Archives de février 2010

« On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici ! »

Un grand écran pour sortir de l’ombre

 

De Jacques  Audiard à Isabelle Adjani en passant par Arnaud Desplechin, Mathieu Amalric, Laurent Cantet, etc… plus de 350 personnalités du cinéma signent un «  film-manifeste » pour la régularisation des travailleurs sans papiers. Leur  objectif : rendre visible cette lutte qui dure maintenant depuis 4 mois.

Film politique , court et efficace. En 3 minutes et 30 secondes «  On bosse ici !On vit ici ! On reste ici ! » dresse le portrait d’une lutte oubliée : celle des 6 000 travailleurs et travailleuses en grève depuis le 12 octobre 2009 pour obtenir une circulaire de régularisation.

Face au silence du gouvernement et de la majorité des médias, un collectif de cinéastes a vu le jour. Le court métrage qui sortira le 10 mars dans plus de 500 salles en France est déjà disponible sur Internet. Devant la caméra, les grévistes racontent la réalité d’un système hypocrite : l’un a rénové l’Assemblée Nationale, un autre la Tour Axa de la Défense, celle-ci couturière, travaille pour «  Etam, Naf-Naf, Camaïeu… » Pas un secteur de l’économie française qui ne sorte indemne de cette litanie des entreprises embauchant des travailleurs sans papiers et en connaissance de cause.

250 d ‘entre eux salariés du bâtiment occupent jour et nuit des locaux rue du Regard à Paris. Un appel avait alors été lancé début février par le collectif des cinéastes : «  Nous les prenons sous notre protection ». Le film présenté lundi 22 février à la Cinémathèque française  marque le point de départ d’une mobilisation qui se veut plus large à quelques jours des élections régionales ( et de la cérémonie des Césars ?).

 

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Laurent Cantet « Les travailleurs sans-papiers sont à l’avant-poste du combat social »

Palme d’or à Cannes, en 2008, pour Entre les murs, le réalisateur Laurent Cantet mène la fronde des cinéastes contre le sort réservé aux travailleurs sans papiers.

Comment est née l’initiative des cinéastes ?

Laurent Cantet. Cela s’est fait sur un élan. Nous étions sur le piquet de grève de la rue du Regard, qui risquait d’être évacué par la police. On s’est retrouvé, à une dizaine ; très vite l’idée d’un film s’est imposée. La réponse des cinéastes, des comédiens, mais aussi de l’industrie du cinéma (labos, auditoriums…) a été immédiatement favorable. Nous pouvions dès lors relever le défi de faire ce film le plus vite possible, pour le montrer et susciter le débat avant les élections régionales.

Quel message souhaitiez-vous transmettre ?

Laurent Cantet. L’idée était de donner la parole à des gens qui avaient un peu l’impression d’être oubliés. Il s’agissait aussi de lever le voile sur des situations pas toujours bien connues. Ainsi, dans le film, on apprend que ces sans-papiers sont totalement intégrés dans le tissu économique français. Ce ne sont pas juste des travailleurs au noir qui font des petits boulots. De grosses entreprises comme Bouygues ou Veolia, beaucoup de sociétés d’intérim ne vivent que parce qu’ils acceptent de travailler pour elles. C’est ce que dit l’un d’eux dans le film  : « Si tu viens avec des papiers, le patron ne veut pas de toi, si tu n’en as pas, il te prend tout de suite et te paye ce qu’il veut. » C’est de l’exploitation  ! D’autant que ces travailleurs payent des impôts, sans en avoir aucun retour. Il s’agit de dénoncer l’hypocrisie terrible d’un système, qui renvoie chaque année 29 000 personnes et en même temps en régularise un peu, juste ce qu’il faut pour que la machine économique continue de tourner.

Comment expliquez-vous le silence médiatique qui entoure parfois cette lutte et, au contraire, l’intérêt très fort des cinéastes, des documentaristes… ?

Laurent Cantet. Pour les cinéastes, il s’agit d’une fidélité à un combat ancien. Et puis, on parle aussi de situations humaines absolument terribles. Quand Mme Fengun Yang raconte que, si elle avait des papiers, elle pourrait rentrer chez elle et voir sa fille qu’elle n’a pas vue depuis six ans, on ne peut qu’être touché. Enfin, je pense que ce mouvement révèle quelque chose de plus large, qui a à voir avec la précarité. Si tant de personnes dans l’opinion soutiennent cette lutte, c’est aussi parce que la précarité de ces travailleurs les renvoie à leur propre précarité. Au fond, les sans-papiers sont à l’avant-poste d’un combat social dans lequel d’autres sont peut-être prêts à s’engager.

