Archives de décembre 2009

De l’autoroute honteuse à l’autoroute heureuse

Contorsion : mouvement violent par lequel se tordent et se contractent les membres

 

De réunion publique en réunion publique, nous en sommes à la 7ème  ,à la lecture de nombreux cahiers d’acteurs apparaît une catégorie particulière que l’on peut qualifier d’adeptes de l’autoroute  honteuse .

Ils défendent avec beaucoup de sérieux un péage raisonnable voire modeste ( sic !), des subventions d’équilibre ( Conseil Général, Conseil Régional…) peu élevées. Ils prétendent respecter totalement ( re-sic !) l’environnement et même ne pas porter atteinte aux terres agricoles de qualité,  plus écologistes qu’eux, tu meurs ! Ils combattent l’étalement urbain, ils affirment privilégier les solutions de service public et ils concluent qu’ils sont … pour une autoroute concédée.

Pour satisfaire toutes les exigences citées ci-dessus, ils comptent imposer un cahier des charges draconien ( re-re-sic ! ) afin de définir les caractéristiques et les conditions d’exploitation de l’autoroute.

Mais oui, bien sûr ! C’est évident, l’association X ou l’élu cantonal Y va contraindre un grand groupe du BTP à suivre les volontés des uns et des autres. Au passage, l’Etat est incapable de contraindre les sociétés privées autoroutières à respecter leurs engagements.

Que penseriez vous si vous entendiez quelqu’un vous dire  qu’il est pour une augmentation significative  des salaires notamment les plus bas, qu’il s’oppose à la précarité et aux licenciements, qu’il refuse les délocalisations, qu’il s’indigne des hauts revenus du CAC 40 et qu’en conclusion, il soutient la politique du MEDEF ? Vous penseriez sans doute qu’il est soit très naïf, soit qu’il se moque, soit qu’il poursuit d’autres objectifs.

Ce sont les partisans de l’autoroute honteuse, ils ne croient pas à ce qu’ils disent ou si peu, je le sais, j’ai de nombreux amis parmi eux et avouons le, j’aurai pu être un des leurs, suivre le mouvement dominant, facilité, certains diront opportunisme, d’être pour l’autoroute et son contraire,  avec l’actionnaire du groupe BTP et le chômeur, avec le pollueur et l’écologiste. Acrobatie délicate, l’échine pas assez souple… et encore quelques convictions.

Les partisans de l’autoroute honteuse savent pertinemment que le coût du péage sera très élevé, plus de 15 € (fourchette basse), que les subventions d’équilibre demandées aux collectivités territoriales seront importantes et connaîtront sans doute une dérive chaque année plus incontrôlable, que les conclusions du  Grenelle de l’environnement ne seront pas respectées, que les bonnes terres agricoles seront saccagées et que pour x raisons, personne n’est en mesure de maîtriser l’étalement urbain.

Ils savent surtout que le coût total de l’autoroute est aujourd’hui largement sous-estimé.

 Alors, nos amis gesticulent , se contorsionnent , véritables « phénomènes de foire », à étudier pour la science…politique.

S’il y a des partisans de l’autoroute honteuse, il y a ceux de l’autoroute heureuse. Pour eux, inutile de faire croire …Ils savent que le péage sera très élevé. «  Et alors… ? On n’a jamais dit que l’autoroute serait pour tout le monde, d’ailleurs beaucoup d’entre nous ne la paieront pas, notre entreprise ou notre collectivité locale se  chargeront de payer à notre place ».

Les subventions d’équilibre exploseront : « Et alors ? Cela nous permettra de critiquer l’augmentation des impôts de ces incapables du Conseil Général et du Conseil Régional.

 Ne nous faites pas rire avec le Grenelle de l’Environnement ,l’ours blanc et autres peuples du Sud, d’ailleurs on vient de changer de 4×4. »

Les militants de l’autoroute heureuse n’ayant rien fait depuis 10 ans se sentent autorisés à parler d’urgence. S’étant refusé à interpeller leurs amis au gouvernement , il se sentent autorisés à nous faire payer très cher. Ce sont les militants de l’UMP. Pourquoi croyez vous qu’ils se mobilisent aujourd’hui avec tant d’agressivité dans chacune des réunions ? Pourquoi croyez vous que leurs dirigeants osent traiter la Présidente de la Commission Particulière de Débat Public comme ils traitent leur opposition municipale à Castres ou à Lavaur ?

