Archives de janvier 2010

Autoroute : théâtre d’ombre

«  De tous ceux qui s’empressent auprès des grands et qui leur font la cour, un petit nombre les honore dans le cœur, un grand nombre les recherche par des vues d’ambition et d’ intérêt, un plus grand nombre par une ridicule vanité, ou par une sotte impatience de se faire voir. » La Bruyère- Les Caractères

 

Mardi 19 janvier à Lavaur ( quelle drôle d’idée !), rien ne justifiait ce lieu, d’ailleurs d’habitants de Lavaur point dans la salle. C’est la 9ème représentation d’une pièce qui sera rapidement retirée de l’affiche. Les acteurs sont fatigués, mêmes répliques, mêmes postures, plus rien n’étonne le public composé des mêmes figurants transportés de ville en ville.

 

Avant de frapper les trois coups,  « l’ animateur » genre Agnan dans la BD du Petit Nicolas, suffisant et crispant, rappelle les règles de bienséance, il n’aura d’ailleurs pas ou peu à intervenir tant un relatif silence régnait.

Dans les deux cars venus de Castres, les textes avaient été distribués, mais la répétition incertaine entraîna un petit couac quand une intervenante reprit mot à mot les arguments de celui qui l’avait précédé.

En Grèce, les masques servaient pour l’acoustique, aujourd’hui, ils servent à dissimuler les appartenances, les allégeances, etc…

Scène 1 : Premier acteur , tout un programme : UMP castrais, il suit le Maire comme son ombre depuis 10 ans dans toutes les réunions locales. Le reste sera à l’avenant. 80 % des interventions et sans doute plus pour le Oui seront le fait d’adhérents ou d’élus UMP et surtout de salariés de la mairie de Castres, de la Communauté d’agglomération, d’associations comme le Pays d’Autan, leurs arguments répétés en boucle, rabâchés à l’extrême sont connus. On peut s’interroger sur le  » libre-arbitre » de chacun.

Scène 2 : La sécurité tout d’abord, intervention de l’infirmière de service, ce soir c’était la suppléante UMP de Bernard Carayon, élue de Mazamet mais trop modeste, sans doute, pour le dire. A ce sujet, on peut se référer sérieusement au rapport : «   Etude sur l’Accidentologie des routes du sud Tarn et de la RN 126 »  et d’ailleurs, chacun comprend bien si autoroute il y a , les collectivités locales seront tellement ponctionnées par la subvention d’équilibre qu’il n’y aura plus d’entretien de la RN 126, de plus le retour de la circulation au cœur des villes de Soual et de Puylaurens, camions compris, rendra la route nationale «  accidentogène ».

Scène 3 : Alors, il y eut : «  le fils à Ginette » qui ne dit pas qu’il est aussi salarié du Pays d’Autan, jeune homme truculent et sympathique mais dont l’argumentation est bien superficielle, du genre l’Etat est tellement endetté que le choix de l’autoroute s’impose. Il ne lui viendrait pas à l’idée que l’Etat pourrait faire d’autres choix : par exemple, bouclier fiscal, baisse de la TVA pour la restauration, il pourrait nous parler, c’est d’actualité du bonus des traders, du salaire de Proglio, etc… Mais beaucoup plus grave, il veut faire croire qu’il n’y aura pas forcément de «  subvention d’équilibre » et que donc seul, l’utilisateur sera le payeur. Cela est faux .

Scène 4 : Il y aura aussi une jeune femme, très émue comme le dira ma voisine, qui se plaint que ses amis toulousains se tournent davantage vers Montauban et Auch. Ce n’est autre que la directrice de la communication de notre bonne ville de Castres.

On vient aussi du Bout du Pont de l’Arn  ( quelle aventure !) uniquement pour dire que depuis le début, ce débat  aurait été cher et inutile mais saluant le professionnalisme de la DREAL .«  Se dérober à la cour, un seul moment, c’est y renoncer… » encore La Bruyère.

Une ombre sur le grand écran, frissons garantis,

Plusieurs fois pour les pro-autoroutes, les arguments de celles et ceux qui s’opposent sont qualifiés de «  café du commerce ». Outre que cela est assez méprisant, force est de constater que ceux qui se refusent au rôle de perroquet ou de petit soldat au garde à vous en service commandé ont encore ce soir posé de très bonnes questions concernant les atteintes à l’environnement, la disparition de riches terres agricoles, les conséquences de l’étalement urbain, le prix à payer pour le péage, les subventions d’équilibre, notamment si clauses il y a pour financer le déficit d’exploitation prévisible.

