« On n’est plus payé depuis 2 mois »

Briser le mur du silence …

 Le 15 décembre 2009, la municipalité de Castres poursuivait son offensive contre les MJC de notre ville. En ligne de mire, la MJC de Lameilhé. En faisant voter une délibération officialisant la reprise en main ( c’est bien le terme qui convient ) du Centre de loisirs. Si la MJC pouvait poursuivre l’animation des clubs d’activité et cela jusqu’en juin2010, le Centre de loisirs devenait municipal.

Inutile de revenir sur les longs débats qui se sont déroulés pour s’opposer à un tel affaiblissement des activités de la MJC, il faut souligner que si le transfert des locaux était acté, le flou régnait en ce qui concernait le transfert du personnel du Centre de loisirs.

Encore que ? Au cours de la séance du Conseil municipal le maire fut, à diverses reprises, interpellé sur ce sujet par les élus de l’opposition : «  Le Code du travail vous oblige à poursuivre les contrats qui sont en cours, qu’ils s’agissent de CDI, de CDD ou de contrats aidés. » P.Bugis devait répondre : «  J’ajoute s’agissant du personnel que je ne suis pas d’accord avec votre interprétation des dispositions du Code du Travail, je pense en l’occurrence que les conditions. – c’est d’ailleurs ce que j’ai déclaré publiquement- ne sont pas réunies pour qu’il y ait reprise du personnel de la MJC de Lameilhé qui était attaché à la structure ».

Face à l’éventualité d’aller aux Prud’hommes, il devait même déclarer avec tout le cynisme qu’on lui connaît : «  Tout ceci fait que le droit n’est pas une science exacte ( sic). Contrairement à ce que vous pourriez croire, contrairement aux lois de la mécanique et de la physique, le droit n’est pas une science exacte, c’est extrêmement mouvant… C’est tellement mouvant que d’un mois à l’autre, il existe ce que l’on appelle les «  revirements de la jurisprudence de la Cour de Cassation » qui font que ce qui est vrai aujourd’hui ne le sera pas demain, ce qu’il est aujourd’hui ne l’était pas forcément hier ».

Il fallait oser, il a osé ! Se comporter de la sorte en véritable «  patron voyou » ne nous étonne guère, il s’agit pourtant des conditions de vie d’au moins 5 salariés.

Le Conseil d’administration de la MJC lors de ses différentes réunions avec les services de la mairie ou avec les élus concernés a-il été assez attentif au sort prévisible  qui attendait les 5 salariés ? Avant de signer une nouvelle convention  «  préservant les clubs d’activité » jusqu’au mois de juin, a-t-il fermement défendu les salariés en question qui étaient, n’oublions pas, leurs salariés recrutés par lui et qui donnaient entièrement satisfaction ?

N’y a t-il pas eu alors un « lâche soulagement » ? Je ne le pense pas mais il est grand temps de se préoccuper de leur situation présente d’autant plus quand on se réclame des valeurs de «  l’éducation populaire ».

Il n’est pas normal, me semble-t-il, que ces salariés n’aient  pas été accompagnés, soutenus dés le début du mois de janvier.

Résultat : deux mois sans salaire et un avenir pour le moins préoccupant. Il faut entendre aujourd’hui leur cri de colère et surtout de détresse. L’article de la Dépêche du Midi paru ce jour a le  mérite de «  briser le mur du silence ».

Ce matin se tenait en référé devant les prud’hommes une première audience. Comme il fallait le penser, il faudra attendre au moins 6 mois pour que l’affaire soit jugée sur le fond, conciliation peut être en juin, résultat pas avant septembre ? Le conseiller juridique de la CGT a évité la délocalisation à Albi comme le demandait la mairie de Castres.

En attendant les salariés n’ont même pas le droit à ce jour à une attestation ASSEDIC.  Quand on pense que pour certaines , elles n’étaient qu’à un mois ou deux de la fin de leur contrat, c’est purement scandaleux.

 Elles sont donc sans aucune ressource. A l’évidence, il était de la responsabilités de la mairie d’intégrer  le personnel du Centre de loisirs. Il est inadmissible qu’elle ne l’ait pas fait, mais aujourd’hui  la MJC de Lameilhé doit s’exprimer et surtout faire des propositions ( la Fédération régionale des MJC sinon la Fédération départementale peut et doit intervenir).

 Une Assemblée générale extraordinaire des adhérents de la MJC est prévue le 9 mars, espérons que les gestes nécessaires seront au rendez vous ..

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