Croyez vous qu’ils veulent défendre l’emploi ? Cela se saurait. Non, s’ils se battent aujourd’hui, avec tous les moyens possibles inimaginables, c’est qu’ils veulent rentrer dans l’Histoire, avec un grand H, qui leur ouvrira la porte des élections qui suivront.

Alors, pensez donc ! le coût du péage, les subventions d’équilibre, le Grenelle de l’Environnement, l’étalement urbain, les terres agricoles, etc…

Amis de l’autoroute honteuse, n’avez vous pas l’impression par moment de servir « d’idiots utiles » aux militants de l’autoroute heureuse ?

 

La profanation de la mosquée toujours dans les cœurs

  4 jours après l’ignoble profanation de la mosquée de Castres, l’émotion, l’indignation voire l’incompréhension sont toujours présentes. Il suffit pour cela de savoir écouter et surtout entendre celles et ceux, humiliés une fois de plus , qui ont besoin de parler, d’exprimer une souffrance.

En dehors de rumeurs nauséabondes (c’est une vieille habitude à Castres) il est possible de dire qu’une très grande partie de la population a manifesté et continue à manifester son soutien à des centaines de Français musulmans castrais. La douleur est d’autant plus grande que le Premier Magistrat de la ville , garant de sa cohésion et des valeurs républicaines qui nous font vivre ensemble, a été incapable et reste incapable , comme nous avons pu le constater au Conseil municipal , mardi soir, de manifester une claire et totale indignation.

Lundi soir, je recevais un coup de téléphone d’un journaliste du site d’information en ligne bien connu «  MEDIAPART » dont le directeur est Edwy Plenel, ancien rédacteur en chef du journal Le Monde, pour une demande de rendez-vous mardi matin.

Je n’ai pas cours , cela tombe bien. Une nuit dans le train ( ah ! les ronflements des voisins !), le car jusqu’à la gare routière, ( pour cause de travaux sur la voie ferrée, ah ! la route est bien longue !). Je lui propose de transformer notre rencontre prévue à la mairie en une découverte de nos quartiers, notamment Lameilhé, Laden-Petit Train. On est loin des cartes postales de Castres, ses maisons sur l’Agout, son marché de Noël, etc…Il aura l’occasion de rencontrer plus d’une dizaine de personnes avec lesquelles il s’entretiendra ,avec grande conscience professionnelle, de la profanation de la mosquée. ( Pourquoi en est-on arrivé à un tel acte ? Quelles peuvent en être les conséquences ? etc…).

Il continuera son travail jusqu’au soir, rencontrant encore de nombreuses personnes. De retour à Paris, son article est paru sur le site ce matin.

Vous pouvez en prendre connaissance ci-dessous.

   A Castres, les musulmans sont écœurés par leur maire comme par le «grand débat»

Par Michaël Hajdenberg

Article publié le mercredi 16 décembre 2009

Les musulmans de la ville de Castres ne comprennent pas leur maire. Il faut dire que depuis la profanation de la mosquée de la ville dans la nuit de samedi à dimanche, Pascal Bugis (UMP) est

peu bavard. Il a refusé de répondre à Mediapart. Il s’est fait tout aussi discret dans les médias locaux, à l’exception de cette déclaration dimanche matin : «A chaque fois que l’on s’attaque à un symbole, c’est intolérable. Je ressens pour ma part la même chose lorsque j’entends, par exemple, que l’on siffle la Marseillaise . C’est du même niveau. Nous avons à Castres des tagueurs, qui expriment leurs haines de différentes manières. Et quand on touche aux symboles, cela fait très mal.»

