Goya toujours d’actualité
Publié dans h) Coups de coeur (66), le 04/11/2009 à 16:52, par Philippe GuerineauGoya en spectacle à Castres
Avant d’apprécier le magnifique spectacle offert (c’est façon de parler car le prix des places est malheureusement très cher) par la Compagnie Miguel Angel Berna, vendredi 6 novembre au théâtre municipal de Castres , il n’est pas inutile de se rappeler ce que fut Goya , à travers ses œuvres et notamment « Les Désastres de la guerre » et « Les Caprices ».
Goya le graveur caricaturiste
Commencée en 1792, après sa maladie et sa surdité, parait la série des « Caprices » (Los Caprichos), un recueil de quatre vingt planches dans lequel Goya critique la classe politique, sociale et religieuse et adopte le genre de la caricature. En effet, dans ces compositions gravées, l’artiste s’en prend à la royauté, à l’aristocratie, aux ministres, aux institutions et porte des attaques, particulièrement audacieuses pour l’époque, contre la religion et l’inquisition, et dont la portée satirique se dissimule sous la fantaisie d’un monde fantastique peuplé de démons. Édités en 1799 « Les Caprices » sont immédiatement censurés et Goya offrira ses planches au roi d’Espagne pour ne plus être inquiété par l’inquisition.
Goya le révolté défend la liberté et la vie
Goya travaille également à deux nouvelles séries de gravures : « Les Proverbes », une série qui fait allusion aux événements politiques survenus entre 1804 et 1815, et « Les Désastres de la guerre », quatre-vingts deux planches dans lesquelles Goya dépeint avec réalisme les horreurs qui se produisent en Espagne durant l’invasion française et grave la barbarie humaine. 
Puis l’invasion de l’Espagne, par les armées de Napoléon en 1808, et la guerre qui s’ensuit lui inspirent deux tableaux sur la révolte madrilène du 2 mai 1808, contre les mamelouks de Napoléon (Dos de Mayo) et la répression bonapartiste avec la fusillade du 3 mai 1808 (Tres de Mayo), achevés en 1814 et conservés au musée du Prado. Goya y dénonce avec fougue la violence du conflit et ses répressions sanglantes.
Goya présent parmi nous et toujours d’actualité, on devine ce qu’il aurait pu peindre ( et dénoncer ) aujourd’hui face à la misère et aux tragédies contemporaines. De plus, il n’aurait sans doute pas été dépaysé par les mœurs de la Cour.
( Pour en savoir plus : http://dp.mariottini.free.fr/weekend/madrid/gravures-goya-caprices.htm )
Le spectacle Goya a été créé pour l’exposition internationale Zaragoza 2008 par la Compagnie de Miguel Angel Berna , grand artiste espagnol, danseur et chorégraphe. Il rend hommage au grand peintre. Somptueux décors, musique, vidéos, une dizaine de danseurs. Les Caprices ont inspiré cette nouvelle création, une occasion de redécouvrir l’univers de Goya dont on a longtemps souligné la noirceur de l’œuvre, oubliant que derrière la caricature se cache une étonnante lucidité.
A noter : 18h au Musée Goya, des artistes de la compagnie, en costumes de scène, donneront une prestation de 20 à 30 minutes dans la salle d’expositions temporaires qui présentera à cette occasion et jusqu’au 8 novembre Les Caprices. Cette intervention sera accompagnée d’une conférence de Jean-Louis Augé, Conservateur ( gratuit).

