Archives de novembre 2009

Leçon d’éducation civique

 

 

 

 

 

«  Il n’y a que ceux qui trichent qui gagnent… »

 

 

Telle est la première réflexion d’un élève de 6ème ce jeudi matin, lendemain du «  match de la honte » France-Irlande . Les discussions vont en effet bon train au début de mon premier cours. Cela sera de même pour les cinq cours suivants.  « Il faut être le plus malin pour s’en sortir. » Autre réflexion insupportable. Ils ou elles ont entre 11 et 15 ans.

 

Dés la nouvelle année scolaire, au programme d’éducation civique de 6ème, je m’attarde sur la notion de respect. Comme l’indique la leçon : «  l’enfant a l’obligation de respecter la loi ». Le règlement intérieur permet le vivre ensemble. Oui, il est impératif de «  respecter les règles de vie en collectivité ». Tout n’est pas permis.

 

Le sport et plus particulièrement, le sport d’équipe, est un bon et indispensable  apprentissage de civisme. Eh oui ! contrairement à ce qui se dit, les leçons d’éducation civique existent bel et bien. « Les leçons de morale » également. Que peut l’enseignant quand tout autour de lui s’affichent le droit du plus fort, le mensonge, le fric facile , l’individualisme, le cynisme, la démagogie, la tricherie …?

 

Il résiste et croit encore à certains repères et certaines valeurs. Tout cela, je l’explique comme d’autres, à mes élèves.

 

Ce qui s’est donc passé un soir de novembre lors d’une compétition sportive est donc inadmissible et indéfendable. Oui , il y a bien eu tricherie qui fait basculer un match . Laissons de côté Thierry Henry et sa conscience mais les postures et discours du staff et de beaucoup d’autres sont irrecevables. Un tel amoncellement d’hypocrisie et de lâcheté ne grandit pas le sport. Sans sens moral, le sport n’a plus aucune valeur. Les enjeux financiers  s’imposent et écrasent tout sur leur passage. Que peut penser un jeune (ou un moins jeune) quand il apprend que R.Domenech touchera une prime de 860 000 € parce que la France est qualifiée pour les phases finales  ?

Oui, il y a indécence de l’équipe de France à célébrer sa qualification volée, d’avoir laisser éclater leur joie au mépris de la détresse des Irlandais. Toutes ces effusions ont choqué après un match…de plus lamentable.

 

Point positif : l’attitude des supporters irlandais me permet d’expliquer le mot : « Fair play ». Le «  Fair play est une expression anglaise composée de fair qui signifie loyal, franc, honnête et de play qui exprime le jeu. » Ce terme recouvre le respect de l’adversaire et des règles mais aussi la loyauté et la dignité, dans la victoire comme dans la défaite. Comme vous le voyez, que des mots …en voie de disparition. 

 

Mercredi soir, je me suis senti Irlandais sans me forcer d’ailleurs, j’ai toujours aimé ce pays, les souffrances de ce peuple, sa longue lutte contre l’occupant anglais, ses chants, ses paysages,  son équipe de rugby , ses autres sports singuliers comme le football gaélique ou le hurling. Il y a quelques années, j’ai d’ailleurs assisté à une finale dans un stade de Croke Park, plein à craquer. Comme je pratique l’échange de maisons, une famille irlandaise était à Castres il y a trois ans. Je leur ai envoyé un message de sympathie.

 

 

Expliquer, encore expliquer que la fin ne justifie pas les moyens, que la tricherie est d’abord une insulte à soi-même, en sport…comme en politique. Il faudra continuer.

 

Aujourd’hui, je découvre le communiqué du SNEP-FSU, syndicat majoritaire des professeurs d’éducation physique et sportive. Ils résistent également contre tous les marchands du Temple. A découvrir ci-dessous :

 

 

Paris le 19 novembre 2009

 

Carton rouge : la faillite d’un type de football !

 

Suite au match France-Irlande, le SNEP-FSU considère que les valeurs de coopération, d’affrontement loyal, de respect des adversaires, des partenaires et du règlement, qu’enseignent quotidiennement les professeurs d’EPS, sont mises à mal par les conditions dans lesquelles la qualification de l’équipe de France de football vient d’être acquise ainsi que par certains propos qui l’ont accompagnée.