Entretien réalisé par Alexandre Fache ( L’Humanité du 24 février)

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Manifeste du collectif des cinéastes pour les « sans-papiers »:

« On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici ! »

Un travailleur sans papiers et un travailleur avec carte de séjour, c’est quoi la différence ? Pas visible à l’œil nu, pas visible même avec une caméra. Et pourtant, ils sont là. Ils travaillent, ils construisent nos immeubles, réparent nos rues, posent les rails de nos tramways. Ils nettoient nos bureaux, font le ménage dans nos appartements, s’occupent de nos malades et des plus vieux d’entre nous. Ils lavent la vaisselle et les cuisines de nos restaurants, s’occupent de la sécurité de nos grands magasins, sont la main d’œuvre secrète de nos agences d’intérim… Avec ou sans papiers, leurs tâches sont les mêmes.

Avec ou sans papiers, les obligations des uns et des autres sont aussi les mêmes : ils payent les cotisations sociales, l’assurance-chômage, la sécurité sociale, les impôts… Comme tout le monde.

Alors, quelle est la différence ?

La différence, c’est qu’un « sans-papiers » au chômage ne touchera pas d’allocation. La différence, c’est qu’un « sans-papiers » cotisera pour la retraite mais n’en touchera jamais un centime…

Les mêmes devoirs, mais pas les mêmes droits. Et cela parce qu’il lui manque un papier, un seul : la carte de séjour.

On peut fabriquer une voiture en Roumanie pour la vendre en France, on ne peut pas délocaliser les métiers du bâtiment ou les services à la personne. Alors on délocalise sur place, on emploie des « sans-papiers ».

Un « sans-papiers », c’est d’abord un travailleur sans droits !

Un travailleur qui vit dans la peur d’être expulsé, et qui s’il est licencié, n’a aucun recours mais une seule perspective : la reconduite à la frontière. Cette injustice est insupportable pour qui attache de la valeur à la devise de la République inscrite sur les frontons de nos écoles.

C’est pour cela que nous avons décidé de nous mobiliser aux côtés de ces travailleurs, comme nous l’avions fait pour les enfants de « sans-papiers » avec le film « Laissez-les grandir ici ! ».

C’est avec nos regards de cinéastes que nous voulons à nouveau marquer notre solidarité.

« On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici ! » proclament les travailleurs sans papiers en grève. L’égalité des droits est l’exigence de tous.

Régularisation de tous les travailleurs sans papiers, c’est ce que nous exigeons avec eux.

 

Source : http://www.collectifdescineastespourlessanspa…

 

Merci Florence Aubenas

La précarité au jour le jour

 

Il faudra que je vous parle un jour d’un très beau livre que j’ai pu finir pendant les vacances. Il s’agit de «  Retour à Reims » de Dider Eribon . Après la mort de son père, l’auteur retourne à Reims sa ville natale et retrouve son milieu d’origine avec lequel il avait plus ou moins rompu 30 ans auparavant. Il décide alors de se plonger dans son passé et de retracer l’histoire de sa famille. Il évoque le monde ouvrier de son enfance, restituant son ascension sociale et surtout il  met à chaque étape de ce récit très intime et bouleversant  les éléments d’une réflexion sur les classes sociales , le système scolaire, la politique , le vote, la démocratie…

Autre livre que je vous conseille,  qui se lit plus rapidement : «  L’ombre de ce que nous avons été » de Luis Sepulveda . Beaucoup d’humour pour nous faire découvrir le retour d’exil 35 ans après le coup d’Etat de Pinochet de 3 anciens militants de Gauche.

 

Mais sans attendre, il faut  lire le livre magnifique de Florence Aubenas : «  Quai de Ouistreham » (éd. de l’Olivier). On ne présente plus Forence Aubenas, chacun se souvient de ses reportages pour Libération aussi bien sur le Rwanda que sur Outreau. Personne n’a oublié qu’elle fut retenue en otage près de 5 mois à Bagdad.

