Archives de avril 2010

URGENCE : Patricia en danger d’expulsion

Castres, le 21 avril 2010

 Cher(e) ami(e)

  Le temps nous est compté, chaque heure qui passe est une heure qui malheureusement rapproche Patricia de son expulsion de France ou au contraire une heure qui doit servir à stopper le bras de ceux qui hors de toute humanité s’apprête à commettre l’inacceptable.

Les dernières nouvelles sont inquiétantes. Par mon amie Suzanne Dupé (MRAP) puis par Sylvain Jean ( PCF), j’apprends que Patricia dés 5 heures ce matin a été conduite à l’ambassade du Libéria à Paris puis retour au centre de rétention de Cornebarrieu.

L’expulsion peut donc intervenir à chaque instant. Lundi après la mobilisation dynamique et émouvante de plus de 200 personnes devant la sous-préfecture de Castres, une délégation a été reçue par le sous-préfet.

Alors qu’à ce jour, la pétition compte plus de 5000 signatures, que 71 organisations se sont engagées dans le soutien à Patricia, il y a URGENCE à se rassembler à nouveau aujourd’hui

mercredi 21 avril à 18h15 

devant la sous-préfecture  pour affirmer avec sa famille et ses amis – Patricia doit rester en France -

 

    Signez la pétition !!!!

Libération et régularisation immédiates de Patricia!!!

Patricia John, de nationalité libérienne, vit en France depuis 7 ans. A la suite de son divorce avec un français avec lequel elle a été mariée pendant plus de trois ans, Patricia a perdu son droit au séjour en France. Le 15 avril dernier, elle a été arrêtée et conduite au centre de rétention de Cornebarieu en vue de son expulsion qui doit intervenir dans les prochains jours.

Depuis deux ans, Patricia a refait sa vie avec un français. Le couple était sur le point de déposer un dossier de mariage. Patronne d’un salon de coiffure très fréquenté à Castres depuis 3 ans, Patricia emploie actuellement une apprentie. Elle ne dispose plus d’aucune attache au Libéria, ses parents étant décédés et son unique sœur vivant en Angleterre.

Signataires de la pétition, nous nous indignons qu’un simple divorce suffise à entrainer une perte du droit au séjour et une expulsion du territoire français. 

Nous demandons la libération et la régularisation immédiates de Patricia afin qu’elle puisse épouser l’homme qui partage son existence depuis deux ans et qu’elle poursuive sa vie familiale et professionnelle en France.

 Signez la pétition !!!!

Les medias en parlent…         LADEPECHE.fr

Urgent!!
 Ecrivez au Préfet du Tarn
 pour demander la libération et la régularisation de Patricia
et pour exprimer votre indignation!!!
Seul la Préfète du Tarn peut revenir sur cette expulsion programmée.

Fax Préfecture du Tarn : 05 63 45 60 20 

Mel Mme la Préfète : marcelle.pierrot@tarn.pref.gouv.fr

Madame la Préfète,

J’ai l’honneur de vous interpeller sur la situation de Patricia John, ressortissante de nationalité libérienne, actuellement retenue au centre de rétention de Cornebarieu.

Mlle John vit en France depuis 7 ans. A la suite de son divorce avec un français avec lequel elle a été mariée pendant plus de trois ans, elle a perdu son droit au séjour en France.

Depuis deux ans, cette jeune femme a refait sa vie avec un français. Le couple était d’ailleurs sur le point de déposer un dossier de mariage. Patronne d’un salon de coiffure très fréquenté à Castres depuis 3 ans, Patricia emploie actuellement une apprentie. Elle ne dispose plus d’aucune attache au Libéria, ses parents étant décédés et son unique sœur vivant en Angleterre.

Au regard de ces éléments, je vous demande par conséquent de renoncer à l’éloignement de Mlle John, afin de lui permettre de poursuivre sa vie privée et familiale en France, conformément à l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme.