Le SNEP condamne et récuse les déclarations du sélectionneur R. Domenech et de certains joueurs selon lesquelles «l’essentiel » en sport c’est de gagner. Silence sera-t-il officiellement fait sur la manière dont la qualification a été acquise ? Tous ces commentaires rejoignent malheureusement ainsi une philosophie « très moderne »selon laquelle dans tous les domaines, y compris en sport, la fin justifie les moyens.

L’équipe de France ira donc en Afrique du Sud sur la base d’une tricherie indiscutable, révélatrice des dérives qui touchent en particulier le football aujourd’hui (argent, violence, tricherie, dopage, exacerbation des passions, xénophobie, chauvinisme identitaire).Tout un symbole !

Le SNEP s’étonne du silence et de l’absence d’une condamnation immédiate de ces faits par la Fédération, elle qui a délégation de mission de service public et vocation à éduquer par le football.

Le SNEP pointe la question de l’organisation et de l’esprit de l’arbitrage actuel dans le système du football professionnel. Ce dernier n’y trouve-t-il pas cyniquement son intérêt ?

Le SNEP appelle à un débat public avec les médias, la population, avec tous ceux qui aiment le football, les éducateurs,… en particulier les jeunes sur les suites à donner à cet évènement. Il incite en particulier les enseignants d’EPS à débattre immédiatement avec leurs élèves de l’avenir du football et du sport en général, à réfléchir aux contours d’un autre sport émancipateur et humaniste.

 

 

 

Nicolas , pris les doigts dans le pot de confiture de sondages

 

 

 

 

 

De très onéreux tripatouillages

 

Hier, la Commission des Lois de l’Assemblée Nationale a refusé la création d’une commission d’enquête sur les sondages de l’Elysée demandée par le Parti Socialiste. Assurément, l’UMP a peur de ce que celle-ci pourrait découvrir. La décision doit «  normalement » revenir aux parlementaires car il faut 3/5ème des voix pour refuser une commission d’enquête ( impossible pour la Droite, il lui faut donc se perdre dans des basses manœuvres).

 

 Tout a commencé …

Le 15 juillet 2009, quand la Cour des Comptes publie son rapport sur le budget 2008 sur la Présidence de la République. Celui-ci révèle irrégularités et gaspillages dans les dépenses en études d’opinion à l’Elysée. Le 5 novembre, un député PS a présenté son rapport sur les dépenses en sondages par l’Elysée. Au total, pour 2008, plus de 3,2 millions d’euros, soit pratiquement un sondage par jour ouvrable.

 

Et le gagnant est :  « Patrick Buisson » conseiller spécial de Nicolas Sarkozy via ses cabinets de conseils Publifact puis Publiopinion. Il a facturé près de 1,1 million à l’Elysée pour 110 études. Les dirigeants de l’institut de sondages Opinionway affirment qu’ils ont vendu ces études 190 000 € au cabinet de Buisson. Sur l’opération, Buisson a donc réalisé un bénéfice de 910 000€ soit une marge de 83% !

Ce M. Buisson mérite d’être connu : ancien rédacteur en chef de Minute ( extrême-droite), de Valeurs Actuelles ( droite extrême), du Crapouillot ( torchon d’extrême- droite) ; journaliste à LCI . Aujourd’hui il dirige en famille avec son fils la chaîne Histoire (ramassis d’historiens conservateurs,de monarchistes, d’anti-communistes hystériques, etc…), cadeau offert par Martin Bouygues, patron de TF1. Par le passé, il fut directeur de campagne de Philippe de Villiers. Rassurez vous pour lui : en septembre 2007, il reçoit la Légion d’Honneur à l’Elysée, Nicolas Sarkozy déclarant : «  Les avis de Patrick ont été précieux : les incidents de la Gare du Nord, le ministère de l’identité nationale, la pédophilie innée, l’invocation du Pape Jean Paul II… » . ( Il faut le cœur bien accroché pour continuer à écrire…ndb)

Formé dans le groupe d’extrême droite Occident (comme le député de la 4ème circonscription du Tarn) il assume ses positions Front National ( réhabilitation du passé colonial, Vichy pratiquement accepté, …).

Beau palmarès ! Vous avez dit :  « valeurs républicaines » ?

 

Les magistrats de la Cour des Comptes ont aussi révélé que  «  les études de type Politoscope commandées par Buisson à Opinionway ne faisaient apparaître aucune différence avec celles publiées chaque semaine par LCI et le Figaro ». Chacun a pu de nombreuses fois constaté que les sondages de l’institut Opinionway tombaient toujours à bon escient pour Sarkozy dans le Figaro ou sur la chaîne LCI.

