Leçon d’éducation civique
Publié dans i) Coups de projecteur (79), le 20/11/2009 à 20:23, par Philippe Guerineau

« Il n’y a que ceux qui trichent qui gagnent… »

Telle est la première réflexion d’un élève de 6ème ce jeudi matin, lendemain du « match de la honte » France-Irlande . Les discussions vont en effet bon train au début de mon premier cours. Cela sera de même pour les cinq cours suivants. « Il faut être le plus malin pour s’en sortir. » Autre réflexion insupportable. Ils ou elles ont entre 11 et 15 ans.
Dés la nouvelle année scolaire, au programme d’éducation civique de 6ème, je m’attarde sur la notion de respect. Comme l’indique la leçon : « l’enfant a l’obligation de respecter la loi ». Le règlement intérieur permet le vivre ensemble. Oui, il est impératif de « respecter les règles de vie en collectivité ». Tout n’est pas permis.
Le sport et plus particulièrement, le sport d’équipe, est un bon et indispensable apprentissage de civisme. Eh oui ! contrairement à ce qui se dit, les leçons d’éducation civique existent bel et bien. « Les leçons de morale » également. Que peut l’enseignant quand tout autour de lui s’affichent le droit du plus fort, le mensonge, le fric facile , l’individualisme, le cynisme, la démagogie, la tricherie …?
Il résiste et croit encore à certains repères et certaines valeurs. Tout cela, je l’explique comme d’autres, à mes élèves.
Ce qui s’est donc passé un soir de novembre lors d’une compétition sportive est donc inadmissible et indéfendable.
Oui , il y a bien eu tricherie qui fait basculer un match . Laissons de côté Thierry Henry et sa conscience mais les postures et discours du staff et de beaucoup d’autres sont irrecevables. Un tel amoncellement d’hypocrisie et de lâcheté ne grandit pas le sport. Sans sens moral, le sport n’a plus aucune valeur. Les enjeux financiers s’imposent et écrasent tout sur leur passage. Que peut penser un jeune (ou un moins jeune) quand il apprend que R.Domenech touchera une prime de 860 000 € parce que la France est qualifiée pour les phases finales ?
Oui, il y a indécence de l’équipe de France à célébrer sa qualification volée, d’avoir laisser éclater leur joie au mépris de la détresse des Irlandais. Toutes ces effusions ont choqué après un match…de plus lamentable.
Point positif : l’attitude des supporters irlandais me permet d’expliquer le mot : « Fair play ». Le « Fair play est une expression anglaise composée de fair qui signifie loyal, franc, honnête et de play qui exprime le jeu. » Ce terme recouvre le respect de l’adversaire et des règles mais aussi la loyauté et la dignité, dans la victoire comme dans la défaite. Comme vous le voyez, que des mots …en voie de disparition.
Mercredi soir, je me suis senti Irlandais sans me forcer d’ailleurs, j’ai toujours aimé ce pays, les souffrances de ce peuple, sa longue lutte contre l’occupant anglais, ses chants, ses paysages, son équipe de rugby , ses autres sports singuliers comme le football gaélique ou le hurling. Il y a quelques années, j’ai d’ailleurs assisté à une finale dans un stade de Croke Park, plein à craquer. Comme je pratique l’échange de maisons, une famille irlandaise était à Castres il y a trois ans. Je leur ai envoyé un message de sympathie.
Expliquer, encore expliquer que la fin ne justifie pas les moyens, que la tricherie est d’abord une insulte à soi-même, en sport…comme en politique. Il faudra continuer.
Aujourd’hui, je découvre le communiqué du SNEP-FSU, syndicat majoritaire des professeurs d’éducation physique et sportive. Ils résistent également contre tous les marchands du Temple. A découvrir ci-dessous :
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Paris le 19 novembre 2009
Carton rouge : la faillite d’un type de football !
