Archives de juillet 2010

En forme pour la rentrée…sociale

 

 Après une année de dur labeur, il est temps que l’Antidote  prenne un peu de repos pour être en forme très bientôt.

Vous avez été de plus en plus nombreux à le consulter. Chaque mois, le nombre de visites est en constante augmentation.

Votre attachement à ce blog me donne la motivation et la force de poursuivre et d’améliorer l’exercice dans les semaines à venir. Je vous

 donne rendez vous dans quelques semaines.

Portez-vous bien et ne «  lâchez rien » !

 

 Rappel :

 Le Parti Socialiste, le Parti Communiste, le Parti de Gauche, Europe Ecologie, les Alternatifs, ainsi que  Castres A Gauche Vraiment et les conseillers municipaux de Gauche de notre ville vous invitent à venir nombreux pour commémorer le 96ème anniversaire de la mort de Jean Jaurès.

Samedi 31 juillet – 18 h,

place Jean Jaurès à Castres

 

On peut lire également pendant les vacances, par exemple : Edgar Morin, « Ma gauche », Editions Bourin.

 

 

 

Afghanistan : la France doit retirer son contingent

A l’approche du 18 août, je me souviens avec tristesse de la mort de dix soldats français dont huit appartenaient au 8ème RPIMa, tués dans une embuscade tendue par les talibans dans la vallée d’Uzbin. Deux ans se sont écoulés.

Je me souviens du Conseil municipal du mois de septembre où les débats furent vifs sur l’engagement des troupes françaises en Afghanistan. Il faudra revenir sur ce qui fut déclaré alors.

Aujourd’hui, le site américain  Wikileaks a mis en ligne 6 ans de rapports confidentiels émanant de la coalition.

Ces derniers témoignent de la dégradation de la situation à tous les niveaux. Les 92 000 documents publiés viennent confirmer de l’intérieur ce qui apparaissait déjà évident ces derniers mois : les Etats-Unis et leurs alliés sont en train de perdre la guerre en Afghanistan. Les rapports publiés sur le site ainsi que dans 3 journaux : le New York Times, le Gardian, et le Spiegel  couvrent la période de janvier 2004 à décembre 2009 : des documents sur les opérations militaires américaines, sur le rôle du Pakistan et sur les nombreuses bavures de l’OTAN.

Tous les documents projettent une lumière terrible, ce sont les pertes de civils, des enfants et des femmes, des innocents et des vieillards qui payent le plus lourd tribut.

Vous lirez ci-dessous le texte de l’ancien ministre de la Défense Paul Quilès qui demande le retrait des troupes françaises d’Afghanistan (texte publié par le journal Le Monde en date du 28 juillet)

Le conflit afghan concerne un théâtre lointain, pratiquement inconnu de la grande majorité des Français. Notre contingent militaire, de l’ordre de 4 000 hommes, est engagé dans une zone relativement calme. Même quand il essuie des pertes, les marques de solidarité, y compris de la part de l’exécutif, ne sont pas toujours à la mesure des épreuves endurées, peut-être parce qu’il s’agit de soldats professionnels. Le coût de l’opération est présenté comme tolérable. Pas étonnant que ce conflit ne soit pas véritablement un sujet de débat politique en France.

L’opinion pressent aussi que, contrairement aux affirmations officielles, cette guerre n’est plus, depuis longtemps, une guerre contre le terrorisme international. Et, de fait, les partisans du djihad international et d’Al-Qaida, peu nombreux et isolés en Afghanistan, sont largement repliés au Pakistan. Ce n’est pas cette poignée de fanatiques que combattent les 150 000 militaires étrangers aujourd’hui présents en Afghanistan, mais trois mouvements, dont les objectifs sont d’abord nationaux et qui bénéficient d’un soutien significatif, surtout parmi la moitié pachtoune.