 

Mouvement des Amoureux au Ban Public

Se marier, vivre en couple et fonder une famille sont des droits fondamentaux garantis par la Constitution et les Conventions internationales protectrices des droits de l’homme. 
En France pourtant, des milliers de couples mixtes sont privés de ces droits ou doivent, pour y accéder, lever de nombreux obstacles et subir bien des humiliations. En effet, le durcissement continu des lois sur l’immigration et des pratiques administratives produit des situations inadmissibles : multiplication des procédures d’opposition à mariage, difficultés pour obtenir la transcription des unions célébrées à l’étranger, multiplication des refus de visa ou de titres de séjour, éloignement des étrangers en situation irrégulière mariés ou sur le point de se marier à des français, enquêtes de police sur la communauté de vie ne respectant pas les règles élémentaires de déontologie, d’objectivité et de respect des personnes auditionnées, non reconnaissance du droit au séjour des couples mixtes vivant hors mariage…. 
A l’initiative de la CIMADE, des collectifs de couples mixtes se sont réunis au sein du mouvement des « Amoureux au ban public » pour assurer la défense collective du droit à une vie familiale…

Visitez le site des amoureux au ban public http://amoureuxauban.net

Signez aussi l’appel des amoureux

Contact  : coordination@amoureuxauban.net

 

 

 

 

René Rizzardo : militant culturel

IL Y A DEJA PLUS DE 10 ANS…

 Vous ne connaissez pas René Rizzardo, pourtant entre 1997 et 2000 il fut l’artisan inlassable d’un renouveau culturel à Castres. Non dans le domaine de la culture jetable, éphémère et superficielle à la mode aujourd’hui mais dans le domaine d’une culture de qualité accessible à tous. Sa priorité : l’éducation artistique dés le plus jeune âge.

Fondateur et directeur de l’Observatoire des politiques culturelles, rédacteur de la revue du même nom, son travail : former ou conseiller des générations d’élus, de professionnels de la culture, chargé par le ministère de faire vivre la décentralisation culturelle.

C’est à ce titre, comme adjoint de la culture de 1995 à 2001 que j’ai travaillé avec lui pour initier à Castres un Réseau de ressources culturelles. René Rizzardo permit à la Ville d’être reconnue comme «  ville référence » par le ministère de la culture et ainsi d’obtenir des financements conséquents tant pour la création d’un poste de «  coordinateur de réseau » pour l‘éducation artistique et culturelle ( bonjour Christine Martial) que pour chacune des 10 structures concernées.

Très vite en partenariat avec l’Education nationale, des parcours artistiques furent institués concernant des milliers d’élèves.

J’apprends par le journal Le Monde la mort de René à l’âge de 68 ans (le crabe s’est réveillé).

René avait commencé son parcours comme conseiller municipal de 1965 à 1977 puis comme maire-adjoint de la culture de 1977 à 1983 de la ville de Grenoble.

La préfecture de l’Isère lui doit des équipements de proximité comme les bibliothèques de quartier , la place de la culture dans la vie quotidienne de la ville ( théâtre, etc…).

A cette triste nouvelle, je me suis replongé dans mes archives, des dizaines de documents, compte-rendus de réunions, brochures diverses dont l’une présente le Réseau de ressources culturelles. Il faudrait des pages pour relater la richesse et la diversité des projets.

 J’écrivais alors dans l’éditorial sous le titre : «  C’est Mozart qu’on assassine » : «  Depuis maintenant un an toute notre énergie avec l’aide du Ministère de la Culture et de la communication est tendue vers un seul objectif, le seul objectif qui vaille : rendre possible l’égal accès de tous aux œuvres de l’esprit, à la culture. C’est un travail collectif, patient et acharné, dont nous voyons aujourd’hui les premiers résultats. Cette conscience partagée de la priorité culturelle engage notre ville . Elle n’est pas un élément décoratif, un simple prestige, la facilité du showbiz mais est au cœur d’une réelle éducation artistique, citoyenne pour ne plus voir, comme l’écrivait Saint Exupéry, dans l’enfant exclu -  Mozart qu’on assassine- »

