IFACturation de …?
Publié dans l) Le dessous des cartes (59), le 02/03/2010 à 21:49, par Philippe GuerineauIFAC ( Institut de formation, d’animation et de conseil) … connais pas !
La presse locale et départementale, notamment La Dépêche du Midi en date du 13 mars 2007, l’Echo du Tarn ( 22-28 mars), la Semaine (23 mars) annonçaient l’adhésion de la Ville de Castres à l’IFAC.
C’est officiel depuis le 12 mars : « La Ville de Castres fait désormais partie du réseau constitué par l’IFAC qui vient de créer une antenne en Midi-Pyrénées(…) Pascal Bugis, le Maire de Castres siègera au conseil de cette structure aux côtés de Jean Luc Moudenc, le maire de Toulouse, JA Godfrain, le maire de Millau, B Carayon, le député-maire de Lavaur » ( La Semaine). « Dernièrement à l’Hôtel de ville de Castres, sous l’impulsion notamment du Maire de Castres et des députés maires de Lavaur et Millau, une délégation régionale a été officialisée lors d’une assemblée constitutive » ( L’Echo du Tarn).
« La ville adhère à un outil de formation » , sous ce titre La Dépêche du Midi écrit : « Au-delà d’une décision a priori anodine(…) la ville vient de participer à la création effective depuis le 12 mars de l’IFAC. Le Maire est membre de droit du Conseil d’administration aux côtés des maires de Toulouse, de Lavaur et de Millau (…) D’évidence, elle a plutôt une connotation « à droite » ce que confirme son directeur national présent ce jour là.
Pour rappel, l’IFAC est une association nationale créée en 1984 par André Santini et Charles Pasqua pour contrer l’influence des structures équivalentes marquées à gauche ( Léo Lagrange, UCPA, les Francas, Fédération des MJC, etc…)
Elle intervient dans de nombreux domaines comme la formation ( BAFA, métiers de l’enfance, délégués des élèves ), le conseil aux collectivités locales et associations ( interventions sur les politiques et leur mise en œuvre…). Les missions pour les collectivités locales ( gestion de centres socio culturels et de centres de loisir, prévention éducative…)
Il faudra attendre plus de deux mois soit le 22 mai 2007 pour qu’une délibération soit présentée au Conseil municipal pour entériner l’adhésion et surtout son prix : versement de la cotisation annuelle – commune de plus de 4000 habitants- fixée à 0, 10 € par habitant pour l’année 2007.
Je suis intervenu ( voir compte rendu du C.M.) : « C’est une délibération fort importante à tonalité idéologique forte ». Je m’étonnai qu’il ait fallu attendre deux mois, de la composition du Conseil d’administration ( voir plus haut). Je poursuivais : « Il y a des intérêts financiers très importants derrière cette appellation IFAC qui méritent toute notre attention. »
Je faisais remarquer en citant les articles de presse que P.Bugis a voulu marquer sa différence en ce qui concerne l’éducation populaire et remettre en question le travail de ceux qui jusqu’à maintenant étaient chargés de l’animation. Réponse du Maire : « Bien sûr, je le revendique ».
Je m’interrogeai alors sur les domaines possibles d’intervention de l’IFAC dans notre ville. Brigitte Desveaux, alors conseillère municipale des Verts, rappela notamment qu’en ce qui concerne le personnel d’animation, il existe déjà un organisme de formation nationale, auquel la mairie cotise au titre de chaque employé, c’est le Centre National de la formation de la Fonction publique. Alors pourquoi confier la formation des animateurs à un organisme qui a une telle connotation idéologique ? Au final, cette délibération fut adoptée à la majorité.
Fin du premier épisode.
Coup
de théâtre : la Dépêche du Midi en date du 13 février 2010 nous apprend les drôles d’occupation du délégué régional de l’IFAC. En effet, cet ancien élu RPR déjà condamné en Seine et Marne à la prison ferme pour détournement de fonds de différentes associations ( on n’est pas trop regardant à l’UMP), passait son temps à envoyer différents courriers anonymes pour salir le député Philippe Folliot. L’activité du corbeau fut à son comble lors de la campagne électorale des Législatives en 2007. Pris la main sur la souris par une cellule de gendarmerie spécialiste de la cybercriminalité, il est à l’heure actuelle poursuivi en justice et devra comparaître le 12 mai prochain (l’audience prévue en février a en effet été reportée après les élections régionales).
Un nouvel article de la Dépêche du Midi en date du 2 mars nous apprend que P.Bugis, le maire UMP de Castres et vice-président de l’IFAC, aussitôt informé a envoyé sa lettre de démission aux instances nationales de l’association. « A l’époque on m’avait pressé ( sic !) de rentrer dans cette structure jugée à droite en me disant que cela pourrait ouvrir des possibilités de gestion éventuelle de structures dédiées à la jeunesse sur la ville ». Le Maire de Castres ajoute : « qu’il n’a finalement jamais fait appel ( re-sic !) aux services de l’IFAC sur sa commune. L’adhésion était davantage politique qu’effective ».
Il faut préciser que B.Carayon, député-maire UMP de Lavaur préside l’IFAC Midi-Pyrénées ( il est alors en campagne dans la 4ème circonscription).
Précisons encore : J.Thouroude, adjoint UMP, actuelle tête de liste aux élections régionales fait également partie du Conseil d’administration de l’IFAC ( alors en campagne dans la 3ème circonscription).
Aujourd’hui, nos édiles UMP quittent précipitamment le navire IFAC. « Je ne me souvenais même plus que j’en étais le vice-président » P Bugis.
B.Carayon affirme « n’avoir participé à aucune réunion de cette association » dont il est pourtant le président .
Fin du deuxième épisode.
Avant d’écrire les épisodes suivants qui comprendront comme vous le devinez sans doute des rebondissements certains, c’est le propre de tout feuilleton, on peut se poser et vous devez vous les poser quelques questions :
Qui est donc le « on » qui a « pressé » le maire de Castres à adhérer ?
Pourquoi verser une cotisation annuelle de 4 500 € soit 13 500 € depuis 2007 à une association sans faire appel à ses services ?
Peut-on en l’occurrence croire que l’IFAC ne soit pas intervenue d’une manière ou d’une autre contre espèces sonnantes et trébuchantes ?
Peut-on envisager un seul instant que les trois responsables UMP n’étaient pas au courant des agissements du corbeau pendant la campagne législative ? Beaucoup de candidats à ces élections furent en effet approchés par celui-ci et son acolyte ( ancien élu municipal) pour qu’ils participent à la déstabilisation de la candidature Folliot.
Comment est- ce possible qu’une association ne soit de fait dirigée en Midi Pyrénées que par des responsables de l’UMP ?
Accessoirement, je m’interroge également sur le report du procès, » le corbeau » ou » le délinquant multirécidiviste chevronné » (comme on le dit à l’UMP) a sans doute beaucoup de choses à nous apprendre…
En tout état de cause, la ville de Castres devra répondre à des questions précises dans ses rapports passés et présents avec l’IFAC ,en toute transparence bien sûr.
A tout seigneur, tout honneur, le président de l’IFAC en Midi-Pyrénées, B. Carayon atteint soudainement d’amnésie, a lui également sans doute beaucoup de précisions à apporter.
Nous sommes loin de l’épilogue…
