Epicerie sociale ou épicerie électoraliste ?
Publié dans j) Il a osé le dire (43), le 19/04/2010 à 12:06, par Philippe GuerineauUN PEU DE DECENCE, SVP.
C’est à grand renfort de communication que le Maire de Castres et la conseillère municipale en charge du dossier ont « inauguré » l’épicerie sociale rue Mérigonde. Comme d’hab, l’opposition n’était pas conviée à la petite cérémonie . A ce jour je n’ai pas reçu la moindre invitation pour juger sur pièces l’aménagement des locaux et surtout comprendre le projet à venir.
Sur ce blog, j’avais au mois d’octobre dernier, fait part à la fois de mon soutien à une initiative ô combien positive mais aussi de mes réflexions concernant l’attitude de la municipalité et notamment du Maire de Castres : La pauvreté existe, le Maire l’a rencontrée.
Je rappelais d’ailleurs que tête de liste aux dernières élections municipales, j’avais reçu une délégation de l’association Escale.
Attitude positive en effet de voir un certain nombre d’associations caritatives et humanitaires se regrouper en un projet commun. L’association Escale créée en 2007 a donc atteint à force de pugnacité une grande partie de son objectif. Bravo !
Je regrette que le nom de Jean Pierre Perrichon, récemment décédé, militant syndicaliste et président de l’association Hémisphère Tarn Solidarité ( par ailleurs, candidat sur la liste PS aux élections municipales 2008) ne fut pas prononcé à cette occasion. En tout cas, la presse quotidienne et hebdomadaire ne l’a pas cité. Celui-ci a pourtant joué un rôle très important pour la création de l’épicerie sociale. Un oubli sans doute !
La presse a souligné que la Ville aurait dépensé 200 000 € pour l’achat et la rénovation du bâtiment . Ce n’est pas tout à fait exact.
En effet et cela est très important, à la lecture de la délibération votée le 29/09/09 et intitulée : « Aménagement de locaux pour la création d’une épicerie sociale – convention avec le Centre Communal d’Action Sociale ( C.C.A.S.)» on peut découvrir que « Le C.C.A.S. remboursera à la Ville le montant de la dépense correspondante ».
Sachant que le budget du C.C.A.S. reste stable : il était de 2 050 208 € en 2009, il sera de 2 050 208 € en 2010 ( pour rappel, il s’élevait à 2 118 619 € en 2007, et de 2 088 502 en 2008) faut-il en penser que les prestations du C.C.A.S seront revues à la baisse ? En d’autres termes, que les aides accordées à certaines familles jusqu’ici sont tout simplement transférées à l’épicerie sociale ? Il n’y aurait donc aucun effort significatif pour répondre à « l’urgence sociale » de la part de cette municipalité mis à part une subvention de fonctionnement de 24 000 € par an.
A souligner que l’épicerie sociale accueille une trentaine de familles avec pour objectif la centaine alors que pour ne prendre qu’un exemple, le Secours populaire aide plus d’une centaine de familles et ne perçoit qu’une subvention de 1300 € par an ( 1000 € en 2007).
L’épicerie sociale s’engage également dans une problématique d’insertion sociale puisqu’elle proposera dans ses locaux un certain nombre d’initiatives à travers des ateliers et des rencontres.
Bienvenue à l’épicerie sociale, à travers elle, la démonstration est faite que le mouvement associatif dans son ensemble est indispensable au lien social . Pourtant ce même mouvement associatif est chaque jour un plus affaibli par cette municipalité.
Alors oui, Monsieur le Maire, un peu de décence SVP , quand on soutient un gouvernement qui accentue les inégalités , qui aggrave la misère sociale avec son lot quotidien de souffrances, et qui fait que chaque jour dans notre pays les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres.
D’une main, approuver le bouclier fiscal, de l’autre, montrer que l’on compatit à la précarité. Comment dit-on dans les Evangiles ? Pharisien, oui c’est celà, pharisien. Désolé, M. le Maire, pour la béatification, il faudra encore attendre…
N.B. Le principe de l’épicerie sociale : payer 10 % du prix réel des denrées. Elle est ouverte les mardi, mercredi et jeudi de 14h à 18 h ( 05 63 51 73 94).