La dernière intervention de René Rizzardo en présence de deux représentants du Ministère de la Culture et d’une centaine de personnes s’est déroulée le 15 novembre 2000 dans l’amphithéâtre de la Communauté d ‘agglomération. En voici un très court extrait : «  L’éducation artistique est un des maillons d’une vision d’ensemble d’une politique culturelle qui passe par une familiarité de l’enfant et de sa famille avec les lieux culturels  et les artistes. L’égalité d’accès à la culture devra être un enjeu essentiel pour la compétence culturelle pour la Communauté d’agglomération de Castres-Mazamet. Dans les établissements d’enseignement comme dans les territoires, des projets peuvent et doivent se construire sur le temps péri et extra-scolaires ,l’éducation artistique contribue à une vie quotidienne apaisée en plaçant l’individu au centre de l’action, etc… »

L’Observatoire des politiques culturelles avait  pour objectif d’accompagner la Communauté  d’agglomération de Castres-Mazamet dans la mise en réseau de ses ressources culturelles. Un rapport d’étude avait été réalisé , celui-ci devait déboucher sur la mise en place d’un CRIC ( Centre de ressources et d’initiatives culturelles). Ce centre devait réunir l’ensemble des acteurs autour d’une dynamique de développement et de créer des liens entre éducation artistique, action culturelle, et création artistique à l’échelle de l’agglomération (diffusion du spectacle vivant, des liens entre patrimoine et territoire, développement du secteur musical et des nouvelles technologies, et enfin une politique en faveur du cinéma).

A noter également la priorité accordée aux Maisons de quartier et au travail transversal avec plusieurs adjoints comme le regretté André Frank ( éducation ) et Lucile Millan ( jeunesse).

La défaite de la Gauche en 2001 a eu pour conséquence la suppression brutale de tout le travail effectué pendant des années. René en fut bien évidemment affecté et son combat pour la culture continua au service d’autres collectivités locales.

Qu’il sache toutefois que sous la cendre , la braise rougeoie et est prête à s’enflammer à nouveau grâce à lui. Je lis que les prochaines Assises nationales des directeurs des actions culturelles, les 6 et 7 mai à Toulouse lui seront dédiées.

 

Epicerie sociale ou épicerie électoraliste ?

UN PEU DE DECENCE, SVP.

 C’est à grand renfort de communication que le Maire de Castres et la conseillère municipale en charge du dossier ont «  inauguré » l’épicerie sociale rue Mérigonde. Comme d’hab, l’opposition n’était pas conviée à la petite cérémonie . A ce jour je n’ai pas reçu la moindre invitation pour juger sur pièces l’aménagement des locaux et surtout comprendre le projet à venir.

Sur ce blog, j’avais au mois d’octobre dernier, fait part à la fois de mon soutien à une initiative ô combien positive mais aussi de mes réflexions concernant l’attitude de la municipalité et notamment du Maire de Castres : La pauvreté existe, le Maire l’a rencontrée.

Je rappelais d’ailleurs que tête de liste aux dernières élections municipales, j’avais reçu une délégation de l’association Escale.

Attitude positive en effet de voir un certain nombre d’associations caritatives et humanitaires se regrouper en un projet commun. L’association Escale créée en 2007 a donc atteint à force de pugnacité une grande partie de son objectif. Bravo !

Je regrette que le nom de Jean Pierre Perrichon, récemment décédé, militant syndicaliste et président de l’association Hémisphère Tarn Solidarité ( par ailleurs, candidat sur la liste PS aux élections municipales 2008) ne fut pas prononcé à cette occasion. En tout cas, la presse quotidienne et hebdomadaire ne l’a pas cité. Celui-ci a pourtant joué un rôle très important pour la création de l’épicerie sociale. Un oubli sans doute !

La presse a souligné que la Ville aurait dépensé 200 000 € pour l’achat et la rénovation du bâtiment . Ce n’est pas tout à fait exact.

En effet et cela est très important, à la lecture de la délibération votée le 29/09/09 et intitulée : «  Aménagement de locaux pour la création d’une épicerie sociale – convention avec le Centre Communal d’Action Sociale ( C.C.A.S.)» on peut découvrir que « Le C.C.A.S. remboursera à la Ville le montant de la dépense correspondante ».

Sachant que le budget du C.C.A.S. reste stable : il était de 2 050 208 € en 2009, il sera de 2 050 208 € en 2010 ( pour rappel, il s’élevait à 2 118 619 € en 2007, et de 2 088 502 en 2008) faut-il en penser que les prestations du C.C.A.S seront revues à la baisse ? En d’autres termes, que les aides accordées à certaines familles jusqu’ici sont tout simplement transférées à l’épicerie sociale ? Il n’y aurait donc aucun effort significatif pour répondre à «  l’urgence sociale » de la part de cette municipalité mis à part une subvention de fonctionnement de 24 000 € par an.

