Archives de octobre 2009

Autoroute : premiers pas dans l’arène

Madame La Présidente Danielle Barrès,

Mesdames et Messieurs, membres de la Commission Particulière de Débat Public,

 Maire-adjoint et Conseiller général de Castres-Ouest jusqu’en 2001, j’ai alors participé à toutes les initiatives et mobilisations pour exiger de l’Etat : «  Un plan exceptionnel de rattrapage pour le développement routier du sud de Tarn ».

Le 15 janvier 1999, dans la salle Gérard Philipe, nous étions près de 1000 personnes :  élus de bords politiques différents, chefs d’entreprise, simples citoyens…A la tribune, A. Mandement, maire de Castres et Président du Comité de Bassin, B.Raynaud, Président du district, M.Maurel, Président des CCI Castres-Mazamet.

 Une Charte pour l’avenir du bassin industriel de Castres- Mazamet a été approuvée par les villes de Castres, Mazamet, Aussillon, Labruguière, le district de Castres-Mazamet, la Chambre des métiers du Tarn, la Chambre d’agriculture du Tarn, l’association Atlase, etc…On pouvait lire dans celle-ci : «  Entre Castres et Toulouse, il est impératif de réaliser au plus tôt les déviations de Soual, Puylaurens et Verfeil dans l’objectif d’une mise à 2×2 voies de la RN 126 ».

La mobilisation allait se poursuivre, notamment avec une manifestation à Toulouse le 26 avril 1999.

 Rappelons la décision ministérielle publiée en Août 1996 d’aménager l’ensemble de l’itinéraire RN 126 Toulouse- Castres- Mazamet en 2×2 voies.

 Aujourd’hui, je reste fidèle aux combats menés et à l’objectif que nous devions atteindre alors : une liaison routière Castres-Toulouse, rapide, sûre et gratuite POUR TOUS par l’aménagement de la RN 126 en 2×2 voies.

 D’autres ont accepté sans rien dire  que les gouvernements successifs de Droite ( mouvements divers : pas de politique ici-sic !-) ne tiennent pas leurs engagements d’une «  politique solidaire d’aménagement du territoire ».

Ils ont accepté que les infrastructures routières ne soient plus financées par l’Etat.

Ils ont également accepté la privatisation des autoroutes qui empêche l’Etat de percevoir des  revenus financiers conséquents.

Ils ont refusé toute mobilisation qui aurait pu contraindre l’Etat à respecter ses engagements.

Les mêmes viennent aujourd’hui, la main sur le cœur nous dire : «  Nous n’avons pas le choix ».

Ce « débat public » montrera le contraire avec l’affirmation d’une volonté politique, celle exigeante et rassembleuse pour une liaison routière Castres-Toulouse, rapide, sûre et gratuite POUR TOUS par l’aménagement de la RN 126 en 2×2 voies.

 Je préside à Castres,  le groupe d’opposition municipale le plus important avec 5 élus : «  La Gauche Rassemblée pour un réel changement ».

Nous prenons position avec clarté, courage( mouvements divers) ( il en faut car «  ennemis de l’intérieur » pour quelques petits esprits sectaires  voulant nous condamner au silence ) et détermination pour un aménagement de la RN 126 en 2×2 voies.

  Je vous invite à bien vouloir  prendre connaissance de la position arrêtée par les 5 conseillers municipaux de Castres :

 » La Gauche Rassemblée pour un réel changement » : Philippe GUERINEAU – Monique MAYNADIER – André MARTINEZ – Géraldine ROUQUETTE – Robert GOURJADE et par l’association : » Castres A Gauche Vraiment » concernant le projet autoroutier Castres – Toulouse :

  Nous avons élaboré un texte dont voici ci dessous le contenu ( futur cahier d’acteurs)

 UNE LIAISON ROUTIERE CASTRES – TOULOUSE

RAPIDE, SURE ET GRATUITE, POUR TOUS

 

1-Le développement économique du Bassin Castres-Mazamet nécessite de poursuivre le désenclavement du territoire :

 

-par les liaisons routières, Castres-Toulouse mais aussi Castres-Albi, Castres-Lavaur, et Castres-Béziers.