Suite au match France-Irlande, le SNEP-FSU considère que les valeurs de coopération, d’affrontement loyal, de respect des adversaires, des partenaires et du règlement, qu’enseignent quotidiennement les professeurs d’EPS, sont mises à mal par les conditions dans lesquelles la qualification de l’équipe de France de football vient d’être acquise ainsi que par certains propos qui l’ont accompagnée. Le SNEP condamne et récuse les déclarations du sélectionneur R. Domenech et de certains joueurs selon lesquelles «l’essentiel » en sport c’est de gagner. Silence sera-t-il officiellement fait sur la manière dont la qualification a été acquise ? Tous ces commentaires rejoignent malheureusement ainsi une philosophie « très moderne »selon laquelle dans tous les domaines, y compris en sport, la fin justifie les moyens. L’équipe de France ira donc en Afrique du Sud sur la base d’une tricherie indiscutable, révélatrice des dérives qui touchent en particulier le football aujourd’hui (argent, violence, tricherie, dopage, exacerbation des passions, xénophobie, chauvinisme identitaire).Tout un symbole ! Le SNEP s’étonne du silence et de l’absence d’une condamnation immédiate de ces faits par la Fédération, elle qui a délégation de mission de service public et vocation à éduquer par le football. Le SNEP pointe la question de l’organisation et de l’esprit de l’arbitrage actuel dans le système du football professionnel. Ce dernier n’y trouve-t-il pas cyniquement son intérêt ? Le SNEP appelle à un débat public avec les médias, la population, avec tous ceux qui aiment le football, les éducateurs,… en particulier les jeunes sur les suites à donner à cet évènement. Il incite en particulier les enseignants d’EPS à débattre immédiatement avec leurs élèves de l’avenir du football et du sport en général, à réfléchir aux contours d’un autre sport émancipateur et humaniste.
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Marie NDiaye, la toute nouvelle lauréate du Prix Goncourt avec Trois femmes puissantes (Gallimard) avait 3 mois auparavant accordé un entretien aux Inrockuptibles, expliquant pourquoi elle avait choisi de vivre à Berlin : « Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy ( …). Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité…Besson, Hortefeux, tous ces gens là, je les trouve monstrueux. »
Eric Raoult n’en est pas à son coup d’essai. Le 31 octobre, déjà, il avait justifié l’expulsion de Tunisie d’une journaliste du Monde, Florence Beaugé , sous le prétexte qu’il ne faut pas s’étonner « quand on fait de la provocation à l’égard du président Ben Ali », d’être « remis dans l’avion » à l’arrivée à Tunis. Eric Raoult, qui préside le groupe d’amitié France-Tunisie à l’Assemblée nationale, légitimait ainsi, selon Le Monde, « les attaques personnelles les plus farfelues et les plus ignobles, quotidiennement formulées dans la presse tunisienne » à l’encontre de la journaliste accusée tour à tour, d’être : « psychotique », « hystérique », « bonne pour la psychanalyse », « maléfique », et par-dessus le marché « idiote », sans compter, « c’est bien connu, volage »…
Et nous alors ? Mais qui, nous ? Nous, les Blancs ? Nous, la droite ? Nous, l’Occident ? Ce « nous » « menacé par la haine de soi », selon les mots de Nicolas Sarkozy à La Chapelle-en-Vercors, jeudi 12 novembre ? Ce « nous » n’est-il pas cet obscur objet du débat sur l’identité française ? Qui fait partie de votre « nous », M. Raoult ?
oit-on poursuivre ? « Monstrueuse » la législation sur les malades mentaux, la responsabilité pénale des mineurs, le tout-sécuritaire, les tentatives réitérées de fichage de la population, la traque des délinquants dès le plus jeune âge, la criminalisation des banlieues, la culpabilisation des chômeurs, la sanctuarisation du profit, la garde à vue pendant plusieurs mois de Julien Coupat, le culte de l’argent drapé dans la méritocratie…



Noé, car il s’agit de Noé, dont je suis depuis 2 ans professeur d’histoire géographie est en effet sélectionné dans la catégorie « avenir », il a 12 ans et sa spécialité est le trampoline.

ne délégation formée de salariés et du comité de soutien a été reçue ( une nouvelle fois) par M. le Sous-Préfet . Benoist , porte parole du comité de soutien a remis les pétitions ; à ce jour, plus de 2300 signatures. A noter qu’à l’occasion, jeudi dernier, du match C.O.- Clermont, plus de 850 signatures ont été recueillies en quelques dizaines de minutes ce qui démontre bien l’attachement populaire d’une partie du public vis à vis des ouvriers de notre ville.