La mosquée telle qu’elle a été retrouvée dimanche matin, avant d’être nettoyée Les oreilles de cochon agrafées. Un drapeau français sur une feuille A4 était à l’origine scotché au-dessus. Hier soir, lors du conseil municipal, et alors qu’il entamait sa séance comme si de rien n’était, il a été interpellé par le leader de l’opposition de gauche : «Comment pouvez-vous, à quelques centaines de mètres de la mosquée, ne pas commencer par manifester votre indignation alors que vous n’avez pu su ou pas voulu trouver les mots nécessaires» , lui a demandé Philippe Guérineau    (ex-PS).

 «Si c’était à refaire, je le referais , lui a répondu le maire. Je ne fais pas de graduation quand il y a atteinte au symbole ou au sacré. » Philippe Guérineau avait vu dans les mots du maire «une réaction indigne, un clin d’œil appuyé au Front national» . A l’Assemblée nationale, Philippe Folliot, député Nouveau Centre de Castres, a lui aussi pris la parole pour expliquer que ce type d’actes méritait une condamnation sans appel.

 Mais l’indignation va bien au-delà des bancs politiques. Les fidèles de la mosquée s’offusquent : «Le maire est hors sujet. Pourquoi faire un rapport avec la Marseillaise ? Ce ne sont pas les gens de Castres qui ont sifflé l’hymne. En tant que maire, il aurait dû condamner fermement. Point. Comme l’a fait la préfète du Tarn. On ne demande pas plus, personne n’exige un bouclier» ,

explique à l’entrée de la mosquée Mohammed Bakir.

 Dans le quartier de Laden, où vivent nombre de musulmans, la réaction est la même. «Au lieu d’apaiser, il agit comme s’il voulait en rajouter », s’offusque Hocine, vendeur de kebabs. «Pour nous, c’est une humiliation », tempête Soufiane, un client. Abdallah Zekri, représentant dans la région sud-ouest de la Mosquée de Paris, à laquelle est rattachée la mosquée de Castres, a réagi dans les colonnes de La Dépêche du Midi : «Moi aussi je suis choqué par les gens qui sifflent la Marseillaise, mais c’est complètement hors du contexte et je trouve cet amalgame dangereux. Il y a un double langage du maire pour faire plaisir à l’extrême droite.»

 Jusqu’à présent, le maire, qui s’est entouré d’adjoints villiéristes dans son équipe municipale, n’avait jamais choqué les musulmans de sa ville. Abdelmalek Bouregba, président de l’association islamique de Castres qui s’occupe de la mosquée, et animateur d’un centre de loisirs municipal donc, dans l’impossibilité de critiquer le maire, son patron  n’insiste pas trop. Il rappelle qu’il a reçu un coup de fil de soutien du ministre Brice Hortefeux tout en relativisant : «Que les politiques se manifestent, c’est leur job. On a été beaucoup plus touchés par les nombreux soutiens de la population. »

 La mosquée comme les animateurs de quartier ont appelé à la mesure, au «civisme» pour que les quartiers dits sensibles ne s’enflamment pas. Chacun espère que la police va rapidement apporter des réponses à la question centrale : qui a fait ça ? Hier matin, un homme de 24 ans a été placé en garde à vue avant d’être relâché en début de soirée. Selon nos informations, il ferait partie de la petite dizaine de skinheads répertoriés par la police dans la ville de Castres.

 A l’origine, les pieds de cochon avaient été attachés à la poignée de la porte avec du scotch. Pourquoi lui ? A côté des croix gammées, têtes de cochon, pieds de cochon et autres inscriptions racistes, une signature figurait : K2 88. Le nombre 88 est une référence connue au double H, 8e lettre de l’alphabet, pour «Heil Hitler» . Suivant ce même système de pensée, les policiers envisagent que le 2 de la signature corresponde à la lettre B de l’alphabet. Et dans leurs fichiers de jeunes nostalgiques du IIIe Reich, ils ont trouvé un homme répondant aux initiales KB. La police, qui ne disposait pas d’éléments probants hier, l’a relâché pour se garder la possibilité de le remettre en garde à vue plus tard (une garde à vue ne peut excéder 48 heures au cours d’une enquête).

