L’Ecusson : des îlots insalubres, des maisons vétustes.
Publié dans c) Vie municipale (86), le 07/01/2010 à 17:00, par Philippe Guerineau
Quand les illuminations de la Place Jean Jaurès s’éteignent…

C’est aussi cela le Centre ville. Quand on évoque les différents quartiers de Castres, il est habituel d’oublier que l’Ecusson représente aussi un quartier. Nous sommes loin, comme nous le verrons, de la carte postale avec l’Evêché, le théâtre, les maisons sur l’Agout…
Le Centre ville compte 2796 habitants soit 6 % de la population communale. Les résidences principales sont pour 87 % des logements locatifs, la plus forte proportion sur la ville. Le Centre ville compte 405 logements HLM et 167 logements conventionnés au cours des opérations programmées d’amélioration de l’habitat (OPAH) ; l’ensemble des logements sociaux représente 34 %.
Ces logements sont essentiellement apparus au cours de la municipalité de Gauche de Jean-Pierre Gabarrou dans les années 80, grâce au travail du maire-adjoint à l’urbanisme de l’époque, Louis Tignères ( disparition des îlots insalubres comme rue d’Empare- La Platé- Castelmoutou- rénovation des maisons sur l’Agout…) j’en oublie certainement.
Aujourd’hui, le Centre ville est habité par de nombreuses personnes seules, le nombre de ménages composés d’une ou deux personnes est en forte augmentation.
En 1999, le taux de chômage s’élevait à 22 % contre 11,3 % sur la zone d’emploi Castres-Mazamet et à 13,9 % dans le Tarn.
170 jeunes ont été reçus à la Mission locale en 2005 soit 66 % de plus qu’en 2004.
Des 4 quartiers de « la politique de la ville » de Castres, les jeunes du centre ville représente la part la plus importante : 14 %.
67 % d’entre eux ont un faible niveau scolaire : de tous les quartiers prioritaires, c’est le taux le plus élevé.
Les assistantes sociales du centre ville dans leur ensemble notent qu’elles reçoivent des familles très démunies et vivant dans des conditions de logement très précaires.
Il subsiste dans l’Ecusson un habitat privé pour lequel les propriétaires ne font pas beaucoup d’efforts.
Le Centre ville regroupe 2 écoles maternelles et élémentaires publiques ( Léon Rouzaud, Villegoudou). 33 % des élèves vivent en famille monoparentale. 15 % des élèves inscrits dans les écoles publiques sont suivis par le Rased.
Conclusion : des immeubles anciens en très mauvais état subsistent et abritent une population démunie.
Il est noté qu’il est important de lutter contre la vacance et de résorber l’habitat insalubre. Les jeunes majeurs du Centre ville dont beaucoup ont un très faible niveau de qualification doivent pouvoir être particulièrement aidés pour la formation et la recherche d’un emploi. Des associations existent qui apportent des réponses en terme d’hébergement, d’alphabétisation, de gestion des budgets, qui viennent en aide à une population en grande difficulté. Elles doivent être soutenues et encouragées.
Force est de constater que la municipalité de droite en place depuis 2001 laisse à l’abandon une grande partie de l’Ecusson – ce qui ne se voit pas n’est pas notre priorité- pourtant il suffit d’arpenter les nombreuses petites rues pour s’apercevoir de l’état de délabrement de nombreuses maisons. On attend généralement qu’il y ait risque d’effondrement pour intervenir…
« Les Lumières de la ville » doivent briller pour l’ensemble de ses habitants.
(1) Dans quelques mois, le départ du centre hospitalier va libérer 25 000 m2 , la reconversion de ce site revêt une importance majeure. J’y reviendrai…
(2) Il peut paraître étonnant que les quelques chiffres dont je fais état et qui sont parus dans le rapport du Contrat Urbain de Cohésion Sociale 2007-2009 sont souvent très anciens même s’ils donnent un ordre de grandeur. Il est pour le moins difficile d’obtenir des chiffres récents, à quand un grand dossier sur « la réalité sociale » castraise ?
