôtres qui dirigent aujourd’hui le Fonds monétaire international et l’Organisation mondiale du commerce.
Or c’est tout le problème, que révèle au grand jour l’actuelle crise économique et qui fut au moteur de votre propre schisme lors du référendum européen de 2005 : vous avez accompagné la financiarisation et la bureaucratisation de l’Europe, plutôt qu’incarné sa dynamique démocratique et sociale. L’incapacité des socialistes européens à porter une stratégie, claire et cohérente, de changement lors de ce rendez-vous électoral alors même que le capitalisme traverse une crise historique portait l’échec dans les urnes comme la nuée annonce l’orage.
Ce silence sur l’ouverture sarkozyste qui vous accable
Troisièmement, vous avez oublié d’être vous-mêmes. D’ordinaire, la droite ne masque pas les intérêts particuliers qu’elle défend : elle les assume, les revendique, les illustre par ses choix économiques, sociaux, fiscaux, sociétaux, etc. Et, sur ce registre, le pouvoir actuel se dissimule moins que d’autres, assumant sans vergogne un mélange sans pareil des intérêts privés et des responsabilités publiques.
Or, à force de vous identifier à l’Etat par un effet insidieux de ce présidentialisme qui vous éloigne de votre base, vous finissez par oublier les intérêts sociaux qui vous légitiment. Etre socialiste, ce devrait signifier porter sans complexe les voix de ceux que l’on entend le moins, qui décident le moins, qui comptent le moins – des ouvriers, des employés, des travailleurs, des salariés. Des classes populaires en somme. De ceux qui subissent le partage inégal des richesses inhérent à l’ordre économique actuel.
Or, il y a à peine un an, révisant votre déclaration de principes, vous en avez ôté la simple mention sous forme de constat que les classes sociales existent, comme si cette affirmation que la politique est aussi l’affrontement d’intérêts sociaux divergents vous semblait dépassée. Pis encore, quand le peuple guadeloupéen a donné l’exemple d’une riposte inventive et fédératrice à la crise, par la mobilisation la plus large et la plus déterminée, vous avez paru prendre peur, redoutant une contagion soudaine en France plutôt que de citer en exemple Liyannaj kont pwofitasyon. Qui ne voit pourtant, dans les entreprises comme dans les universités, les unes mobilisées dans la dispersion, les autres épuisées par leur solitude, qu’une dynamique rassembleuse, faisant front contre des politiques injustes et régressives, aurait insufflé de l’espoir, l’envie de résister et d’inventer, plutôt que le découragement qui, aujourd’hui, rôde?
Mais vous ne vous êtes pas seulement éloignés de votre base sociale ; vous avez plus largement ignoré la société civile, sa vitalité associative, son bouillonnement intellectuel, son expertise militante. Quand, enfin, vous vous mettez à réfléchir, colloquer et discuter, voici qu’on retrouve les mêmes figures intellectuelles ou médiatiques qui encombrent les allées gouvernantes depuis bientôt trente ans. Vous ne prenez aucun risque, préférant rester en terrain connu et usé.
C’est votre quatrième renoncement, et peut-être le plus sourdement inquiétant : non seulement vous ne travaillez pas assez votre culture générale, mais surtout vous ne dialoguez plus avec le monde du savoir, vous n’affrontez pas l’audace des idées, vous n’écoutez pas avec humilité ce qu’auraient à vous dire tous ces historiens, sociologues, économistes, mathématiciens, physiciens, biologistes, etc., scientifiques authentiques qui fréquentent laboratoires et bibliothèques plutôt que les allées du pouvoir et de la notoriété.
Il est, de ce point de vue, un souvenir pas si lointain dont l’ironie amère vous accable : Eric Besson, le symbole même du transfuge sans principes, traître à ses électeurs comme à ses convictions, était jusqu’au tout début de 2007 votre secrétaire national aux études. Désormais numéro deux de l’UMP et ministre de l’identité nationale, ce converti zélé au sarkozysme, dont la dérive n’est sans doute pas achevée, était donc officiellement chargé de vos réflexions, pensées et analyses – c’est tout dire.
Depuis sa survenue, vous faites semblant de traiter l’ouverture, ce débauchage humiliant sans autre loi que l’avidité ou la lassitude, comme un épiphénomène. Ce ne serait, à vous croire, que trajectoires individuelles, quand leur somme nous dit le contraire : aucune de vos sensibilités, aucune de vos histoires, aucun de vos courants n’est épargné. De la mitterrandie à la deuxième gauche, de Jacques Delors à Lionel Jospin, de Michel Rocard à François Hollande, sans oublier SOS Racisme, aucun territoire socialiste n’a su résister en bloc à l’érosion sarkozyste – et ce n’est probablement pas fini.
Ce n’est pas seulement affaire de morale politique, bien que la vertu républicaine soit ici malmenée, c’est aussi la note à payer des manquements déjà relevés. Il faut être équitable : ces hommes et ces femmes ont changé de camp sans y voir de rupture. Tout simplement parce que leurs dérives individuelles avaient été précédées par vos dérives collectives. Qu’il s’agisse des institutions, des banlieues, de l’islam, de la sécurité, des libertés, de l’immigration, des privatisations, de la fiscalité, de l’Union européenne, du Proche-Orient, etc., la liste est longue des glissements progressifs par lesquels le socialisme français a perdu en spécificité, en identité et en substance. Comme si vous vous étiez laissé glisser, au fil de vos épisodes gestionnaires, sans prendre la mesure des défis du monde et de l’époque.