Scène 5 : Un directeur de société de Castres constate avec raison comme beaucoup d’ailleurs que les gouvernements de Droite successifs n’ont jamais tenu leurs promesses, ( il aurait pu complèter que les élus de Droite du Sud Tarn n’ont rien fait depuis des années) ,  celui-ci rajoute que le financement du tronçon Castres-Soual est déjà acté dans le dernier CPER ( Contrat de Plan Etat-Région). Alors pourquoi les travaux n’ont-ils pas commencé ?

Sur le fond quelques interventions de qualité furent rares, reportez vous sur le site  http://www.debatpublic-castrestoulouse.org/

A noter pour finir que l’intervention du représentant du Conseil Général était d’une tonalité très pro-autoroute sans qu’aucune réserve ne fut formulée à l’inverse d’ailleurs de celle d’un autre représentant par le passé à Cuq-Toulza, il est vrai que chacun peut suivant sa sensibilité prendre ce qu’il veut dans une motion qui fut votée à l’unanimité à Albi.

Allez, encore un dernier pour la route ( je plaisante ! ), un jeune étudiant en droit, université Champollion, pro-autoroute et bla-bla-bla, et bla-bla-bla, en vérité, stagiaire au service juridique à la Communauté d’agglomération ( il apprend vite, le jeune homme !).

Il sera précisé par le représentant de la DREAL, dont j’ai l’impression que le nez s’allonge par moment, mais ce n’est qu’une impression, que si gain de temps il y a pour les voitures ( 10 à 15 minutes ) ce qui est d’ailleurs contesté et contestable, il n’y aura pas de gain de temps pour les camions.

J’avoue avoir décroché par moment,  et n’avoir pas compris grand chose à la proposition ‘une autoroute passant par Lavaur.

Sensible à l’intervention du maire de Maurens-Scopont qui constate que alors que le fibre optique traverse son village pour aller à Toulouse, les habitants de celui-ci n’ont toujours pas le haut débit ( tout un symbole). Tu n’es pas seul ,ami, à Castres, en 2010, de nombreuses portions de la ville n’ont toujours pas le haut débit ! Mais cela n’a pas l’air d’émouvoir également les élus castrais et de la Communauté d’agglomération .

23h : c’est la fin, la présidente Danielle Barrès,  dont je crois pouvoir dire que son attitude fut respectée et appréciée , annonce pour la dernière représentation, le 28 janvier à Verfeil, un film relatant les moments forts de la tournée de l’équipe de la Commission Particulière de Débat Public après l’intervention des représentants politiques, syndicaux ou associatifs. Le rideau pourra alors tomber. Fin du 1er acte.

Lu dans La Dépêche du Midi (  dimanche 17 janvier ) sous le titre «  Le Président socialiste Martin Malvy était hier à Albi pour dévoiler sa liste aux élections régionales » que celui-ci a déclaré : « … Les élus de la majorité présidentielle  n’ont pas bien défendu la route Castres-Toulouse auprès du gouvernement (…)  Je ne cache pas une préférence  pour une 2×2 voies alors que le projet autoroutier va poser de gros problèmes de tarification. » C’est en quelques mots ce que j’écrivais entre autres choses il y  a quelques mois avec mes amis conseillers municipaux de Castes. La Dépêche rajoute : « Ses colistiers tarnais  approuvent » étonnant non ? J’en connais notamment un qui n’a jamais dit à Castres ce que Martin Malvy disait à   Toulouse en octobre 2009 et qu’il répète à Albi en janvier 2010, mais ceci est une autre histoire.

 

Publicité gratuite : on peut consulter avec beaucoup d’intérêt le site http://autreroute.castres.free.fr/pages/accueil.html 

 

 

5 élus municipaux à l’offensive

Une année 2010 qui sera ce que vous en ferez

 

Lundi 18, à la Maison des associations, c’était vœux et galette républicaine. Une petite centaine de personnes , certaines arrivées en retard, d’autres, pile poil pour la galette, d’autres encore plus tard mais il ne restait que des miettes.