A souligner que l’épicerie sociale accueille une trentaine de familles avec pour objectif la centaine alors que pour ne prendre qu’un exemple, le Secours populaire aide plus d’une centaine de familles et ne perçoit qu’une subvention de  1300 € par an ( 1000 € en 2007).

L’épicerie sociale s’engage également dans une problématique d’insertion sociale puisqu’elle proposera dans ses locaux un certain nombre d’initiatives à travers des ateliers et des rencontres.

Bienvenue à l’épicerie sociale, à travers elle, la démonstration est faite que le mouvement associatif dans son ensemble est indispensable au lien social . Pourtant ce même mouvement associatif est chaque jour un plus affaibli par cette municipalité.

Alors oui, Monsieur le Maire, un peu de décence  SVP , quand on soutient un gouvernement qui accentue les inégalités , qui aggrave la misère sociale avec son lot quotidien de souffrances, et qui fait que chaque jour dans notre pays les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres.

D’une main, approuver le bouclier fiscal, de l’autre, montrer que l’on compatit à la précarité. Comment dit-on dans les Evangiles ? Pharisien, oui c’est celà, pharisien. Désolé, M. le Maire, pour la béatification, il faudra encore attendre…

N.B. Le principe de l’épicerie sociale : payer 10 % du prix réel des denrées. Elle est ouverte les mardi, mercredi et jeudi de 14h à 18 h ( 05 63 51 73 94).

 

Patricia doit rester à Castres

ICI et MAINTENANT

 ENSEMBLE, MOBILISONS – NOUS CONTRE LA MENACE D’EXPULSION DE PATRICIA JOHN

Communiqué de presse

 Le jeudi 15 avril 2010, la police a arrêté Patricia John, patronne d’un salon de coiffure rue d’Empare à Castres. La police est passée sur son lieu de travail, indiquant qu’elle devait passer au commissariat pour une signature.

 Entendant ce motif, Mme John  a accepté de monter dans le véhicule de police. A partir de là, elle est en fait placée en garde à vue et, très rapidement, transférée au centre de rétention de Cornebarrieu.

Son tort ? Etre ressortissante du Libéria, et avoir perdu ses droits au séjour en France par un récent divorce. Elle vit pourtant depuis sept ans en France, a toujours travaillé et a construit une vie stable en France. Elle a su se constituer une clientèle fidèle. Elle emploie une apprentie. Elle paie ses impôts.

Elle a aussi reconstitué une vie privée et, avec son compagnon, après deux ans de vie commune était sur le point de déposer leur dossier complet de mariage à la mairie. Sa soeur séjourne en Angleterre où elle suit des études. Elle n’a plus aucune famille au Libéria, ses parents étant décédés.

Après un premier placement en centre de rétention,  le juge de la détention et de la liberté avait ordonné sa remise en liberté. Mais la Préfecture a fait appel de cette décision.

 Si Jeanne Jimenez, conseillère régionale, n’était pas allée rendre visite aux salariés de Pôle Emploi, si elle n’avait pas rencontrée fortuitement une proche amie de Patricia, parfaitement en règle, ce scandale se serait-il déroulé dans le plus complet silence ?

 Eh bien, non, ça ne se passera pas comme ça. Les signataires de ce communiqué exigent que Patricia soit libérée, que sa situation administrative soit régularisée, qu’elle puisse exercer librement son métier, qu’elle puisse vivre en paix et que cessent ces expulsions injustes et inhumaines dont toute la Droite est actuellement responsable.

 Nous appelons à un rassemblement

 le lundi 19 avril 2010  – 18 h

 devant la Sous-Préfecture de Castres

 pour protester contre cette menace d’expulsion et obtenir la régularisation de la situation de Mme Patricia John.