-par le rail : en augmentant les fréquences pour les passagers, en développant le ferroutage, le plan de la Région va dans ce sens 

-par le développement sur le bassin  des nouvelles technologies, autour de la mobilité numérique

Sans oublier les activités de l’aéroport ou les autres formes de transports collectifs.

 

2-La question de l’Emploi est aujourd’hui préoccupante, et a toujours été pour nous une priorité, avec un chômage en hausse, au dessus de la moyenne nationale .

 

Mais nous savons que le maintien et la création d’emplois ne sont pas mécaniquement  en lien direct et unique avec une liaison routière ou autoroutière.

D’autres facteurs complexes interviennent, notamment les ressources humaines, la présence des services publics…

Il n’existe pas qu’un seul outil de développement mais un ensemble d’outils dont la route.

Il n’y a pas pour le bassin de Castres -Mazamet qu’un seul pôle de développement économique même si celui  de la métropole toulousaine est essentiel.

Il n’y a pas de solution unique à toutes les difficultés actuelles.

 

 

3-L’aménagement routier, décidé en 1994, doit aujourd’hui être poursuivi et repensé en cohérence avec l’aménagement des territoires, les décisions du Grenelle, et l’abandon du grand contournement autoroutier de Toulouse.

Des conditions nouvelles qui justifient un vrai débat public.

L’importante mobilisation du Sud -Tarn , notamment en 1999, ne doit pas être oubliée.

 

4-Nous nous prononçons pour une liaison routière Castres – Toulouse, rapide, sûre, et gratuite pour tous.

Un aménagement de la RN 126 en 2×2 voies sans péage nous semble aujourd’hui la meilleure solution .

 

            -une liaison rapide pour tous :

 

            C’est à la sortie de Castres, sur le secteur Castres – Soual que la circulation                est la plus ralentie.

Un aménagement de cette portion en 2 fois 2 voies permettrait de réduire le temps actuel de 11 mn à 5 mn, soit un gain de 6 mn.

C’est déjà la moitié du temps gagné sur l’ensemble du trajet.

Ce tronçon est inscrit au contrat de plan ; il peut être réalisé sans attendre.

 

-une liaison sûre pour tous :

 

L’aménagement de la portion Castres Soual, le contournement de Cuq-Toulza, ajoutés aux contournements de Soual, Puylaurens et Verfeil existants, amélioreraient de façon nette la mise en sécurité du trajet.

 

Un tracé autoroutier aurait pour conséquence de délaisser la RN 126, de la laisser en l’état, sans autre aménagement et contraindrait ses utilisateurs à retraverser les villages de Soual et Puylaurens, ce qui n’améliorerait en rien ni la sécurité de tous ni le temps du trajet.

 

 

-une liaison gratuite pour tous :

 

Le coût du trajet, d’après le concessionnaire privé, serait de 13,58 € pour un aller retour Castres-Toulouse.

Ce coût est exorbitant et dissuasif, en lien avec un trafic insuffisant pour un projet autoroutier.

Comment ne pas le considérer comme un impôt supplémentaire pour les Sud Tarnais ?

Comment accepter que les équipements publics  déjà payés par les contribuables (déviations de Soual et Puylaurens) soient donnés au concessionnaire privé qui demandera à l’utilisateur de payer une nouvelle fois ?

Comment ne pas voir dans le péage une solution discriminante pour le Tarn Sud alors que  les liaisons des autres villes de la région vers Toulouse ne sont pas payantes ?

Comment se satisfaire du désengagement de l’Etat ?

 

5-Alors, oui, un aménagement de la RN 126 en 2×2 voies nous parait plus réaliste, plus équitable, plus respectueux de l’environnement et moins coûteux que le projet autoroutier

 

 

Le Conseil Régional a voté  à l’unanimité une motion pour l’aménagement de la RN126, en revoyant le PDMI ( plan de déplacement et de modernisation des itinéraires) et en demandant au gouvernement de financer l’aménagement  avec le grand emprunt national qui est en train d’être élaboré.

 

De plus, le Grenelle de l’environnement a mis en lumière  la préoccupation commune pour l’action contre le réchauffement climatique, la construction d’autoroutes a été mise en cause.

