« On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici ! »
Publié dans i) Coups de projecteur (79), le 25/02/2010 à 22:45, par Philippe GuerineauUn grand écran pour sortir de l’ombre
De Jacques Audiard à Isabelle Adjani en passant par Arnaud Desplechin, Mathieu Amalric, Laurent Cantet, etc… plus de 350 personnalités du cinéma signent un « film-manifeste » pour la régularisation des travailleurs sans papiers. Leur objectif : rendre visible cette lutte qui dure maintenant depuis 4 mois.
Film politique , court et efficace. En 3 minutes et 30 secondes « On bosse ici !On vit ici ! On reste ici ! » dresse le portrait d’une lutte oubliée : celle des 6 000 travailleurs et travailleuses en grève depuis le 12 octobre 2009 pour obtenir une circulaire de régularisation.
Face au silence du gouvernement et de la majorité des médias, un collectif de cinéastes a vu le jour. Le court métrage qui sortira le 10 mars dans plus de 500 salles en France est déjà disponible sur Internet. Devant la caméra, les grévistes racontent la réalité d’un système hypocrite : l’un a rénové l’Assemblée Nationale, un autre la Tour Axa de la Défense, celle-ci couturière, travaille pour « Etam, Naf-Naf, Camaïeu… » Pas un secteur de l’économie française qui ne sorte indemne de cette litanie des entreprises embauchant des travailleurs sans papiers et en connaissance de cause.
250 d ‘entre eux salariés du bâtiment occupent jour et nuit des locaux rue du Regard à Paris. Un appel avait alors été lancé début février par le collectif des cinéastes : « Nous les prenons sous notre protection ». Le film présenté lundi 22 février à la Cinémathèque française marque le point de départ d’une mobilisation qui se veut plus large à quelques jours des élections régionales ( et de la cérémonie des Césars ?).
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Laurent Cantet « Les travailleurs sans-papiers sont à l’avant-poste du combat social »
Palme d’or à Cannes, en 2008, pour Entre les murs, le réalisateur Laurent Cantet mène la fronde des cinéastes contre le sort réservé aux travailleurs sans papiers.
Comment est née l’initiative des cinéastes ?
Laurent Cantet. Cela s’est fait sur un élan. Nous étions sur le piquet de grève de la rue du Regard, qui risquait d’être évacué par la police. On s’est retrouvé, à une dizaine ; très vite l’idée d’un film s’est imposée. La réponse des cinéastes, des comédiens, mais aussi de l’industrie du cinéma (labos, auditoriums…) a été immédiatement favorable. Nous pouvions dès lors relever le défi de faire ce film le plus vite possible, pour le montrer et susciter le débat avant les élections régionales.
Quel message souhaitiez-vous transmettre ?
Laurent Cantet. L’idée était de donner la parole à des gens qui avaient un peu l’impression d’être oubliés. Il s’agissait aussi de lever le voile sur des situations pas toujours bien connues. Ainsi, dans le film, on apprend que ces sans-papiers sont totalement intégrés dans le tissu économique français. Ce ne sont pas juste des travailleurs au noir qui font des petits boulots. De grosses entreprises comme Bouygues ou Veolia, beaucoup de sociétés d’intérim ne vivent que parce qu’ils acceptent de travailler pour elles. C’est ce que dit l’un d’eux dans le film : « Si tu viens avec des papiers, le patron ne veut pas de toi, si tu n’en as pas, il te prend tout de suite et te paye ce qu’il veut. » C’est de l’exploitation ! D’autant que ces travailleurs payent des impôts, sans en avoir aucun retour. Il s’agit de dénoncer l’hypocrisie terrible d’un système, qui renvoie chaque année 29 000 personnes et en même temps en régularise un peu, juste ce qu’il faut pour que la machine économique continue de tourner.
Comment expliquez-vous le silence médiatique qui entoure parfois cette lutte et, au contraire, l’intérêt très fort des cinéastes, des documentaristes… ?
Laurent Cantet. Pour les cinéastes, il s’agit d’une fidélité à un combat ancien. Et puis, on parle aussi de situations humaines absolument terribles. Quand Mme Fengun Yang raconte que, si elle avait des papiers, elle pourrait rentrer chez elle et voir sa fille qu’elle n’a pas vue depuis six ans, on ne peut qu’être touché. Enfin, je pense que ce mouvement révèle quelque chose de plus large, qui a à voir avec la précarité. Si tant de personnes dans l’opinion soutiennent cette lutte, c’est aussi parce que la précarité de ces travailleurs les renvoie à leur propre précarité. Au fond, les sans-papiers sont à l’avant-poste d’un combat social dans lequel d’autres sont peut-être prêts à s’engager.
