Archives du 11 juin 2010

L’enfant, ennemi de l’intérieur ?

«  L’enfant qui fait peur, c’est l’enfant des pauvres, c’est l’enfant des étrangers »

  Plus de 80 organisations réunies au sein du «  Collectif des Etats généreux pour l’enfance » ont rassemblé leurs propositions pour réorienter  les politiques en direction des 0-18 ans La municipalité de Castres ferait bien de s’en inspirer, quant à nous, nous ferons quelques propositions .

Les professionnels de l’enfance rassemblés le 26 mai à La Ligue des Droits de l’Homme ( LDH) à Paris  viennent  avec «  les Etats généreux pour l’enfance »  d’exposer un certain nombre de préoccupations.

Tout est parti, on s’en souvient du Collectif «  Pas de zéro de conduite pour les enfants de 3 ans ». Au printemps 2006 en effet avec 200 000 signatures ce collectif obtenait le retrait de l’article de loi sur la prévention de la délinquance qui préconisait le dépistage des enfants turbulents dés l’âge de 36 mois, et l’INSERM  s’engageait à reconsidérer les méthodes de ses expertises en santé mentale.

On était passé dans notre pays en quelques mois de «  l ‘enfant en danger » à «  l’enfant est un danger »

Le 26 mai dernier, le «  Collectif des Etats généreux  pour l’enfance » a publié  des Cahiers de doléance pour Eux rassemblant les textes de plus de 80 organisations.

Pour la Droite, et l’on a quelques exemples à Castres, l’enfant est soit un fauteur de troubles et l’on propose de supprimer les allocations familiales  soit un poids économique et on diminue le budget des structures qui l’accueillent quand on ne  supprime pas tout simplement ces dernières ( Régie de quartier Aillot-Bisséous, etc..)

L’actualité nous le rappelle : déqualification des personnels de la petite enfance, suppression des classes de maternelle et des postes Rased, augmentation du taux en crèche, etc…

Pour les adolescents, comme le signale la LDH, les seuls interlocuteurs de gamins désœuvrés sont souvent la brigade anti-criminalité. Où sont donc les postes indispensables d’éducateurs de rue pour aller au devant de ces jeunes ?

Le problème se pose par exemple dans le quartier de Lameilhé où ceux ci ne viennent pas spontanément dans la structure Louisa Paulin. Alors la municipalité répète en boucle : «  Les familles devraient s’en occuper ». Ah, si c’était aussi facile…alors qu’il faut une politique globale avec des professionnels qualifiés et reconnus dans leur savoir faire.

L’heure est plutôt à  la stigmatisation des jeunes et des travailleurs sociaux quand ils existent, ce qui ne règle bien évidemment rien comme on le voit cruellement aujourd’hui dans notre ville.

L’enfant  est donc devenu un ennemi de l’intérieur et comme le déclare un magistrat : « La lutte contre la délinquance est la variable d’ajustement des politiques sociales ».

L’arsenal des mesures prises est significatif : placement d’enfants en rétention, restriction sur l’adoption et le regroupement familial, contrat de responsabilité parentale, menaces sur les allocations familiales, suppressions sur les mesures d’accompagnement judiciaire, démantèlement des services spécialisés, refus d’accès aux soins des enfants de  parents CMU…La liste est longue. ( voir le site : etatsgenereuxpourlenfance.blogspot.com )

On comprend mieux pourquoi ce gouvernement vient de supprimer le poste de Défenseur des enfants  ou plutôt la défenseure puisque celui-ci était occupé jusqu’à ce jour par Dominique Versini pour le noyer dans une usine à gaz du nom de Défenseur des droits mais cela ne trompe personne d’où les protestations qui s’amplifient…

Beaucoup de travail donc en perspective pour les élus d’opposition que nous sommes et pour l’association à laquelle nous appartenons : Castres A Gauche Vraiment.

Article réalisé avec l’aide de l’hebdomadaire Politis ( du 3 au 9 juin, n° 1105)