Nous avons à penser aujourd’hui à toutes les solutions alternatives qui seront compatibles et créatrices d’emplois pour demain.  

 

 

Enfants de Palestine

Le journal Libération en date du lundi 19 octobre consacre une page «  Portrait » au médecin palestinien Ezzedine Aboulaïch.

 Je me souviens , nous nous souvenons du drame qu’il vécut  le 16 janvier 2009. Décembre, janvier 2009, la bande de Gaza est  attaquée par l’armée israélienne, des centaines de civils, femmes et enfants, seront tués. A Castres, des rassemblements et manifestations s’organisèrent , j’y participais avec mes camarades élus municipaux. Impossible de ne pas y être, de nombreux habitants de nos quartiers, beaucoup d’origine arabe, ressentaient comme une injustice inacceptable le silence de leurs concitoyens  alors que chaque jour, chaque nuit, les bombardements se multipliaient sur un peuple innocent. « Le 2 poids, 2 mesures » devenait une souffrance supplémentaire. Il était donc  impensable que nous ne puissions être à ce moment là à leurs côtés, alors nous y étions.

Huit mois après, la question se pose toujours : «  Pourquoi ces enfants sont-ils morts ? »

Vendredi 16 octobre, le Conseil des droits de l’homme adopte à Genève une résolution soutenant les conclusions du rapport du juge Richard Goldstone qui accuse Israël d’avoir commis des «  crimes de guerre » lors du conflit de Gaza . Le dossier doit maintenant être examinée par l’Assemblée générales des Nations Unies voire transmis au Conseil de Sécurité.

Toujours sans mes filles

Ezzedine Aboulaïch. Il y a huit mois, un obus de Tsahal tuait trois des filles de ce médecin palestinien, figure appréciée en Israël.

Qu’est-ce qui reste lorsqu’il ne reste plus rien ? Qu’est-ce qui nous tient lorsqu’on a perdu ce à quoi l’on tenait le plus ? Qu’est-ce qui résiste quand la vie nous a lâchés ? Comment vivre lorsqu’on est déjà mort ? D’emblée, on ne peut pas s’empêcher de chercher au fond des yeux du docteur Ezzedine Aboulaïch une lueur d’explication, un début de réponse, mais ils sont tellement sombres qu’ils ne renvoient rien d’autre que leur propre lumière, venue de l’intérieur, comme deux puits de charbon phosphorescents.

Avant d’avoir un visage, un nom, une histoire, le docteur Ezzedine Aboulaïch est une voix, un sanglot interminable, une douleur insupportable. Pendant la guerre de Gaza, des millions de téléspectateurs l’ont entendu, le 16 janvier, pleurer sans retenue, en direct sur une chaîne de télé israélienne, la mort de trois de ses filles, pulvérisées par un obus de tank. Ce médecin, spécialisé en gynécologie, qui travaille en semaine au complexe hospitalier de Tel-Hashomer, près de Tel-Aviv, est une figure connue du public israélien. Parce qu’il parle l’hébreu et qu’il défend des positions modérées, les médias israéliens l’interviewent régulièrement sur ce qui se passe à Gaza. Ce jour-là, Shlomi Eldar, de la chaîne 10, l’appelle sur son portable pour prendre des nouvelles de la guerre en cours. Une première fois, le médecin ne décroche pas. Shlomi Eldar insiste et branche le haut-parleur, en direct sur le plateau. «Ya Allah ! Mes filles, mes filles», hurle le médecin avant de raconter ce qui vient de se passer, entre deux sanglots. «Pourquoi, pourquoi ?Qu’est-ce que mes filles ont fait pour être tuées ?» La présentatrice, pétrifiée, tente de reprendre le fil de son journal. Shlomi Eldar sort avec son téléphone, toujours allumé, qu’il regarde épouvanté, comme une grenade dégoupillée. Ezzedine Aboulaïch venait de faire exploser la vitre blindée de l’indifférence. Deux jours plus tard, l’armée israélienne cessait le feu unilatéralement.