 

Nos impôts ont aussi servi pour des sondages commandés par l’Elysée mais de fait à destination de l’UMP ; jugez plutôt : «  les têtes de liste pour les élections européennes » ( 9568 €) , «  le premier tour des élections municipales » ( 11960€) , «  le climat politique en Ile de France » ( 15 548 €), etc, etc, etc…

 

 

Quand j’étais jeune, l’Etat RPR était assimilé à l’Etat «  des copains et des coquins » , des décennies plus tard , l’Etat UMP est bien également l’Etat «  des copains et des coquins » avec sans doute plus de professionnalisme.

Alain Garrigou, professeur de Sciences Politiques à l’Université de Paris Ouest, membre de l’Observatoire des sondages, auteur de L’ivresse des sondages ( La Découverte 2006)  a déclaré au journal Libération ( 6 novembre)  : « Tous les prix sont faramineux…par exemple, 8000 € pour un simple verbatim qui est censé faire une seule page ! C’est une vraie pompe à finances ( …) Pourquoi laisser Buisson se faire une marge de 910 000€ ? Soit c’est un escroc, soit c’est un petit soldat qui constitue un trésor de guerre pour payer des sondages durant la prochaine campagne électorale sans que ce soit visible dans les comptes de campagne du futur candidat Sarkozy (…) . L’affaire montre que les sondeurs accumulent les entorses aux règles…Ils violent tous les principes déontologiques qu’ils défendent et en sont à truquer les chiffres. Prenez l’exemple du sondage Opinionway, début Mai, sur la cote de popularité des chefs d’Etat européens ; pour éviter que le résultat de Sarkozy passe sous les 50%, ils ont enlevé les réponses des Français et n’on pas fait non plus de péréquation selon la population des pays… »

 

Beurk ! Vite, un grand verre d’eau fraîche et une petite promenade dans les chemins aux alentours de Campans.

 

 

 

Ne pas oublier Marie NDiaye

C’était tout juste hier et nous avons déjà oublié tant chaque jour et avec rapidité sous Sarkozy une saloperie chasse l’autre. C’était tout juste hier, dans une question écrite adressée au Ministre de la Culture, Eric Raoult, député UMP, dénonce «  Les prises de position inacceptables », de Marie NDiaye, arguant du « devoir de réserve dû aux lauréats du Prix Goncourt ». Il estime qu’  « Une personnalité qui défend les couleurs littéraires de la France se doit de faire preuve d’un certain respect à l’égard de nos institutions ». Il rajoute : « Nous lui avons accordé le Prix Goncourt… » 

Arrêtez vous cinq minutes et réfléchissez profondément à l’absurdité totale de ces propos mais derrière l’apparente absurdité, ces propos sont révélateurs du climat qui règne à droite et au gouvernement même si ce député UMP, ancien ministre, ex-proche de Charles Pasqua, ne représente que lui même, il n’a nullement été désavoué ni par des responsables de l’UMP, ni par le ministre de la Culture ( n’est ce pas, F.Mitterrand, Ponce-Pilate ?) tant le courant «  beauf, autoritaire et rétrograde de l’UMP est à la manœuvre aujourd’hui  ».

Nous en savons d’ailleurs quelque chose à Castres et du côté de Lavaur, même climat de dissimulation, de manipulation, de désinformation, d’intimidation ( mais ceci est une autre histoire dont nous parlerons plus tard).

 

Marie NDiaye, la toute nouvelle lauréate du Prix Goncourt avec Trois femmes puissantes (Gallimard) avait 3 mois auparavant accordé un entretien aux Inrockuptibles, expliquant pourquoi elle avait choisi de vivre à Berlin :  « Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy ( …). Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité…Besson, Hortefeux, tous ces gens là, je les trouve monstrueux. »

Saluons le courage et la détermination de Marie NDiaye qui refuse de retirer quoi  que ce soit et qui dans une interview dans le journal Libération , vendredi 13 novembre, déclare :  «  Je n’ai pas bougé d’un iota et cette histoire vient confirmer ce que je pense. C’est une belle illustration de ce que je disais. Il y a un exemple significatif et dangereux de ce qu’est ce gouvernement. C’est la manière dont on organise la traque des sans-papiers. On va chercher les enfants en classe pour les mettre dans des centres de rétention, etc, etc… »

Tiens, il faut que je pense à acheter Trois femmes puissantes.

