Archives de juin 2010

Que cent fleurs s’épanouissent…

C’est arrivé un 21 juin :

1905 : naissance de Jean-Paul Sartre

1935 : naissance de l’écrivain Françoise Sagan

1955 : naissance du footballeur Michel Platini

2010 : naissance de la lettre électronique et du site : Castres A Gauche Vraiment , une association, 5 élus

C’est aussi le solstice d’été, la fête de la musique…Tout un symbole !

Toutes les bonnes fées attachées au pluralisme de l’information dans notre ville se penchent déjà sur le berceau du bébé. Elles veulent le protéger, l’aider à grandir, leur aide sera précieuse. Souhaitons lui une longue et belle existence !

Découvrez ci-dessous la lettre électronique n° 1 et son sommaire déjà très riche en informations diverses. Faites connaître celle-ci autour de vous… Elle le mérite. Découvrez aussi celles et ceux qui ont le bonheur d’écrire les premiers articles, ils le méritent également.

Nous en avions rêvé, nous l’avons fait…ce n’est qu’un début…

   

Lettre n°1

Le mot du Président de l’association
par Benoist Couliou, ici 

Le mot du Président du groupe des élus
par Philippe Guérineau, ici 

 
Les nouveaux articles

Lancement de la Commission pauvreté / exclusion
Tout d’abord, ne pas confondre les 2 notions : la pauvreté est un état économique (revenus bas, privations) alors que l’exclusion est une situation sociologique (l’inverse de l’intégration).On peut être exclu sans être pauvre et pauvre sans être exclu. La pauvreté est un rapport aux choses, l’exclusion est un rapport aux autres…. la suite

Bien plus que des polémiques… une question éthique
Ces dernières semaines, deux incidents impliquant des conseillers municipaux de la majorité ont animé l’actualité locale, incidents qu’on aurait tort d’identifier trop vite à de simples polémiques. Messieurs Audouy et Bories ont, chacun à leur manière, témoigné de manière publique de leurs opinions profondément traditionnalistes. Le choix des mots est ici très important : ce dernier terme peut sembler moins brutal que ceux de « fondamentalistes » ou même « intégristes ». Il n’empêche …. la suite

Sans queue ni tête : LE festival d’été de Castres.
L’événement de l’été à Castres est sans aucun doute le festival. En ce début du mois de juin, on sent la ville bruisser de toutes les énergies qui se déploient, mobilisées par les industrieuses fourmis qui permettront qu’éclose le rendez-vous fédérateur, incontournable, immanquable, de la ville, du département, de la Région, de la France…..Ce festival, vous l’avez reconnu, c’est « A tue-tête », la locomotive de la culture d’été à Castres, le festival errant, le fantôme d’une idée qu’on a oubliée…. la suite

En archives

Réunion publique sur les droits des femmes, le 5 mars 2010
Intervention de Benoist Couliou, Autour du livre d’Élisabeth Badinter, Le conflit. La femme et la mère, Paris, Flammarion, 2010    la suite

Adresse du site : http://castresagauchevraiment.jimdo.com/

 

Si être populiste, c’est…

Au choix : comme un parfum d’Ancien régime…

… ou le poisson pourrit toujours par la tête

 

Fin de dimanche après-midi morose, bien sûr la météo porte une part de responsabilité , pluie, vent, froid, le compte est bon. La lecture de l’Equipe depuis quelques jours n’arrange pas les choses. Vendredi en grand titre, 1ère page «  Casse-toi, pauvr’con ». Ah non, je confonds  ! Ce matin, nouveau titre : «  Le traître est parmi nous ». A 17h, dernière info, refus d’entraînement des joueurs pour protester contre l’expulsion de Nicolas Anelka. Vous avez dit valeur éducative du sport ? Qu’expliquer à mes élèves (une section football existe dans mon collège) dés lundi matin ?

Je me souviens d’une rubrique dans le dernier mensuel Capital, paru début juin qui titrait : «  Les Bleus méritent-ils leurs supersalaires ? » Au cœur de l’article, hôtels de luxe, primes plantureuses, sponsors généreux…

Autre titre :  « Pour les consultants télé, ce sera le jackpot ». Sans parler des «  sites de paris en ligne qui vont rafler la mise ». Populisme ?

