Lutte contre les discriminations : bof !
Publié dans l) Le dessous des cartes (59), le 14/05/2010 à 18:21, par Philippe Guerineau« C’est peut être à Castres que la dynamique locale s’est le moins enclenchée du fait essentiellement d’un manque de portage politique de la lutte contre les discriminations ».

L’ACSE (l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances(1)) vient de faire paraître une note de synthèse concernant le Sud –Tarn : diagnostic d’intégration et pour la prévention des discriminations.
En voici quelques extraits : « A présent, alors que depuis plusieurs décennies, les industries du textile et du cuir se sont effondrées, les familles d’anciens migrants sont particulièrement pénalisées. Pour autant, nombre d’actions remarquables ont été menées à l’échelle de certains quartiers.(…) Ces actions se sont donné pour mission de renouer ou de consolider les liens de proximité entre habitants de diverses origines, en tentant d’éviter le piège de l’enfermement dans les quartiers qui ne ferait que renforcer la ségrégation.(…) Aujourd’hui, dans le Sud du Tarn les populations immigrées ou descendantes d’immigrés héritent d’une situation caractérisée avant tout par une segmentation sociale et territoriale à double entrée, économique et ethnique.
Ainsi, on observe une faible mixité sociale et ethnique dans les quartiers et les lieux de sociabilité et des possibilités réduites de mobilité sociale et résidentielle ».
La note de synthèse dégage ensuite des éléments précis concerna
nt l’éducation, l’insertion et l’emploi, le logement. Les groupes de travail qui ont participé à ce diagnostic font un certain nombre de propositions . J’en retiendrai une : « S’appuyer sur le désignation d’un délégué de la HALDE à Castres pour :
- diffuser largement l’information sur la nécessité de saisir la HALDE,
- organiser la sensibilisation des milieux patronaux
- reprendre les formations à l’intention des acteurs de l’insertion et plus largement des intervenants de terrain ».
En conclusion, le rapport souligne : « Ainsi à Graulhet, le diagnostic a fait naître des volontés fortes de poursuivre la réflexion et de définir les moyens d’action. A Mazamet, la réflexion s’est concentrée sur l’intégration des familles mahoraises.(…) C’est peut être à Castres que la dynamique locale s’est le moins enclenchée du fait essentiellement d’un manque de portage politique (comprendre volonté politique) de la lutte contre les discriminations ». Le rapport ajoute : « Ainsi l’absence de participation de la municipalité de Castres a constitué un frein à la définition d’outils opérationnels pour l’ensemble des territoires d’étude ».
A ce sujet, notre collègue, conseiller municipal, André Martinez a posé « une question orale » à l’occasion du prochain Conseil municipal prévu le mardi 18 mai.
(1) L’ACSE est placé sous la tutelle d’Eric Woerth , ministre du travail, de la solidarité…et de Fadela Amara, secrétaire d’Etat en charge de la Ville. Son objectif : favoriser l’égalité des chances en faveur des habitants des 2213 quartiers qui relèvent de la Politique de la Ville. Force est de constater à Castres, l’incapacité de la municipalité UMP de tenter de faire appliquer une politique gouvernementale.