 Toujours un moment agréable et chaleureux de voir, de discuter, d’avoir quelques nouvelles des uns et des autres. Il y avait là les «  leaders syndicaux » de Dynamic après leur longue lutte, des responsables locaux d’association avec lesquels, en tant qu’élus,  nous avons l’habitude de travailler : la FCPE, le MRAP, le Secours Populaire (une intervention aura lieu pour développer la solidarité financière avec Haïti), etc…des syndicalistes de la FSU, de la CGT…des représentants du Parti de Gauche, du PCF, des Verts,  quelques militants socialistes, la tête de liste du Front de Gauche pour les élections régionales, …et toutes celles et ceux qui nous accompagnent depuis des années.

 

Alain Boscus, président de l’association Castres à Gauche Vraiment , ancien directeur du Centre National et Musée Jean Jaurès ( en forme et cela fait plaisir pour lui et sa famille), rappellera rapidement l’historique de l’association, ses priorités défendues lors des dernières élections législatives et municipales et qui n’ont pas vieilli, bien au contraire : l’urgence sociale, l’urgence écologique, l’urgence démocratique…

 

Ce fut mon tour comme président du principal groupe d’opposition au Conseil municipal avec 5 élus  ( j’aime le rappeler). Je formulai trois vœux pour cette nouvelle année 2010 dont voici en quelques mots l’essentiel.

Le premier : pour une ville  forte , solidaire et citoyenne, les trois termes étant étroitement liés. Si, en effet, cette ville que nous aimons, devient forte, elle est de moins en moins solidaire , elle est de moins en moins citoyenne avec au cours des ans, des dégâts certains : accentuation de la fracture castraise ( dans le domaine  social, éducatif, culturel, etc…).

Une ville à  deux vitesses et assumée comme tel par la Droite. Loin de rassembler au-delà des générations, des origines sociales, des origines ethniques, celle-ci divise, celle-ci stigmatise. L’urgence est donc bien à la préservation ( avec nos petits bras…) du lien social , de redonner confiance et espoir ( pas facile) quand l’individualisme voire la peur font des ravages chaque jour un peu plus dans notre ville, je vous l’assure, cette dernière existe pas simplement chez les employés municipaux.

 

Le deuxième vœu : pour une opposition utile car crédible, vigilante et combative. Une opposition non respectée, c’est la démocratie locale bafouée. Une opposition dans les débats et dans l’action, au Conseil municipal et dans les mobilisations. Une opposition qui ne s’auto-censure pas pour rester dans le cercle du politiquement correct. Imaginez et ce n’est que quelques exemples, si celle-ci et en particulier la nôtre, n’existait pas.

 Dans le désordre :   le soutien dés le début et non pas à la 25ème heure des ouvriers de Dynamic, contre les antennes relais près d’une école à La Capelanié ( elles ne seront finalement pas implantées). Nos interventions (je ne développe pas) pour l’emploi, le développement durable, aux côtés de ceux de l’OMEPS, de la MJC de Lameilhé, nos protestations contre la suppression des panneaux d’expression libre, pour la  fête des associations, pour des conseils de quartier, l’avenir du site de l’hôpital Jean-Pierre Gabarrou, pour une politique de prévention, seule capable de faire reculer l’insécurité. Une voix pour les sans-voix : les conditions de vie des gens du voyage, j’en oublie.

Une mention particulière au sujet de l’autoroute où nous étions sommés de voter à l’unanimité le projet autoroutier concédé au privé. Nos tribunes libres ont su dévoiler entre autres le prix du péage, les subventions d’équilibre demandées aux collectivités locales.

Imaginez que nous soyons absents au Conseil municipal alors que règne bien souvent «  le mensonge permanent ». Oui, notre ville a besoin d’une opposition face à une Droite qui bénéficie d’un sentiment d’impunité puisque rien ne lui sera demandé encore moins reproché.

 

Face à une telle situation, l’ensemble de la Gauche locale doit être capable de mener des combats communs, je propose donc que puisse exister après les élections régionales un comité de liaison permanent.

 .
Le troisième vœu, pour que nos concitoyens soient partie prenante de l’avenir de leur ville et tout simplement du développement de leur quartier, en un mot du  « mieux-vivre » ensemble. Nous serons bientôt la dernière ville de Gauche comme de Droite d’ailleurs,  à ne pas s’inscrire dans la création de Conseils de quartier, nous sommes déjà la seule grande ou moyenne ville de notre département à ne pas organiser une fête des associations.

Comme le disait Montesquieu, la démocratie c’est quand « Le pouvoir arrête le pouvoir » .

