Archives du 28 janvier 2010

La Ribambelle : la rage au cœur

Il faut que tout disparaisse …

 

Par idéologie et surtout par un clientélisme de chaque instant, la ville est mise en coupe réglée. Aujourd’hui, c’est le tour de la crèche associative : la Ribambelle. Rien ne doit pouvoir échapper au contrôle politique de cette municipalité. Tout ce qui relève de près ou de loin du monde associatif doit être éliminé.

La liste des structures touchées est déjà longue, trop longue et ce n’est sans doute pas fini. Quelques prétextes peuvent être avancés deçi delà mais ils ne trompent que ceux qui veulent bien se laisser tromper. Cette Droite autoritaire est dans bien des domaines à la limite des règles républicaines qui ont toujours existé jusqu’en 2001 quelle que soit la couleur politique des municipalités. Cette dernière rompt souvent brutalement, sans aucune concertation avec ce qui appartenait au patrimoine de notre ville. Oui, un climat de peur s’installe  mais ce n’est pas une fatalité, des résistances s’organisent, je l’ai encore ressenti hier lors d’une réunion de nombreux acteurs culturels de notre ville. Nombreux sont celles et ceux qui ne supportent plus l’inacceptable. Assez d’impunité dont bénéficie la majorité municipale à la suite de ses mauvais coups, assez du clientélisme qui gangrène chaque jour un peu plus la vie démocratique locale.

 

Depuis plusieurs jours, je reçois divers courriers de parents en plein désarroi, amers et en colère. On peut les comprendre. Vous lirez ci-dessous une lettre du président de l’association La Ribambelle. Rien à ajouter.

Au Conseil municipal prévu le 2 février, j’interviendrai au nom de mon groupe pour demander les explications nécessaires,  je le ferai lors du «  débat d’orientation budgétaire ». 

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  « Alors que la politique de la ville, tout comme celle de l’Etat, donne une priorité forte à l’intervention auprès des enfants en bas âge, l’association met la clef sous la porte.

Par delà les débats sémantiques, chronique d’une mort annoncée ?…

 

Créée en 1987 après une enquête de besoins réalisée sur les communes de Castres et Burlats, le projet de l’époque séduit car il offre une réponse aux besoins. Ainsi une convention sera rapidement signée avec chaque commune. Au fil des années la structure passe d’un accueil de 12 pour finir à 20 enfants. Installée depuis juillet 1995 dans des locaux municipaux du quartier de Tournemire, l’association, en bute à des difficultés financières depuis 2005 est en passe de clore son activité. En 2005, elle présente aux services de la petite enfance de la municipalité de Castres un diaporama énonçant les difficultés à venir. La PMI, la CAF sont également informées de l’évolution inéluctable des problèmes financiers dus essentiellement à la fin progressive de l’investissement de l’état sur les emplois aidés.

 

En février 2007, le dossier n’ayant toujours pas bougé au sein du service petite enfance, une nouvelle demande de subvention est déposée, qui sera longuement étudiée par les services de la mairie, sans plus d’arbitrage immédiat.

En septembre de la même année, le service concerné semble d’accord sur le principe de la subvention et souhaite l’échelonner. Une convention sur la somme globale demandée doit être signée fin d’année afin de pouvoir bénéficier de cette subvention dès 2008. En octobre, comme demandé par le service petite enfance, l’association fait une proposition tenant compte de l’échelonnement.

 

La question ‘administrative’ apparaît donc comme résolue, l’avis relevant de la direction habilitée la considérant par ailleurs comme tout a fait correcte. Pour l’association, la subvention demandée prend officiellement sens, mais, en mars 2008, soit 5 mois plus tard, le dossier est toujours à l’étude. En juillet, le personnel et les parents sont rassurés lors du cocktail de l’association.

 La vice-présidente de la commission ville et enfance élue à la mairie de Castres, Mme Cerqueira, déclarant « la mairie ne laissera pas tomber la crèche ». Le premier magistrat de Burlats, Mr. Fabre, énonçant par ailleurs le vœu de créer sur sa commune, une crèche gérée par l’association.

Plusieurs rencontres auront lieu jusqu’en septembre 2009, sans solutions apportées.

 

Fin septembre 2008, le 29, à l’heure d’une rentrée bien tardive, le service à la petite enfance nous octroie une subvention exceptionnelle de 14000 € devant être votée au conseil municipal de décembre. Par ailleurs il nous est annoncé la création d’une crèche municipale de 40 places à César Franck, d’une crèche privée sur le site du nouvel hôpital, et d’une autre crèche privée sur le même secteur que le notre. En octobre la mairie de Burlats nous confirmera la création d’une crèche de 20 places.