 

 Aujourd’hui, je découvre dans le journal le Monde en date des 15 et 16 novembre, un texte signé Christian Salmon, ex-directeur du Parlement international des écrivains. Je vous invite à le lire attentivement, il montre à quel point nous sommes malheureusement arrivés…

 

Entre les voix du Front national et celle d’un écrivain libre, il faut choisir

Symptomatique du sarkozysme, la mise en cause de Marie NDiaye par Eric Raoult est grave pour la liberté d’expression et la liberté tout court.

 

 Ne nous y trompons pas. La dernière saillie du député Eric Raoult contre l’écrivain Marie NDiaye est d’une extrême gravité. Elle aurait pu passer en d’autres temps pour le dérapage isolé d’un député en mal de réélection.

Mais son parti, majoritaire à l’Assemblée nationale, lui a aussitôt emboîté le pas. Et le ministre de la culture qui concevait, il y a quelques semaines encore, que son rôle était de prendre la défense des artistes, s’est lavé les mains de cette polémique « anecdotique » et « dérisoire », mettant au même plan l’offense et l’offensé et renvoyant dos à dos l’écrivain et le député… Pourtant le député ne s’était pas contenté d’exprimer « ce qu’il avait sur le coeur », mais il avait écrit une véritable lettre de dénonciation au ministre pour lui demander « ce qu’il comptait entreprendre en la matière » contre l’écrivain

Eric Raoult n’en est pas à son coup d’essai. Le 31 octobre, déjà, il avait justifié l’expulsion de Tunisie d’une journaliste du Monde, Florence Beaugé , sous le prétexte qu’il ne faut pas s’étonner « quand on fait de la provocation à l’égard du président Ben Ali », d’être « remis dans l’avion » à l’arrivée à Tunis. Eric Raoult, qui préside le groupe d’amitié France-Tunisie à l’Assemblée nationale, légitimait ainsi, selon Le Monde, « les attaques personnelles les plus farfelues et les plus ignobles, quotidiennement formulées dans la presse tunisienne » à l’encontre de la journaliste accusée tour à tour, d’être : « psychotique », « hystérique », « bonne pour la psychanalyse », « maléfique », et par-dessus le marché « idiote », sans compter, « c’est bien connu, volage »…

A l’encontre de Marie NDiaye, les propos d’Eric Raoult sont sans précédent. « Nous lui avons accordé le prix Goncourt parce qu’elle a du talent, a-t-il déclaré. Qu’elle soit moins militante. Maintenant qu’elle a le Goncourt, elle peut penser comme elle veut, mais, en l’occurrence, il faut qu’elle soit un peu l’ambassadrice de notre culture. »

Il faut entendre ce que recèle ce « nous », et ce qu’il exclut. Marie NDiaye visiblement n’en fait pas partie. Et nous alors ? Mais qui, nous ? Nous, les Blancs ? Nous, la droite ? Nous, l’Occident ? Ce « nous » « menacé par la haine de soi », selon les mots de Nicolas Sarkozy à La Chapelle-en-Vercors, jeudi 12 novembre ? Ce « nous » n’est-il pas cet obscur objet du débat sur l’identité française ? Qui fait partie de votre « nous », M. Raoult ?

Cette déclaration porte atteinte non pas seulement à la liberté d’expression d’un écrivain, comme on l’a dit ces derniers jours. Mais il met en cause la liberté tout court, celle qu’a tout citoyen de trouver en effet « monstrueux » – c’est l’adjectif employé par Marie NDiaye – de reconduire manu militari des Afghans dans leurs pays en guerre, « monstrueux » de traquer des enfants sans papiers dans les écoles maternelles. « Monstrueux » de criminaliser ceux qui prennent leur défense, comme aux pires heures de l’histoire de France. « Monstrueux » d’avoir tant valorisé l’expulsion, le rejet de l’autre, la clôture sur soi, qu’il est désormais plus coûteux pour la communauté nationale d’expulser que d’accueillir, d’honorer les statistiques de reconduites aux frontières que de respecter les lois de l’hospitalité.