Un défi historique qui appelle un changement radical
Alors, que faire ? La réponse vous appartient, et je n’ai aucune recette en magasin. Je pressens seulement que si vous continuez comme avant, sans sursaut ni vision, vous serez perdus. Jusqu’ici, vous viviez dans le confort de vos fiefs municipaux, départementaux et régionaux. Après tout, vous pouviez digérer l’échec national si vous restiez maîtres des territoires. A un an des élections régionales, l’alarme de ces élections européennes annonce la fin de cette illusion.
Les Verts, que n’obnubile pas la présidentielle, pensent déjà aux régionales, avec la cohérence, le dynamisme et le systématisme qu’ils viennent de prouver. Et ils n’ont aucune raison de se dissoudre dans un front opportun dont vous auriez soudain le souci, après avoir joué en solitaires. Pas plus sans doute que les gauches de la gauche qui préféreront se rapprocher avant de se tourner vers vous. Hier, vous avez dominé et instrumenté la gauche plurielle, plutôt que vous ne l’avez animée et fédérée. Aujourd’hui, vous ne pouvez penser la réanimer artificiellement sur la base de votre propre faiblesse.
Vous êtes donc seuls, face à votre histoire qui est aussi la nôtre. Car ce qui vous arrive, qui nous concerne et nous inquiète, dépasse nos individualités. Un cycle plus que centenaire s’achève, sous les coups de boutoir des crises financière, économique et écologique. A la fin du XIXe siècle, dans le contexte de la première mondialisation et de la deuxième révolution industrielle, la social-démocratie fut une invention européenne, porteuse de trois réponses : l’internationalisme comme souci du monde, le parlementarisme comme projet démocratique, le prolétariat comme levier social. Toutes les familles de la gauche, quels que soient leurs fractures, déchirements et trahisons, sont issues de cette matrice dont les idéaux ont fini par ensemencer toutes nos sociétés, dans leurs pratiques sociales et leurs cultures démocratiques.
Quel en sera l’équivalent à l’heure d’une deuxième globalisation qui décentre le monde, au détriment d’une Europe occidentale qui se crut longtemps maître de sa destinée, et d’une troisième révolution industrielle, qui appelle de nouveaux droits et de nouveaux modèles, d’autres précautions et d’autres protections ?
C’est à cette question qu’il faut répondre par l’invention de nouvelles radicalités démocratiques, sociales et écologiques. Ne manquant pas de penseurs visionnaires, de René Dumont hier jusqu’à Edgar Morin aujourd’hui, les écologistes français s’y attachent avec persévérance hors des sentiers battus. Certaines gauches alternatives aussi, ébranlant les anciens héritages étatiques et les vieux dogmes productivistes, dans une fidélité à une critique libertaire du capitalisme confortée et rajeunie par la crise.
Et c’est aussi ce défi, largement intellectuel avant de se traduire en pratique politique, que l’on retrouve dans la longue marche de Barack Obama, pavée de livres et de discours qui réfléchissent pour agir, qui embrassent large et visent loin. Avant un programme catégoriel, c’est une vision qu’il nous faut où l’espérance de changement se ressource dans l’inquiétude des périls. En somme, un horizon vers lequel avancer. Hélas, rien de tel, pour l’heure, de votre côté.
Oui, hélas, car le temps presse. Jamais les idéaux portés par la gauche n’ont eu autant de pertinence face à la débâcle d’un système injuste, inefficace et destructeur. Et, pourtant, dans presque toute l’Europe, la gauche recule, les conservateurs progressent et l’extrême droite augmente. Quant à la France, l’actuel pouvoir y serait déjà clairement minoritaire, discrédité par ses excès de démagogie et ses abus de pouvoir, s’il n’avait pas, en face de lui, l’opposition la moins inventive, la moins déterminée et la moins rassemblée qui soit. Et c’est un peu, voire beaucoup par votre faute.
Ma sévérité est à la mesure de mon attente. Je ne crois pas à la politique du pire. Les crises ne sont pas forcément salvatrices. Elles peuvent accoucher aussi bien de régressions terribles, avec l’installation durable de pouvoirs orwelliens mâtinés de télé-réalité, répétant sans cesse à des peuples anesthésiés et désinformés : ayez peur, ayez bien peur, ayez surtout peur, et laissez-moi m’occuper tout seul du reste. De tout le reste. Et, par-dessus tout, de l’argent et de la puissance, ces deux adversaires éternels de l’espérance progressiste. C’est ce cauchemar qu’il nous faut faire fuir, tous ensemble.
Merci de m’avoir lu jusqu’à la fin. Merci, peut-être, de me répondre. Merci, surtout, d’en tenir compte, qui sait ?