Le docteur Aboulaïch a donné un visage, un nom, une histoire aux victimes de Gaza. Il a fait plus que ça : il leur a rendu leur dignité. Même au pire du drame, jamais il n’a dérapé dans la haine et la vengeance : «De cette tragédie, je veux faire quelque chose de positif pour les civils de Gaza, qui souffrent d’injustice depuis tant d’années. Je refuse d’être prisonnier des ténèbres, j’aspire à la lumière, à la vie.»On pourrait le croire illuminé, naïf. Il est tout simplement habité par ce qu’il considère comme une mission : «Le sang de mes filles aura au moins ouvert les yeux du public israélien. Les gens ont réalisé qu’il y avait des êtres humains, comme eux, dans la bande de Gaza.» Mais il ne veut pas s’arrêter là : mercredi dernier, il était à Paris pour le lancement d’une fondation dédiée à l’éducation des filles et des femmes palestiniennes.

Tout le monde a entendu sa voix à la télévision mais lui, à quoi ressemble-t-il ? Trapu, le teint mat, les cheveux noirs, 55 ans. Il parle sans s’arrêter, comme si le silence était sa tombe. Et aujourd’hui, comment se sent-il ? «Comme quelqu’un qui vient d’être opéré du cœur. Une opération réussie mais qui laissera une grande blessure, permanente, ineffaçable.» Sa voix tremble lorsqu’il évoque Bissan, 21 ans, Mayar, 14 ans, Aya, 13 ans, et sa nièce, Nour, 16 ans, toutes brillantes élèves, tuées dans ce funeste bombardement. Depuis la mort – naturelle – de sa propre femme, Bissan tenait lieu de mère à ses sept enfants. Une autre de ses filles, Sheda, a perdu un œil dans le bombardement. Tout est à reconstruire, la vie, la maison. Il pourrait partir s’installer au Canada, où on lui propose un poste. Mais non. Sa vie est à Gaza, dans le camp de réfugiés de Jabaliya, où il est né et a grandi, où il vit toujours avec ses frères, qui s’occupent des enfants lorsqu’il est en Israël pour son travail. Le week-end, il rentre dans la bande de Gaza et ouvre une consultation gratuite pour les habitants du quartier.

Cet homme serait-il un saint ? A l’écouter, tout paraît simple et normal dans une région où rien ne l’est. C’est un enfant de réfugiés, chassés de Houj, dans le désert du Néguev, en 1948. Du village familial, où se trouve aujourd’hui le ranch d’Ariel Sharon, il ne reste rien, sauf un vieux cimetière arabe. L’aîné de six frères et trois sœurs, il a grandi dans l’un des camps de réfugiés palestiniens les plus durs, celui où a éclaté la première Intifada en 1987. «Mes parents étaient très pauvres et illettrés. Mais comme les gens qui ont tout perdu, ils croyaient dans l’instruction.» Ezzedine Aboulaïch est un pur produit de l’UNRWA, l’agence de l’ONU qui prend en charge les réfugiés palestiniens depuis 1948 : études de médecine au Caire, spécialisation à Londres, passage par la Belgique, diplômé de Harvard, il est rentré travailler au pays en 1993. «Dès le début, j’ai compris que notre problème était le manque de communication et de confiance. Quand je soigne un patient, je m’occupe de lui dans sa totalité, comme un être humain, pas comme un bras ou une jambe. Chacun de nous, Israéliens et Palestiniens, doit commencer par reconnaître l’humanité de l’autre, le reconnaître comme un être digne de respect et de dignité. Alors seulement, les choses iront mieux. Mais nos leaders ne veulent pas de ça, ils nous entretiennent dans la caricature et les fantasmes.» D’autres ont reçu le prix Nobel de la paix pour moins que ça.

