« Culture en danger »

A Castres, dans le Tarn ( ?), etc…

 

Première étape de la  mobilisation de l’ensemble des acteurs culturels face au démantèlement annoncé du service public de la culture par une asphyxie budgétaire d’une part et l’action conjuguées d’autre part de la RGPP ( Révision Générale des Politiques Publiques).

Dans de nombreuses villes notamment à Paris, des milliers de manifestants le 29 mars, annoncent «  le coup d’envoi du printemps pour la culture ».

 Depuis des mois, les réductions constantes des subventions à l’égard des compagnies s’accélèrent. De nombreux départements dont le Tarn ont déjà annoncé qu’ils réduiraient les dépenses non obligatoires comme celles de la culture.

Ceux-ci font face à une baisse des recettes, conséquence de la suppression de la Taxe professionnelle alors que les dépenses sociales ne cessent d’augmenter. De plus le projet de loi réformant les collectivités territoriales ne garantit pas pour l’instant que les régions et les départements auront la compétence culturelle.

C’est en période de crise économique et sociale que la culture s’avère indispensable. Les choix de restriction budgétaire ne doivent pas porter dans ce domaine. Des comédiens , des plasticiens, des musiciens, des bibliothécaires, etc… n’acceptent pas cette régression. Ils ont raison.

Vous lirez ci-après le texte de l’appel :  « Culture en danger » qui a déjà réuni plus de 30 000 signataires ainsi que le communiqué du SYNDEAC ( Syndicat National des Entreprises Artistiques et Culturelles) concernant le non-renouvellement du contrat de Marc TISON, ex-directeur du Bolegason.


 «  L’art et la culture sont au cœur de la vie sociale de notre pays, de son équilibre démocratique, de son identité et de son rayonnement. Aujourd’hui, en Seine-Saint-Denis comme partout ailleurs, la culture est menacée par la remise en cause des principes et des moyens de l’intervention publique en faveur de la création artistique et de l’action culturelle.

Ces renoncements sont ceux du gouvernement, ce ne sont pas les nôtres.
Le poids insurmontable des transferts de charges non compensés, la réforme fiscale puis la réforme des collectivités territoriales, organisent le calendrier de l’étranglement et de l’incapacité des collectivités à intervenir dans ce domaine essentiel à l’émancipation et au bien vivre ensemble. Si des choix cruels et difficiles s’annoncent, nous refusons pour autant d’abdiquer, tant sur le terrain des principes que sur celui de l’engagement politique.

La compétence culturelle n’est certes ni automatique ni strictement obligatoire au plan du droit. Mais, au plan de l’intérêt public de la Seine-Saint-Denis, de ses villes tout comme de l’ensemble du territoire national, il en est tout autrement !

Les économies de ces secteurs sont fragiles et reposent sur de multiples financements croisés.

La menace qui pèse sur les collectivités est aussi une atteinte profonde au tissu local, à la dynamique d’innovation et d’émancipation citoyenne.
À très court terme, ce sont des pans entiers d’activités qui sont menacés à l’échelon des départements pour des projets culturels qui se structurent à tous les niveaux de collectivités territoriales. A moyen terme, de nombreuses communes ne pourront échapper au même schéma qui s’annonce destructeur socialement et économiquement, à l’heure où l’on nous vante par ailleurs la nécessité d’un plan de relance massif.

 Parce que nous pensons que les politiques publiques de la culture sont le fruit d’une concertation et d’un échange permanents entre les artistes et les pouvoirs publics ;
 Parce que nous refusons le démantèlement en cours, la disparition d’aventures artistiques et culturelles et la suppression des très nombreux emplois associés à cette casse organisée ;
 Parce que nous pensons que la chose publique de la culture doit être universellement partagée et reconnue ;
 Parce que nous pensons que l’avenir de l’action publique locale risque de se dissoudre dans cette remise en cause brutale, accentuant davantage les injustices territoriales et culturelles connues par notre pays.
Les attaques engagées sont durables :
 Depuis plusieurs années, la refonte de l’intermittence précarise les artistes et l’érosion des financements publics d’État porte atteinte à l’action publique culturelle ;
 Aujourd’hui, la mise en oeuvre de la révision générale des politiques publiques commence à produire ses effets, en particulier dans les musées et l’étranglement financier frappe au c?ur de leurs politiques les collectivités territoriales ;
 Demain, les mêmes collectivités risquent de ne plus avoir ni le droit ni les moyens de conduire des politiques culturelles en raison de la suppression de la clause générale des compétences.