 

Communiqué de Jean-Luc Mélenchon et du Parti de Gauche

Jean-Luc Mélenchon : « longue vie au Front de Gauche »

 

Communiqué de Jean-Luc Mélenchon, Tête de liste du Front de Gauche dans le Sud-Ouest, Député européen, Président du Parti de Gauche

Je tiens à remercier chaleureusement les 213 926 électeurs du Sud-Ouest qui ont voté pour la liste du Front de Gauche que je conduisais, et qui m’ont ainsi élu député européen, avec 8,15 % des suffrages exprimés.

Je tiens à adresser mes plus fraternels remerciements à tous les candidats qui ont porté le rassemblement de notre liste à commencer par ma co-listière Cathy Daguerre dont je salue l’engagement. Mais aussi à tous les militants et élus du PCF et du Parti de Gauche, ainsi que ceux de Gauche Unitaire issus du NPA, à ceux du MRC ou des Collectifs unitaires qui ont permis par leur engagement de faire vivre notre dynamique unitaire.

Je remercie les nombreux citoyens, syndicalistes, responsables associatifs qui ont apporté leur aide à notre belle campagne, lui donnant un goût du Front populaire que nous voulons construire. Dans plusieurs départements, nous approchons ou dépassons les 10 % des voix, ce qui installe le Front de Gauche comme une force majeure à gauche.

Enfin j’exprime ma reconnaissance et je renouvelle ma solidarité aux nombreux travailleurs en lutte que j’ai rencontrés tout au long de cette campagne : ouvriers et techniciens de Célanèse, de Continental, de Merlin-Gerin, d’ESK-Ceramics, de la SNECMA ou encore de la Société nationale des poudres et explosifs, agents des services publics, électriciens et gaziers, cheminots, enseignants et élèves de lycée professionnel, professeurs et étudiants des universités et des IUFM, agriculteurs, viticulteurs du Languedoc, ostréiculteurs du bassin d’Arcachon.

 

Tous m’ont tant appris sur ce grand Sud-Ouest qui travaille et qui lutte.

Je suis heureux que notre circonscription soit celle où l’abstention a été la moins forte dans ces élections. Elle n’en reste pas moins très élevée car notre peuple déserte une Europe qui l’ignore et qui le méprise.

J’ai mesuré à travers mes 21 meetings et mes nombreux déplacements dans les 18 départements de la circonscription combien l’attente était grande de voir changer la gauche dans notre pays. Je leur dis que notre campagne n’était qu’un premier pas et que le Front de Gauche doit continuer et s’élargir pour construire une nouvelle majorité populaire en rupture avec le capitalisme dans notre pays.

Je dis donc longue vie au Front de Gauche !

Le 14 juillet prochain, je céderai mon mandat de sénateur pour devenir député européen. A partir de cette date symbolique de la liberté rebelle de notre République en Europe, je porterai sans relâche au Parlement européen la voix de ceux qui veulent tourner la page du libéralisme qui saigne notre peuple, notre pays et l’Europe.

 

 

Déclaration du Bureau national du Parti de Gauche

 

Le 7 juin, dans les urnes, l’Union Européenne est devenue un désert de la démocratie. Les milieux populaires s’en sont auto-exclus par une abstention presque totale. Les élites sociales la dominent presque sans partage. Du coup, ce qui va déjà mal ira encore plus mal.

La droite l’emporte quasiment partout en Europe. En France, toutes listes confondues, elle est majoritaire en voix. Il faut regarder cette réalité en face. La droite a la main au moment même où sévit une crise historique du capitalisme. C’est vrai dans toute l’Europe. Le Parlement européen sera ainsi le plus à droite depuis sa création en 1979.