Doit-on poursuivre ? « Monstrueuse » la législation sur les malades mentaux, la responsabilité pénale des mineurs, le tout-sécuritaire, les tentatives réitérées de fichage de la population, la traque des délinquants dès le plus jeune âge, la criminalisation des banlieues, la culpabilisation des chômeurs, la sanctuarisation du profit, la garde à vue pendant plusieurs mois de Julien Coupat, le culte de l’argent drapé dans la méritocratie…

« Monstrueux », encore, d’entendre le président de la République parler des liens charnels qui lient « l’identité nationale française » avec… la « terre » ! Et marteler le mot « terre » cinq fois en dix lignes de discours de peur que ne passe inaperçue cette référence explicite à « la terre qui, elle, ne ment pas », chère au maréchal Pétain en juin 1940. A force de chercher les « racines » introuvables de l’identité, on tombe sur les vieux cadavres, ceux d’une histoire mal enterrée, celle de Vichy.

L’anti-intellectualisme, le mépris des artistes et des intellectuels, font partie du code génétique de ce régime qui a besoin pour imposer ses réformes de traquer la critique jusque dans la langue… Un écrivain n’a pas d’autre citoyenneté que sa langue maternelle. Pas d’autre patrie que le langage dans sa diversité. Pas d’autre territoire à défendre que le pays sans frontières de sa langue. Comment s’étonner alors qu’il soit sensible aux déformations qu’on lui fait subir ? Marie NDiaye ne s’inscrit en rien dans la tradition de l’écrivain engagé, qui « dit le droit pour les autres » dans la lignée de Zola, Camus ou Sartre. Son engagement est « écoute » et « attention », un souci extrême pour la langue. Un gardien du vocabulaire, comme le disait André Breton.

Ce n’est désormais un secret pour personne : la langue du pouvoir s’est abaissée à des niveaux sans précédent. Le sarkozysme, comme l’inconscient lacanien, est structuré comme un langage. Ou plutôt il est « déstructuré » comme un langage ; c’est une zone de langage effondrée.

Ses attentats syntaxiques sont quotidiens. La liste est longue de ces violences verbales et de ses outrances, de ses lapsus et jeux de mots. Des métaphores guerrières (le « Karcher », la « racaille », le « croc de boucher ») en vulgarités (« casse-toi pauvre con »), de lapsus (les fameux « coupables » du procès Clearstream) en plaisanteries machistes ou racistes (les Arabes d’Hortefeux acceptables en petit nombre exclusivement ou Rama Yade qui ferait bien plus « couleur locale » dans le Val-d’Oise).

Cher Eric Raoult, entre la « culture » et la « terre », il faut choisir. Entre les voix du Front national et celle d’un écrivain rétif à tout embrigadement, il faut savoir celle qu’on veut entendre. Récemment le mur de Berlin est tombé et, avec lui, croyait-on, la tentation d’embrigader les artistes et les écrivains. La guerre froide est terminée depuis vingt ans, mais votre langage et sa rhétorique de la responsabilité, du patriotisme, des ambassadeurs culturels, continue à lui appartenir… comme lui appartient la « prudence » (de chat ou d’apparatchik ?) de notre ministre de la culture.

Nicolas Sarkozy voulait supprimer, dit-on, le ministère de la culture. Que ne l’a-t-il fait ? Il semble qu’il ne soit pas compatible avec son voisin de l’identité nationale et de l’immigration. Pourquoi ne pas lui donner un intitulé nouveau : « ministère de la réserve et de la modération » ? On le confierait à Eric Besson. Il aurait pour mission de récompenser les écrivains « modérés », amis du régime, envoyés dans des ambassades ou conviés à déjeuner, à qui l’on confierait des missions, des émissions de radio et des chroniques dans les journaux. L’élection du prix Goncourt serait soumise à son approbation. Alors la France, comme Marie NDiaye, n’habiterait plus la France.

 

 

Tintin au pays des soviets

Bonne chance, Noé

 chemel-1

Bon d’accord, le premier soviet a depuis longtemps disparu dans les eaux glacées de la Neva, Petrograd est devenu Leningrad puis Saint Petersbourg , le Palais d’hiver connaît des jours tranquilles ; Potemkine est une magnifique chanson de Jean Ferrat, Tintin a refermé son dernier album…………..

Rien à voir donc avec ce qui va suivre pourtant quand Saint Petersbourg est évoqué, ce sont les premières images qui me viennent à l’esprit. Allez savoir pourquoi ?