Ezzedine Aboulaïch n’est pas un naïf pour autant. Aux Israéliens, il sait tenir un langage ferme : «Ils devraient se poser la question : pourquoi les Palestiniens leur en veulent autant ? Mais ils ne veulent pas surmonter la peur qui est en eux. Je leur dis une seule chose : vous vivez dans un état indépendant, vous menez une vie libre et confortable ; les Palestiniens ne veulent rien d’autre. Défendre les droits des Palestiniens, c’est défendre votre propre droit à la vie et au bonheur.» Quand on évoque le Hamas, il coupe sèchement : «Oui le Hamas existe, il est le fruit d’un long passé d’injustices et de haine. Mais assimile-t-on tous les Israéliens à Avigdor Lieberman (1) ?» Quant à la communauté internationale, il n’a pas de mots assez durs pour son silence pendant la guerre, tout comme sa prodigalité pleine de culpabilité d’après-guerre : «Nous sommes comme un homme sans eau dans le désert. On nous promet quatre milliards de dollars pour reconstruire Gaza. Mais ce dont nous avons besoin, c’est un verre d’eau, pas de promesses mirobolantes.»

Cet homme est un mystère impénétrable, comme son regard. Une fleur poussée sur le béton de Gaza. En arabe, son nom de famille signifie «le père de la vie». Comme dirait le regretté Alain Bashung : «Angora, montre-moi d’où vient la vie, où vont les vaisseaux maudits ?»

(1) Leader du parti d’extrême droite Israël Beïtenou, actuel ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Nétanyahou.

 Par CHRISTOPHE AYAD

 

Une semaine à Castres

  France Culture ( 96,5 MHz), suite à la commémoration à Castres du 150° anniversaire de la naissance de Jean Jaurès et notamment la reconstitution d’un Conseil municipal et des critiques qui avaient suivi, m’avait appelé et interviewé. La responsable de l’émission : «  La Fabrique de l’Histoire » envisageait en effet de traiter à travers notre Ville, le sujet :  «  Jaurès : homme de consensus ? » il y a de cela plusieurs semaines ; l’émission était programmée pour le mardi 20 octobre à 9h ( ?) . Une interview de P.Bugis était également prévue…

 

Succès de la soirée sur «  Le 70° anniversaire de la Retirada » vendredi dernier , plusieurs centaines de personnes étaient présentes , nombreuses interventions, témoignages émouvants, une question parmi beaucoup d’autres : « Pourquoi cette année, cette commémoration a-t-elle pris autant d’importance ? ». Peut être parce que les valeurs de fraternité, solidarité, courage  défendues à l’époque par les Républicains espagnols nous manquent en ces temps d’absence de sens, de repères, etc… Cette soirée était organisée par la Casa de España avec les Cinglés du cinéma, soutenue par le cinéma Le Lido et deux librairies de Castres : Graffitti et Silloé. Les espaces de débat devenant de plus en plus rares à Castres, cette soirée fut un véritable bol d’air démocratique et appréciée comme tel. Rajoutons que le réalisateur des deux films projetés , écrivain et animateur de ce débat René Grando, a tenu en haleine toute la salle jusqu’à une heure tardive.

 

Mercredi 14 octobre, entre 12h et 14h, devant leur usine, les salariés de Dynamic étaient en joie. La justice venait de leur donner raison ( il y a bien une unité économique et sociale entre Carreman et Dynamic). Depuis des semaines,  de rassemblements en manifestations, quand pèse la menace de 59 licenciements avec peu d’espoir de retrouver du travail dans un Bassin d’emplois en difficulté, les visages étaient inquiets et tendus. Pour la première fois, j’ai pu mesurer l’espoir qui renaît, le bonheur d’être côte à côte dans la lutte, qu’à plusieurs on redresse la tête et on est plus fort. Intense émotion, les merguez avaient déjà un autre goût et jamais le  champagne dans un gobelet ne fut jamais aussi bon. Quelques jours après, toujours le Tribunal … la décision ou non de liquidation judiciaire est reportée au 4 novembre.

Le Comité de soutien se met en place,  en quelques heures samedi, sur le marché plus de 500 signatures sont rassemblées par les nombreux salariés de Dynamic présents.

Les élus municipaux du groupe : « La Gauche Rassemblée pour un réel changement » et les membres de l’association : «  Castres A Gauche Vraiment » sont depuis le début aux côtés des salariés et participent autant que faire se peut aux diverses initiatives. Oui, le mot solidarité a encore tout son sens …dans notre Ville.

 

Magritte - Painter of Dreams?