Aujourd’hui, journaliste au Nouvel Observateur, la journaliste a décidé de prendre un congé sabbatique pour s’immerger totalement dans la réalité sociale des plus démunis. Pour cela, elle est devenue travailleuse précaire à Caen prête à accepter les boulots les plus durs. Inscrite au chômage,  agences d’intérim,  pôle emploi, le monde invisible des CDD, elle sera agent de nettoyage notamment à bord du ferry pour l’Angleterre à Ouistreham à récurer les cabines et les toilettes pour quelques heures.

D’autres boulots suivront, elle ne gagnera jamais plus de 700 € par mois. On partage avec Florence Aubenas la fatigue nerveuse, les horaires qui n’en finissent pas, les déplacements incessants d’un travail à un autre, surtout ne jamais se faire remarquer et a fortiori revendiquer, mais il y a aussi des moments de bonheur et de grande solidarité. Comme le dit l’auteur, une prime de licenciement de 200 € fait figure de parachute doré et un CDI de 5h30 à 8h le matin d’événement exceptionnel.

Dans une longue interview à l’hebdomadaire les Inrockuptibles ( du 17 au 23 février), Florence Aubenas revient longuement sur son expérience, la vie de toutes les femmes qu’elle a rencontrées mais aussi sur ce qu’est la presse aujourd’hui.

 

A Castres, la municipalité fait appel à de nombreuses entreprises privées de nettoyage suite à la privatisation de services municipaux. Nul ne sait quelles sont les conditions de vie et de travail , salaires, horaires décalés des femmes car il s’agit surtout de femmes qui interviennent chaque jour dans de nombreux bâtiments scolaires, culturels, sportifs.. .

 

A Castres, il y a à nos côtés sans que nous les voyons de nombreuses Victoria, Marilou, Marguerite, Mauricette , pas ou peu de syndicats dans ce secteur pour faire entendre leur voix ( 0,8 % de taux de syndicalisation, l’un des plus bas de France) .

-         A savoir, il existe dans le secteur du nettoyage 17 000 entreprises dont 12 000 de moins de 10 salariés. Beaucoup ne respectent pas les conventions collectives.

-         A savoir : en 2000, les CDD représentaient 71% des intentions d’embauche dont 39 % pour des contrats de moins d’un mois.En 2009, les CDD ont grimpé à 95 % des intentions d’embauche, quant aux CDD de moins d’un mois le chiffre a bondi à 63 %

-         A savoir 80 % des temps partiels contraints sont des femmes, 80 % des salariés gagnant moins que le Smic sont des femmes, 80 % des smicards sont des femmes.

 

 Aujourd’hui ce sont massivement les femmes qui travaillent moins pour gagner moins, le temps partiel devenant un mode de gestion des entreprises.

Florence Aubenas fait apparaître au grand jour cette «  France invisible », un jour peut-être un travail sera fait pour nous faire découvrir ce «  Castres invisible ».

 

Et 1, et 2 et 3 MPF…

«  Pour vivre heureux, vivons cachés »

 

Petit retour en arrière, élections municipales 2008 :

A l’occasion de la présentation de sa liste : «  Castres bouge, continuons » dans La Dépêche du Midi ( 22 février 2008), le Maire de Castres déclarait : «  Je veux m’entourer de non-professionnels de la politique ( ?) pour avoir une approche non partisane. » Il ajoutait : «  D’ailleurs, seule une minorité de colistiers est encartée politiquement ( 7 UMP et 1 MPF) » . Si les sigles  apparaissaient alors derrière les noms de certains candidats, ils disparaîtront assez vite des tracts, brochures, professions de foi, bulletins de vote. Même stratégie qu’en 2001 : «  Nous refusons une vision politicienne de la vie locale, je suis au delà des partis, (…) contre une vision sectaire, partisane. » Qu’en est-il en réalité ?

Il y a sans doute beaucoup plus de 7 adhérents à l’UMP ( Sont-ils à ce point timides ? Ont-ils honte de ce parti ? ). Non mais il faut que le conte pour enfants continue…d’ailleurs P.Bugis n’est-il pas UMP les jours pairs et en dehors de toute attache partisane les jours impairs ?

Plus curieux, nous savons aujourd’hui qu’il n’y a pas qu’un seul élu se revendiquant du MPF mais au moins 3 sinon 4 , peut-être davantage.

