Blocus de Gaza : ça suffit !
Publié dans i) Coups de projecteur (79), le 01/06/2010 à 7:35, par Philippe GuerineauA Castres comme partout dans le monde, l’émotion et la colère s’expriment…
Organisé à la hâte (c’est à dire en moins d’une heure), un rassemblement s’est tenu devant la sous préfecture regroupant une soixantaine de personnes. Parmi elles, des représentants du PCF, du Parti de Gauche, des Alternatifs, des Verts, de diverses associations comme le MRAP, etc…
Celles-ci, sans attendre de nouvelles mobilisations, tenaient à condamner avec force l’acte de guerre et de piraterie perpétré froidement par le gouvernement israélien, contre une flottille pacifique et désarmée ( dans les eaux internationales) d’aide humanitaire qui faisait route vers Gaza chargée de tonnes de vivres, de matériel médical et de première nécessité, accompagné par de nombreuses personnalités, dont plusieurs parlementaires nationaux ou européens.
La punition collective d’un blocus inhumain infligée à 1,5 millions de Palestiniens de Gaza, après l’opération « Plomb durci » de janvier 209 qui avait fait 1400 morts, n’a que trop duré.

Vous lirez ci dessous une lettre datée du 29 mai 2010 de Thomas Sommer-Houdeville, coordinateur de la campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien.
Lettre envoyée depuis l’un des bateaux de la flottille.
(…) Israël veut nous faire peur. Et d’une certaine façon nous avons peur. Nous avons peur de leurs navires de guerre, peur de leurs Apaches et de leur commando tout noir. Qui n’en aurait pas peur ? Nous avons peur qu’ils saisissent notre cargaison et toute l’aide médicale, les matériaux de construction, les maisons préfabriquées, les kits scolaires, et qu’ils les détruisent. Toute cette solidarité patiemment rassemblée dans de si nombreux pays pendant plus d’un an. Tous ces efforts et cette vague d’amour et d’espoir envoyés par des gens normaux, d’humbles citoyens de Grèce, Suède, Turquie, Irlande, France, Italie, Algérie, Malaisie. Tout ceci pris comme un trophée par un État agissant comme un vulgaire pirate des îles. Qui ne sentirait pas un certain sentiment de responsabilité et de peur de ne pas être capable d’accomplir notre mission et livrer nos marchandises à la population emprisonnée de Gaza ?Mais nous savons que la peur est aussi de l’autre côté. Parce que depuis le début de notre coalition, l’Etat d’Israël fait tout ce qu’il peut pour éviter la confrontation avec nous. Depuis le début ils ont essayé de nous empêcher de partir, de regrouper nos forces et de prendre le large tous ensemble vers Gaza. Ils ont essayé de nous briser. Leur scénario idéal était de nous diviser, les Irlandais d’un côté, les Grecs et Suédois d’un autre, les Américains d’un autre encore et les Turcs tout seuls. Bien sûr, ils savaient qu’ils ne pourraient pas mettre la pression sur la Turquie, ni agir directement là-bas. Alors ils ont concentré leurs attaques sur les parties irlandaises et grecques de notre coalition.Le premier set a commencé il y a deux semaines quand ils ont saboté le cargo irlandais, l’obligeant à retarder son départ pour près d’une semaine. Mais, les Irlandais ont réparé aussi vite qu’ils le pouvaient et maintenant ils sont à un ou deux jours derrière nous. Puis ils ont mis une pression énorme sur le gouvernement grec, affaibli par la crise économique, pour l’obliger à ne pas laisser partir le cargo grec et le bateau de passagers greco-suédois. A cause de ces pressions, nous avons dû retarder notre voyage deux fois et demander aux Turcs, à leurs 500 passagers et aux amis américains qui étaient prêts à partir de nous attendre. C’est ce qu’ils ont fait heureusement ! Jusqu’à la dernière minute avant leur départ de Grèce, nous ne savions pas si les deux bateaux auraient l’autorisation du gouvernement grec, mais finalement le gouvernement grec a décidé de prendre ses responsabilités en agissant comme un Etat souverain et a laissé le cargo et le bateau de passagers quitter le port du Pirée à Athènes.
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