Les ouvriers de Dynamic s’imposent au Conseil municipal
Publié dans c) Vie municipale (86), le 01/07/2009 à 7:29, par Philippe Guerineau
SOLIDARITE AVEC LES 78 SALARIES MENACES DE LICENCIEMENT
Plus d’une centaine de salariés de l ‘entreprise textile Dynamic et de nombreux syndicalistes de l’Union locale CGT de Castres se sont « invités » au Conseil municipal de Castres du 30 juin.
Impressionnant par leur nombre et leur détermination. Loin des strass et des paillettes, la « vraie vie », celle vécue aujourd’hui par les ouvriers des entreprises de notre Bassin d’emplois faisait irruption. Ils étaient d’autant plus déterminés que le maire, P.Bugis, était scandaleusement silencieux depuis des semaines.

Michel Viala, ouvrier textile, délégué syndical CGT et élu du comité d’entreprise Dynamic, fit une longue intervention ( voir ci dessous)dont voici un extrait :
« Monsieur le maire, messieurs les conseillers, au nom de tous les salariés qui sont ici aujourd’hui, je vous le demande, aidez nous à sauver nos emplois(…)Nous vous demandons d’intervenir contre un plan de licenciement qui touche notre ville. 78 salariés vont perdre leur emploi à cause des dirigeants du groupe Carreman qui ont décidé la casse de notre outil de travail pour accroître leur profitabilité avec la Roumanie, l’Inde(…) Alors que peut on ressentir si ce n’est le sentiment d’être méprisés, nous ne serons plus rien, seulement un chiffre dans une statistique et en plus un sujet de honte devant sa propre famille (…) Nous vous demandons, M P.Bugis de recevoir dans l’urgence une délégation (…) »
Alain Carayon au nom de l’Union locale CGT intervient également de même qu’ Aïcha Kratchi , ouvrière de l’entreprise.
A ce moment là, chacun des conseillers pouvait mesurer l’importance de ce moment , l’heure n’était plus aux palabres, au double langage, elle était à mesurer concrètement la souffrance vécue dans leur chair par des habitants de notre cité , inhabituelle dans ce lieu et pourtant celui-ci leur appartient. C’est notre « maison commune ».

J’ai cru voir Jean Jaurès dont le portrait est accroché dans cette salle apprécier comme il se doit ces diverses interventions.
Géraldine Rouquette, conseillère municipale du groupe : « La Gauche Rassemblée pour un réel changement » avait prévu une question orale à ce sujet qu’elle put poser d’entrée. Elle demanda en conclusion ainsi que moi-même une motion de soutien votée par le Conseil municipal. Après quelques tergiversations, le principe fut accepté et elle fut votée en fin de séance. Oublions la provocation d’un conseiller municipal de droite qui n’a rien trouvé de mieux qu’à déchirer ostensiblement le tract CGT, geste révélateur du mépris (voire de haine) manifesté souvent par l’UMP dans cette assemblée vis à vis de l’opposition.
Bravo et bon courage à toutes celles et ceux qui se lèvent pour résister et lutter , qu’ils gardent espoir , leur combat est aussi le mien , est aussi le nôtre.
N.B. Les salariés de l’entreprise organise un rassemblement pique nique est prévu jeudi 2 juillet devant l’entreprise ( Plaine du Travet)

Monsieur le maire,
Mesdames, Messieurs les adjoints et les conseillers,
Je me présente, Viala Michel, Ouvrier Textile, Délégué Syndical CGT et élu du Comité d’entreprise Dynamic.

Si nous avons choisi de venir vous interpeller pendant ce Conseil municipal, ce n’est pas pour vous déranger dans vos travaux mais pour vous demander d’intervenir contre un plan de licenciements qui touche notre entreprise et donc également notre ville.
78 salariés vont perdre leur emploi parce que les dirigeants du groupe Carreman ont décidé de ne plus « alimenter » l’entreprise Dynamic. Après avoir externalisé de leur groupe ce tissage par une vente à 5 cadres, ils ont fait de nous, des sous – traitants pendant trois ans, durée d’un contrat « d’alimentation » que nous avions réussi à obtenir.
Mais aujourd’hui les conflits d’intérêts que nous avions prévus et dénoncés, entre notre tissage Dynamic et les unités étrangères de production du groupe sont bien réels.
Eric Baïsse et François Morel ont décidé de la casse de notre outil de travail pour accroitre leur « profitabilité » avec la Roumanie, l’Inde, la Chine, et le Pakistan.
78 salariés vont être laissés sur le bas- côté de la vie active un peu comme après un ras de marée. Victimes d’une guerre économique, beaucoup auront du mal à retrouver du travail et souvent n’y arriveront pas.
On ne peut pas se cacher derrière des chiffres et oublier qu’il s’agit d’êtres humains, de gens dont la vie va être brisée. Ne nous voilons pas la face derrière des euphémismes : productivité, prix du tissu, délais, mondialisation de l’économie, délocalisation des filatures et des confectionneurs, réduire la voilure, dégraissage et jusqu’au nom plutôt infâme de plan social quand il ne s’agit en réalité que de gens qui vont perdre leur travail.
78 licenciements : la logique de Carreman est implacable, c’est ça, nous dit-on ou alors la fermeture de tout le Groupe et donc la mise à la rue de tous ses employés. Mais quand on est le salarié qui va rentrer dans le tunnel du chômage, alors, que peut-on ressentir si ce n’est le sentiment d’être méprisé, nous ne serons plus rien… Seulement un chiffre dans une statistique, et en plus un sujet de honte devant sa propre famille.

Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs les conseillers, au nom de tous les salariés qui sont ici aujourd’hui, je vous le demande. Aidez nous à sauver nos emplois.
Nous sommes disponibles à tout entretien pour parler de notre situation. Nous avons déjà rencontré des représentants politiques de Castres qui nous ont fait part de leur soutien. Nous souhaiterions que tous les acteurs de la vie politique de Castres se sentent concernés. Et en particulier, vous Monsieur le Maire, vous Monsieur Bugis, nous vous demandons de recevoir dans l’urgence une délégation afin que vous puissiez tout mettre en œuvre compte tenu de vos responsabilités de Maire de la ville de Castres, en utilisant tous les moyens qui sont à votre disposition pour la sauvegarde de nos emplois.
Merci.
