Archives du 13 octobre 2009

La Retirada : des chemins de l’exil à ceux de la résistance

70eme anniversaire de la Retirada

 

La Casa de Espana de Castres présente deux initiatives importantes, la première, une belle et émouvante exposition de peinture : l’Espagne au cœur , la Retirada, plus de 20 tableaux de l’artiste Pilar Badie.

 Le vernissage s’est déroulé le samedi 3 octobre, aucun élu de la majorité municipale pour honorer à travers les œuvres du peintre, le «  devoir de mémoire » indispensable. J’ai pu longuement, par ma présence apporter le soutien des élus de gauche.

Exposition à voir, Place Soult, jusqu’au 24 octobre.

 

La deuxième initiative, avec «  Les Cinglés du cinéma », projection-débat,

vendredi 16 octobre, 20h30,

 au cinéma Le Lido, 2 films en présence de René Grando :

-         Deux guerres pour la liberté raconte la vie exemplaire d’Andres Jimenez, combattant de deux guerres ( guerre civile espagnole et deuxième guerre mondiale)

-         Contes de l’exil ordinaire :  chronique de l’exil des Républicains espagnols.

 

René Grando, né à Perpignan, est le fils de l’écrivain et poète roussillonnais, René Grando, il a été successivement journaliste à l’Indépendant de Perpignan, à La Dépêche de Toulouse. Auteur de plusieurs livres dont Les babouins du zoo de Barcelone et Camps du mépris avec Jacques Queralt et Xavier Febrés.

 

A Francesca, petite fille de 9 ans emprisonnée dans le camp d’Argelés en 1939, qui se refuse à oublier  les conditions inhumaines de l’accueil , barbelés et baraques ou sable nu mais aussi insultes et coups, le froid et la faim, la maladie et la mort qui rôde ; Francesca qui continue la lutte encore aujourd’hui à nos côtés…

 

Pierre Vilar disait : «  L’histoire est faite de ce que les uns voudraient oublier et de ce que les autres ne peuvent oublier » Peut être faudrait il  rajouter :  «  de ce qu’il est interdit d’oublier ».

Il faut lire le livre de René Grando qui s’appelait auparavant «  Vous avez la mémoire courte » .

En effet, février-mars 1939, un demi-million de réfugiés espagnol déferlent sur la frontière française. Vaincus après avoir été lâchés par leurs alliés naturels, ils sont pourchassés par une armée fascistes qui ne fait pas de quartier . C’est l’un des plus grands exodes des temps modernes. Le gouvernement radical du Président Daladier ouvre des camps de concentration, les premiers dans la France des Droits de l’homme.

D’Argelés sur mer à Gurs, en passant par Agde, on évalue le nombre de morts à plus de       10 000.

La République française était déjà à genoux et ne le savait pas.

L’histoire de cet exil est aussi celle de milliers d’Espagnols engagés dans la Résistance pour lutter contre le régime de Vichy et les nazis…

 

On peut lire aussi le très beau livre « Républicains espagnols en Midi-Pyrénées, exil, histoire et mémoire » aux  Presses Universitaires du Mirail avec la très belle préface de Serge Ravanel, commandant des Forces Françaises de la région toulousaine ( FFI ) décédé dernièrement : « Je continuais de me sentir révolté par l’accueil honteux qui avait été réservé aux réfugiés venus d’Espagne lors de la défaite républicaine . C’étaient des alliés. On les accueillait comme des ennemis , sous la surveillance de policiers, dans des camps improvisés, dans la crasse, sans nourriture, par des vexations, en séparant les couples. Une honte et une indignité ! ».

Il y a également : « Exilés espagnols, la mémoire à vif » de Progreso Marin ( Edition Loubatières) et combien d’autres qu’il faudrait faire connaître…