L’engagement français est présenté comme un gage de notre fidélité atlantique, une contribution à la reconstruction d’un des pays les plus pauvres du monde et une participation à un effort de stabilisation, pour l’empêcher de retomber dans le chaos qu’il a connu après la chute du gouvernement Najibullah, en 1992.

Mais notre loyauté dans l’Alliance atlantique ne se mesure pas à notre suivisme à l’égard d’une politique d’intervention politico-militaire exclusivement décidée à Washington. Jusqu’en 2003, nous avons, avec raison, considéré que la reconstruction de l’Afghanistan était d’abord une tâche civile. Puis nous nous sommes laissés entraîner dans une opération militaire otanienne sur la totalité du territoire afghan. Ensuite, comme le souhaitaient les Etats-Unis, nous avons progressivement accru notre engagement, en souscrivant à chaque fois aux changements de stratégie décidés par les présidents Bush et Obama.

Le bilan de l’action menée à ce jour est très discutable : un régime à la légitimité incertaine après une élection présidentielle entachée de fraudes massives, une administration impuissante face au pouvoir des chefs de guerre et de l’insurrection, profondément corrompue et mêlée à une production massive de drogue, dont le développement a coïncidé avec l’intervention de l’OTAN.

La politique conduite en ce domaine souffre d’être trop largement occidentale, alors que c’est l’ONU et sa Mission d’assistance en Afghanistan (Manua) qui devraient exercer la responsabilité principale de la gestion politique du conflit afghan.

Une initiative internationale s’impose. Membre permanent du Conseil de sécurité, la France devrait proposer de réunir les pays voisins de l’Afghanistan, ceux détenant un siège permanent au Conseil de sécurité et les membres de l’Union européenne et de l’Alliance atlantique (de manière à associer la Turquie). Cette conférence aurait pour tâche d’établir un statut international de l’Afghanistan, qui en ferait un Etat neutre, dont les autorités s’engageraient à n’apporter aucun soutien au terrorisme international.

Seul ce règlement, prévoyant un retrait total des troupes étrangères, à l’exception d’un volume limité et contrôlé d’assistance militaire technique, serait de nature à rassurer à la fois le Pakistan, l’Inde, l’Iran, la Chine et la Russie. Il devrait en particulier comporter un engagement du Pakistan de cesser de soutenir les mouvements islamistes pachtounes, en échange d’une reconnaissance par l’Afghanistan de la frontière pakistano-afghane actuelle.

Comment susciter une telle démarche ? La France doit retrouver une liberté d’action et une crédibilité qu’elle a largement perdues, en raison de son engagement au sein des dispositifs militaires intégrés de l’OTAN. Il lui faut pour cela retirer son contingent.

Ce retrait doit s’accompagner d’offres de participation aux efforts internationaux d’aide au développement et, en liaison notamment avec l’Allemagne, d’assistance à la restructuration des forces de sécurité intérieure, aujourd’hui très largement corrompues et inefficaces. L’intensification de l’effort militaire que vient de décider le président Obama doit être relayée par une intensification de l’effort civil.

Le développement de l’Afghanistan est actuellement entravé par l’insécurité, que la présence de l’OTAN contribue d’une certaine façon à alimenter. Le président Obama l’a bien compris en proposant de confier la responsabilité de la sécurité du pays aux forces afghanes à l’échéance de 2014. Cet objectif ne pourra cependant être atteint que dans le cadre d’un règlement international du type de celui esquissé plus haut, en associant toutes les parties à la construction de forces militaires afghanes viables.

L’Armée nationale afghane actuelle est, en effet, en grande partie incapable d’agir de façon autonome, notamment parce qu’elle est affaiblie par des désertions et que ses soldats vont parfois jusqu’à retourner leurs armes contre les militaires étrangers qui les encadrent.
Le retrait français doit être immédiatement annoncé et sa mise en œuvre coordonnée avec le désengagement programmé des forces américaines et internationales. Il pourrait par exemple avoir lieu en même temps que les premiers retraits des troupes américaines, prévus pour juillet 2011. Ainsi la France pourrait-elle renouer avec l’inspiration du « plan d’action pour l’Afghanistan » présenté, en octobre 2001, par Hubert Védrine.