Couverture de deux hebdos cette semaine : le Nouvel Observateur « Les privilèges de la République » – Avantages en nature des ministres- Retraites des parlementaires- Logements de fonctions- Rémunérations des élus-

Marianne «  Les sans-gêne de la République » – Logements- Cumul et revenus-Notes de frais- Retraites- Voyages- Passe-droits… Populisme ?

Le mot revient souvent de nos jours. Il a perdu depuis longtemps sa signification première «  Ecole littéraire qui cherche dans les romans à dépeindre avec réalisme la vie des gens du peuple. »

Aujourd’hui, le terme populisme est en général utilisé dans un sens péjoratif par les dirigeants politiques, grands médias, Medef, etc…Le terme populisme est dénoncé par ces derniers pour combattre tous les archaïsmes présents , disent-ils, au sein du peuple.

Le terme populisme est aussi fréquemment associé à celui de démagogie quand ce n’est pas celui de xénophobie.

Donc dénoncer aujourd’hui les inégalités sociales, une réforme des retraites qui se refuse à taxer les hauts revenus, le bouclier fiscal, l’argent roi, hier le Non au référendum pour la Constitution européenne, c’est être taxé de populiste.

Cette stigmatisation du peuple de la part des «  élites » renvoie à un mépris de celui-ci qui le ressent d’ailleurs comme tel. De plus, je ne crois pas que ce terme soit compris : «  moi, populiste ? et alors ? »

En outre, je pense que son emploi fréquent à tort et à travers sert l’extrême droite.

Comme l’écrit Pierre Marcelle dans Libération en date du 18 juin, «  Ni les cigares ni les impôts de Christian Blanc ne font sourire, ni les hôtels de Rama Yade , ni les émoluments de Boutin, ni les permis de construire de Joyandet, et non plus Alliot-Marie, Garde des Sceaux, cumularde, bafouillant la loi qu’elle est censée dire. Ils donnent envie de couper des têtes. Et si c’est être populiste que de le professer, eh bien, j’en suis. » J’en suis, également.

Pour vous remonter le moral ( façon d’écrire), prenez le temps de lire deux dossiers parus sur le site Médiapart ( campagne de promotion à 1 €) :

-         le premier  «  La piste politico-financière susceptible d’expliquer l’attentat commis à Karachi en mai 2002 ».

-         le deuxième ( je vous en ferai un résumé un peu plus tard), concerne «  Liliane Bettencourt, la première fortune de France ».Pièce en 4 actes, acte 1 : les interférences de l’Elysée, acte II : les relations avec Eric et Florence Woerth, acte III : les comptes suisses secrets, acte IV : la succession de Liliane Bettencourt.

 Oui tout cela se passe sous le règne de Sarkozy 1er . Plusieurs députés PS ainsi qu’Eva Joly ont demandé la démission du ministre Woerth, cette dernière exigeant le remplacement des procureurs de Nanterre et de Paris .

 

Nos librairies en danger

Des libraires, des enseignants, des parents d’élèves en colère…

 De nombreux enseignants des écoles primaires de notre ville nous ont fait part de leur étonnement et de leur mécontentement à la suite d’une décision prise par le maire de Castres. 

En effet, une note à l’attention des directrices et directeurs d’école en date du 16 juin 2010 ayant pour objet : achat de livres et manuels scolaires-procédure précise «  Vous voudrez bien vous adresser pour les manuels scolaires( de tous les enfants) à l’espace culturel LECLERC ».

Coup de tonnerre, de tout temps les enseignants se sont adressés aux librairies de Castres, essentiellement 2 en centre ville, la librairie Coulier et la librairie Graffitti. Cette mesure scandaleuse si elle devait s’appliquer affaiblirait durement les deux librairies et pourrait même mettre en cause à terme leur existence, par exemple pour la librairie Coulier qui emploie 10 salariés ( chaque été elle embauche 4 étudiants en emploi saisonnier; cela ne sera pas possible cet été certainement).

Elles sont déjà en danger, malgré leur dynamisme et compétence par l’installation en centre ville de l’espace culturel Leclerc. De même d’ailleurs peuvent être affaiblis les marchands de journaux de l’écusson.

Que l’on ne nous fasse pas croire que la décision se justifie par une remise sur les prix
Un accord aurait été bien évidemment possible avec les libraires de Castres.Il suffisait de le vouloir.En aucun cas, le prix d’achat ( avec une remise bien minime) ne peut justifier que l’on avantage une très grande surface qui a bien sûr les moyens de casser les prix pour s’emparer d’un certain nombre de marchés.