Nous, citoyens, artistes, acteurs culturels, élus territoriaux, refusons la remise en cause profonde de la politique culturelle française aujourd’hui menacée par les réformes en cours.
Nous n’acceptons pas que la mise en faillite organisée d’un système public de référence ampute à court et à moyen terme l’ensemble des territoires de la qualité de leur maillage artistique et culturel. La crise de valeurs est profonde, elle est assumée par un gouvernement qui en multipliant les pseudo-réformes, détricote de manière minutieuse le maillage culturel français et remet en cause les fondements d’une politique de référence.

L’art et la culture sont en danger dans notre pays.
Ici, de Seine-Saint-Denis, nous lançons cet appel national et refusons l’abandon de 50 années de décentralisation culturelle qu’organise aujourd’hui le gouvernement sous couvert de modernisation des politiques territoriales ».

 

Communiqué du Syndeac

 

La communauté d’agglomération de Castres-Mazamet a décidé de ne pas renouveler le contrat de Marc

Tison, qui dirige depuis mars 2001 Lo Bolegason, centre culturel musical et multimédia qui avait été

labellisé Scène de musique actuelle par l’État et Pôle structurant par la Région Midi-Pyrénées.

Cette décision a été prise de façon unilatérale par la Communauté d’agglomération, sans concertation

avec les autres partenaires financiers, la Drac, la Région, le Département et sans même consulter les

autres membres du conseil d’administration. Le Département du Tarn et la Région Midi-Pyrénées se

sont étonnés par voie de courrier de cette décision qu’ils ont trouvé injustifiée.

Marc Tison est un professionnel reconnu pour son exigence et la qualité de son travail dans le domaine

musical, il a développé considérablement le projet de ce lieu depuis sa construction. Au cours de ses

trois mandats successifs à la tête de cette scène de musiques actuelles, il a pu inscrire son projet avec

le souci constant des missions de service public d’une scène labellisée, dans un rapport de confiance

avec les tutelles. Il a développé autour de cette scène importante sur le plan régional, un public

nombreux et fidèle.

Le dernier Conseil d’administration de la scène de Lo Bolegason, en décembre 2009,

a d’ailleurs salué à nouveau le travail du directeur et le bilan de ses actions, dans un contexte financier très sain.

Depuis quelques années à Castres, les initiatives socioculturelles et les projets artistiques sont mis à

mal : dénonciation des conventions avec les MJC et centres sociaux, découragement de plusieurs

équipes artistiques de l’agglomération qui ont choisi une autre implantation et en septembre dernier

fermeture du Centre d’Art le LAIT.

L’éviction de Marc Tison dans ce contexte est inquiétante. D’abord parce qu’elle nie le travail

accompli, ensuite parce qu’elle fragilise le projet de ce lieu, son avenir et celui de son équipe.

Le SYNDEAC* alerte l’ensemble des partenaires, tutelles, artistes, professionnels, publics, qui doivent

rester vigilants afin que Lo Bolegason continue à être un maillon essentiel pour la création, pour la

diffusion musicale et pour la pratique amateur au plan régional et national.

Paris, le 15 mars 2010.

Le conseil national du SYNDEAC

 

*Le SYNDEAC, Syndicat national d’entreprises artistiques et culturelles, représente 293 institutions, parmi

lesquelles la grande majorité des centres dramatiques nationaux, des scènes nationales, des centres

chorégraphiques nationaux, de nombreuses scènes conventionnées, compagnies théâtrales et chorégraphiques,

ensembles musicaux, des salles de musiques actuelles, des festivals, des lieux de production et de diffusion

 des arts du cirque et des arts de la rue.