Son action s’inscrirait dans une tradition de politique étrangère notamment illustrée par le discours de Phnom Penh de 1966. Dans ce discours déjà, le général de Gaulle recommandait de renoncer à une « expédition lointaine » dès lors qu’elle apparaissait « sans bénéfice et sans justification » et de lui préférer « un arrangement international organisant la paix et le développement ». 

 

31 juillet : commémoration de la mort de Jean Jaurès

Le Parti Socialiste, le Parti Communiste, le Parti de Gauche, Europe Ecologie, les Alternatifs, ainsi que  Castres A Gauche Vraiment et les élus  municipaux, généraux et régionaux de Gauche  vous invitent à venir nombreux pour commémorer le 96ème anniversaire de la mort de Jean Jaurès.

Samedi 31 juillet – 18 h,

place Jean Jaurès à Castres

 

Je vous propose de lire ou de relire attentivement quelques extraits de ce qui est sans doute le plus célèbre des discours de Jean Jaurès : le discours à la jeunesse prononcé le 30 juillet 1903 au lycée d’Albi où il avait été élève puis enseignant.

 

« Mesdames, Messieurs, Jeunes élèves,

C’est une grande joie pour moi de me retrouver en ce lycée d’Albi et d’y reprendre un instant la parole. Grande joie nuancée d’un peu de mélancolie ; car lorsqu’on revient à de longs intervalles, on mesure soudain ce que l’insensible fuite des jours a ôté de nous pour le donner au passé. Le temps nous avait dérobés à nous-mêmes, parcelle à parcelle, et tout à coup c’est un gros bloc de notre vie que nous voyons loin de nous. La longue fourmilière des minutes emportant chacune un grain chemine silencieusement, et un beau soir le grenier est vide.

Mais qu’importe que le temps nous retire notre force peu à peu, s’il l’utilise obscurément pour des œuvres vastes en qui survit quelque chose de nous ? Il y a vingt-deux ans, c’est moi qui prononçais ici le discours d’usage. Je me souviens (et peut-être quelqu’un de mes collègues d’alors s’en souvient-il aussi) que j’avais choisi comme thème : les jugements humains. Je demandais à ceux qui m’écoutaient de juger les hommes avec bienveillance, c’est-à-dire avec équité, d’être attentifs, dans les consciences les plus médiocres et les existences les plus dénuées, aux traits de lumière, aux fugitives étincelles de beauté morale par où se révèle la vocation de grandeur de la nature humaine. Je les priais d’interpréter avec indulgence le tâtonnant effort de l’humanité incertaine.(…)

Surtout, qu’on ne nous accuse point d’abaisser et d’énerver les courages. L’humanité est maudite, si pour faire preuve de courage elle est condamnée à tuer éternellement. Le courage, aujourd’hui, ce n’est pas de maintenir sur le monde la sombre nuée de la Guerre, nuée terrible, mais dormante, dont on peut toujours se flatter qu’elle éclatera sur d’autres.

Le courage, ce n’est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre ; car le courage est l’exaltation de l’homme, et ceci en est l’abdication. Le courage pour vous tous, courage de toutes les heures, c’est de supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre, physiques et morales, que prodigue la vie. Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces ; c’est de garder dans les lassitudes inévitables l’habitude du travail et de l’action.(…). Le courage, c’est d’être tout ensemble, et quel que soit le métier, un praticien et un philosophe. Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale. Le courage, c’est de surveiller exactement sa machine à filer ou à tisser, pour qu’aucun fil ne se casse, et de préparer cependant un ordre social plus vaste et plus fraternel où la machine sera la servante commune des travailleurs libérés.

