En première ligne contre Frêche

Ils n’ont pas attendu… les ouvriers de la 25ème heure

 

Nulle envie de revenir sur le feuilleton Frêche qui occupe maintenant l’actualité depuis des semaines et fait de cette campagne des Régionales un épisode vraiment peu glorieux de ce que devrait être le véritable enjeu de ces élections régionales.

 D’ailleurs, je me suis déjà exprimé dans ce blog le 14 décembre à ce sujet : «  Georges Frêche : indéfendable et inacceptable »  Déjà plus de 2 mois, comme le temps passe ! Souvenez vous : le Bureau National du Parti Socialiste venait d’accepter de soutenir  « le  roi de Septimanie » comme tête de liste.

 Mais la visite en cette fin de semaine à quelques heures de la reprise de nos cours respectifs,  de deux amis de retour à Montpellier où ils habitent et  travaillent, m’oblige à revenir sur la crise qui secoue le PS.

Je ne les avais pas vus depuis des années , nous avons mené des combats communs tant syndicalistes que politiques, ils avaient fait comme moi le choix du PS dans la perspective d’y développer un véritable courant de Gauche. Ils allaient vite déchanter car dans les sections du PS, en particulier de l’Hérault : qui n’est pas avec Frêche est promis rapidement à l’exclusion. Nous sommes loin des articles parus dans la presse car il faut avoir vécu l’humiliation, les pressions, les menaces pour se rendre compte de ce que représente un système politique verrouillé et au service d’un seul homme. Et cela dans l’indifférence générale tant le clientélisme à tous les niveaux faisait des ravages.

Chaque section de Montpellier est tenue par un élu ou un membre de sa famille. Toutes les élections internes sont truquées, la fraude y est permanente. Les rapports se succédaient aux rapports en direction de la rue de Solférino sans réaction ou si peu. Il est vrai que les dirigeants socialistes devaient ménager les 5 000 cartes d’adhérents de l’Hérault , les 15 000 cartes de la Région , lâcheté et cynisme à tous les niveaux.

Nul ne peut dire aujourd’hui : «  on ne savait pas ». Tout ce qui apparaît maintenant sur le devant de la scène était alors connu de tous.

Ce qui surprend n’est donc pas que Frêche fasse du Frêche, inutile de revenir sur l’ensemble de ses insultes, de sa violence au quotidien. A ce sujet en 2004, Jacques Molénat dans un livre : «  Le marigot des pouvoirs » écrivait : « Le Maire de Montpellier a même fait naître et prospérer une variété de socialisme à ce point unique : le fréchisme, un OVNI transpolitique qui se joue des frontières partisanes et se déploie sans aucun tabou électoral (…)Avec Frêche, on est en permanence dans l’abus de pouvoir ».

Ce qui étonne, c’est qu’il soit toujours présent. Ce qui étonne, c’est le Parti Socialiste qui a attendu la énième «  provoc » de son Ubu montpelliérain pour enfin lui opposer ( dans les plus mauvaises conditions d’ailleurs) un candidat aux Régionales.

Et encore tous les dirigeants nationaux ne se retrouvent pas dans ce choix. Certains comme Rebsamen ( ex n° 2) pour ne pas le nommer, champion hier toutes catégories de l’exclusion  soutient les exclus d’aujourd’hui , d’autres sont bien timides à l’instar de François Hollande, il est vrai qu’il a soutenu Frêche pendant des années. D’autres se font bien discrets, comme cet ex secrétaire départemental PS de la Haute- Garonne aujourd’hui député européen, qui signait des textes avec le triste sire , premier secrétaire fédéral de l’Hérault, et docteur honoris causa de la fraude tout azimut.

Certes, Frêche représentait l’assurance de conserver une Région étiquetée «  Gauche » . Mais quelle Gauche ?

Dans cette affaire, les socialistes ( pas tous, il fut le rappeler ) ont mis du temps à réaliser que leurs valeurs ne sont pas réductibles au fréchisme mais d’abord une question de contenus et de principes.

Mes deux camarades, ont-ils eu le grand tort d’avoir eu raison trop tôt ? Bien sûr que non . Ils sont tout de même  en droit de demander des comptes à ceux qui regardaient ailleurs ou qui bénéficiaient directement du système Frêche.

Leur combat continue , l’un est aux côtés de René Revol du Parti de Gauche, l’autre à Europe Ecologie ( à cause de Bové). Au 2ème tour, ils seront ensemble ( une fois de plus) pour mettre un terme définitif aux aventures «  du Frechus magnificus ».

On parle beaucoup de rénovation pour le PS, celle-ci tant de fois annoncée sera-t-elle au rendez vous  ( contre le cumul des mandats, etc…) ou alors «  Il faut que tout change pour que rien ne change » ? L’histoire est en train de s’écrire, bon courage les gars !

N.B. Dans le livre de J.Molénat, il est question d’un Me André Ferran, avocat de la ville de Montpellier et ami indéfectible du Maire ( 2004), aujourd’hui il sort un livre : «  De dérive en déraison, Georges Frêche se démasque ».

 

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