Un deal avait déjà existé entre la Mairie et Leclerc puisque vous savez qu’en échange de leur installation dans l’ex-piscine Villegoudou, Leclerc a obtenu le droit de construire un centre commercial et galerie marchande route de Lautrec. On peut se poser la question : un deal existait-il également pour l’achat des manuels scolaires pour toutes les écoles de la ville ? Cela serait inadmissible !

Je suppose que très rapidement le Corac ( association de commerçants en centre ville) fera part de ses plus vives protestations et demandera que la décision soit purement et simplement annulée. Sans attendre, les 5 élus et l’association Castres A Gauche Vraiment ont tenu à réagir.

André Martinez au nom des élus a rédigé un communiqué de presse que vous lirez ci-dessous. J’ai moi-même été sollicité par la radio 100% pour exprimer mon mécontentement. Bien évidemment une question orale sera posée à ce sujet dés le prochain Conseil municipal prévu le 29 juin.

Pour que vivent nos librairies en centre ville.

 

Communiqué de presse

 Mr Bugis soutient LECLERC contre les librairies castraises.

 Jusqu’à cette année les enseignants des écoles de Castres pouvaient commander les livres scolaires dans la librairie castraise de leur choix.

Mr Bugis vient de décider qu’il n’en serait plus ainsi : les enseignants devront passer commande des livres scolaires auprès de «  l’Espace culturel Leclerc ».

Cette décision est scandaleuse, le Maire apporte un soutien direct à ce centre commercial ; on savait déjà que le Maire avait accepté en contre partie de la rénovation de la piscine, l’ouverture d’un centre commercial Leclerc sur la route de Lautrec.

Aujourd’hui, il n’hésite pas à attribuer un marché public,  de manière partisane.

Ainsi il montre le peu de considération pour les librairies castraises qui, au contraire, devraient être soutenues face à la concurrence de cette grande surface. 

Comme l’écrivent les libraires, le Maire «  fait fi de l’existence de librairies indépendantes de Castres et du service qu’elles rendent depuis des années aux enseignants. »

Nous demandons à Mr Bugis de revenir sur cette décision indécente et choquante et  nous apportons tout notre soutien aux librairies castraises.

 Les élus et l’association Castres A Gauche Vraiment

 

Record battu à Castres

Qui a eu cette idée folle ?…

 Connaissez vous une ville où il faut arriver à 6 heures du matin, un samedi,  devant un théâtre puis attendre  3 à 4  heures et pour certaines personnes davantage afin de s’abonner à la saison culturelle 2010/2011 ? Ne cherchez pas, cela n’existe nulle part ailleurs. Castres rentre donc dans le livre des records. Chapeau !

Comment faire compliqué quand on peut faire simple ? Telle est la question que s’est sans doute posée notre première adjointe à la culture.

A partir du moment où l’abonnement est ouvert exclusivement aux habitants de la commune de Castres, un seul samedi et qui plus est, une seule matinée, il était aisé de s’attendre à un sacré goulot d’étranglement.

Sujet de certificat d’études primaires, sachant qu’il faut en moyenne 15 minutes par  abonné potentiel (souvent 2 à 3 abonnés par personne) par poste de travail, sachant qu’il y a 5 postes de travail, combien de personnes passeront en  1 heure ? Vous avez trouvé : 20. Sans doute un peu plus. Admettons 30 pour être gentil et vous aurez une idée du fiasco total de cette méthode ubuesque de réservation. Félicitations pour tout le personnel de la culture qui a su accomplir son travail dans ces conditions.

Tout a été fait pour arriver à ce triste résultat. Un seul samedi matin pour les castrais, un seul samedi pour l’abonnement au théâtre puisque l’abonnement par téléphone ou par correspondance commence dés le 16 juin. Voilà pour la forme.

Le fond est à l’image de cette forme à savoir : on peut considérer qu’en ce mois de juin 2010 les meilleurs places des spectacles de grande qualité tout au long de la saison 2010/2011 sont déjà occupés et peut être pour certains d’entre eux complets. Comme le choix des abonnés se porte globalement sur les mêmes spectacles, pour vous la saison culturelle castraise est déjà terminée avant de commencer. Bonjour à celles et ceux qui viendront habiter notre ville dés cet automne !