 Signataires :

Des Associations :  Castres A Gauche Vraiment, MRAP, Ligue de Droits de L’Homme, FCPE, ATTAC, La Cimade, Les Amoureux au Ban Public…

Des Partis Politiques : Section de Castres du PCF, PCF 81, Parti de Gauche 81, les Verts 81, NPA 81, les Alternatifs 81,…

Des élus :

Philippe Guérineau, Monique Maynadier, André Martinez, Géraldine Rouquette, et Robert Gourjade, Conseillers Municipaux d’opposition de Castres,

Jeanne Jimenez, Conseillère Régionale Midi-Pyrénées

 - – - – - – - – - – - -

 N.B. On peut lire sur ce blog :   » On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici ! »

                                                                » Amoureux au ban public »

 

Centre de rétention de Cornebarrieu

 

Sursis pour le Conseil Général du Tarn

ENCORE UNE ANNEE, MONSIEUR LE BOURREAU

 «  La situation  financière des département est dramatique, elle sera demain catastrophique si rien n’est fait ».

Extrait d’un communiqué de presse de l’Association des Départements de France ( ADF). L’association évalue à une trentaine le nombre de Conseils Généraux déjà en difficulté, il craint qu’une quinzaine de départements ( dont le Tarn) viennent s’ajouter à la liste en 2011.Au final, la moitié des départements de France seraient ainsi déstabilisés.

Il est facile de comprendre que la crise frappe essentiellement les départements qui cumulent plusieurs facteurs aggravants : un nombre élevé de personnes âgées de plus de 75 ans, un fort taux de chômage, ainsi qu’un niveau de revenu des ménages inférieur à la moyenne. Soit une population qui bénéficie «  en grande majorité des allocations de solidarité » ( c’est le cas du Tarn).

Petite leçon d’éducation civique ( pas simplement réservée aux élèves de 5ème ) :

Au niveau national, instituée par le gouvernement Jospin en 2002, l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) versée à plus de 1,1 millions de personnes âgées, dépasse les 5 milliards d’euros en 2009 avec un taux d’augmentation de 6 % par an. Avec le transfert intervenu en 2004, le nombre de bénéficiaires du RMI devenu RSA a atteint 1,3 millions de personnes et coûte près de 6 milliards d’euros aux départements. La prestation compensatoire du handicap ( PCH) : les dépenses sont passées de 270 M€ en 2007 à 560 M€ en 2008.

Selon l’ADF, sur les 11,4 milliards d’euros d’allocations versées en 2008, l’Etat n’a en réalité, compensé ces dépenses qu’à hauteur de 7,6 milliards d’euros. Il s’agit donc d’un déficit qui s’accumule d’année en année, pèse de plus en plus lourd sur les budgets des départements et ce n’est pas fini.

 DANS LE TARN

 Le Conseil Général a adopté récemment dans un contexte de crise son Budget primitif pour 2010. Le Président, Thierry Carcenac constate qu’il n’a plus aucune marge de manœuvre financière. Facile à comprendre : les recettes sont en baisse et les dépenses en hausse.

Il y a baisse des recettes liée à la suppression de la taxe professionnelle (cela sera pire l’année prochaine), baisse des droits de mutation ( transactions commerciales et immobilières…) .

Après avoir refusé le scénario de voter un budget en déséquilibre (à l’exemple du département de la Seine Saint Denis) voir ci-après le texte de Roland Foissac, vice-président PC du Conseil Général. 

Dans celui-ci, l’élu pose entre autres choses, une question : «   Pourquoi avons nous été élus ? « . A l’évidence, il ne s’agit pas d’une crise existentielle !

La question aurait pu être :  » Combien de temps faut-il à de nouveaux élus appartenant à un courant de la Gauche du Parti socialiste pour devenir des notables rad-socs? «  ou encore :   » Combien de temps est nécessaire pour qu’un altermondialiste reconnu se fasse le propagandiste zélè d’un projet autoroutier ? «  C’est la vie…

Revenons au vote du Budget. Les  élus à l’unanimité ont décidé d’engager un recours devant le Tribunal Administratif pour obtenir du gouvernement le remboursement des dépenses non compensées évaluées à hauteur de 86,2 M€ sur les 6 dernières années. Les taux 2010 ont finalement été votés à + 3 % pour le foncier bâti, + 4 % pour la taxe d’habitation, + 4 % pour le foncier non bâti.