Il ne suffit pas de demander ce que l’opposition peut faire pour vous mais que chacun se demande ce qu’il peut faire pour que l’opposition soit forte sinon le désespoir sera au rendez vous.

Aujourd’hui, le non renouvellement du contrat du directeur du Bolegason indique qu’une fois de plus la culture est affaiblie. Pour tout horizon, la vidéo surveillance affirmée comme idéologie. Le tableau est sombre, gardons confiance, gardons espoir, une bonne année 2010, cela  dépend de vous.

 Puisse celle-ci être l’année de la reconquête citoyenne.

 André Martinez poursuivra, mettant l’accent sur l’urgence démocratique et Géraldine Rouquette conclura sur l’urgence sociale, les jeunes et le chômage, l’emploi, les Dynamic, et surtout sur les combats à venir concernant la remise en cause des collectivités locales par la Droite.

De tout cela, il faudra bien sûr en reparler.

 Les journalistes  du Tarn Libre, du Journal d’Ici étaient présents, l’Echo du Tarn s’était excusé, quant aux autres il y a déjà un certain temps qu’ils refusent de nous voir sur leur écran radar. Alors, si vous avez un voisin qui ne lit pas ce blog, qui vous demande «  Mais, elle est où l’opposition ? Il n’y a rien dans le journal… » comme cela m’a été rapporté pas plus tard que ce matin, rassurez le, l’opposition intervient, réagit, travaille, fait des propositions, est souvent au cœur des mobilisations mais vous n’en saurez presque rien sinon rien. Rassurez-le également, je vais très bien, mes  amis élus municipaux de même, de Robert Gourjade à Monique Maynadier, d’André Martinez à Géraldine Rouquette.

 Il ne vous reste plus qu’à souhaiter à votre voisin une bonne année 2010 de ma part et de leur part.

 

Il s’agit de peintures haïtiennes

 

Pourquoi je serai en grève le 21 janvier…

Avec de nombreux collègues de l’Education mais aussi avec toute la Fonction Publique, je serai en grève le 21 janvier et devrai manifester à Albi à 14H, départ devant l’inspection académique pour un rassemblement à 15h30 place du Vigan avec les autres fonctions publiques, à l’appel de la FSU , la CGT,  Solidaires, du SE-UNSA ,du SGEN-CFDT, soutenus par la FCPE , des syndicats lycéens, etc…

Une de plus comme le disait récemment un  lecteur du Figaro croisé au bureau de tabac de l’Albinque.

24h , est-ce utile et efficace face à ce gouvernement qui affiche chaque jour sa volonté de casser les services et l’emploi publics ? Par ces temps de rigueur financière, peut-on perdre une journée de salaire ?

Et pourtant, il y a nécessité de résister quand la Fonction Publique connaîtra sa pire année en matière budgétaire avec 30 000 suppressions d’emplois en 2010.

Depuis 2007, ce seront au total plus de 100 000 emplois qui auront été supprimés au nom du dogme libéral du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraire ; la fameuse RGPP ( révision générale des politiques publiques) pourtant fortement critiquée il y a quelques semaines par la Cour des Comptes qui qualifie celle-ci de «  politique à court terme qui s’exonère d’une évaluation des besoins » .

En 2010 l’Education sera très durement frappée avec plus de 16 000 suppressions d’emplois soit un total de plus de 40 000 emplois depuis 2007.

Jusqu’à présent, comme le déclare un syndicaliste, les conséquences en étaient moins visibles car on diminuait les effectifs en coulisses ( administration, santé et social, c’est à dire moins de docteurs et infirmières scolaires) pourtant les conséquences sont graves avec des jeunes en grande difficulté. C’est ensuite la valse des diminutions d’enseignants spécialisés, d’enseignants de maternelle, les titulaires remplaçants, aujourd’hui les professeurs stagiaires.

Les parents d’élèves le constatent, les absences de plusieurs semaines même prévisibles comme les congés maternité sont de moins en moins remplacés ou alors au pied levé par des étudiants ou des enseignants retraités, recrutés en catastrophe par les rectorats. La liste est longue, dans notre département ,de CPE ( conseillers principaux d’éducation) dont les postes ne sont pas pourvus ,là encore avec les conséquences que l’on sait sur la discipline à l’intérieur des établissements.