Les musulmans que nous avons rencontrés, comme la police, pensent toutefois que la profanation est l’œuvre de plusieurs personnes. Parce que les écritures ne sont pas toutes identiques. Et parce que la profanation est si complexe qu’il aurait fallu énormément de temps à une personne seule pour l’accomplir. Dans la nuit de samedi à dimanche, pendant laquelle l’acte a été commis, l’imam était absent, en vacances. «Heureusement , estime Abdelmalek Bouregba. Que serait-il advenu de lui s’il avait entendu quelque chose et qu’il était sorti ? »

 Des Castrais découvrent l’existence d’une mosquée.

L’inquiétude est partagée. Pour Kamel, trentenaire, «on s’en sort bien. Vu la tension actuelle, un de ces jours, un mec va se pointer à la sortie de la prière du vendredi et fusiller la foule » . Vu «la tension actuelle» ? Castres est pourtant une ville où les incidents racistes sont rares.

Certes, depuis 1986 et la construction de la mosquée, celle-ci a subi des graffitis ou des dégradations à quatre reprises. Mais jamais rien de cette ampleur : personne n’avait escaladé le portail, et cette fois, la présence de porc laisse à penser à un acte prémédité. Le Front national n’a jamais vraiment crevé les plafonds. Les musulmans ont l’impression d’être bien intégrés. Beaucoup de Castrais semblent même avoir découvert l’existence d’une mosquée à l’occasion de sa profanation, et hier encore, il suffisait de demander son emplacement aux habitants ignorants du centre-ville pour découvrir à quel point elle occupait peu les esprits.

Abdelmalek Bouregba

Alors ? Alors, il y a le débat sur l’identité nationale, perçu comme l’étincelle finale d’un cocktail explosif. Abdelmalek Bouregba et ses proches énumèrent : «La décennie noire algérienne, les attentats dans le RER, le 11 Septembre, la loi sur le voile, l’affaire des caricatures, la burqa, le vote suisse et enfin, le débat : à chaque fois, on dirait que derrière chaque musulman se cache une bombe humaine. L’islam n’est jamais perçu comme une religion comme une autre

 A Castres, un débat sur l’identité s’est tenu le 8 décembre, quelques jours avant la profanation. Abdelmalek Bouregba s’y était rendu, «pour pouvoir rétablir des faits en cas de dérapage» . Il s’est pourtant senti impuissant lors d’une confrontation «stérile » pendant laquelle le Front national a réussi à se placer au centre du débat : «Le FN a attaqué : Benzema, il est musulman, il ne chante pas la Marseillaise . Abidal, il ne chante pas. non plus Ribery, il est converti, il ne chante pas ?… Conclusion : ce ne sont pas de vrais Français. Chacun des thèmes du débat était traversé par l’islam et l’immigration. il fallait s’y attendre. »

Mohamed Bakir s’interroge : «Mon grand-père a fait la guerre de 39-45. Il m’a raconté les nuits à dormir debout, les Rangers qu’il n’enlevait jamais sauf une fois par mois, et comment tout partait avec : les chaussettes, la peau… On ne lui a pas demandé à l’époque son identité. Les musulmans qui sont venus construire la France, on ne leur a pas demandé leur identité. Quand j’ai fait mon service militaire, personne ne m’a demandé si je me sentais français. Cela fait quatre siècles que ma famille est française. C’est comme si on s’était servis de nous, et maintenant, qu’on nous reniait. Il faut se justifier pour avoir un bout de drapeau. »

La future mosquée fait jaser

Abdelmalek Bouregba dit même : «Au moins, les membres du Front national disent clairement qu’ils n’aiment pas les Arabes et les immigrés. C’est pire quand les choses ne sont pas assumées.»

Dans son collimateur, l’animateur du débat du 8 décembre, Pierre Archet, directeur délégué d’un hebdomadaire local, Le Journal d’ici, situé très à droite. Le mercredi précédent la profanation, l’hebdomadaire titrait : «Révélations sur la future mosquée». A l’intérieur, on trouve un éditorial dans lequel Pierre Archet se demande pourquoi personne ne «s’émeut du génocide» que vivraient

les chrétiens dans les pays arabes. «Mais c’est surtout le titre qui crée un sentiment du type : On est envahis ?, explique Abdelmalek Bouregba. Les gens se disent : Jusqu’à présent, ils étaient discrets, maintenant, ils se montrent et ils sont dangereux ?.»

