Archives du 2 avril 2010

Histoire d’eau…trouble (1)

Le prix de la privatisation de l’eau

 

Au cours du dernier Conseil municipal, le Maire de Castres a donné quelques éléments concernant les conséquences financières du long contentieux qui oppose la ville à la Lyonnaise des eaux.

J’aurai l’occasion de revenir sur ce dossier mais un travail de mémoire s’impose à toutes et à tous. Face à celles et ceux qui pensent que l’on peut oublier leurs turpitudes passées, ce n’est plus un travail de mémoire mais un DEVOIR de  MEMOIRE.

Tout commence.

Il y a 20 ans, la municipalité de Jacques Limouzy décidait de privatiser l’eau et l’assainissement dans notre ville.

J’ai retrouvé dans mes archives des extraits de presse relatant la manifestation dans la cour de la mairie au moment où le Conseil municipal de Droite votait la privatisation . Le secrétaire de section du PS (un certain Philippe Guérineau) déclarait entre autres, dans un communiqué de presse : «  Castres aura le triste privilège d’être la 1ère ville à privatiser un outil neuf et rentable, dégageant des bénéfices au service de l’ensemble de la collectivité publique. »

André Croste, président du groupe des élus socialistes écrivait : «  La nouvelle station d’eau réalisée en 1987 ( municipalité de Philippe Deyveaux), c’est un équipement ultra-moderne qui fonctionne à la satisfaction générale, » etc… Un communiqué commun était signé par le PS, le PC, le MRG : « Ils se déclarent solidaires des organisations syndicales qui manifestent leur opposition résolue au projet de privatisation du service des eaux. Ils appellent les habitants de Castres à signer massivement la pétition et à manifester aujourd’ hui jour du Conseil municipal. Etc… »

Il est nécessaire de rappeler avec force et constance la responsabilité de toute la Droite  dans la privatisation de l’eau qui allait rentrer en vigueur le 1er janvier 1991.Il est nécessaire de rappeler ( je l’ai d’ailleurs fait au cours des Conseils municipaux de l’année 2004) que la Lyonnaise des eaux allait bénéficier d’une usine de traitement neuve, d’une station d’épuration programmée et d’un réseau de bonne qualité (tout cela payé sur fonds publics).

Souvenons nous alors que la municipalité était dirigée de 1989 à 1995 par Jacques Limouzy. On pouvait déjà voir Jacques Thouroude, Pascal Bugis alors en charge des affaires juridiques (eh oui ! déjà là), etc…Philippe Folliot, brillant, jeune militant RPR (eh oui !) avant de rejoindre plus tard pour quelque temps le RPF de Pasqua.

C’était l’époque où l’absence de loi permettait de sacrées acrobaties (euphémisme) financières.  Jacques Monod dont vous voyez le nom à l’entrée de l’Archipel était le grand chef de la Lyonnaise des eaux mais aussi grand manitou au RPR (pure coïncidence)…

Le ver était dans le fruit dés la signature du contrat de privatisation ( on apprend même aujourd’hui qu’il y a vice de procédure). Même si l’opération était à l’époque légale, elle est devenue illégale aujourd’hui, la Lyonnaise a payé 96 millions de francs à la ville ( droits d’entrée)…somme qui a servi à financer l’Archipel. Comme dirait J.Limouzy : «  C’est toujours de l’eau ».  De l’eau trouble, assurément !

Le Comité des usagers de l’eau de Castres allait d’ailleurs montrer comment la Lyonnaise se faisait rembourser ce droit d’entrée sur nos factures d’eau. La justice n’allait pas tarder à reconnaître que «  le prix de l’eau était illégal à Castres ».

Chacun mesure bien aujourd’hui les conséquences néfastes de cette privatisation (1er janvier 1991) . Eh oui, il y a 20 ans je manifestais avec mes amis contre la privatisation alors que P.Bugis la votait. 15 ans après, président du groupe des élus socialistes en 2004, j’allais voter avec l’ensemble de la Gauche la re-mu-ni-ci-pa-li-sa-tion de l’eau.

Fin du 1er épisode qui pourrait s’intituler «  Main basse sur la ville ».Nous retrouverons tous les acteurs de ce 1er épisode dans le second.( A suivre…)