 Grève unitaire au Pôle Emploi de Castres :

A l’appel de toutes les organisations syndicales, plus de 80% de grèvistes; ces derniers dénoncent une situation qui devient de plus en plus difficile et intolérable pour les usagers et les agents. Dans un tract distribué à la population, ils écrivent :  » Le service rendu aux usagers est inefficace et génére tensions et agressivité avec notamment des convocations systématiques des demandeurs d’emploi profondémént inadaptées à leurs besoins réels (…)

Les conditions de travail des personnels se dégradent de plus en plus …avec un nombre de personnes en suivi insupportable, un nombre de CDD de plus en plus important… Pour toutes ces raisons, nous disons NON à la dégradation du service rendu aux usagers et NON à la dégradation des conditions de travail… »

 Autoroute : le 30 juin 2009, au cours du Conseil municipal le Maire présentait une motion pour soutenir «  La liaison Castres- Toulouse par mise en concession autoroutière ». Procédure inédite, chaque conseiller devait à l’appel de son nom déclarer : «  Je suis pour cette motion ». Nous avions dénoncé cette méthode de passage en force, avant tout débat. J’avais alors déclaré :  « Ce projet est suffisamment important pour que le débat puisse se mener au mieux, sereinement et sérieusement, qu’il fallait mieux éviter tout argument d’autorité et laisser place à l’expression du débat public et démocratique… ». Le 15 juin, les 5 élus municipaux de notre groupe déposait une Tribune libre pour le journal Castres Magazine (parue dans le n° 153 daté du 6juillet au 30 août 2009). Il n’est pas inutile d’en (re)prendre connaissance :

Tribune libre

 

AUTOROUTE : LE DEBAT VA AVOIR LIEU, ENFIN !

 

Quoiqu’en disent certains, ce débat est légitime et indispensable, nous le mènerons. La présidente de la Commission particulière des débats publics a raison de souligner, entre autres : « …les impacts sur l’environnement sont significatifs, il existe plusieurs modalités de financement, l’abandon du projet de grand contournement de Toulouse constitue un élément nouveau… ». Il faut que ce débat public prévu entre fin octobre 2009 et janvier 2010 se déroule au mieux, avec sérieux et à l’inverse de la conception scandaleuse du député UMP Carayon qui a déclaré :  « Cette commission ne rend qu’un avis et au final c’est le gouvernement qui tranche et on sait ( ?) qu’il est favorable au projet… ». Des questions se posent et des REPONSES ARGUMENTEES doivent être apportées : 1) autoroute = désenclavement = emplois ? 2) autoroute = gain de temps ? 3) coût du projet ? 4) qui finance ? l’usager, le contribuable ? 5) quel impact écologique ? 6) d’autres solutions existent-elles ?

Nous invitons la population à mener le débat sur le fond, à éviter les vrais polémiques et les fausses évidences. Notre attitude sera guidée par les réponses apportées (enfin) aux diverses questions.

Bonnes vacances à toutes et à tous et une pensée particulière à celles et ceux qui ne pourront pas une fois de plus partir.

La Gauche rassemblée pour un réel changement

Philippe GUERINEAU – Monique MAYNADIER – André MARTINEZ –

Géraldine ROUQUETTE – Robert GOURJADE

 

 

Dernière nouvelle :

Durant ces dernières semaines, nous avons rencontré divers « personnalités, associations, syndicats, etc… ». Nous avons beaucoup consulté et échangé, passé beaucoup de temps à étudier ( stylo à la main, ligne par ligne) les divers arguments qui oeuvrent au désenclavement de notre Bassin d’emplois.

La diversité politique et associative des 5 élus municipaux que nous sommes, il en va de même pour l’association « Castres A Gauche Vraiment », n’a pas été un obstacle ,bien au contraire,  pour arriver à une position commune qui sera communiquée dans les jours qui viennent et exposée au cours de la première réunion publique le mercredi 21 octobre, 20h, salle Gérard Philipe.

