« Le coup de gueule » de P.Bugis
Publié dans j) Il a osé le dire (43), le 12/04/2010 à 11:57, par Philippe Guerineau
C’EST GRAVE, DOCTEUR ?
- Assurément, c’est une rechute sérieuse qu’il ne faut pas sous-estimer.
En effet, le 23 mars, réunion de quartier au Rey .L’homme est agité, tient des propos incohérents, prétend que sa ville sombre dans la consommation de drogues et surtout que les autorités, quelles qu’elles soient ( police, justice, services de l’Etat), ne font pas leur travail. Plus grave et très inquiétant, l’Education Nationale et les travailleurs sociaux font régner la loi du silence.
-Vous le savez, l’homme n’en est pas à son coup d’essai, il récidive, ses propos à certains égards relèvent de « troubles à l’ordre public ». Docteur, pouvez vous nous dire quel est le choc qui a déclenché un tel dérèglement « d’appréhension de la réalité » ?
- A l’évidence, et cela les commentateurs ne l’ont point vu, il faut se reporter deux jours avant : le 21 mars, 2ème tour des élections régionales. La Gauche devient majoritaire à Castres ( même si son score peut être relativisé) , l’abstention pas seulement dans les quartiers populaires mais dans les bureaux acquis depuis longtemps à la Droite et surtout le Front National retrouve un score important notamment du côté d’Aillot et de Laden Petit-Train. Le choc est donc réel et l’on écrit dans les « éléments de langage » fournis par l’UMP qu’il faut revenir aux fondamentaux , comprendre : discours électoraliste versus démagogique et sécuritaire.
Pour application : 48 heures après le 21 mars, la réunion du quartier du Rey fournira l’occasion de se laisser aller à un certain nombre de divagations. A partir d’un exemple que l’on cite, depuis plus de 15 ans, à savoir : des rendez vous nocturnes du côté de la Rotonde ( friche industrielle derrière la gare SCNF, laissée complètement à l’abandon et ouverte aux quatre vents) – à ce sujet, puisqu’on en parle, où en est donc le grand projet ( dans les cartons de la Communauté d’agglomération ) de la création d’une gare multi-modale ?… – , tout y passe même si la réalité doit en souffrir.
La priorité n’est donc pas d’analyser concrètement la situation dans le but de l’améliorer voire de résoudre un certain nombre de problèmes locaux (tout cela en partenariat avec des associations et les professionnels ). Le temps est à l’amalgame, à la stigmatisation, à la peur savamment entretenue, aux mensonges répétés.
Ce discours tenu par notre matamore local depuis maintenant 9 ans est un grave aveu d’échec. Alors une fois de plus, il se défausse « coups de menton et grands moulinets » sur la police nationale qui n’en peut mais (jamais autant présente – un peu trop à mon goût avec multiplication d’opérations coups de poing spectaculaires, chaque fois sans résultats probants et c’est tant mieux). Police qui verra d’ailleurs ses effectifs diminués . Quant à la police municipale dont les effectifs ont plus que doublé, je suppose qu’elle est au travail. (Faut-il redéfinir celui-ci ?)
- Est ce que ce type de troubles inquiétants pour la démocratie peut s’étendre à d’autres personnes de bonne foi ?
- Il est à craindre en effet que ceux-ci contaminent l’entourage politique proche. Vous en avez la preuve en lisant le texte de la majorité municipale dans le journal de la ville où le délire s’accentue : « Les activités des maisons de quartier se limitant à la poterie et macramé(…) » « Aujourd’hui, à 12/13 ans, on peut gagner 20 à 30 euros par jour en faisant le guet . Personne, malgré la loi, ne signale l’absentéisme scolaire, etc… » Mais où ont-ils vu cela ? A Castres ? Dans certaines villes ghettos du 93 ? Comme on dit : plus c’est gros, …
- Pourquoi cet acharnement à nier tous les efforts qui sont faits dans le domaine de la sécurité ( et il y en a , même si ceux-ci restent insuffisants) ? Pourquoi s’obstiner une fois de plus à ternir l’image de notre ville ? Pourquoi attaquer toutes celles et ceux dont le métier, souvent difficile, est de régler ces problèmes ?
Avoir de telles attitudes est-il digne du Maire d’une grande ville qui tient des propos dont chacun reconnaît qu’ils ne régleront rien et ne feront qu’aggraver certaines situations.
- C’est pour cela que l’on peut parler de « troubles à l’ordre public ».
N.B. » Drogue : le coup de gueule du Maire » tel est le titre d’un article de la Dépêche du Midi en date du 9 avril.