2008 sera une année difficile pour la crèche. Les mesures mises en place afin de pouvoir fonctionner déplacent le problème sans pour autant le résoudre : bénévolat sur un trimestre, non renouvellement d’un CAE (horaires distribués et effectués par le reste du personnel), 3 postes CAE pérennisés en CDI, négociation d’un CAE avec l’ANPE jusque fin décembre 2008, diminution du salaire de la directrice. L’association est également touchée, et début 2009 le président de l’époque tombe sous le coup d’une procédure judiciaire et est contraint de quitter le CA. Le bateau prend il définitivement l’eau ?

 En juillet 2009, à l’issue d’une AGE provoquée par ses membres, l’association se dote d’un nouveau bureau. Reprenant alors à  marche forcée la recherche de financements et d’appuis déterminés, le bureau se montre convaincu de pouvoir renouer avec les pouvoirs locaux des relations saines et durables. Il n’en sera rien. Pourtant, tout semble être là pour saisir l’opportunité de sauver le soldat Ribambelle ! La crèche, adossée à ses 23 années de pratiques professionnelles n’est elle pas le fleuron de ce qui peut être fait à moindre coûts pour les bambins !

C’est ce qui porte le nouveau bureau à rencontrer, une fois encore, le service à la petite enfance en septembre 2009, afin de décider la stratégie de la Ribambelle pour les années à venir. Cette dernière est simple, « sans soutien de la mairie nous cessons d’exister, il est vrai que le passé a parfois été tumultueux, le monde associatif n’échappe pas aux faiblesses humaines. Pour répondre à cette faille nous envisageons de passer sous le mode coopératif et souhaiterions que la mairie soit un vrai partenaire en ce domaine ». La réponse restera, comme toujours très lissée, les rencontres qui suivront en novembre et décembre n’amèneront rien, pendant ce temps la situation financière continue de s’enliser.

 

ET 2010 arriva… Le 11 janvier dernier, la rencontre avec les services de Mr. Messaoudi, en présence de ce dernier, se passe très mal. Nous sommes accusés en bloc : de ne pas faire le jeu de la mairie de Castres, comprenne qui pourra ; d’avoir refusé d’employer la femme d’un élu, poste financé par la mairie ; de proposer un service plus cher qu’une structure municipale, en clair de malhonnêteté…

 

La déconvenue est immense et, le mot est dit, malhonnête! Mais ne nous trompons pas, les malhonnêtes ne sont-ils pas ceux-la même qui aujourd’hui se drapent du manteau de la vertu ? A l’heure où la politique de la ville et celle de l’état s’enorgueillissent de vouloir favoriser la prise en charge des enfants en structures collectives, c’est une ineptie que de forcer, de la sorte, une structure associative à fermer. Car le nœud de la question est bien là.

Il ne s’agit pas d’affirmer haut et fort que les crèches municipales sont moins chères qu’une structure telle que la Ribambelle, tous les chiffres prouveront le contraire. Il ne s’agit pas, non plus, de faire d’une association le bouc émissaire idéal et rêvé d’une politique de la petite enfance menée contre toute logique et sans discernement. Il ne s’agit plus, pour finir, de donner une leçon, à qui veut bien l’entendre, sur la « responsabilité des dirigeants de l’association ». Non, non et non. La question est de répondre à une urgence que les services de la petite enfance ont largement contribué à créer de toute pièce, et qu’ils utilisent aujourd’hui comme paravent.

En 23 ans d’existence, plus de 90 personnes ont travaillé au sein de l’association, plus de 400 enfants et autant de familles nous ont accompagné. Toutes les entreprises du bassin nous connaissent, même si, et c’est aujourd’hui dommageable, très peu nous soutiennent financièrement.

Aussi, par delà l’accueil collectif des enfants, ce sont 10 emplois menacés par cette politique contre productive.

L’histoire nous révèle que le temps des pourparlers est terminé, éclairant de son chemin une bien mauvaise direction. En l’espèce nous n’avons plus d’autre solution que d’être poussés vers la sortie judiciaire et, si la mesure est acceptable comme sauvegarde, elle est en revanche inacceptable socialement.

Ainsi politiquement, comment justifier d’une telle fermeture ? Evidemment en incriminant l’association. C’est bien la seule direction concrète affichée à ce jour !

 

Que le CA, le bureau, le collectif des parents, les membres de l’association et du personnel se soient réunis autour du projet est rassurant pour ceux qui douteraient encore du débat citoyen. Que les autres, en revanche, qui souhaitaient la disparition de l’association soient également rassurés, le 5 février prochain celle-ci sera effective.

Place alors à la continuité, celle du vide conceptuel mené depuis des années, bienvenu dans un monde meilleur ! »

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Au cours du Conseil municipal du 2 février, parmi les nombreuses délibérations, l’une concerne le prochain festival «  A Tue-tête » ( 3 soirées fin juillet).

Le budget prévisionnel général de cette opération s’élèvera à 404 170 €   dont   212 155 € ( minimum) restant à la charge de la ville.

Vous avez bien lu : 212 155 € ! sachant qu’il y a déjà 2 autres festivals au mois de juillet.