                        

 

Autoroute : ça va mieux en le disant

Petite chronique de notre histoire locale

 

En progrès : Samedi dernier, quelques militants du PS distribuaient un tract ( si, si !) sur la place Jean Jaurès qui traitait du «  désenclavement de Castres ». Son contenu mérite assurément d’être communiqué. Il tranche avec le consensus habituel d’élus PS qui ont sans état d’âme, voté les délibérations présentées par la Droite tant à Castres qu’à la Communauté d’Agglomération, et se sont même fourvoyés dans diverses initiatives de communication.

 

« … De tout temps le Parti Socialiste et ses élus ont soutenu le projet de route à deux fois deux voies reliant Mazamet à Toulouse.
Aujourd’hui, le gouvernement Sarkozy suspend la mise en place de cette 2X2 voies et propose une mise en concession autoroutière à péage.
Cela signifie que les Sud Tarnais vont payer plusieurs fois leur désenclavement, par leurs impôts et en passant au péage.

L’Etat ajoute :  « C’est à prendre ou à laisser ! ».

Un véritable chantage.
Il est vrai que si le gouvernement Sarkozy ne prend pas ses responsabilités ( 2×2 voies ou concession autoroutière), les collectivités locales ne pourront pas assumer seules cet investissement financier.
En 8 ans, les gouvernements de droite en France ont organisé le désengagement de l’Etat et ont renoncé à toute politique publique dans le domaine des infrastructures routières.

Ils ont également privatisé les autoroutes.
Aujourd’hui, le Maire de Castres, complice de ces politiques, veut lui aussi nous faire chanter.

Nous, socialistes de Castres ne suivrons pas cette orchestration… »
 

On ne peut que se réjouir de cette avancée significative, le débat que nous menons depuis des semaines n’y est sans doute pas étranger. Encore un effort ! Transmettre vite ce texte à leur élu municipal, ce qui espérons le,  lui évitera à l’avenir de se faire applaudir par la Droite.

 

Excès de zèle : Notre quotidien local a bien consacré plus de 3 pleines pages sans compter diverses brèves à la formidable histoire du «  clip  pour l’autoroute », œuvre artistique majeure, il est vrai. Alors partenaire ou sponsor de l’entreprise ?

Au détour d’un de ses longs articles, une petite phrase : « On peut lire sur les forums autant d’enthousiasme que de véhémence parfois ». Phrase excessive ! Il est impossible qu’il reste encore à Castres quelques personnes qui n’ont pas succombé à un tel chef d’œuvre …de manipulation ! De toute façon, nous n’en saurons rien … Pour mémoire, lire :  L’autoroute ou la « tyrannie des émotions »

Si le débat à venir est relaté avec une telle rigueur déontologique, n’en doutons pas, l’exemple local sera étudié dans toutes les écoles de journalisme de France et de Navarre.

 

 

Mal de route : C’est l’histoire d’un Conseiller régional radical de Gauche qui manifeste avec toute la Droite pour une «  autoroute concédée » et donc payante, puis qui vote à Toulouse pour l’aménagement de la RN 126 sur fonds publics ( le président de la Région, Martin Malvy réclamant que le grand emprunt serve à un certain nombre d’infrastructures, notamment routières),  puis qui déclare sur les ondes de 100% qu’une  «  autoroute gratuite » peut être la solution au désenclavement. Allez comprendre ! Contre le mal de route : une solution, le sirop .

 

 

Fanfarons : Quelle énergie et quelles dépenses financières ? Trop forts ! Les députés, le Maire de Castres et Président de la Communauté d’agglomération , etc…Tous sur la photo     ( pardon sur le clip) pour obtenir  «  l’autoroute tant attendue »… Mais ce sont les contribuables de nos collectivités locales, les usagers qui paieront . Qu’ils auraient eu fière allure si tant de volonté s’était manifesté pour obtenir de l’Etat et du gouvernement …  « les  37 km et 350 millions d’euros » ! Incapables de mener ce combat, de même celui contre la privatisation des autoroutes …ils fanfaronnent ! Facile !

