Archives du 18 mai 2010

Résister se conjugue au présent

Citoyens, résistants d’hier et d’aujourd’hui

 

Dimanche matin, au plateau des Glières, ancien haut lieu de la Résistance armée, en Haute-Savoie, plus de 3000 personnes se sont rassemblées . Comme chaque année depuis 2007,année où le président Sarkozy à des fins médiatiques accumulait les coups politiques comme par exemple venir chaque année au mois d’avril en ce lieu.

C’était inacceptable, notamment pour de nombreux grandes résistants à l’image de Raymond Aubrac, Stéphane Hessel, etc. Ceux-ci se sont vigoureusement élevés contre ce qu’ils appelaient : «  une instrumentalisation  de l’Histoire » par l’homme du Fouquet’s.

Ils défendaient également le modèle social issu du Conseil National de la Résistance (1), détruit chaque jour un peu plus par la Droite au pouvoir.

Cette année, ces milliers de personnes, bien souvent venues de très loin ont écouté pendant plus de 2 heures, des représentants d’associations invités par le comité organisateur. Il y avait entre autres Odette Nilès, amie de Guy Môquet, résistante et présidente de l’amicale de Châteaubriand, Léon Landini, membre des bataillons FTP-MOI à Lyon, mais aussi un médecin des quartiers d’Ivry qui refuse la casse de la santé sur le dos des malades les plus pauvres ou encore Dominique Liot bien connu en Midi-Pyrénées, «  Robin des bois » à ERDF, le magistrat Serge Portelli, membre de l’Appel des appels, qui déclara : « Nous ne sommes plus dans une démocratie, pas dans un Etat autoritaire, mais dans un Etat limite » : «  Il y a aujourd’hui une haine de notre passé, ce n’est pas seulement Mai 68 dont on ne peut plus parler, ce sont les valeurs, effectivement, de la Résistance et même au-delà, les valeurs de la Révolution et celles des Lumières, etc… »

Pour conclure, responsable de l’association, Didier Magnin appelle, en référence au modèle du CNR, à «  réinventer notre modèle social » : « Aujourd’hui, résister est une nécessité impérieuse mais résister ne suffira pas pour tracer un avenir meilleur : il faut appeler à constitue un programme politique, social du XXI° siècle, à construire une nouvelle utopie réaliste ».

Raymond Aubrac a tenu à envoyer un message : «  Les Glières, merveilleuse rencontre de la jeunes, de l’indignation et de l’espoir. Les jeunes qui combattaient ici voulaient que leur lutte apporte la Liberté, la Justice, et le Bonheur. Si nous chérissons leur mémoire, nous suivrons avec vigilance leur exemple. Ils n’auront pas espéré en vain. »

(1) Le Conseil National de la Résistance ( CNR) mis en place par le Général de Gaulle en 1943 rassemblait la résistance armée, les principaux partis politiques de Droite et de Gauche, et deux syndicats. Son programme fut élaboré en neuf mois dans la clandestinité. Il portait non seulement sur la libération mais aussi sur la société, plus juste, dont rêvaient les résistants. Il jetait les bases du modèle social à venir, avec la Sécurité Sociale, les retraites, les services publics, la liberté de la presse, le droit du travail, etc…Ce texte très court vient d’être publié aux éditions La Découverte, avec des contributions d’historiens et de journalistes qui racontent l’élaboration de chaque réforme et son évolution jusqu’à nos jours. Le livre s’intitule : «  Les jours heureux »( 195 pages, 14 €).

 A Castres aussi, résister se conjugue au présent.