Ah ! j’allai oublier, tour de vis en matière de dépenses de personnel, l’aide aux communes diminuera de 1 M€, et les subventions sont revues à la baisse pour diverses associations notamment culturelles, etc…

Si l’Etat continue à étrangler ainsi les collectivités locales, l’alternative est simple : forte hausse des impôts locaux et coupes dans les budgets d’investissement ( routes, collèges, etc…). Pour éviter un budget 2011 d’austérité, il faudra bien passer par une mobilisation citoyenne …

 

Séance du 26 mars 2010

 

 

 

 

Budget primitif 2010

 INTERVENTION DE ROLAND FOISSAC

J’ai suivi attentivement -et ce n’était pas pour moi une découverte- la présentation parfaitement claire de Jean Roger avec à l’appui des graphiques, eux aussi très éloquents.

J’ai suivi M. le Président vos propos introductifs, je viens d’entendre votre réponse à notre collègue Henri Narbonne et mon malaise ne cesse de s’approfondir. On n’a pas parlé, ou sinon de manière très allusive, de la réforme territoriale qui est en cours. Disons-le clairement, nous sommes devant ce que j’appelle un « hold-up », un hold-up financier et un hold-up démocratique. Les chiffres parlent et n’ont pas été contestés, pas plus par M. Narbonne que par quiconque ici : si l’on prend les six dernières années, en comptant 2010, ce sont 86,2 M€ cumulés qui représentent ce que j’ai appelé -j’étais seul pendant quelques années, ce terme semblait ne pas convenir- la dette de l’Etat.

Pour équilibrer tout cela, pour continuer d’assumer nos politiques obligatoires et nos politiques volontaristes, il a fallu augmenter la fiscalité. Le Président a raison de citer les exemples qu’il cite, Trifyl, le musée Toulouse-Lautrec, la Découverte dont nous avons hérité les uns et les autres, notre patrimoine… Que fait-on ? On arrête tout ? Je crois avoir compris qu’une majorité, sinon l’unanimité de nos collègues, était favorable par exemple à ce que nous abondions le fonds de concours de l’Etat sur les routes nationales. Moi, j’ai cru sage de m’abstenir pour ce qui est du dernier appel qui nous a été fait et ce que cela entraîne en termes d’emprunts supplémentaires, que M. Narbonne nous reproche aujourd’hui. Tout cela avec cette réforme des collectivités territoriales.

Je veux quand même dire quelques mots de la Taxe Professionnelle parce qu’on a voulu laisser croire aux contribuables, aux Tarnaises et aux Tarnais, aux Français, qu’elle était compensée à l’Euro près. La démonstration a été faite tout à l’heure, je n’insiste pas : c’est un manque à gagner de 3,2 M€. Au plan national, cela a été rattrapé par ce qu’on a appelé une Contribution économique territoriale qui représente un allégement des « charges » pour les entreprises. J’appelle cela un cadeau, cadeau fiscal, pour 2010 qui s’élève à plus de 12 milliards d’euros.

En fait, tout ce qui s’est passé ces dernières années jusqu’à aujourd’hui vise à conditionner le niveau des dotations de l’Etat à la réduction des dépenses et de l’emploi public local. Hold-up, étranglement financier, je crois que maintenant c’est clair.

Cela aboutit à relever le pays de la crise ? Notre économie ? J’ai cru entendre hier les chiffres officiels du chômage, j’ai cru entendre que malheureusement notre département était en tête en Midi-Pyrénées avec une augmentation de 2,5 %. La première conséquence sera pour le RSA avec un millier d’allocataires supplémentaires qui peuvent taper à notre porte. Le Président nous a dit le coût mensuel que cela représentait.

Durant toutes ces années où nous avons, Serge Entraygues et moi, fait des propositions, nous avons malgré tout augmenté les impôts de 18 % sur les cinq années 2006-2009. « Merci MM Raffarin, Sarkozy, Fillon and Co » peuvent dire les contribuables locaux. Tout au long de ces cinq années, nous avons fait des propositions.