 

 

 

Sérieux : Pendant que certains chantent, font du cinéma ( dans tous les sens du terme), font exploser les budgets de communication, d’autres travaillent depuis des mois et des mois leurs dossiers, c’est le cas des animateurs du collectif RN 126. Bien qu’en désaccord avec une partie de leurs conclusions, je dois saluer la solidité de leurs arguments, la dimension écologique réelle qu’ils ont mis à jour ( pas seulement un coup de peinture verte). On peut regretter qu’à ce jour la diffusion de leurs travaux soit toujours aussi problématique.

Un exemple :   péage Castres- Toulouse aller-retour à 14,50 € ( 34 € PL)

                                                                                

 

La Retirada : des chemins de l’exil à ceux de la résistance

70eme anniversaire de la Retirada

 

La Casa de Espana de Castres présente deux initiatives importantes, la première, une belle et émouvante exposition de peinture : l’Espagne au cœur , la Retirada, plus de 20 tableaux de l’artiste Pilar Badie.

 Le vernissage s’est déroulé le samedi 3 octobre, aucun élu de la majorité municipale pour honorer à travers les œuvres du peintre, le «  devoir de mémoire » indispensable. J’ai pu longuement, par ma présence apporter le soutien des élus de gauche.

Exposition à voir, Place Soult, jusqu’au 24 octobre.

 

La deuxième initiative, avec «  Les Cinglés du cinéma », projection-débat,

vendredi 16 octobre, 20h30,

 au cinéma Le Lido, 2 films en présence de René Grando :

-         Deux guerres pour la liberté raconte la vie exemplaire d’Andres Jimenez, combattant de deux guerres ( guerre civile espagnole et deuxième guerre mondiale)

-         Contes de l’exil ordinaire :  chronique de l’exil des Républicains espagnols.

 

René Grando, né à Perpignan, est le fils de l’écrivain et poète roussillonnais, René Grando, il a été successivement journaliste à l’Indépendant de Perpignan, à La Dépêche de Toulouse. Auteur de plusieurs livres dont Les babouins du zoo de Barcelone et Camps du mépris avec Jacques Queralt et Xavier Febrés.

 

A Francesca, petite fille de 9 ans emprisonnée dans le camp d’Argelés en 1939, qui se refuse à oublier  les conditions inhumaines de l’accueil , barbelés et baraques ou sable nu mais aussi insultes et coups, le froid et la faim, la maladie et la mort qui rôde ; Francesca qui continue la lutte encore aujourd’hui à nos côtés…

 

Pierre Vilar disait : «  L’histoire est faite de ce que les uns voudraient oublier et de ce que les autres ne peuvent oublier » Peut être faudrait il  rajouter :  «  de ce qu’il est interdit d’oublier ».

Il faut lire le livre de René Grando qui s’appelait auparavant «  Vous avez la mémoire courte » .

En effet, février-mars 1939, un demi-million de réfugiés espagnol déferlent sur la frontière française. Vaincus après avoir été lâchés par leurs alliés naturels, ils sont pourchassés par une armée fascistes qui ne fait pas de quartier . C’est l’un des plus grands exodes des temps modernes. Le gouvernement radical du Président Daladier ouvre des camps de concentration, les premiers dans la France des Droits de l’homme.

D’Argelés sur mer à Gurs, en passant par Agde, on évalue le nombre de morts à plus de       10 000.

La République française était déjà à genoux et ne le savait pas.

L’histoire de cet exil est aussi celle de milliers d’Espagnols engagés dans la Résistance pour lutter contre le régime de Vichy et les nazis…

 

On peut lire aussi le très beau livre « Républicains espagnols en Midi-Pyrénées, exil, histoire et mémoire » aux  Presses Universitaires du Mirail avec la très belle préface de Serge Ravanel, commandant des Forces Françaises de la région toulousaine ( FFI ) décédé dernièrement : « Je continuais de me sentir révolté par l’accueil honteux qui avait été réservé aux réfugiés venus d’Espagne lors de la défaite républicaine . C’étaient des alliés. On les accueillait comme des ennemis , sous la surveillance de policiers, dans des camps improvisés, dans la crasse, sans nourriture, par des vexations, en séparant les couples. Une honte et une indignité ! ».

Il y a également : « Exilés espagnols, la mémoire à vif » de Progreso Marin ( Edition Loubatières) et combien d’autres qu’il faudrait faire connaître…