Haïti : l’urgence et l’avenir
Publié dans h) Coups de coeur (66), le 15/01/2010 à 19:26, par Philippe GuerineauSOLIDARITE HAITI

Hier et aujourd’hui, avant de commencer mes cours, je fais une rapide revue de presse à travers 3 journaux pour présenter la situation dramatique et effroyable qui règne en ce moment à Haïti. Pour la plupart, les élèves ont vu les terribles images à la télévision mais passé le moment d’émotion voire de douleur, face au choc des habitants morts sous les gravats, de l’importance et de la nécessité de l’aide internationale notamment celui de la France, les questions apparaissent sur l’histoire et la situation économique de ce petit pays.
Cela me permet d’évoquer rapidement « deux siècles de malheurs », bien davantage en fait, une longue suite de drames et de tragédies, un enfer à ciel ouvert, ( à la veille de la Révolution française, 30 000 colons blancs règnent sur 500 000 esclaves noirs…Toussaint Louverture, etc…).
Je les perçois sensibilisés et intéressés, ils regarderont à nouveau les images télévisuelles en étant sans doute plus concernés.
Certains se souvenaient des dernières émeutes de la faim, où l’on pouvait apercevoir des femmes fabriquant des « galettes de boue » . Une évidence s’impose : ce pays sera-t-il toujours condamné à l’extrême pauvreté à quelques encâblures des Etats-Unis ?
En septembre 2008, à la tribune de l’A G des Le Président haïtien René Préval déclarait : « Une fois épuisée la première vague de
compassion humanitaire, nous serons comme toujours complètement seuls pour affronter de nouvelles catastrophes » . Cette année là Haïti venait d’être frappée par 4 ouragans dévastateurs tuant des centaines de personnes et ruinant 60 % des récoltes
A peine 5 % des 108 millions de dollars promis par les gouvernements étrangers ont été versés.
Nous le savons : Haïti figure parmi les nations les plus pauvres de la planète et 80 % des Haïtiens survivent avec moins de deux dollars par jour .
Il faut une telle catastrophe aujourd’hui pour que cette réalité inadmissible réapparaisse au grand jour : constructions trop fragiles, bidonvilles dépourvus de voies d’accès, absence d’infrastructures publiques, etc…
Pendant ce temps, des sommes colossales dans le surarmement et les guerres ou pour sauver les grands banquiers de ce monde ( il n’est qu’à constater en ce moment-même l’importance des bonus distribués aux traders) sont dilapidées.

La France a une responsabilité particulière, elle qui a soutenu pendant trois décennies une terrible dictature, celle de François Duvallier et de ses « tontons macoutes »
C’est dés maintenant qu’il faut penser à la reconstruction d’Haïti et à son développement et c’est sans délai qu’il faut mettre fin aux directives de la Banque mondiale. Pour se redresser, ce pays a besoin d’un Etat, de services publics…
« En Haïti, nous ne sommes pas pauvres mais appauvris. Nuance. Il faut aider notre île, bien sûr, les grands pays nous doivent bien ça, notamment la France. Si aujourd’hui, nous sommes dans la misère, c’est en partie à cause d’eux » déclare un habitant de Port au Prince.
Une fois l’émotion passée, une fois les caméras parties, tout deviendra-t-il donc comme avant ? Ce n’est pas possible. Haïti doit rester présent, nous en prenons l’engagement.
C’est bien la reconstruction de l’île dans tous ses secteurs qu’il faut envisager.
Le hasard veut que depuis quelques semaines, Haïti fait partie de ma famille. J’ai eu l’occasion de découvrir des personnes chaleureuses et enthousiastes. Je pense fortement à elles, à leurs familles dont beaucoup n’ont pas de nouvelles des leurs , nous n’avons pas le droit de les abandonner aujourd’hui et demain.
Une nouvelle fois, le Secours Populaire Français organise la solidarité. Son président Julien Lauprêtre déclare que son association est présente à Haïti depuis 1980 et mène différents projets de solidarité : soutien aux enfants, reconstruction d’écoles, achat de semences, réhabilitation du cheptel, remise en état de l’irrigation, etc…une aide qui s’est concrétisée auprès de 700 familles.
A Castres, on peut envoyer ses dons au Secours Populaire de notre ville :
« Haïti Urgence », 5 rue Ferdinand Buisson à Castres ( 05 63 35 96 32 )