Le courage, c’est d’accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l’art, d’accueillir, d’explorer la complexité presque infinie des faits et des détails, et cependant d’éclairer cette réalité énorme et confuse par des idées générales, de l’organiser et de la soulever par la beauté sacrée des formes et des rythmes.

Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de n’en pas être accablé et de continuer son chemin. Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.

Ah ! vraiment, comme notre conception de la vie est pauvre, comme notre science de vivre est courte, si nous croyons que, la guerre abolie, les occasions manqueront aux hommes d’exercer et d’éprouver leur courage, et qu’il faut prolonger les roulements de tambour qui dans les lycées du premier Empire faisaient sauter les cœurs ! Ils sonnaient alors un son héroïque ; dans notre vingtième siècle, ils sonneraient creux. Et vous, jeunes gens, vous voulez que votre vie soit vivante, sincère et pleine. C’est pourquoi je vous ai dit, comme à des hommes, quelques-unes des choses que je portais en moi. »

 

Cercles de Silence

Ce n’est pas parce qu’ils ont décidé de faire silence pour défendre une cause juste que l’on ne doit pas en parler.

On me communique :

- A Castres le vendredi 30 juillet- de 18 h à 19 h – place Jean Jaurès (près de la fontaine)

 - A Albi le mardi 27 juillet  – de 18 h 30 à 19 h 30 – place su Vigan

- A Mazamet le samedi 14 Août – de 10 h à 11 h quai de l’Arnette (face à la Mairie)

 

Pendant cette période estivale, alors que beaucoup sont en vacances, la vigilance citoyenne, celle des sources d’information et des médias ont tendance à se relâcher.

 

Tel n’est pas le cas de l’État qui continue de mettre en oeuvre, rationnellement, en continu, sa politique d’exclusion, dont l’un des « sommets » sera la future loi Besson en cours de finalisation  dans le secret des cabinets ministériels (voir ci joint l’avis collectif d’organismes chrétiens sur ce projet qu’ils considèrent comme étape supplémentaire dans la fragilisation des personnes déjà ébranlées dans l’exil, et réduisant leurs droits à la justice, à la vie familiale et à la solidarité. « nous nous engageons à agir pour que la figure de l’étranger ne serve pas de bouc émissaire en France » disent-ils).

 

Pour agir concrètement contre ce projet de loi, nous vous proposons de signer la pétition disponible lors de notre prochain Cercle.

 

L’exclusion consiste aussi à ériger une course d’obstacle à la circulation normale des personnes, par exemple en rendant plus difficile l’obtention de visas des pays africains comme l’indique le site ivoirien : http://news.Abidjan.net/h/369264.html?n=369264  

 

Certes, des organismes de défense des droits de l’homme et plus particulièrement des migrants sont à l’oeuvre. Voir  par exemple la vidéo de l’interview de J. Martinez, nouveau président de la CIMADE, à l’adresse :

http://www.franceculture.com/emission-les-matins-presentation-par-marc-voinchet-les-matins-de-france-culture-2010-07-01.html

 

Pour soutenir notre action de protestation dans la durée, même pendant les vacances, participons aussi nombreux que possible VENDREDI 30 au prochain Cercle de Silence.

 

 

« Derrière l’affaire Bettencourt-Woerth »

 «  L’affaire Bettencourt-Woerth a le mérite de donner à voir ce qui jamais n’aurait dû émerger »

 L’ordinaire méconnu des grandes familles

Article de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, sociologues, auteurs «  Les Ghettos du Gotha ( Points/ Seuil 2010) paru dans Le Monde ( 14 juillet)

La richesse dont disposent les dynasties fortunées de la noblesse et de la grande bourgeoisie est certes économique, mais aussi culturelle (on y trouve les grands collectionneurs), sociale (elles s’inscrivent dans de multiples réseaux) et symbolique (qu’incarnent certains patronymes).

Cette richesse multiforme permet à ce groupe social d’atteindre au statut de classe sociale. Une classe en soi, avec des niveaux de vie et des modes de vie spécifiques, mais aussi une classe pour soi, chacun étant mobilisé dans la défense de ses intérêts et de ceux de la classe, d’ailleurs indissociables.