Les partis sociaux-démocrates dominants à gauche en Europe portent la principale responsabilité de ce désastre. Face aux partis de droite, ils n’offrent aucune alternative. Aux mieux proposent-ils la régulation du capitalisme financier. Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn comme horizon. « Non merci » ont répondu les salariés dans tous les pays, délaissant une partie qui semblait jouée d’avance entre pareil et même. Tous les modèles sociaux-démocrates sont en déroute. En Italie, pays des primaires, la défaite est sans appel. En Grande-Bretagne, pays du « parti unique à gauche », le Labour, l’effondrement est historique. C’est donc un problème d’orientation politique qui est posé à la social-démocratie en Europe. Le Parti socialiste en France peut-il en tirer les conséquences ? Va-t-il renoncer à son alignement sur le PSE ? Va-t-il enfin renoncer à cogérer le Parlement européen avec la droite à travers le groupe du PSE ? Le Parti de Gauche appelle solennellement le Parti socialiste à changer d’orientation en rompant ses liens avec la droite européenne et les politiques libérales qu’ils impliquent.

Enfin, on note le résultat élevé de l’autre gauche. Au sein de celle-ci le Front de Gauche a été le plus convaincant et obtient 6,5% des voix. Il apportera 5 élus au groupe de la Gauche Unitaire Européenne (3 dans le mandat précédent alors que le nombre de députés européens élus en France a baissé). Le résultat montre aussi qu’unie l’autre gauche aurait changé le paysage politique de l’élection. Nous aurions obtenu 12 élus au lieu de 5 pour le Front de Gauche et 0 pour le NPA et LO. Nous aurions privé le FN de son siège dans l’Est, battu Le Pen dans le Sud-Est et Hortefeux dans le Centre. Nous aurions produit un bouleversement politique majeur. Si nous nous unissons celui-ci est toujours à notre portée.

Face à la crise politique qui grossit et à l’échec de la ligne démocrate épousée par le Parti socialiste, le Front de Gauche est la seule stratégie permettant de construire une nouvelle majorité populaire pour gouverner la France au service de l’intérêt général et non des intérêts particuliers des privilégiés de la finance.

Le Parti de Gauche propose donc de continuer et renforcer le Front de Gauche. Il s’adresse au PCF, à Gauche Unitaire, à République et Socialisme, à tous les membres des comités d’initiative et de soutien qui ont participé au Front de Gauche pour changer d’Europe pour leur proposer un Front de Gauche permanent, présent dans les luttes et dans toutes les élections, des régionales de 2010 aux présidentielles et législatives de 2012, ainsi que lors des élections partielles qui se dérouleront d’ici là. Il adresse cette proposition à toute l’autre gauche, notamment au NPA, aux Alternatifs, à Ecologies solidaires et au MRC. Cette unité serait décisive pour impliquer les citoyens et plus particulièrement les classes populaires dans le combat politique pour une alternative. Elle permettrait la constitution d’un véritable Front Populaire. Elle faciliterait l’élaboration de l’alternative au capitalisme rendue plus urgente que jamais par la catastrophe écologique et la crise économique, sociale et politique actuelle.

Sur le terrain européen, le Parti de Gauche propose que le Front de Gauche s’implique dans la bataille décisive contre la ratification du traité de Lisbonne qui se jouera notamment lors du nouveau referendum prévu en Irlande à l’automne prochain. Par la voix de ses députés européens, il proposera des mesures urgentes face à la crise qui s’aggrave.

Face aux attaques de la droite en France, le Parti de Gauche propose de mener dès la rentrée des campagnes unitaires du Front de Gauche. Celles-ci pourraient porter sur les questions sociales, en s’appuyant sur les contenus des 3 projets de lois déposés par les députés PCF et PG au printemps, écologiques, et sur la défense des libertés. Le Parti de Gauche propose également de prendre des initiatives communes de soutien aux luttes et de s’engager dans l’élaboration de propositions programmatiques alternatives.

Dans la perspective des prochaines élections régionales, le Parti de Gauche propose d’ouvrir des discussions sur les changements politiques à opérer dans la gestion des régions. Il constate que le PS et les Verts abordent cette échéance avec une stratégie d’alliances à la carte.

Dans ces conditions, il se prononce pour la constitution de listes du Front de Gauche, autonomes et ouvertes à toute l’autre gauche. De telles listes pourraient prendre la tête de la gauche et faire élire de nouveaux gouvernements pour nos régions. Si elles n’y parvenaient pas, elles se mobiliseraient évidemment pour battre la droite au deuxième tour. Elles seraient bien sûr disposées pour cela à fusionner avec la liste de gauche arrivée en tête si les conditions politiques le permettent, notamment si celle-ci ne comprend pas de représentants du Modem, car on ne peut vouloir incarner une alternative au système en s’alliant avec ses partisans.

 

Pour le Parti de Gauche,
Le Front de Gauche continue
Uni dans la rue comme dans les urnes
Lors de toutes les élections à venir, partielles ou générales, régionales ou nationales
Afin de bâtir une alternative majoritaire et gouvernementale à ce système en faillite