Archives du 18 janvier 2010

Pourquoi je serai en grève le 21 janvier…

Avec de nombreux collègues de l’Education mais aussi avec toute la Fonction Publique, je serai en grève le 21 janvier et devrai manifester à Albi à 14H, départ devant l’inspection académique pour un rassemblement à 15h30 place du Vigan avec les autres fonctions publiques, à l’appel de la FSU , la CGT,  Solidaires, du SE-UNSA ,du SGEN-CFDT, soutenus par la FCPE , des syndicats lycéens, etc…

Une de plus comme le disait récemment un  lecteur du Figaro croisé au bureau de tabac de l’Albinque.

24h , est-ce utile et efficace face à ce gouvernement qui affiche chaque jour sa volonté de casser les services et l’emploi publics ? Par ces temps de rigueur financière, peut-on perdre une journée de salaire ?

Et pourtant, il y a nécessité de résister quand la Fonction Publique connaîtra sa pire année en matière budgétaire avec 30 000 suppressions d’emplois en 2010.

Depuis 2007, ce seront au total plus de 100 000 emplois qui auront été supprimés au nom du dogme libéral du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraire ; la fameuse RGPP ( révision générale des politiques publiques) pourtant fortement critiquée il y a quelques semaines par la Cour des Comptes qui qualifie celle-ci de «  politique à court terme qui s’exonère d’une évaluation des besoins » .

En 2010 l’Education sera très durement frappée avec plus de 16 000 suppressions d’emplois soit un total de plus de 40 000 emplois depuis 2007.

Jusqu’à présent, comme le déclare un syndicaliste, les conséquences en étaient moins visibles car on diminuait les effectifs en coulisses ( administration, santé et social, c’est à dire moins de docteurs et infirmières scolaires) pourtant les conséquences sont graves avec des jeunes en grande difficulté. C’est ensuite la valse des diminutions d’enseignants spécialisés, d’enseignants de maternelle, les titulaires remplaçants, aujourd’hui les professeurs stagiaires.

Les parents d’élèves le constatent, les absences de plusieurs semaines même prévisibles comme les congés maternité sont de moins en moins remplacés ou alors au pied levé par des étudiants ou des enseignants retraités, recrutés en catastrophe par les rectorats. La liste est longue, dans notre département ,de CPE ( conseillers principaux d’éducation) dont les postes ne sont pas pourvus ,là encore avec les conséquences que l’on sait sur la discipline à l’intérieur des établissements.

Dans les collèges, comme vient de le révéler une enquête récente de la MGEN, de nombreux enseignants sont de plus en plus en souffrance face à la dégradation de leurs conditions de travail. La suppression de la carte scolaire a entraîné comme il fallait s’y attendre une ghettoïsation de certains collèges ( rapport de la Cour des Comptes) – ceux qui ont salué, avec beaucoup d’hypocrisie,  la mémoire de Philippe Séguin , feraient bien de s’en inspirer.

Oui je ferai grève pour ces jeunes étudiants qui se destinent à l’enseignement, qui ont une haute idée du métier qui les attend pour qu’ils puissent exercer celui-ci dans les meilleures conditions.

Un rayon de soleil tout de même à la lecture du Monde en date du 16 janvier : en titre sur la première page : «  Un milliard d’euros de bonus pour les traders parisiens »,  ah ! ça va tout de suite beaucoup mieux, je peux perdre ma journée de salaire en toute sérénité.

Au fait, le lecteur du Figaro croisé au café de l’Albinque , qu’est ce qu’il pense du milliard d’euros de bonus pour le trader parisien  alors qu’également, mes amies infirmières sont écrasées chaque jour un peu plus par des charges de travail insupportables.

Pour information, je découvre ce texte sur le site du Parti de Gauche et je vous le fais connaître :

 

Quand Châtel organise la pénurie à l’Ecole Publique …mais pas dans le privé.

La méthode devrait être éculée mais elle est pour autant toujours à l’œuvre chez les libéraux : créer le manque dans le secteur public et le parer ce faisant de tous les maux pour mieux valoriser le privé dans une « saine concurrence libre et non faussée ». Le gouvernement reprend une fois encore à son compte la méthode dans l’éducation.
Alors même que le projet de loi de finances prévoit la suppression de 16 000 emplois à la rentrée 2010, le ministère de l’éducation nationale annonce une nouvelle diminution du nombre de postes au concours du CAPES externe avec uniquement 5006 places ouvertes, soit un rapport de moins de 1 à 3 en regard des suppressions.

Mais ce n’est décidément pas le temps des vaches maigres pour tout le monde car dans le même temps, le nombre de places à pourvoir au CAFEP-CAPES (le CAPES pour l’enseignement privé) va lui doubler, en passant de 569 en 2009 à 1260 en 2010.

On se souvient qu’il y a quelques semaines le Ministre Luc Châtel annonçait sa volonté de mettre fin à l’histoire-géographie en terminale scientifique et de la ramener plus généralement à sa portion congrue au sein du lycée. Sans doute craignait-il que les enseignants du public ne contribuent à former des citoyens à même de penser par eux-mêmes et prendre toute leur place dans le débat public car le déséquilibre entre public et privé est cette année particulièrement marqué dans cette matière. Quand les postes ouverts en histoire et géographie seront multipliés par 2,4 dans le privé, passant ainsi de 75 à 182, ils resteront stables dans le public.

Les chiffres se suffisent à eux-mêmes pour démontrer comment ce gouvernement cherche à mettre en concurrence les services publics et à ouvrir aux marchands des pans entiers de notre système éducatif. Pour une Ecole qui réponde aux exigences de l’intérêt général et qui permette l’émancipation individuelle et collective du grand nombre, il est temps de réserver les fonds publics à l’enseignement public. Sortir du tout marchand et prioriser le public : voilà le message clair que portera le Parti de gauche lors des régionales de mars prochain.