Dans ce blog je faisais état le 21 mai 2009, il y a donc 9 mois, d’un conseiller municipal très proche sympathisant du MPF de P.de Villiers (expression employée sur le site  du MPF 81). De plus je faisais état d’un autre élu. Je ne comptais pas alors un jeune conseiller municipal ( que l’on dit spécialiste de la vidéo surveillance ) qui distribuait sur le marché Jean Jaurès des tracts du MPF ( sans doute à l’insu de son plein gré).

Résumons : au Conseil municipal, siègent le secrétaire départemental du MPF, la secrétaire départementale adjointe du MPF ( conseillère municipale en charge de la mission locale pour l’emploi), un conseiller municipal blogueur délégué aux anciens combattants et relations avec le 8ème RPIMA ( tout un programme !) et un jeune néophyte cité plus haut. En deux ans, passer officiellement de 1 à 4, sacrée progression ! ou plutôt c’est l’hypothèse à retenir, le Maire connaissait pertinemment les affinités politiques des uns et des autres. Il y a donc pour le moins «  tromperie sur la marchandise »

Sur la route des vacances, entre Lourdes et Argelès Gazost, le 15 février,  coup de téléphone d’un journaliste de 100 % qui m’informe qu’un élu socialiste a interpellé la radio au sujet du contenu du blog d’un conseiller municipal ( si vous avez suivi, c’est celui que je qualifiais il y a 9 mois de très proche sympathisant du MPF) .

 Dans son blog ce dernier évoque la question de l’IVG et dénonce « les abus et les dérives  de la loi Veil ». Le journaliste me demande si je veux réagir , je lui réponds qu’ un article d’Antidote paru le 8 février  indiquait textuellement :

 « Ce qui est sûr par contre et cela aurait dû attirer l’attention des deux élus socialistes, c’est qu’ il y a au moins trois conseillers municipaux qui se revendiquent ouvertement du MPF de Philippe de Villiers et qui n’hésitent pas à répandre une idéologie assez nauséabonde par exemple contre la loi de Simone Veil. »

Je vois avec satisfaction qu’ une semaine plus tard  mon conseil a  été suivi et  décline l’offre qui m’est faite.

Je ne peux m’empêcher de penser qu’il est étonnant de ne pas avoir été joint par cette radio depuis des mois sur des dossiers importants concernant la ville de Castres . A croire qu’il est plus facile pour un journaliste national de me joindre – hier le site Médiapart, aujourd’hui l’hebdomadaire l’Express – qu’à un journaliste local .

Le conseiller municipal blogueur ( dont le blog est depuis mis hors ligne ) reprenait pratiquement mot pour mot la position de son parti  à savoir : «  Le MPF est pour la promotion des alternatives à l’avortement ( aide aux mères en détresse) sans remettre en cause le droit à l’avortement ». Certains des représentants ont été présents aux « Marches pour la vie » – donc contre la loi Veil ( note du blogueur )  - organisées à Paris en 2008 et 2009.

Chacun sait que même si ce parti a rejoint la majorité présidentielle, son idéologie est jugée par certains, proche de l’extrême-droite.

Il faut rajouter que le 21 novembre,  à Castres se sont rassemblés (  pour le 15ème  anniversaire de la création du MPF), 200 militants et sympathisants villièristes venus de toute la région Midi-Pyrénées.

 Force est de constater qu’il existe dans notre ville un courant important du «  catholicisme intégriste »  ( traces de Bernard Antony alias Romain Marie) qui a ses réseaux jusqu’au cœur de la municipalité et pas seulement là d’ailleurs…

A toute la Gauche de savoir, non par des attaques générales et peu crédibles mais par des propos argumentés, faire connaître et dénoncer des agissements qui peuvent mettre en question la démocratie locale. Le «  moine-soldat » ( 1)intégriste a dit tout haut ( programme du MPF ) ce que d’autres pensent tout bas, en cela il remettait en question la stratégie de P.Bugis : «  Pas d’idéologie, je suis un prag-ma-ti-que ».

 (1) Il est bien évident que notre conseiller municipal blogueur doit pouvoir s’exprimer et réouvrir son blog le plus vite possible. Bonne rentrée !

 

 

Qui a dit ?