Dans les collèges, comme vient de le révéler une enquête récente de la MGEN, de nombreux enseignants sont de plus en plus en souffrance face à la dégradation de leurs conditions de travail. La suppression de la carte scolaire a entraîné comme il fallait s’y attendre une ghettoïsation de certains collèges ( rapport de la Cour des Comptes) – ceux qui ont salué, avec beaucoup d’hypocrisie,  la mémoire de Philippe Séguin , feraient bien de s’en inspirer.

Oui je ferai grève pour ces jeunes étudiants qui se destinent à l’enseignement, qui ont une haute idée du métier qui les attend pour qu’ils puissent exercer celui-ci dans les meilleures conditions.

Un rayon de soleil tout de même à la lecture du Monde en date du 16 janvier : en titre sur la première page : «  Un milliard d’euros de bonus pour les traders parisiens »,  ah ! ça va tout de suite beaucoup mieux, je peux perdre ma journée de salaire en toute sérénité.

Au fait, le lecteur du Figaro croisé au café de l’Albinque , qu’est ce qu’il pense du milliard d’euros de bonus pour le trader parisien  alors qu’également, mes amies infirmières sont écrasées chaque jour un peu plus par des charges de travail insupportables.

Pour information, je découvre ce texte sur le site du Parti de Gauche et je vous le fais connaître :

 

Quand Châtel organise la pénurie à l’Ecole Publique …mais pas dans le privé.

La méthode devrait être éculée mais elle est pour autant toujours à l’œuvre chez les libéraux : créer le manque dans le secteur public et le parer ce faisant de tous les maux pour mieux valoriser le privé dans une « saine concurrence libre et non faussée ». Le gouvernement reprend une fois encore à son compte la méthode dans l’éducation.
Alors même que le projet de loi de finances prévoit la suppression de 16 000 emplois à la rentrée 2010, le ministère de l’éducation nationale annonce une nouvelle diminution du nombre de postes au concours du CAPES externe avec uniquement 5006 places ouvertes, soit un rapport de moins de 1 à 3 en regard des suppressions.

Mais ce n’est décidément pas le temps des vaches maigres pour tout le monde car dans le même temps, le nombre de places à pourvoir au CAFEP-CAPES (le CAPES pour l’enseignement privé) va lui doubler, en passant de 569 en 2009 à 1260 en 2010.

On se souvient qu’il y a quelques semaines le Ministre Luc Châtel annonçait sa volonté de mettre fin à l’histoire-géographie en terminale scientifique et de la ramener plus généralement à sa portion congrue au sein du lycée. Sans doute craignait-il que les enseignants du public ne contribuent à former des citoyens à même de penser par eux-mêmes et prendre toute leur place dans le débat public car le déséquilibre entre public et privé est cette année particulièrement marqué dans cette matière. Quand les postes ouverts en histoire et géographie seront multipliés par 2,4 dans le privé, passant ainsi de 75 à 182, ils resteront stables dans le public.

Les chiffres se suffisent à eux-mêmes pour démontrer comment ce gouvernement cherche à mettre en concurrence les services publics et à ouvrir aux marchands des pans entiers de notre système éducatif. Pour une Ecole qui réponde aux exigences de l’intérêt général et qui permette l’émancipation individuelle et collective du grand nombre, il est temps de réserver les fonds publics à l’enseignement public. Sortir du tout marchand et prioriser le public : voilà le message clair que portera le Parti de gauche lors des régionales de mars prochain.

 

 

Haïti : l’urgence et l’avenir

SOLIDARITE HAITI

 

Hier et aujourd’hui, avant de commencer mes cours, je fais une rapide revue de presse à travers 3 journaux pour présenter la situation dramatique et effroyable qui règne en ce moment à Haïti. Pour la plupart, les élèves ont vu les terribles images à la télévision mais passé le moment d’émotion voire de douleur, face au choc des habitants morts sous les gravats, de l’importance et de la nécessité de l’aide internationale notamment celui de la France, les questions apparaissent sur l’histoire et la situation économique de ce petit pays.

Cela me permet d’évoquer rapidement «  deux siècles de malheurs », bien davantage en fait, une longue suite de drames et de tragédies, un enfer à ciel ouvert, ( à la veille de la Révolution française, 30 000 colons blancs règnent sur 500 000 esclaves noirs…Toussaint Louverture, etc…).

Je les perçois sensibilisés et intéressés, ils regarderont à nouveau les images télévisuelles en étant sans doute plus concernés.