Les fidèles se sentent obligés de se défendre : leur mosquée est trop petite (250 places environ) pour accueillir les 500 à 600 croyants qui se pressent les jours de fête. Ils veulent créer un nouveau centre cultuel mais aussi culturel. Et il faut pour cela trouver un nouveau lieu car la mosquée, située près d’une zone inondable, ne peut être agrandie.

L’actuel lieu de culte, installé derrière un cimetière, loin des quartiers d’habitation, n’est pas du tout indiqué par des panneaux. «On a hésité , explique Abdelmalek Bouregba, arrivé en France en provenance d’Algérie en 1994 et qui s’occupe de la mosquée depuis 2003. Mais on a eu peur que cela donne des idées.» Le climat ne serait-il donc pas si serein ? Huit des dix Français membres du 8e régiment de parachutistes qui sont morts en Afghanistan en août 2008 étaient basés à Castres. «Dans les années 80, les mecs du 8e régiment faisaient des ratonnades. Même à 16h, il ne faisait pas bon traîner dehors quand on était arabe. Alors on a eu peur que cela réveille des sentiments, et qu’il y ait un amalgame entre Afghans et musulmans. »

Par ailleurs, la région a connu des actes racistes, comme l’incendie de la mosquée de Colomiers, en avril 2008, pour lequel dix personnes âgées de 18 à 28 ans ont été condamnées. Une raison de plus de ne pas installer de panneau indicateur ? Samedi soir, cela n’a pas empêché ceux qui cherchaient la mosquée de la trouver.

 

Pour info :

1)      Le site internet Mediapart publie en kiosque ce vendredi un «  Cahier spécial » , qui sur 32 pages en couleur revient sur le débat « Identité nationale ».

2)      Coup de téléphone d’un journaliste de l’Humanité pour quelques précisions, article à paraître sans doute demain.

 

 

 

Un acte odieux et criminel dans notre Ville

EMOTION ET INDIGNATION PARTAGEES

 

L’émotion et l’indignation étaient grandes ce lundi matin chez quelques élèves suite à la profanation de la mosquée de Castres . Dimanche était jour d’ incompréhension, de grande tristesse mais aussi de colère chez de nombreuses familles, les plus jeunes l’ont vécu douloureusement : «  Pourquoi une fois de plus, notre religion est attaquée avec tant de haine, est outragée, souillée ( croix gammées, slogans xénophobes, pieds de cochons agrafés à la porte) ? »

Qui pourrait tolérer de telles insultes ?

Comment faire comprendre à ces jeunes que toute la population de Castres est totalement solidaire avec celles et ceux qui souffrent durement dans leur cœur de cette profanation ?

Le communiqué du Maire de Castres dés le dimanche après-midi aurait dû faire preuve de plus d’empathie – faculté de s’identifier à quelqu’un, de ressentir ce qu’il ressent-. Malheureusement et je le regrette, le Maire en a été incapable.

Que veut dire en effet le fait de mettre sur le même plan les sifflets de la Marseillaise sur un  stade de foot à Paris et la profanation de la mosquée à Castres ? C’est indigne !

 Il semble même s’excuser qu’un projet de mosquée puisse voir le jour à Castres.

La population s’attendait à une condamnation sans appel et surtout sans ambiguïté du Maire de leur ville. Celle-ci  n’est pas encore venue.

Au nom du groupe d’opposition municipale : « La Gauche rassemblée pour un réel changement » , j’ai rédigé un communiqué de presse que vous pourrez lire ci-dessous.

A plusieurs reprises sur ce blog, j’ai fait part des conséquences graves du débat «  identité nationale-immigration ». J’ai rendu compte de la réunion qui s’est tenue à Castres avec la présence agressive de responsables du Front National. Oui, il y a bien aujourd’hui, un contexte politique, certains diront un climat, qui favorise les passages à l’acte raciste comme celui qui s’est déroulé dans notre ville. Les apprentis sorciers qui, par instrumentalisation politicienne, ont ouvert la boîte de Pandore, doivent en toute urgence annuler les débats à venir.