Un cri d’alarme

 

-         « Nous vivons dans une société qui se fragmente, où le chacun pour soi remplace l’envie de vivre ensemble . »

-         «  Un fossé s’est creusé entre le citoyen et l’Etat »

-         «  Des exigences démocratiques nouvelles ( besoin de transparence, de dialogue) ne sont pas satisfaites »

-         «  Je ne peux que constater que l’angoisse du déclassement augmente. »

-         «  Un certain nombre de nos concitoyens , ceux qu’on ne connaît pas, que parfois on ne soupçonne pas, et qu’on peine à dénombrer, forment la France des invisibles . »

-         «  J’estime à 15 millions le nombre de personnes pour lesquels les fins de mois se jouent à 50 ou 150 € près. »

-         «  Je suis frappé par la cohabitation de deux types de sociétés . »

-         «  Nous vivons dans une société fragmentée, inquiète et sans espérance collective, politiquement, cela peut mal tourner. »

-         «  D’un côté, trop de gestion des émotions collectives, le plus souvent médiatisées, de l’autre, pas assez de construction d’une vision collective. »

-         «  La question de l’appropriation, par les citoyens, de la décision politique est devenue essentielle. » 

Ces phrases sont extraites d’un même texte , ce texte a-t-il été écrit par : les 5 élus municipaux de Castres A Gauche Vraiment ? Jean-Luc Mélenchon ? Jean-Paul Delevoye ? Olivier Besancenot ? Jeanne Jimenez, tête de liste du Front de Gauche dans le Tarn ? Martine Aubry ?

 Réponse demain.

 

 

Carayon réussit son hold-up

 

Main basse sur la démocratie

 

Le 30 octobre, j’intitulai mon article : « Le Tarn, premier prix de charcutage électoral » . J’étais loin de m’imaginer que notre département allait faire la une de l’actualité comme exemple parfait de tripatouillage électoral. Il est en effet cité dans toute la presse ( avec la Moselle , il est vrai) comme étant celui dont le redécoupage électoral bat des records d’incohérence.

Il suffit de regarder la nouvelle carte des 3 circonscriptions législatives pour être pris au choix, d’un éclat de rire incontrôlé ou d’une colère incontrôlable. Tout apparaît surréaliste : le nouveau député de la toute nouvelle 1ère circonscription sera à la fois celui d’une partie d’Albi et d’une partie de Castres ( les cantons de Droite castrais passant dans la 3ème circonscription). Quid de la réalité des Bassins d’emplois et de vie ? Quid des Communautés d’agglomération ?

C’est du grand n’importe quoi. Enfin pas pour tout le monde puisqu’il fallait sauver le siège du soldat Carayon qui se retrouve sur le papier avec une circonscription garantie béton. L’arrogant Carayon est donc réduit au rôle de petit tricheur de casino pour ramasser la mise ( cela montre la confiance qu’il peut avoir dans le bilan de son action). On comprend mal ou trop bien ce qui pousse P.Bugis à soutenir une telle arnaque.

Le 18 février, le Conseil Constitutionnel a validé le redécoupage électoral, en se contentant de considérer que la méthode de répartition utilisée dite «  de la tranche » était conforme à la Constitution. Il a aussi jugé que le nouveau découpage réduisait de manière significative les inégalités démographiques.

Par contre, il souligne :  « qu’il ne lui appartient pas de rechercher si les circonscriptions ont fait l’objet de la délimitation la plus juste possible ». Il considère : « Le caractère discutable des motifs d’intérêt général invoqué pour justifier la délimitation de plusieurs circonscription notamment dans les départements de la Moselle et du Tarn ».

En d’autres termes, le redécoupage électoral pour le Tarn est inacceptable. Sachant que le Parlement au mois d’octobre n’avait pu se prononcer sur le tracé des circonscriptions ( le gouvernement ayant choisi la voie du vote bloqué) , rappelons également que les travaux de la Commission Guéna ont été totalement rejetés, on peut donc en déduire qu’à ce jour, ni le Parlement, ni le Conseil Constitutionnel n’ont pu se prononcer sur le redécoupage lui-même.

Je suis conscient que les préoccupations de nos concitoyens sont très éloignées des futures élections législatives tant la crise économique et sociale continue à faire ses ravages mais il est important de souligner ce déni de démocratie puisque nous en sommes réduits au fait du Prince, aux petites manœuvres de ses amis de l’UMP.

A travers cette pitoyable opération, la démocratie en sort donc affaiblie.

En 2012, le dernier mot reviendra aux électrices et aux électeurs qui sauront sanctionner comme il se doit  Carayon le tricheur. Et que l’on ne vienne pas nous dire que le député n’est pas le représentant d’un territoire quand dans le même mouvement on se vante d’arroser de subventions diverses et variées les associations de sa circonscription.