Archives du 1 septembre 2009

Jean Jaurès : la Gauche castraise interdite de cérémonies

 

3 septembre 1859 – 3 septembre 2009

 

 

A l’occasion du 150ème anniversaire de la naissance de Jean Jaurès, la municipalité de Castres organise diverses initiatives, souvent de qualité, fort bien !

 

En revanche, il est pour le moins surprenant que l’opposition, à aucun moment, n’ait été informée, consultée et a fortiori associée à ce qui devrait être pourtant le « devoir de mémoire » de toute une ville rassemblée au-delà de ses différences. On découvre en effet, que le Conseil Municipal se réunira à 18 h place Jean Jaurès. Pas la moindre invitation pour les élus de Gauche que nous sommes !

 

Je n’ose penser, au nom du groupe « La Gauche Rassemblée pour un réel changement » qu’il s’agirait pour le Maire de Castres de mener une misérable opération politicienne et une tentative bien médiocre de « s’annexer » Jean Jaurès. Je regrette profondément que la commémoration de la naissance de Jean Jaurès s’effectue à Castres sous le signe du sectarisme et de l’intolérance.

 

Jean Jaurès mérite assurément mieux ! Malgré l’ostracisme du Maire de Castres que nous subissons, nous serons présents pour saluer le combattant infatigable de la Gauche, pour affirmer la pensée toujours vivante de Jaurès et son apport inoubliable à sa lutte pour l’égalité sociale, la laïcité et la paix.

 

 

Tout au long de sa vie politique, notamment lors de l’affaire Dreyfus mais aussi lors du  débat contre la loi de 3 ans de service militaire, Jaurès fut traité par toute la Droite conservatrice de  sans-patrie, de lâche et de traître. Jamais homme politique fut à ce point insulté , il le dit d’ailleurs lui-même lors du compte rendu du congrès socialiste international de Stuttgart de 1907  : « Depuis 16 ans, j’ai vécu dans une nuée d’outrages avec de rares éclaircies… »

 

 

 

La pensée de Jean Jaurès est toujours vivante : il fut à la fois leader socialiste, député, philosophe, journaliste, historien ; en pleine crise mondiale il combat avec acharnement le capitalisme, fauteur de guerre : «  Le capitalisme, c’est le désordre, c’est la haine, c’est la convoitise sans frein, c’est la ruée d’un troupeau qui se précipite vers le profit et qui piétine des multitudes pour y parvenir ».

 

Il s’est battu pour les droits de l’homme, a défendu les  militants syndicaux poursuivis, le droit de vote des femmes. Chacun se souvient de son plaidoyer pour l’abolition de la peine de mort,  de sa lutte contre la politique coloniale de la France, pour que les musulmans d’Algérie obtiennent le droit à la citoyenneté. Un de ses derniers articles, le 24 juin 1914, demandait de protéger les ouvriers étrangers contre l’arbitraire administratif et policier.

Ardent militant de la laïcité, de l’éducation publique et laïque, il fut l’un des artisans principaux de la séparation des Eglises et de l’Etat.

 

C’est de tout cela dont nous nous souviendrons au cours des diverses cérémonies.

 

Quand on pense que la Droite locale a contraint le directeur du Musée Jean Jaurès de Castres, Alain Boscus , en poste de 1997 à 2003 à quitter ses fonctions, que depuis son départ ce même musée n’est pas valorisé, les débats d’actualité disparus , etc…il ne faut pas avoir peur du ridicule pour écrire dans Castres Magazine que «  la ville doit se réapproprier son grand homme » Pas une fois tous les 50 ans tout de même !

 Passons…mais qu’aurait donc pensé Jaurès face à un tel déferlement d’hypocrisie ?

 

Toutefois, je pense que l’essentiel n’est pas là, l’essentiel est dans le fait qu’au delà de «  Jaurès, enfant de Castres », l’œuvre et l’action du grand homme perdurent et puissent être connues des nouvelles générations. L’hypocrisie n’étant en fait , comme le dit si bien La Rochefoucauld  «  l’hommage que le vice rend à la vertu ».