Sécurité : l’échec du Maire de Castres (1)
Publié dans l) Le dessous des cartes (59), le 01/02/2010 à 21:27, par Philippe GuerineauDepuis plus de 8 ans beaucoup d’agitation pour des résultats préoccupants.
Le grand jour est arrivé pour la municipalité de Droite, au cours du Conseil municipal de ce mardi , une délibération sera présentée : « Projet de mise en place d’un système de vidéo protection » (comprendre vidéo surveillance). En bon petit soldat de l’UMP, P.Bugis applique avec zèle le programme de son parti. Ah ! le beau débat idéologique annoncé et souhaité!
D’un côté la Droite efficace pour combattre l’insécurité, de l’autre la Gauche par définition romantique, laxiste voire même…complice des délinquants. La scène est en place, les acteurs se préparent.
Je reviendrai demain sur les échecs répétés de la politique de P.Bugis dans notre ville en matière de sécurité. Cette délibération annoncée à grands coups de cymbales ne sert en réalité qu’à masquer les mauvais résultats obtenus notamment comme nous le verrons entre 2006 et 2008.
Pour étayer la nécessité d’un « programme de déploiement de cameras de vidéo surveillance », la ville en partenariat avec les services de police nationale a réalisé un « diagnostic local de sécurité » ( qui réserve bien des surprises) , en un mot qui reprend un certain nombre d’analyses effectuées par l’Opposition depuis 2001 ( à découvrir mercredi).
Partons du réel…
Que nous dit le rapport ? (à noter que dans to
ute ville respectant un minimum de démocratie locale, celui ci aurait été remis aux groupes de l’Opposition, ce n’est pas le cas, il m’aura fallu une heure vendredi et une heure ce lundi pour le consulter au secrétariat général et en recopier très rapidement quelques extraits, des erreurs ont pu donc se glisser ).
Celui-ci rappelle tout d’abord que la ville de Castres compte 2 ZUS ( Zones Urbaines Sensibles) : Aillot-Bisséous et Laden-Petit Train qui regroupent en 2008 une population de 3200 habitants. La ville compte aussi 2 autres quartiers prioritaires pour la Politique de la ville : le Centre ville et le quartier de Lameilhé.
Indicateurs de précarité ( en %) :
|
ZUS |
Commune |
ZUS département |
ZUS Région |
|
| Chômage |
34,20 |
16,90 |
29,80 |
34,70 |
| Non-diplômés |
39,60 |
23,20 |
35,90 |
33,20 |
| Moins de 25 ans |
37,00 |
29,20 |
32,50 |
37,20 |
| Etrangers |
14,00 |
4,10 |
13,40 |
17,90 |
| Familles monoparentales |
25,30 |
14,10 |
24,60 |
25,50 |
| Locatifs HLM |
54,60 |
14,90 |
59,30 |
51,70 |
| Ménages non imposés(revenus 2004) |
39,10 |
48,60 |
39,70 |
58,30 |
| CMU 2006 |
31,90 |
11,10 |
29,50 |
32,60 |

Ces indicateurs de précarité montrent qu’ils sont plus préoccupants dans les 2 ZUS de Castres que dans celles du département, de même ils sont largement plus importants que ceux constatés pour l’ensemble de la ville.
Le rapport souligne que : « Le croisement de ces différents facteurs sociaux, économiques et territoriaux s’explique par les mutations économiques, sociales et culturelles subies par notre territoire. » Il rajoute : « Tout cela peut affecter le sentiment de sécurité de la population locale » ( Tiens, tiens le Maire disait exactement le contraire à l’occasion de ses vœux à la population !)
Alors quel est le constat en terme de délinquance constatée par les services de police nationale ?Les données que vous lirez ci-après sont fournies par : « l’état 4001 » , statistiques établies par la police nationale. De nombreux spécialistes remettent en question ces chiffres comme nous l’avons vu sur le plan national mais là n’est pas mon propos.
Le rapport tient à souligner que les statistiques ne rendent pas compte du « chiffre noir » de la délinquance ( faits commis mais non rapportés). En effet, de nombreux faits ne sont pas portés à l’attention des services de police. Le rapport ajoute : « Les statistiques tendent à donner une vision minorée en n’intégrant pas plusieurs ensembles de faits pourtant intervenus ».
Analyse de la délinquance constatée :

1) Evolutions générales : Castres : augmentation de 10,3% de la délinquance constatée, 2522 faits en 2006, 2727 en 2007, 2783 en 2008 . Le Tarn : + 3 %.
Castres, c’est 13 % de la population du Tarn, mais c’est 20 % de l’ensemble des faits de délinquance générale et de délinquance de voie publique constatée. Le rapport souligne : « Castres demeure l’un des points centraux de fixation de l’insécurité objective dans le département du Tarn. »
2) Evolutions territoriales pour la délinquance générale ( de 2006 à 2008):
Aillot de 256 à 301 ( + 17 %), Laden de 249 à 296 ( + 18,9 %), Lameilhé de 245 à 272 ( + 11 %), Ecusson de 506 à 477 ( – 7,7 %), autres quartiers de 1266 à 1437 ( + 13,5 %).
Si l’Ecusson connaît une baisse, ce quartier concentre le plus de délinquance constatée.
Les policiers soulignent : « La présence policière dissuasive réalisée sur le centre ville explique la baisse mais a pour effet de déplacer la délinquance vers d’autres territoires. » ( Tiens, tiens, les autres territoires seraient-ils délaissés ?)
Si la délinquance générale connaît une augmentation de 10 %, la délinquance de voie publique a baissé de 11,4 % mais le rapport souligne que cette évolution est plus contrastée. Si chute il y a en centre ville, – 7 %, et à Aillot, – 16 %, cela est dû sans doute à la présence plus importante des forces de l’ordre mais cela ne doit pas masquer une augmentation de 20 % à Laden et 35 % à Lameilhé.
Je rappelle qu’il s’agit de chiffres comparatifs 2006/2008 , il semblerait que les chiffres annoncés pour 2009 ( sous réserve de vérification) soient en amélioration.
3) Les mis en cause : ( chiffres qui mesurent « l’amélioration de la réponse policière »)
Total ville : de 675 à 713 soit + 5,6 %, pour les mineurs de 24 à 38 soit + 8,9 %
Le rapport souligne la très grande importance des mineurs mis en cause ( 20 % de l’ensemble des mis en cause sur tout le département).
Il porte une première conclusion sur la préoccupante « délinquance juvénile » , il souligne « qu’il faut se poser la question des réponses préventives ( c’est moi qui souligne) et sécuritaires à mettre en place. Il faut permettre une meilleure prise en charge socio éducative de ces jeunes ( c’est encore moi qui souligne ). Il faut préserver la population locale d’agissements incivils et parfois délictuels qui portent atteinte à la cohésion sociale dans les quartiers et dans les villes. »
Mais qu’a donc fait cette municipalité depuis 8 ans ?
(Fin de la première partie , 1/3 du rapport)
à suivre…
