Archives du 3 juillet 2009

C.O. : Etude d’une délibération votée au C.M. du 30/06

SOUS LA MELEE CASTRAISE…

 

Au cours du Conseil municipal en date du 30 juin 2009, 3 délibérations ont concerné des conventions passées entre la Ville de Castres et la Société anonyme sportive professionnelle Castres Olympique ( S.A.S.P. Castres Olympique).qui a été constituée le 1er janvier 2002.

 

Il ne faut pas confondre l’association Castres Olympique et la S.A.S.P. Castres Olympique, tel le veut la loi. Pour rappel, l’association Castres Olympique reçoit une subvention annuelle de 106 660 € pour l’ensemble de ses activités ( école de rugby…). D’autre part, la ville passe des conventions avec la S.A.S.P.

 

Ce jour-là, la première s’intitule : « Convention de mise à disposition par la ville de Castres du stade Pierre Antoine à la S.A.S.P.- redevance –avenant n°1 ». Cette redevance annuelle s’élevait en 2007 à 49 995 €.

Compte tenu des aménagements nouveaux réalisés depuis par la ville de Castres au Stade Pierre Antoine (extension et couverture de la tribune sud) portant ainsi la capacité du stade à 7499 places assises ainsi que divers aménagements améliorant la qualité de l’accueil du public ( entrée, toilettes), la ville doit augmenter la redevance à hauteur de 130 140 €.

Je n’ai pas connaissance des sommes investies par la ville.

 

La deuxième délibération  : «  Conventions de services entre la Ville de Castres et la S.A.S.P. – saison sportive 2008/2009- ». C’est celle-ci que je vais tenter d’analyser dans les détails en étudiant le dossier disponible ( pendant quelques heures seulement au Secrétariat général).

La ville payait jusqu’à maintenant environ 50 000 €, elle s’engage à payer maintenant         126 900 €.

Cette convention stipule les engagements de la S.A.S.P. et ceux de la Ville .

 

Engagements de la S.A.S.P. :

1)      s’engage à mettre à disposition des espaces publicitaires sur tous les lieux d’action, de promotion organisés par la S.A.S.P.

2)      s’engage à faire mention du concours financier de la Ville par la présence, en bonne place de son logo sur le stade, lors des rencontres télévisées notamment.

 

 Estimation financière, peut être 70 000€ ; cela peut paraître cher  alors que le stade depuis des décennies appartient à notre ville.

 

       3) s’engage à mettre à disposition des accès au stade pour des rencontres de championnat de France et de Coupe européenne. Derrière le mot accès, comprenons que la Ville achète à la S.A.S.P. un certain nombre de places pour un montant total annuel de 51 198 €, par exemple :

- 10 cartes « prestige »,  prix unitaire : 1750 €

- 10 cartes «  privilège » ( les bien nommées), prix unitaire : 800 €

- 15 cartes Tribune J.P.Gabarrou, prix unitaire : 220 €

- 80 places  en Tribune Nord , prix unitaire : 90 € (1)

- 100 places en Tribune Sud, prix unitaire : 90 € ( pour jeunes sportifs adhérents de club- mouvements de jeunesse locaux ou scolaires)

Pour les deux premières catégories ( « prestige » et «  privilège » la Ville doit payer        25 500 € (HT) soit 30 498 € ( TTC) ) pour …20 personnes.

 

(1). Qui distribue et contrôle ces places, sur quels critères ? ( il est arrivé, me dit-on, que des heureux bénéficiaires n’hésitaient pas à en faire commerce)

 

Je rappelle qu’il s’agit de la saison sportive 2008/2009 avant les augmentations arrêtées pour la saison sportive 2009/2010.

 

A chacun de tirer de ces chiffres les impressions et conclusions qui méritent ou pas de l’être.

 

4)      s’engage à participer aux actions menées par la Ville en direction de la population jeune des quartiers et des associations sportives.

 

Il y a un an au Conseil municipal du 24 juin 2008, au sujet de la même délibération : «  saison sportive 2007/2008 », j’étais intervenu pour demander quelles étaient les actions menées en référence à l’article 7 de la Convention.

 Réponse du maire : «  On vous fera un petit compte rendu ».

Un an après , j’attends toujours. De là à imaginer que les cartes « prestige » et «  privilège » sont plus importantes que faire connaître « les valeurs éducatives du rugby » , il n’y a qu’un pas que je me garderai bien de franchir.

 

 A noter une initiative intéressante prise par le sous-préfet de la Ville de Castres qui accueillait récemment André Laur, le président du Comité départemental de rugby ainsi que les élus de 5 communes du Mazamétain ( Aussillon, Labruguière…) ; l’objectif de la réunion était ( voir La Dépêche du Midi du 17 juin) : «  Officialiser la mise en place d’une action rugby dans le cadre du Fonds interministériel de prévention de la délinquance et ce, en direction de jeunes, de 8 ans à l’adolescence ».

 M. le sous-préfet devait préciser : «  L’opération ne s’adresse pas non plus à des délinquants mais à des jeunes qui dans des communes peuvent être en manque d’activité ; le but étant de nouer un premier contact, d’envoyer un signal de bienvenue aux jeunes, filles et garçons(… )

 Il s’agit de savoir comment les valeurs du rugby se font sentir positivement et comment cette initiative pourrait s’étendre dans le cadre du Contrat Urbain de Cohésion Sociale de l’agglomération Castres-Mazamet. »

On peut espérer que la Ville de Castres, que le Castres Olympique soient attentifs à cette expérience et puissent la rejoindre rapidement … en application enfin de la Convention.

 

La troisième délibération porte sur : «  le Centre de formation du Castres-Olympique- renouvellement de la convention entre la Ville de Castres et la S.A.S.P. » .Durée 3 ans .

 

Rappelons au passage que celui-ci fut construit rapidement avec l’aide de la municipalité de Gauche (2000-2001)

 

Mars 2006 : la Ville de Castres a versé 71 735 €, la somme reste inchangée en 2009.

On peut le regretter tant le Centre de formation doit, je pense, être une priorité sur notre ville. Celui-ci  fonctionne à peine à 50% de ses possibilités. Combien de jeunes sont passés par ce centre depuis la précédente convention ? Combien connaîtront un parcours professionnel ? Que deviennent les autres ?

 

 La S.A.S.P. doit s’engager à mettre en œuvre  les actions suivantes (insertion scolaire, insertion professionnelle, ouverture des formations du Centre aux entraîneurs locaux) .

Ces actions sont-elles menées ? Quel est le bilan ? Nul ne le sait.

 Les questions restant souvent sans réponse.