Yazid Sabeg, commissaire à la Diversité et à l’Egalité des chances, condamne le débat sur l’identité nationale ; il déclarait ce week-end dans le Journal du Dimanche : «  Je suis mal à l’aise et c’est mon rôle d’avertir. Ce débat échappe à tout contrôle, peut aggraver les fractures et donne à beaucoup de Français, les Français de confession musulmane, le sentiment d’être une fois de plus marginalisés (…) Le débat est devenu un déversoir et un défouloir. »

   COMMUNIQUE DE PRESSE

 Stupeur et colère tels sont les premiers sentiments que je tiens à exprimer au nom de notre Groupe Municipal, face à l’acte odieux d’une poignée d’extrémistes qui n’ont pas hésité à profaner un lieu de culte en l’occurrence la mosquée de Castres.

 Solidarité et fraternité vis-à-vis de toute une communauté insultée et frappée dans ce qu’elle a de plus intime et  de sacré. Que nos amis musulmans sachent que nous partageons leur peine et que nous sommes plus que jamais à leurs côtés.

 Condamnation et mobilisation : la condamnation ne doit souffrir d’aucune ambiguïté, elle est sans réserve et évite l’amalgame avec d’autres incidents. Elle fait le lien explicite avec le Débat actuel : il est en effet inadmissible d’accoler les mots identité nationale et immigration, immigration et islam. Cela est intolérable ! Loin d’affirmer les valeurs de la République ce Débat ouvre la porte à toutes les stigmatisations, débordements et autres propos racistes, comme on l’a vu récemment à Castres. Ceux qui continuent à vouloir instrumentaliser ce Débat à des fins politiciennes et électorales portent une grande responsabilité. Nous le voyons malheureusement aujourd’hui à Castres.

 Nous proposerons un moment de recueillement en début du Conseil Municipal et appelons dans l’unité toutes celles et ceux  qui ne tolèreront jamais le moindre acte raciste dans notre Ville à se rassembler et à se mobiliser.

 

Georges Frêche : « indéfendable et inacceptable »

Le Parti Socialiste prend «  acte  du vote des adhérents »

 

Le Bureau National  du Parti Socialiste a donné son aval mardi 8 décembre à la candidature de G. Frêche qui devrait conduire la liste socialiste en tant  que «  divers gauche » aux Elections Régionales de mars en Languedoc-Roussillon  . Si le Président sortant de la Région ne bénéficiera pas formellement de l’investiture nationale du Parti Socialiste, ce dernier ne présentera pas de liste alternative .

C’est un échec pour toutes celles et tous eux qui sont profondément attachés aux valeurs d’antiracisme , de rejet de discriminations sous toutes leurs formes, de respect des personnes, et tout simplement aux lois de la République. Arnaud Montebourg a raison quand il écrit que ces valeurs «  doivent être en toutes circonstances défendues avec constance et intransigeance ».

Dans un communiqué, celui-ci écrit :  « Au nom du combat pour les valeurs que j’ ai toujours défendues, comme militant, comme rénovateur, comme juriste, comme parlementaire, il me paraît indéfendable et pour tout dire inacceptable que le P.S. soutienne d’une manière directe ou indirecte la candidature de Georges Frêche exclu du Parti. »

Le secrétaire national à la rénovation conclut : «  Toute compromission avec cette exigence et le sens de l’honneur qu’il faut lui attacher me paraît incompatible avec l’esprit de rénovation. »

G.Frêche est président de la Région Languedoc- Roussillon depuis 2004, il a été pendant plusieurs décennies Maire de Montpellier, et s’est bâti, comme on dit, un fief imprenable.

C’est le même qui a déclaré le 16 novembre 2006, à propos de l’équipe de France de foot  «  Dans cette équipe, il y a 9 Blacks sur 11. La normalité serait qu’il y en ait 3 ou 4 ».

Toujours en 2006, il déclare , s’adressant à des harkis proches de l’UMP : «  Vous êtes des sous-hommes, vous n’avez aucun honneur ! ».