 Certains se souvenaient des dernières émeutes de la faim, où l’on pouvait apercevoir des femmes fabriquant des «  galettes de boue » . Une évidence s’impose : ce pays sera-t-il toujours condamné à l’extrême pauvreté à quelques encâblures des Etats-Unis ?

En septembre 2008, à la tribune  de l’A G des  Le Président haïtien René Préval déclarait : «  Une fois épuisée la première vague de compassion humanitaire, nous serons comme toujours complètement seuls pour affronter de nouvelles catastrophes » . Cette année là Haïti venait d’être frappée par 4 ouragans dévastateurs tuant des centaines de personnes et ruinant 60 % des récoltes

A peine 5 % des 108 millions de dollars promis par les gouvernements étrangers ont été versés.

Nous le savons :  Haïti figure parmi les nations les plus pauvres de la planète et 80 % des Haïtiens survivent avec moins de deux dollars par jour .

Il faut une telle catastrophe aujourd’hui pour que cette réalité inadmissible réapparaisse au grand jour : constructions trop fragiles, bidonvilles dépourvus de voies d’accès, absence d’infrastructures publiques, etc…

Pendant ce temps, des sommes colossales dans le surarmement et les guerres ou pour sauver les grands banquiers de ce monde ( il n’est qu’à constater en ce moment-même l’importance des bonus distribués aux traders) sont dilapidées.

 

La France a une responsabilité particulière, elle qui a soutenu pendant trois décennies une terrible dictature, celle de François Duvallier et de ses «  tontons macoutes »

 C’est dés maintenant qu’il faut penser à la  reconstruction d’Haïti et à son développement et c’est sans délai qu’il faut mettre fin aux directives de la Banque mondiale. Pour se redresser, ce pays a besoin d’un Etat, de services publics…

 «  En Haïti, nous ne sommes pas pauvres mais appauvris. Nuance. Il faut aider notre île, bien sûr, les grands pays nous doivent bien ça, notamment la France. Si aujourd’hui, nous sommes dans la misère, c’est en partie à cause d’eux » déclare un habitant de Port au Prince.

Une fois l’émotion passée, une fois les caméras parties, tout deviendra-t-il donc comme avant ? Ce n’est pas possible. Haïti doit rester présent, nous en prenons l’engagement.

C’est bien la reconstruction de l’île dans tous ses secteurs qu’il faut envisager.

Le hasard veut que depuis quelques semaines, Haïti fait partie de ma famille. J’ai eu l’occasion de découvrir des personnes chaleureuses et enthousiastes. Je pense fortement à elles, à leurs familles dont beaucoup n’ont pas de nouvelles des leurs , nous n’avons pas le droit de les abandonner aujourd’hui et demain.

 Une nouvelle fois, le Secours Populaire Français organise la solidarité. Son président Julien Lauprêtre  déclare que son association est présente à Haïti depuis 1980 et mène différents projets de solidarité : soutien aux enfants, reconstruction d’écoles, achat de semences, réhabilitation du cheptel, remise en état de l’irrigation, etc…une aide qui s’est concrétisée auprès de 700 familles.

 

A Castres, on peut envoyer ses dons au Secours Populaire de notre ville :

« Haïti Urgence », 5 rue Ferdinand Buisson à Castres ( 05 63 35 96 32 )

 

Pour que vive LO BOLEGASON

Notez le dés maintenant :  les  5 conseillers municipaux du groupe :

« la Gauche Rassemblée pour un réel changement »

et l’association « Castres A Gauche Vraiment »

vous invitent à l’occasion des vœux et pour partager la galette républicaine

le LUNDI 18 JANVIER , Maison des Associations et des Syndicats

à partir de 18 h.

Lundi 4 janvier ( rentrée scolaire), comme annoncé dans mon article paru sur ce blog  en date du 21 décembre  : «  Coup de tonnerre au Bolegason », je demande un rendez vous au Maire via son cabinet. Réponse rapide : je serai reçu le lendemain à 16h. Merci qui ? Merci Mr Le Maire.

Face à l’émotion soulevée par le non renouvellement du contrat du directeur , je désire entendre clairement quelles sont les raisons de cette décision pour le moins brutale et incompréhensible.

 

P.Bugis m’explique qu’il n’a rien à reprocher quant à la qualité de la programmation du Centre Culturel Musical et Multimédia, bien au contraire, il pense même qu’il sera difficile de retrouver un tel professionnalisme et une telle diversité d’activités.