 

Au fait, pourquoi Saint Petersboug ? Tout simplement parce qu’au moment où j’écris ces lignes, un très jeune élève de 5ème du Collège des Cèdres est dans l’avion qui le conduira dans la ville fondée par Pierre Le Grand, tsar de toute la Russie. Voyage touristique ? Que nenni ! Il est en compagnie de l’équipe de France qui participera aux Championnats du monde de sports acrobatiques.

Noé, car il s’agit de Noé, dont je suis depuis 2 ans professeur d’histoire géographie est en effet sélectionné dans la catégorie « avenir », il a 12 ans et sa spécialité est le trampoline.

Il a été qualifié grâce à une très bonne performance au championnat de France où il a fini 3ème. Peu banal me direz vous avec raison !

Depuis l’âge de 6 ans, notre as du trampoline ne cesse de progresser  grâce bien sûr à ses efforts réguliers, mais aussi au Stade Castrais et à la qualité de ses entraîneurs.

Toute la 5ème C ne pouvait rester indifférente. Mon rôle s’est limité à situer Saint Petersbourg sur une carte , à faire connaître la ville et ses environs « Ah ! le voyage va être long ! Ah ! C’est là la Lettonie !… » Pendant une semaine, je reparlerai de Saint Petersbourg …Grâce aux exploits de Noé, une classe n’aura jamais été aussi intéressée à découvrir une ville étrangère.

Alors , mercredi,  jour de présélection pour la finale, nos pensées se tourneront vers la Baltique où un jeune de notre collège volera sans peur du vide, face à d’autres sans doute surentraînés et survitaminés.

 

Bravo, bonne chance Noé, continue à nous émerveiller !

 

 

Nous sommes tous des Dynamic

Je me dépêche de rédiger ces quelques lignes avant le match France- Afrique du Sud. A ce sujet, au collège, les paris allaient bon train entre le fils d’un pilier sud-africain et les cadets « brillants » du C.O. Je ne suis pas sûr de gagner ma mise. 

 

Depuis maintenant des mois , les salariés de l’entreprise Dynamic se battent pour conserver leur emploi. Aujourd’hui encore, un rassemblement se tenait devant la sous-préfecture de 17h à 18h. Une fois de plus, les Conseillers municipaux du groupe : «  La Gauche Rassemblée pour un réel changement » étaient présents mais malheureusement bien seuls.

 

Une délégation formée de salariés et du comité de soutien a été reçue ( une nouvelle fois)  par M. le Sous-Préfet . Benoist , porte parole du comité de soutien a remis les pétitions ; à ce jour, plus de 2300 signatures. A noter qu’à l’occasion,  jeudi dernier,  du match C.O.- Clermont, plus de 850 signatures ont été recueillies en quelques dizaines de minutes ce qui démontre bien l’attachement populaire d’une partie du public vis à vis des ouvriers de notre ville.

La veille, j’étais également présent à la Bourse du Travail pour la réunion du comité de soutien. Les représentants de la CGT ont de nouveau dénoncé le refus de la direction de Carreman de se mettre autour de la table . Quand il y a rencontre avec certains cadres, c’est toujours NON .

NON pour organiser des élections afin d’installer le comité d’entreprise ( alors que leTribunal a décidé de l’Unité économique et sociale des deux entreprises Carreman-Dynamic), NON pour travailler à un projet de relance du tissage, NON pour entamer des discussions sur des indemnités «  éventuelles » de licenciement.

En un mot, il y a 59 licenciements : circulez ! y a rien à voir !

Les salariés ont multiplié ces derniers jours des initiatives en direction des locaux disséminés dans la ville et la région, et où travaillent les salariés de Carreman.

La durée de la lutte, l’absence de réponse et de négociation pèsent sur le moral ; la fatigue se fait sentir. Pourtant, la volonté de se battre existe toujours. Le rôle du comité de soutien est important : il s’élargit de jour en jour. A son programme : interpeller les élus bien silencieux alors que des familles de Castres vont se retrouver sans emploi. Quelles aides financières  ( par exemple, garderie et cantine pour les enfants, etc…) ? Allô Mairie est aux abonnés absents. Cela ne peut plus durer

Alors, continuation de Carreman ou liquidation judiciaire ?

Les jours à venir seront décisifs. Le 16/11 : procès en appel à Toulouse, le 17/11, 13h30 : Tribunal de Castres et surtout le 20/11 décision du Tribunal de Commerce ( la reconnaissance ou pas que Carreman est responsable et doit payer les salaires).

La lutte continue, salariés de Dynamic, vous n’êtes pas seuls !