Que son bilan de gestionnaire soit bon, voire exceptionnel, que la justice ne l’ait jamais condamné, c’est une chose ; mais que ses déclarations et d’autres ( la liste est longue et semble-t-il non close)  soient passées  par pertes et profits par la direction du PS  et par la Convention nationale de ce samedi , ça en est une autre, sans parler des déclarations de soutien scandaleuses de  Peillon et d’autres qui ne trouvent rien à redire. Raison d’Etat !

 

Il est vrai que cette Région représente 10 % des adhérents socialistes et donc un passage obligé pour tous les présidentiables en puissance ( n’est-ce pas Ségolène Royal ?)

Pourtant, Martine Aubry ne déclarait-elle pas, il y a encore quelques jours, «  On ne peut pas parler de rénovation et accepter certaines pratiques, il y a un vrai danger en présentant Georges Frêche ».

Arnaud Montebourg dit tout haut ce que pensent tout bas des dizaines de milliers de militants socialistes : « Si on n’y pas prend pas garde, cette affaire restera une balafre sur le visage du PS, nous attendons une liste alternative avec tous ceux qui se sont dressés contre le frêchisme , une politique populiste, semi-corrompue, avec des expressions racistes. »

Il en aura fallu du courage pour toutes celles et ceux, militants socialistes, qui ont eu depuis des années à affronter un tel système. Je pense à René Revol ( aujourd’hui, dirigeant du Parti de Gauche), à Paul Alliès, conseiller régional PS, initiateur de la VIème  République qui continue avec d’autres le nécessaire combat socialiste. Il faut savoir que les fédérations de l’Aude à l’Hérault sont tenues par de véritables «  hommes de main »,  , qui n’ont eu de cesse d’exclure les adhérents ne faisant pas acte de soumission à «  l’empereur de Septimanie ».

Je me souviens à la fin des années 90, Georges Frêche était venu à Castres, il voulait la réplique exacte de la statue Jean Jaurès pour l’ériger sur une des places de Montpellier. Pendant des semaines , des ouvriers d’une fonderie firent le moule de la statue.

Par la suite le Maire de Castres d’alors, Arnaud Mandement, Alain Boscus, directeur du Centre National et Musée Jean Jaurès et moi-même , maire-adjoint à la Culture, furent conviés à l’inauguration. Le Maire de Montpellier nous invita à partager un repas en petit comité . Tout y est passé : sa vie, son œuvre, son œuvre, sa vie, c’était assez impressionnant. Sans doute, son parcours politique aurait dû s’arrêter à ce moment-là.

Une liste alternative est en préparation avec les Verts, le PCF, le Parti de Gauche, des socialistes qui n’ont pas abdiqué, etc… Bonne chance !

Dans cette région, l’avenir est à une Gauche respectueuse de ses valeurs.

La Droite qui avait fait alliance avec le Front National ( une des très rares régions en France) n’a pas de leçon à donner surtout le représentant de celle-ci, Maire de Béziers, classé à la Droite extrême.

Relever le drapeau du socialisme mis à mal , voilà bien la tâche de l’heure, l’exigence pour toute une nouvelle génération.

 

 

 

 

A Castres, comment nos impôts enrichissent l’école privée

N’en jetez plus !

 Chaque année, au Conseil municipal du mois de décembre est présentée une délibération intitulée «  Participation de la ville aux dépenses de fonctionnement des écoles privées sous contrat d’association ». Pour déterminer le montant qui sera perçu par un élève de l’école privée, il faut faire la somme des dépenses annuelles de fonction des écoles élémentaires urbaines de l’enseignement public.

 Cette somme comprenait en 2001/2002 :

-         L’ entretien des bâtiments

-         produits d’entretien

-         fluides ( eau, gaz, électricité)

-         renouvellement mobilier scolaire et matériel pédagogique

-         frais de personnel chargé de l’entretien quotidien ( salaires+charges)

Se sont  rajoutés :

-         subvention Internet en 2004

-         transports scolaires en 2005

-         assurances en 2006.