Entretien réalisé par Alexandre Fache ( L’Humanité du 24 février)
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Manifeste du collectif des cinéastes pour les « sans-papiers »:
« On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici ! »
Un travailleur sans papiers et un travailleur avec carte de séjour, c’est quoi la différence ? Pas visible à l’œil nu, pas visible même avec une caméra. Et pourtant, ils sont là. Ils travaillent, ils construisent nos immeubles, réparent nos rues, posent les rails de nos tramways. Ils nettoient nos bureaux, font le ménage dans nos appartements, s’occupent de nos malades et des plus vieux d’entre nous. Ils lavent la vaisselle et les cuisines de nos restaurants, s’occupent de la sécurité de nos grands magasins, sont la main d’œuvre secrète de nos agences d’intérim… Avec ou sans papiers, leurs tâches sont les mêmes.
Avec ou sans papiers, les obligations des uns et des autres sont aussi les mêmes : ils payent les cotisations sociales, l’assurance-chômage, la sécurité sociale, les impôts… Comme tout le monde.
Alors, quelle est la différence ?
La différence, c’est qu’un « sans-papiers » au chômage ne touchera pas d’allocation. La différence, c’est qu’un « sans-papiers » cotisera pour la retraite mais n’en touchera jamais un centime…
Les mêmes devoirs, mais pas les mêmes droits. Et cela parce qu’il lui manque un papier, un seul : la carte de séjour.
On peut fabriquer une voiture en Roumanie pour la vendre en France, on ne peut pas délocaliser les métiers du bâtiment ou les services à la personne. Alors on délocalise sur place, on emploie des « sans-papiers ».
Un « sans-papiers », c’est d’abord un travailleur sans droits !
Un travailleur qui vit dans la peur d’être expulsé, et qui s’il est licencié, n’a aucun recours mais une seule perspective : la reconduite à la frontière. Cette injustice est insupportable pour qui attache de la valeur à la devise de la République inscrite sur les frontons de nos écoles.
C’est pour cela que nous avons décidé de nous mobiliser aux côtés de ces travailleurs, comme nous l’avions fait pour les enfants de « sans-papiers » avec le film « Laissez-les grandir ici ! ».
C’est avec nos regards de cinéastes que nous voulons à nouveau marquer notre solidarité.
« On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici ! » proclament les travailleurs sans papiers en grève. L’égalité des droits est l’exigence de tous.
Régularisation de tous les travailleurs sans papiers, c’est ce que nous exigeons avec eux.
Source : http://www.collectifdescineastespourlessanspa…
is sans attendre, il faut lire le livre magnifique de Florence Aubenas : « Quai de Ouistreham » (éd. de l’Olivier). On ne présente plus Forence Aubenas, chacun se souvient de ses reportages pour Libération aussi bien sur le Rwanda que sur Outreau. Personne n’a oublié qu’elle fut retenue en otage près de 5 mois à Bagdad.
A l’occasion de la présentation de sa liste : « Castres bouge, continuons » dans La Dépêche du Midi ( 22 février 2008), le Maire de Castres déclarait : « Je veux m’entourer de non-professionnels de la politique ( ?) pour avoir une approche non partisane. » Il ajoutait : « D’ailleurs, seule une minorité de colistiers est encartée politiquement ( 7 UMP et 1 MPF) » . Si les sigles apparaissaient alors derrière les noms de certains candidats, ils disparaîtront assez vite des tracts, brochures, professions de foi, bulletins de vote. Même stratégie qu’en 2001 : « Nous refusons une vision politicienne de la vie locale, je suis au delà des partis, (…) contre une vision sectaire, partisane. » Qu’en est-il en réalité ?
Résumons : au Conseil municipal, siègent le secrétaire départemental du MPF, la secrétaire départementale adjointe du MPF ( conseillère municipale en charge de la mission locale pour l’emploi), un conseiller municipal blogueur délégué aux anciens combattants et relations avec le 8ème RPIMA ( tout un programme !) et un jeune néophyte cité plus haut. En deux ans, passer officiellement de 1 à 4, sacrée progression ! ou plutôt c’est l’hypothèse à retenir, le Maire connaissait pertinemment les affinités politiques des uns et des autres. Il y a donc pour le moins « tromperie sur la marchandise »
Je ne peux m’empêcher de penser qu’il est étonnant de ne pas avoir été joint par cette radio depuis des mois sur des dossiers importants concernant la ville de Castres . A croire qu’il est plus facile pour un journaliste national de me joindre – hier le site Médiapart, aujourd’hui l’hebdomadaire l’Express – qu’à un journaliste local .
- « Nous vivons dans une société qui se fragmente, où le chacun pour soi remplace l’envie de vivre ensemble . »
30 octobre, j’intitulai mon article : 