Force est donc de constater qu’avec cette méthode 200 à 300 familles ( pour toute la ville de Castres) ont déjà à ce jour les meilleures places des meilleurs spectacles (ou les plus connus) pour toute l’année, culture réservée donc d’entrée à une très petite minorité qui d’ailleurs bénéficie d’année en année d’une information privilégiée.

On peut également s’interroger sur l’effort financier demandé : qui peut en effet dépenser en une seule fois 200 €, 300 €, 400 € ? Vous avez dit démocratisation de la culture ?

Depuis samedi, je reçois de nombreux coups de téléphone d’habitants de notre ville en désaccord total avec les règles mises en application par cette municipalité. A l’évidence, il faudra les changer et les propositions de bon sens ne manquent pas.

Une question orale sera déposée au prochain Conseil municipal à ce sujet (le 29 juin).

Je trouve inadmissible qu’un véritable mur se dresse entre la scène culturelle castraise et l’Apollo de Mazamet, deux villes peu éloignées et présentes dans la Communauté d’agglomération. Il fut un temps où existaient une concertation , des outils de communication communs, un spectacle pouvait se dérouler un soir au théâtre de Castres, un autre soir à l’Apollo à Mazamet ( au passage, prix de revient moins cher), un projet de navette le soir avait même été envisagé. Tout cela a disparu comme a disparu toute dimension culturelle dans l’activité de la Communauté d’agglomération. C’est pour le moins regrettable !

 

 

Retraites : opération enfumage.

Succès de la réunion publique organisée hier dans notre ville par Castres A Gauche Vraiment. Beaucoup de monde, de nombreuses interventions, un exposé brillant de l’invité Pierre Concialdi. Celui-ci, économiste de son métier, a expliqué comment la Droite sarkozyste a méthodiquement pratiqué depuis des semaines une pédagogie de camouflage au nom d’une évidence préfabriquée et surtout comment elle a utilisé la carte du catastrophisme pour engendrer la résignation. On n’a pas le choix, entend-on.   

Briser le mur de la manipulation, c’est expliquer encore et encore que d’autres solutions sont possibles. La tribune libre parue dans le journal Le Monde et que vous pourrez lire ci-dessous démonte avec précision les faux arguments de la Droite et explique avec raison le sens du combat qu’il faut mener, le 24 juin et à la rentrée.   

Aujourd’hui, le nouveau président de l’association Castres A Gauche Vraiment, Benoist Couliou et le toujours président du groupe d’opposition municipale le plus important avec ses  5 élus tenaient une conférence de presse. J’aurai bien sûr l’occasion d’y revenir.   

Réforme des retraites : l’autre solution   

« Après un mois de consultations en trompe-l’œil, le gouvernement a remis sa copie aux syndicats et au patronat. Ce document d’orientation est précieux, car il renferme toutes les contre-vérités proférées et fausses solutions avancées depuis près de vingt ans. Choc démographique, catastrophe des régimes de retraite par répartition et travailler plus longtemps se mêlent dans un projet aussi mystificateur qu’inefficace.   

Y a-t-il un choc démographique ? Oui, répond le document d’orientation. Non, a répondu à plusieurs reprises le Conseil d’orientation des retraites (COR) dont les conclusions sont sciemment travesties.   

Ainsi, la France connaît un allongement de l’espérance de vie, heureuse nouvelle, et une fécondité qui la place juste au niveau du seuil de renouvellement des générations. Le COR a également établi, sans que cela soit contesté, que l’aggravation des déficits des comptes sociaux était essentiellement due à la crise financière  et non pas à l’évolution démographique : en 2006, le déficit de l’ensemble du système de retraite était de 2,2 milliards d’euros ; en 2008, il atteignait 10,9 milliards et il devrait être de 32,2 milliards en 2010. La démographie n’exerce son influence qu’à moyen et long terme, et pas dans une accélération foudroyante en quelques mois.   

N’y a-t-il qu’une seule solution ? Oui, répond le document d’orientation après avoir écarté sans examen les autres. Une fois ce coup de force perpétré, la réponse est assénée : « Répondre à un déséquilibre démographique par des solutions démographiques. » Elle vaut ce que vaut le diagnostic : erreur magistrale. Le gouvernement s’engage à « écarter toute solution qui baisserait le niveau de vie des Français ou augmenterait le chômage ». Or, obliger les salariés à travailler plus longtemps (recul de l’âge légal de la retraite, augmentation de la durée de cotisation, ou combinaison des deux) entraîne obligatoirement une baisse du niveau des pensions sans qu’il soit nécessaire de l’annoncer. Nous le savions depuis les réformes de 1993 et de 2003, nous sommes prévenus pour celle de 2010.   