Contact presse : Marie-Pierre Bayle – SYNDEAC

Mail : m-p.bayle@syndeac.org

Tél : 01 44 53 72 30

  

Pour information, un blog sur la culture est annoncé dans le Tarn, n’hésitez pas à lui rendre visite : «  Là-bas dans le Tarn »

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1 Commentaire

  1. Communiqué TOULOUSE le 4 juillet 2011
    Le mardi 28 juin 2011, la dissolution de lʼARDT ( Association Régionale de Diffusion Technique ) et donc du
    « Parc Régional de Matériel Scénique » a été votée en Assemblée Générale Extraordinaire, avec cessation
    dʼactivité programmée le 31 octobre.
    Le liquidateur choisi par la Région (déjà chargé du dossier du Théâtre de la Digue) aura comme mission
    prioritaire dʼéviter le démantèlement du parc en trouvant des partenaires, au rang desquels pourraient figurer la
    Communauté Urbaine du Grand Toulouse et le Conseil Général du Gers.
    Il reste donc un peu dʼespoir, mais ne soyons pas naïfs et soulignons la gestion calamiteuse de la Région dont
    les actes démontrent la volonté de détruire lʼoutil.
    Ainsi, la décision de diminuer de 73% la subvention (votée le 13 décembre 2010), nʼa été annoncée au Conseil
    dʼAdministration que le 15 décembre, assortie de la convocation dʼune AG extraordinaire le 22 décembre pour
    dissoudre lʼassociation.
    Ayant pris cette décision, la Région, qui, depuis 27 ans sʼest donnée la gouvernance de fait de lʼARDT, se devait
    de rechercher des partenaires pour continuer lʼactivité. Malgré les déclarations dʼintention, rien nʼa été entrepris
    en amont et les premières discussions formelles nʼont eu lieu quʼentre les 2 tours des élections cantonales, en
    mars 2011. La réunion avec les conseils généraux et les communautés urbaines qui sʼen est suivi, mal préparée
    (pas de bilan financier, convocation tardive, …) ne pouvait aboutir à une solution.
    Méthodiquement, la Région a tout mis en oeuvre pour présenter la continuité de lʼactivité comme impossible,
    influencer les décisions, et rendre irréversible le démantèlement, ce qui aboutit par exemple à la dénonciation du
    bail locatif en janvier 2012.
    Cette dissolution, il nʼest pas inutile de le rappeler, précarise par ailleurs les 6 salariés de lʼAssociation, certains
    étant approchés individuellement par la DCAV.
    Pourtant, des solutions existent.
    En effet, malgré la diminution de la subvention, le fonds de réserve associatif permet de terminer normalement
    lʼexercice 2011. Précisons que si ce fonds existe, cʼest la conséquence directe des économies réalisées par les
    réductions de personnel et les efforts de gestion des 5 dernières années.
    En dehors des soutiens manifestés par les usagers (élus, acteurs culturels, professionnels, collectivités, milieu
    associatif…), des partenariats sont envisageables.
    Ainsi, le conseil général du Gers sʼengage à ouvrir une antenne dès 2012.
    De même, la position sans ambiguïté de Pierre COHEN, Président de la Communauté Urbaine du Grand
    Toulouse, favorable à un «service public de prêt de matériel scénique», ouvre de réelles perspectives.
    De plus la Région a affirmé, dans un courrier de son président à la CUGT, le maintien dʼune subvention de 100
    000€ en cas de financements croisés.
    Il est encore possible de maintenir cet indispensable outil, de trouver une solution sous une forme juridique qui
    reste à redéfinir. La seule condition est la réelle affirmation dʼune volonté politique, concrète, rapide par un
    rapprochement des partenaires.
    Les institutions, doivent se retrouver dans une intelligence collective pour refondre un projet essentiel au devenir
    de la création régionale, à lʼaide aux collectivités et aux petites structures et au soutien des associations.
    Cʼest pour cela que nous vous demandons de vous mobiliser et de venir nombreux début septembre. Nous vous
    communiquerons la date et le lieu prochainement.
    Comité pour le Maintien de lʼARDT
    ardt@me.com

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