Archives du 20 février 2010

Carayon réussit son hold-up

 

Main basse sur la démocratie

 

Le 30 octobre, j’intitulai mon article : « Le Tarn, premier prix de charcutage électoral » . J’étais loin de m’imaginer que notre département allait faire la une de l’actualité comme exemple parfait de tripatouillage électoral. Il est en effet cité dans toute la presse ( avec la Moselle , il est vrai) comme étant celui dont le redécoupage électoral bat des records d’incohérence.

Il suffit de regarder la nouvelle carte des 3 circonscriptions législatives pour être pris au choix, d’un éclat de rire incontrôlé ou d’une colère incontrôlable. Tout apparaît surréaliste : le nouveau député de la toute nouvelle 1ère circonscription sera à la fois celui d’une partie d’Albi et d’une partie de Castres ( les cantons de Droite castrais passant dans la 3ème circonscription). Quid de la réalité des Bassins d’emplois et de vie ? Quid des Communautés d’agglomération ?

C’est du grand n’importe quoi. Enfin pas pour tout le monde puisqu’il fallait sauver le siège du soldat Carayon qui se retrouve sur le papier avec une circonscription garantie béton. L’arrogant Carayon est donc réduit au rôle de petit tricheur de casino pour ramasser la mise ( cela montre la confiance qu’il peut avoir dans le bilan de son action). On comprend mal ou trop bien ce qui pousse P.Bugis à soutenir une telle arnaque.

Le 18 février, le Conseil Constitutionnel a validé le redécoupage électoral, en se contentant de considérer que la méthode de répartition utilisée dite «  de la tranche » était conforme à la Constitution. Il a aussi jugé que le nouveau découpage réduisait de manière significative les inégalités démographiques.

Par contre, il souligne :  « qu’il ne lui appartient pas de rechercher si les circonscriptions ont fait l’objet de la délimitation la plus juste possible ». Il considère : « Le caractère discutable des motifs d’intérêt général invoqué pour justifier la délimitation de plusieurs circonscription notamment dans les départements de la Moselle et du Tarn ».

En d’autres termes, le redécoupage électoral pour le Tarn est inacceptable. Sachant que le Parlement au mois d’octobre n’avait pu se prononcer sur le tracé des circonscriptions ( le gouvernement ayant choisi la voie du vote bloqué) , rappelons également que les travaux de la Commission Guéna ont été totalement rejetés, on peut donc en déduire qu’à ce jour, ni le Parlement, ni le Conseil Constitutionnel n’ont pu se prononcer sur le redécoupage lui-même.

Je suis conscient que les préoccupations de nos concitoyens sont très éloignées des futures élections législatives tant la crise économique et sociale continue à faire ses ravages mais il est important de souligner ce déni de démocratie puisque nous en sommes réduits au fait du Prince, aux petites manœuvres de ses amis de l’UMP.

A travers cette pitoyable opération, la démocratie en sort donc affaiblie.

En 2012, le dernier mot reviendra aux électrices et aux électeurs qui sauront sanctionner comme il se doit  Carayon le tricheur. Et que l’on ne vienne pas nous dire que le député n’est pas le représentant d’un territoire quand dans le même mouvement on se vante d’arroser de subventions diverses et variées les associations de sa circonscription.