Vous divisez alors cette somme par le nombre d’élèves inscrits  dans les écoles élémentaires urbaines de l’enseignement public au cours de l’année scolaire, vous obtenez donc le coût d’ un élève externe de l’enseignement public. C’est ce coût qui servira alors de forfait pour un élève de l’école privée.

Le mécanisme en vigueur dans notre ville depuis 2002 est bien au point. Il faut que la somme totale soit la plus élevée possible et surtout augmente d’année en année (d’où entre autres, les ajouts évoqués ci-dessus) pour que  le forfait destiné à l’école privée soit systématiquement à la hausse (et quelle hausse !).

Le total des dépenses de fonctionnement s’élevait en 2001 à 694 149 €.

En 2008, à 902 684 € soit plus 30 %.

 Le forfait élève privé était de 304,75 €.

Il atteindra 479,64 € en 2009/2010 soit plus 57 %,  ( cherchez l’erreur !).

 

Pour les deux dernières années, les dépenses de fonctionnement auront augmenté de 3,6 % alors que le forfait élève / école privée connaîtra un bond de 10,9 %.

A savoir que dans notre ville, le nombre d’élèves des écoles élémentaire urbaines de l’enseignement public s élève  environ à 1900 ,soit une baisse d’à peu près 130 élèves depuis 2001 ( baisse démographique oblige).

Celui des écoles privées , mais il vaudrait mieux parler d’écoles privées confessionnelles,  s’élève à environ 825,  soit une baisse globale d’environ une cinquantaine depuis 2001.

En effet si je retire la Calandreta castresa ( en hausse de 34 à 48), nous sommes très gâtés à Castres, largement au dessus des moyennes nationales et régionales avec Barral ( 41) , Le Calvaire ( 184), Ensemble Notre Dame ( 212), Saint Jean Saint Louis ( 170), De La Salle- ex-Saint Pierre- ( 170).

Combien d’élèves des écoles privées  habitent Castres ?

L’augmentation financière au cours des dernières années est donc très importante ( scandaleuse), + 174,89 € par élève.

Chaque année, j’interviens (rituellement) au Conseil municipal pour dénoncer cet état de fait. En 2004, c’était mon ami Philippe Fournier. Sans résultat.

Mercredi prochain, André Martinez  qui était déjà intervenu longuement sur ce sujet en 2008 se remettra à la tâche.

Bien que légal, le mécanisme mis en place par P.Bugis remet en cause l’indispensable laïcité. Il est vrai que son excès de zèle à servir « ses proches amis », on peut appeler cela aussi clientélisme, est trop peu connu dans notre ville. Il faut y remédier, c’est un début.

 

Au détour de l’étude de la  somme globale des dépenses de fonctionnement, on peut constater une augmentation importante de l’entretien des bâtiments de 40 000 € ( en 2003)  à 185 000€ ( en 2008), conséquence de l’intervention de sociétés privées de nettoyage dans les écoles.

Dans le même temps, les frais de personnels sont passés de 574 595 € à 481 146 €. Première conclusion :le développement de la privatisation n’a pas entraîné une baisse financière significative.

 

A ce même Conseil municipal sera présentée une autre délibération intitulée : «  Allocation scolaire municipale aux élèves de l’enseignement du premier degré (maternelle – élémentaire) ».

En 2002, elle s’élevait à 24 € par enfant pour l’enseignement public et à 12 € pour l’enseignement privé ( toutes les municipalités de Droite ou de Gauche qui se sont succédé ont justifié cette différence).

P.Bugis, tout juste élu a augmenté de 100 % l’allocation municipale pour les enfants du privé ( de 12 à 24 €).

Cette allocation est versée à chaque école  pour  permettre l’acquisition de fournitures scolaires, de livres scolaires et de petit matériel d’enseignement. Celle-ci sera portée à 27 € en 2004, cela peut paraître incroyable mais cette somme est restée inchangée.

Chaque année, nous demandions son augmentation ( des écoles publiques de notre ville de plus en plus en difficulté, des enfants en grande souffrance…) . Pendant 6 ans, la Droite aura refusé le moindre euro d’augmentation. A partir du 1 janvier 2010, celle-ci passera à 29 €. C’est encore très insuffisant…