Le peuple du CO
Publié dans i) Coups de projecteur (79), le 04/05/2010 à 17:00, par Philippe GuerineauMais que font donc les conseillers municipaux d’opposition ?… Ils poussent en mêlée, Monsieur…
Samedi 24 avril
Lors de la 26ème et dernière journée du Top 14, ils étaient à Ernest -Wallon, pour encourager le Castres Olympique face à Toulouse. Aïe, aïe, aïe, ce ne fut pas facile . Géraldine Rouquette et moi-même fûmes noyés dans une véritable marée rouge et noire ( pourtant de belles couleurs). N’ayez crainte, nous avons su faire front (de gauche). Bon d’accord, je reconnais m’être levé (c’était nécessaire, tout le monde était debout) pour saluer (non simplement voir) les essais toulousains.
Castres fut battue 25 à 17 . Pour pénitence, j’irai à genoux me rendre au Stadium de Toulouse samedi prochain (match de barrage : comprendre un quart de finale). « Toulousains…Toulousains…Toulousains » Il a fallu un week end pour que les cris de milliers de supporters s’estompent. Ah ! la belle revanche qui se prépare ! ( Tous ensemble, tous ensemble, C O…).
Ohé le Midi Olympique, et votre classement des meilleurs stades ! Avez vous compté qu’il nous aura fallu plus d’une heure, rocade et places à trouver comprises pour rejoindre le stade, en un mot, sommes partis à 14h de Castres et avons rejoint nos sièges 5 minutes avant le coup d’envoi, c’est à dire à 16h25.
Mardi 27 avril,
au Parc des Expos à Castres, le tout nouveau Marc Andreu, ailier international castrais recevait l’Oscar Midi Olympique. Que du beau monde ! Bien sûr, tous les amoureux du rugby, mais aussi business oblige, ceux que l’on appelle les partenaires financiers.
J’ai apprécié les quelques mots de Pierre-Yves Revol, président de la Ligue nationale du rugby et ancien président castrais quand il a associé à la grande histoire du Castres Olympique un ancien président du nom de Maître Roger Gabarrou.
J’ai apprécié la disponibilité, la sympathie et la simplicité de certains joueurs présents. Continuez comme ça, les gars ( et ne finissez surtout pas au Racing).
J’ai apprécié le film retraçant l’historique du C O et notamment la fête de 1993 (que de souvenirs …), par contre j’ai beaucoup moins aimé les lourdes et répétitives allusions sur la taille de notre ailier et pas du tout apprécié les clips publicitaires des marchands du temple d’autant plus qu’ils avaient trait à toutes les marques d’alcool possibles et inimaginables : vins de Bordeaux, apéritifs anisés, bières, etc…( Etonnant, non ? quand de très nombreux jeunes sont présents et que la Ville se lance dans une grande campagne choc (dit-elle) pour alerter les jeunes contre les méfaits graves de l’alcool).
Le parcours initiatique d’un jeune rugbyman doit-il passer par un encouragement à consommer de l’alcool ? ( sacrée hypocrisie, allez comprendre !).
Samedi 8 mai, les conseillers municipaux d’opposition ont reçu une invitation pour rejoindre porte 39, la partie ouest du Stadium avec des milliers de Castraises et de Castrais alors que jusqu’à aujourd’hui, ce privilège était réservé aux conseillers municipaux majoritaires. L’heure est grave. La mobilisation a sonné. En ce qui me concerne, c’est donc la 1ère invitation en 10 ans. Un très grand moment : « Tous ensemble, tous ensemble… »
Pourquoi une telle absence de réflexion concernant l’importance du rugby pour une ville moyenne comme la nôtre ? ( En effet, peu d’analyses se font jour à propos des enjeux financiers, politiques, sociaux, médiatiques, etc…) Vaste sujet tant les intérêts en jeu demeurent délicats.
Ce n’est pas moi qui le dit :
Je ne peux m’empêcher de vous faire partager quelques lignes de Denis Tillinac ( et pourtant tout m’oppose à cet homme de droite, enfin presque) parues dans son livre « Rugby Blues » ( 1993) :
« …Pour ces estimables entreprises, le rugby n’est pas un jeu, encore moins une culture, juste un « marché » sponsorisé(…) Quitte à taper sur l’épaule de ces « dir-com » qu’on commence à voir dans les tribunes dites d’honneur, qui ne sont pas de notre monde mais qu’il faut bien tolérer parce qu’ils détiennent la planche à billets (…). Le symptôme d’un air du temps qui contamine le rugby après avoir infesté la société française. C’est l’air vénal des années 80, il incline les dirigeants à un sous- tapisme qui sonne faux. C’est le vent mauvais de l’Histoire qui parachute l’idéologie des raiders dans nos Gascognes assoupies au risque de noyer le rugby dans un bain de ridicule.( Pensait-il alors au Stade français ? ndb ) (…) Autant un partenariat de terroir tel celui de Fabre à Castres paraît naturel, autant l’intrusion des magnats, cynique ou naïve, fait froid dans le dos. Méfiance, donc… ».
C’était en février 1993.


