Archives du 23 octobre 2009

Autoroute : jeu de dupes

Mercredi 21 octobre restera assurément dans l’histoire de notre Bassin d’emplois comme une date qui comptera.

Nul n’imaginait après une telle campagne de désinformation qu’une telle réaction populaire se manifesterait avec tant de vigueur à l’occasion du premier débat public concernant le projet autoroutier . Cela montre d’ailleurs combien certains « grands élus » sont coupés de la réalité. Les observateurs admettent  que les applaudissements se partageaient par moitié alors que les opposants étaient voués, il y a encore quelques jours à la clandestinité.

 Belle leçon qui rappelle par certains côtés le référendum pour la Constitution européenne où la presque totalité des responsables politiques et des médias faisait campagne pour le oui.

Peu de journalistes ont pourtant soulevé l’ambiguïté flagrante dans certaines déclarations, qu’elles émanent de  responsables de collectivités locales ou d’associations se prononçant, in fine, du bout des lèvres, et encore !  pour une autoroute concédée.

 

Dur, dur ! de représenter le Président de la Région, Martin Malvy. Les mots «  autoroute concédée » ne sont pas prononcés de même qu’ils n’apparaissaient pas dans la dernière lettre des «  Routes de l’avenir ». La motion votée au Conseil Régional parle de la RN 126 , l’aide financière n’est pas assurée et Martin Malvy compte sur le «  le grand emprunt ».

 

Dur, dur ! de faire comprendre la position du Conseil Général , texte alambiqué, motion claire-obscure votée : oui, peut être…  «  Il faut que cet aménagement soit supportable par les ménages tarnais » . Chacun sait que le Conseil Général est en difficulté financière ( à cause du désengagement de l’Etat) et que le vote de son Budget a été reporté.

 

Certaines  associations qui se prononcent, in fine, pour le projet autoroutier le font après de telles explications critiques , par exemple, l’absence de fonds publics, que leur prise de position perd en crédibilité, ne reste de leur démonstration que les liens amicaux qui souvent les unissent.

Peu de volonté et d’enthousiasme en définitive pour défendre le projet, un peu à l’image de ces enfants que l’on force à avaler une cuillerée d’huile de foie de morue pour leur croissance.

Il en était tout autre pour celles et ceux qui proposaient d’autres solutions . Soudainement, le brouillard s’est dissipé, Frédéric Manon , porte-parole du collectif RN 126, a su avec sérieux et compétence-  à ce jour, il n’a pas été démenti -  préciser un certain nombre de chiffres qu’il avait d’ailleurs,  déjà annoncés il y a plusieurs mois ( dans le désert…).

Par exemple, le coût du péage aller-retour Castres- Toulouse sera de l’ordre de 15 € mais surtout il fait apparaître au grand jour les subventions d’équilibre des collectivités territoriales ( annoncées à 100 millions d’euros mais qui en réalité s’élèveront à 240 millions).

Le Conseil Général de Haute-Garonne a déjà annoncé qu’il ne financerait pas.

Faut-il  souligner encore et encore que l’Etat n’a pas honoré ses engagements (pourtant inscrits dans le marbre) du C.P.E.R ( Contrat de Plan Etat- Région) 2000-2006 .Il n’a rien inscrit dans le dernier Programme de Développement et de Modernisation des Itinéraires…aucun financement pour l’autoroute dans le prochain Contrat de plan Etat- Région 2009 – 2014.

Alors, jeu de dupes ou pas ?

Il est vrai qu’il y a 5 ans le secrétaire d’Etat à l’aménagement du territoire, un certain Frédéric Saint Sernin, ( je crois qu’il fut accueilli à Castres)  faisait des promesses dont aucune n’a été tenue. Depuis 2001, on peut se poser des questions sur la réelle volonté politique des deux députés « Majorité présidentielle » , du Maire de Castres, etc…pour faire avancer le dossier ou alors leur influence se limite vraiment aux frontières de notre Région.

 

Pourtant, il est urgent qu’une liaison routière rapide, sûre et gratuite voit le jour. Il n’y a aucune raison que notre Ville ne soit pas reliée comme d’autres à la métropole régionale par une 2×2 voies : «  le maillage en étoile » s’impose, la seule qui ne brille pas est celle de Castres . C’est pour cela que j’ai un désaccord avec certains écologistes qui adoptent vis à vis de notre Ville la même attitude que celle adoptée par certains pays riches vis à vis des pays émergents. Je caricature bien sûr, quoique…Castres a l’obligation de tenir son rang au niveau économique au même titre que les autres ( vaste débat). Si la décision de l’Etat est négative dans quelques mos, je suppose qu’un plan B est déjà en place.

Combien de temps faudra-t-il encore attendre pour la liaison Castres – Soual qui aurait du être terminée depuis déjà très longtemps ?

 

Nous sommes rentrés dans ce que nous voulions depuis des mois : un débat sérieux et argumenté, il commence enfin . La presse locale (1)doit pouvoir jouer tout son rôle avec équité . Il semble qu’elle ait commencé à le faire (2), on ne peut que s’en réjouir.

1)A noter dans l’Echo du Tarn de cette semaine, à parts égales, deux très longues interviews, l’une POUR : celle de Robert Dufaur,membre fondateur de l’ssociation Atlase ( association de chefs d’entreprises militant pour le désenclavement du Tarn Sud), l’autre CONTRE : celle de Frédéric Manon, porte parole du collectif RN 126.

2) A souligner toutefois qu’à ce jour, la position définie par les 5 élus du groupe d’opposition municipale  » La Gauche Rassemblée pour un réel changement » et par l’association « Castres A Gauche Vraiment » n’a pas été portée à la connaissance  notamment des lecteurs du quotidien local. C’est regrettable !

 Leur position bat en brèche la pseudo théorie  que les opposants se limiteraient à l’extérieur de notre ville. Ceci explique peut être cela…

 Pour ce week end, on peur relire les Fables de La Fontaine en particulier  «  La cigale et la fourmi » :

La cigale, ayant chanté

Tout l’été,

 Se trouva fort dépourvue

Quand la bise fut venue…