Cette mobilisation se traduit dans une éducation des futurs héritiers qui ne laisse rien au hasard. La recherche de l’entre-soi démontre un haut niveau de lucidité sur le fonctionnement de la société, allié à un cynisme tranquille. Que ce soit dans les beaux quartiers, à Neuilly ou ailleurs, dans les stations balnéaires chics ou à Megève, dans les lycées ou les clubs sportifs, les cercles ou les conseils d’administration, la cooptation est la règle qui permet de choisir ses relations et assure à chacun la solidarité de tous les autres.

Cet ostracisme social est parfaitement assumé avec l’assurance propre aux dominants, persuadés de leur bon droit ancestral et de la qualité de leurs personnes.

L’entre-soi de tous les instants offre une tranquillité d’esprit qui culmine dans les dîners et les soirées au cercle. Dans cette sociabilité mondaine, la classe subsume la diversité des activités professionnelles, des religions, de tout ce qui pourrait diminuer la force de la classe en jouant de différences secondaires.

Ce sont les diverses formes de richesse et de pouvoir qui, ainsi rassemblées, lui donnent une puissance redoutable, qui affermit la pérennité des mêmes personnes aux sommets de la société. Hommes politiques, industriels ou banquiers, officiers généraux, personnalités des arts et des lettres se sont donné des endroits pour partager leurs savoirs et leurs pouvoirs. Que ce soit dans la piscine du cercle, autour d’une bonne table, au cours d’une partie de chasse ou de golf, cette mise en commun s’effectue dans la discrétion. La sociabilité mondaine est une forme privée et déniée de la mobilisation constante de la classe.

CE QUI JAMAIS N’AURAIT DÛ ÉMERGER

Cet entre-soi et cette mobilisation se manifestent paradoxalement à travers un collectivisme pratique, bien loin de l’individualisme théorique qui va de pair avec le libéralisme économique. La classe laisse apparaître sa profonde unité dans les confrontations électorales. L’homogénéité idéologique et politique est telle que Nicolas Sarkozy a rassemblé, au second tour de l’élection présidentielle, 87 % des voix dans la riche ville de Neuilly.

Le collectivisme pratique de la classe dominante est en œuvre à des échelles très variables. D’un dîner en petit comité à l’ensemble d’une ville. Neuilly en est un exemple : il y a toujours eu un accord tacite entre les habitants et les responsables de la ville pour maintenir ce paradis urbain dans son intégrité à l’ouest des beaux quartiers parisiens, en refusant d’y introduire un minimum de mixité sociale. Ainsi les logements HLM sont très peu nombreux, à peine 3 % des résidences principales, très en dessous du minimum fixé par la loi à 20 %. De plus ces HLM sont occupés par une population assez étonnante, souvent très à l’abri du besoin.

La préservation de l’entre-soi est la condition pour que la classe dominante puisse fonctionner en harmonie avec les lois, dont elle est souvent à l’origine. Conçues pour défendre ses intérêts particuliers, ces lois sont transfigurées par cette aristocratie de l’argent en garantes de l’intérêt général. Mais l’entre-soi ne peut être absolu.

L’affaire Bettencourt-Woerth est le résultat d’une péripétie improbable, née de révélations qui sont le produit d’une crise familiale sur laquelle se sont greffées les indiscrétions d’anciens employés. Il faut bien se faire servir. Mais c’est mettre soi-même le ver dans le fruit. Aussi est-il de la plus haute importance de créer des relations de confiance et de reconnaissance réciproques avec un personnel qui se trouve confronté à une situation où la distance sociale infinie est vécue dans une intimité quasi familiale.

La haute société est un iceberg. Plus on en voit, plus il y en a de caché. L’affaire Bettencourt-Woerth a le mérite de donner à voir ce qui jamais n’aurait dû émerger.