Quand la situation économique reste et restera marquée par un chômage très élevé, l’engagement à « écarter toute solution qui baisserait le niveau de vie des Français ou augmenterait le chômage » est un faux-semblant : le travail forcé des seniors se substituera à l’emploi des jeunes en l’absence de création d’emplois en nombre suffisant, et ce surtout en accroissant la durée individuelle du travail.   

Les uns travailleront plus. Les autres, jeunes, femmes, sans qualification, quinquas, erreront du chômage à la précarité dans un aller-retour incessant. Ce ne sont pas les velléités de tenir compte de la pénibilité de ceux qui auront déjà été brisés par une longue vie de travail qui atténueront la violence du capitalisme néolibéral exigeant toujours plus de productivité et de rentabilité.   

La promesse de créer « une contribution supplémentaire de solidarité sur les hauts revenus et les revenus du capital sans restitution au titre du bouclier fiscal » sauvera-t-elle l’ensemble ? Rien n’est moins sûr. On nous annonce une contribution pouvant aller jusqu’à quelques milliards d’euros, alors que le gouvernement n’arrête pas d’apeurer la population avec des déficits de l’ordre de 100 milliards en 2050.   

Ce sont des mesures d’une autre ampleur qu’il faut prendre pour développer notre système de retraite par répartition, notamment en réorientant les politiques économiques qui privilégient la finance au détriment de l’emploi, de la formation et des salaires et qui sont au cœur du financement des retraites : un million d’emplois en plus, c’est déjà 5 milliards d’euros de recettes supplémentaires.   

 Il y a aussi des marges d’action importantes en favorisant un plus fort taux d’emploi des femmes, la France se situant au 15e rang de l’Union européenne. La répartition des revenus dans notre pays a, depuis un quart de siècle, tourné à l’avantage décisif des actionnaires et des très hauts salariés managers. Une simple application du taux de cotisation patronale aux dividendes distribués comblerait immédiatement tout le déficit actuel de la Caisse nationale d’assurance vieillesse.   

L’argument éculé de la perte de compétitivité est ici fallacieux, puisqu’il s’agirait de n’amputer que les dividendes nets reçus par les actionnaires et non les capacités d’investissement des entreprises, et parce que cela ne renchérirait pas les coûts de production.   

La retraite à 60 ans à taux plein peut être garantie à tous les salariés si de tels choix politiques sont faits aujourd’hui.   

Pour couronner le tout, le document d’orientation se prononce en faveur d’une réforme systémique prochaine pour aller vers un système « par points » ou « par comptes notionnels ». Là aussi, le gouvernement piétine les conclusions du rapport du COR de janvier qui a montré le risque d’individualisation exacerbée d’une telle réforme et, ce qui n’est pas le moins savoureux, l’incapacité de tels systèmes à surmonter un choc démographique ou économique.   

Deux conclusions s’imposent donc. Primo, la crise financière surdétermine la frénésie avec laquelle tous les gouvernements du monde s’acharnent à imposer des plans d’austérité dont les salariés et les retraités font aujourd’hui les frais, tandis que les tenants de la finance se refont une santé sur le compte des budgets publics ou grâce aux garanties accordées par les Etats.   

Secundo, la volonté de faire travailler toujours davantage manifeste le refus de reconsidérer la place du travail dans notre société, le refus aussi d’apprécier l’immense contribution des personnes retraitées, en termes de lien social et de création de services utiles à la société. Bref, l’obstination à promouvoir une société engagée dans un cycle productiviste sans fin.   

Notre détermination à faire échec au projet du gouvernement est donc intacte : à l’opposé de la valeur pour l’actionnaire et du « travailler plus pour vivre moins », organisons une juste répartition des richesses, la réduction des inégalités, le partage du travail et une redéfinition des finalités de l’activité économique ».   

Jean-Marie Harribey, Attac    Willy Pelletier, Fondation Copernic   Gérard Filoche, inspecteur du travail   Christiane Marty, féministe   Christophe Delecourt, CGT-Finances   Didier Horus, FSU   Pierre Khalfa, Solidaires   Olivier Besancenot, NPA   Martine Billard, PG   Marie-George Buffet, PCF   Razzy Hammadi, PS   Alain Lipietz, Les Verts.