L’année dernière nous avons proposé de voter deux budgets, un budget contraint et un budget équitable. Le 30 mars dernier, il y a un an presque jour pour jour, M. le Président, vous avez fait une communication et nous vous avons mandaté, je cite, « afin d’obtenir de l’Etat les moyens permettant de stabiliser la pression fiscale » et il faut bien le reconnaître, peut-être n’avons-nous pas été suffisamment énergiques et combatifs, mais nous nous sommes heurtés à un mur.

Il manquait 20 M€ pour équilibrer le budget ; à l’arrivée, nous sommes bien obligés de le reconnaître, il faut faire « des économies » malgré le report des excédents 2009, malgré des astuces comptables. Sur le plan financier, M. le Président, je crois que personne ici ne peut vous contester vos capacités d’expert et vous avez fait des prodiges, mais certaines de ces « économies » ne sont pas neutres.

Les aides à la culture ont diminué, le soutien aux collectivités va diminuer. Des diminutions conséquentes ! Nous sommes encore placés devant l’obligation d’augmenter la fiscalité qui va peser sur les familles tarnaises qui sont frappées par la crise. On peut dire que ce n’est pas beaucoup quand on ramène à une famille, que ce n’est pas beaucoup si l’on considère que certaines familles sont exonérées.

Je crois que devant l’ensemble de ces éléments, la question qui se pose est celle-ci : aujourd’hui qu’est-ce qu’une gestion locale progressiste ? Pourquoi avons-nous été élus ? Et je m’adresse en particulier bien sûr à mes collègues de la Majorité départementale : pourquoi avons-nous été élus ? Est-il possible, après tout ce que nous venons d’entendre, de continuer à faire comme si, et « d’accompagner », alors que clairement ce qui est en cause au travers de cette obligation -puisque la presse aujourd’hui titre « Obligation de faire des économies »- c’est la libre administration des collectivités locales ?

« Nous n’aurions plus été maîtres de nos choix », a dit le Président, « si nous avions suivi certaines recommandations ». Mais c’est dès aujourd’hui que nous ne sommes pas maîtres de nos choix. Il faut avoir le courage et l’honnêteté de dire « nous ne sommes pas maîtres de nos choix », ces choix nous sont imposés, c’est plus qu’une obligation.

A partir de là, la question est tout à fait décisive, c’est un enjeu historique : il s’agit de l’avenir du service public local, de l’avenir de la démocratie de proximité. Nous l’avons dit, Serge Entraygues et moi, nous proposons de nous mettre en résistance.

J’ai sous les yeux une déclaration de la Fédération CGT des Services publics que je partage. Je vais vous en lire un extrait : « Dans le cadre du vote des budgets 2010, la désobéissance républicaine est nécessaire. Les collectivités doivent refuser le diktat du gouvernement et du patronat. Pour cela, les Exécutifs doivent voter des budgets de combat et de progrès social garantissant la pérennité des missions et de l’emploi public, y compris si cela se traduit par le vote d’un budget en déséquilibre ». C’est la proposition que nous avons faite et que je réitère parce que le gouvernement et son représentant, Mme Pierrot ici dans le département, doivent être placés devant leurs contradictions. Cela suffit de nous dire « faites, vous êtes des bons gestionnaires ». Quand on nous étrangle financièrement, on étrangle la démocratie. Cela suffit !

Nous avons une bataille citoyenne à mener. Les salariés, notamment les agents des collectivités territoriales, sont déjà impactés puisqu’on est en train de reculer du point de vue des perspectives de recrutement. Au plan national, on constate un recul de 7 % par rapport à l’année dernière. De nombreuses communes envisagent de diminuer leurs effectifs. Que fait-on ? On attend l’année prochaine que les carottes soient véritablement cuites et que les collectivités locales soient saignées à blanc ? Ou on arrête maintenant en prenant une position offensive ?

En vous écoutant tout à l’heure, une phrase d’une chanson célèbre « le chant des Partisans » m’est venu en tête, « Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ? » Les collectivités locales aujourd’hui sont dans cette situation. Si l’on entend cela, on entre en résistance, c’est ce que nous vous proposons.

Je perçois le sourire de certains qui vont parler de démagogie, mais je crois que le moment est grave. Vous l’avez dit M. le Président, à situation grave réponse grave. Voilà ce que nous proposons.