 

Il insiste sur les mauvaises relations entretenues entre Marc Tison et la nouvelle présidente au conseil d’administration, sans doute aussi des rapports tendus avec le directeur général des services. Il met en cause une volonté d’indépendance du Centre qu’il distingue de l’autonomie nécessaire. Il insiste sur les demandes répétées d’augmentation du budget de fonctionnement formulé par le directeur. Il précise alors qu’il vaut mieux ne pas renouveler un contrat déjà vieux de 10 ans, temps considéré parait il comme long dans ce secteur d’activité. Il laisse enfin penser qu’il a pu exister des rapports parfois tendus avec certains «  groupes de répétition ». Il vaut donc mieux ne pas renouveler le contrat aujourd’hui que d’aller vers une éventuelle crise dans un ou deux ans.

Le Maire affirme que les missions du Bolegason restent et resteront inchangées tant pour la programmation, les publics ciblés, etc…

L’entretien eut le mérite d’une certaine ( croyons le) franchise, je suis très loin de partager la plupart des arguments avancés. Il est indéniable que le Centre fut depuis 10 ans géré d’une manière très professionnelle répondant ainsi à la définition précise de ses missions définies en son temps par notamment le ministère de la Culture.

 

Où se situe donc le curseur entre indépendance et autonomie ?

 A l’exemple d’une scène culturelle, d’un théâtre, le « politique » n’a pas à intervenir. Il peut juste rappeler ce que doivent être les missions d’un service public de la culture ( élargissement des publics, etc…) ce que faisait d’ailleurs très bien Marc Tison, en relation avec des établissements scolaires, l’école de musique, etc…

Se battre pour obtenir un budget plus important est la règle du jeu, d’autant plus que la somme versée par la Communauté d’agglomération a été revue à la baisse avec pour conséquence le non fonctionnement de l’espace multimédia et une certaine limitation de sa programmation.

Ces dernières années, il a fallu beaucoup de pugnacité vis à vis de la Communauté d’agglomération pour que le budget ne baisse pas encore.

 

Il est pour le moins curieux que la nouvelle vice- présidente du Conseil d’administration soit la déléguée au service de la collecte des déchets et du tri sélectif ( tout un programme !). Le tri sélectif s’appliquerait-il aussi à la Culture ?

Ce n’est pas lui faire offense mais force est de constater qu’il serait plus judicieux d’avoir à la tête du Bolegason une élue ou un élu en phase avec le secteur culturel. Cela lui permettrait plus facilement de comprendre les attentes et les besoins d’un responsable culturel.

Qu’en pense donc la maire-adjointe déléguée à la Culture de Castres ? bien silencieuse sur ce dossier.

Il faut souligner que pendant 10 ans, il n’y eut aucun incident à l’intérieur et à l’extérieur du Bolegason alors que la Droite avait promis, quand je présentais le dossier, l’apocalypse : attroupements de jeunes, bagarres, nuisances diverses, etc…

Rajoutons que lo Bolegason est donné en exemple dans toute la région et bien au-delà.

 

La Droite entre 1996 et 2001 a tout fait pour critiquer le projet. Je ne peux m’empêcher de citer ce que disait alors au Conseil municipal , le 8 juillet 1996 le conseiller municipal Front National : « La délibération portant le titre de Projet de lieu de pratiques musicales actuelles, je trouve que la somme pour cette étude est relativement importante pour un domaine pour lequel les médecins sont de plus en plus critiques, et les « psy » de tous ordres émettent des avis très inquiets alors sans aller au delà je voterai contre ».

Ce que disait tout haut alors le Front National était partagé par une partie de la Droite qui ne peut concevoir que la jeunesse puisse avoir des lieux de qualité pour la Culture.

 

J’espère qu’après des années où Lo Bolegason a su montrer son savoir-faire, qu’il n’y aura pas une régression concernant les pratiques culturelles .

A toutes celles et ceux qui fréquentent Lo Bolegason, à tous les groupes musicaux qui utilisent les studios de répétition de savoir se rassembler et faire preuve d’une grande  vigilance.

Il en va de l’avenir de la Culture dans notre ville bien affaiblie depuis des années.

J’apporte tout mon soutien et ma sympathie à Marc Tison pour l’ensemble du travail accompli.

Pour éviter de faux procès et agir en toute transparence, il suffit que le Maire associe des membres de l’Opposition aux travaux du conseil d’administration. Chiche !