Toulouse : de l’eau dans le gaz
Publié dans a) Eau : de la privatisation à la condamnation ? (10), le 09/04/2010 à 18:28, par Philippe GuerineauAPRES UNE SEMAINE AU REGIME A L’EAU : DUR, DUR !
POUR MIEUX COMPRENDRE UN EVENTUEL REGIME… AU PAIN SEC
PRENONS UN BAIN A TOULOUSE
Vous avez pu découvrir 4 épisodes relatant la saga de l’eau depuis 1990 dans notre bonne ville de Castres. Aujourd’hui, attardons nous sur ce qui vient de se passer à Toulouse.
Par bien des aspects, comme vous le verrez, il y a de nombreux points communs .
Promesse électorale oblige : la nouvelle municipalité de Gauche dirigée par Pierre Cohen vient de conclure en janvier 2010 une renégociation entamée avec la Lyonnaise des eaux ( pardon, Véolia). La Ville de Toulouse a obtenu une baisse de 25 % du prix de l’eau.
A la lecture du magazine d’information de la ville de Toulouse ( n°8, avril 2010) on peut découvrir 2 « tribunes libres », l’une signée par le groupe des élus Verts, l’autre par le groupe communiste, républicain et citoyen ( PCF+ Parti de Gauche).
Sous le titre : « La baisse du prix de l’eau, un verre à moitié vide » les élus Verts rappellent : « En 1990 ( tiens, tiens, même année que pour Castres) la Ville de Toulouse a délégué à Véolia, et pour 30 ans (même durée que pour Castres) la gestion du service public de l’eau. » Ils rappellent également : « Lors de la campagne municipale, la majorité s’était engagée à baisser le prix de l’eau et à revenir en gestion directe dés que possible ».
Ils constatent : « En janvier dernier, la baisse de 25 % du prix de l’eau a été annoncée-tandis que le terme du contrat demeure inchangé » . Pour les écologistes : « Cette diminution du prix de l’eau ne suffit pas. Tout d’abord, elle est bien inférieure à ce que d’autres villes ont pu obtenir. Ensuite, la facture de chaque foyer ne diminuera pas de 25 % mais plutôt de 10 %, puisque la part de l’assainissement et l’abonnement restent quant à eux inchangés. Et cela alors même qu’un dossier d’UFC-Que choisir avait démontré qu’à Toulouse la marge de Véolia est de 47 % ».
Ils rajoutent : « Au-delà de la question de la négociation du prix de l’eau, le fond du problème est son mode de gestion. Le contrat qui lie Toulouse à Véolia est entaché d’irrégularités (comme à Castres) que la Chambre des Comptes a rendues publiques il y a 6 ans déjà.
La transparence doit nous obliger à revenir à la légalité et rompre clairement avec le legs laissé par la Droite. De plus, des évolutions législatives nous permettent de mettre fin à ce contrat dés 2015.(Quelle prudence !) . Notre collectivité ne peut plus se décharger de ses responsabilité sur un délégataire privé pour qui l’eau est une marchandise. C’est pour cela que les élus Verts ont exprimé leur volonté d’un retour en régie directe de l’eau en 2015, ce qui est possible juridiquement et souhaitable politiquement. » Ils concluent : « La Ville pourrait en outre introduire une tarification progressive, à la fois sociale et écologique, c’est à dire mener une véritable politique de l’eau ».
La 2ème tribune libre est signée par les élus communistes et du Parti de Gauche. Sous le titre : « L’eau : baisse des prix tout de suite, régie publique au plus vite ! », ils écrivent : « L’audit réalisé par la Ville de Toulouse nous dit que Véolia va faire des bénéfices énormes sur le prix de l’eau : à terme , en 2020, un bénéfice de 70 M€. C’est inacceptable ! La facture de l’eau à Toulouse n’a cessé d’augmenter. Des investissements ont été réalisés, mais aujourd’hui rien ne justifie ce prix sauf l’enrichissement des actionnaires de Véolia sur le dos des Toulousains. L’eau est un patrimoine commun de l’Humanité. C’est aussi un enjeu majeur pour l’équilibre écologique. Il est temps de sortir de la logique capitaliste de marchandisation par la maîtrise et le contrôle public de l’eau et de son assainissement ».
Ils tiennent à préciser : « Si on peut se féliciter d’une baisse de 25 % du prix de l’eau, il faut rappeler que l’eau ne représente que la moitié de la facture des usagers et examiner aussi l’assainissement des eaux usées en réalisant tout de suite un audit et exiger le passage de la gestion de la distribution de l’eau et de l’assainissement en régie publique ».
Ils concluent : « Le contrat passé entre la mairie de Droite et Véolia en 1990 comprend des irrégularités . Il faut utiliser toutes les possibilités juridiques pour dénoncer ce contrat ( c’est ce qu’avait fait le Comité des usagers de l’eau à Castres), le passage en régie doit être préparé soigneusement, dés aujourd’hui, au niveau de la Communauté urbaine, au rythme des expirations ou dénonciations de contrat … »
La SEMAINE DE L’EAU se termine . Dans les prochains jours, au sommaire du blog : M. Coup de gueule de Castres , le Conseil général du Tarn en difficulté, pas de bébé à la consigne, l’appel à un front citoyen pour la retraite, etc…
