Retour sur le Conseil municipal
Publié dans Vie municipale, le 01/07/2010 à 22:17, par Philippe GuerineauEt soudain l’ orage éclata…
29 juin, 18h, temps chaud et ensoleillé, déjà un petit air de vacances. Comme d’hab, le maire égrène les décisions prises entre 2 conseils municipaux. Personne n’y porte intérêt d’autant plus que beaucoup d’entre elles relèvent de la gestion courante, la voix est inaudible, l’assemblée se partage entre léger endormissement de fin d’après midi et discussions en aparté.
Première délibération : « Budget principal- décision modificative n° 2 » il s’agit essentiellement d’un refinancement de dettes à hauteur de 4 775 800 € puis suivront : « Attribution des subventions aux associations » : 8 000 € pour la Compagnie des seigneurs d’Hautpoul, 1 000 € pour les majorettes en passant par 4 000 € pour le Billard club castrais.
D’autres délibérations suivront, je vous en fais grâce concernant les tarifs des repas pour les restaurants scolaires, les tarifs de location pour les chalets du marché de Noël, et beaucoup d’autres encore.
A signaler toutefois pour la 5ème édition du festival : « A portée de rue » une subvention de 25 000 € . Ce festival de musique classique remporte mi-juillet un grand succès. 7 concerts gratuits dans des lieux agréables de notre ville sont prévus.
Après avoir salué positivement l’existence de ce festival et surtout l’objectif de faire connaître à un large public une musique classique de grande qualité, je me risquerai à une remarque concernant les missions de « démocratisation » que devrait remplir toute l’année l’Ecole nationale de musique et de danse. Il fut un temps où celle ci s’inscrivait dans la démarche initiée par le Réseau de ressources culturelles avec une salariée chargée de l’éducation artistique et culturelle dont le travail était de développer un certain nombre d’initiatives en direction des maison de quartier et des écoles. Tout cela a disparu. Il faut savoir que la Ville de Castres verse chaque année à l’ E.N.M.D.T. environ 500 000 €, somme considérable. Le Maire constate que des communes voisines dont les enfants fréquentent l’école ne font pas l’effort financier nécessaire. La solution à venir se trouve-t-elle au sein de la Communauté d’agglomération ? Analyse bien insuffisante qui ne répond pas à ce que devraient être les « missions » de l’école de musique.
A l’horizon, les premiers cumulo-nimbus apparaissent. Délibération : « Contrat urbain de cohésion sociale-programmation 2010 ».Il faudra revenir longuement sur l’importance de cette délibération. Parmi les partenaires qui financent le CUCS, il y a l’Acse ( l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances) à hauteur de 101 518 €.
André Martinez qui avait prévu une « question orale » au sujet de l’agence se saisit de la délibération pour la poser. Rappel des faits : au cours du Conseil municipal en date du 18 mai, le Maire avait été interpellé au sujet d’un rapport « Diagnostic d’intégration et pour la prévention des discriminations-Note de synthèse » issu d’une réunion qui s’était tenue à la Communauté d’agglomération. Dans ce rapport, on pouvait lire entre autres que « la municipalité de Castres a constitué un frein à la définition d’outils opérationnels pour l’ensemble des territoires d’étude » . Le Maire avait alors répondu qu’il ne connaissait pas ce rapport. Un mois et quelques jours plus tard, il maintient que ce rapport n’a jamais existé. Il est vrai que le document que nous avons en notre possession n’est pas signé. C’est donc encore aujourd’hui le mystère du vrai-faux rapport. Qu’en est-il exactement ? Cela reste donc à ce jour une énigme.
Encore une vingtaine de délibérations, parmi lesquelles « Déclassement du domaine public communal et cession de parcelles situées rue Jean de La Fontaine à la société Amétis ». Dans le cadre de la requalification du quartier de Lameilhé il est prévu la construction sur 10 000 m2 de logements collectifs (36 ) et de maisons individuelles (19). Après l’échec d’un projet d’ensemble qui devait être financé par l’ANRU (Agence nationale de rénovation urbaine), c’est la politique des petits pas. Celui-ci va vers la bonne direction mais une remarque et une question s’imposent : cette réalisation a lieu dans une zone déjà à forte densité, la question restée sans réponse : pourquoi faire appel à une société privée ?
Voici le moment des « questions orales ». Le ciel est maintenant couvert et le vent se lève.
Je commence à poser mes « 4 questions orales », vous les connaissez déjà. Pour mémoire : la 1ère : qu’en est-il du processus de recrutement du directeur du Bolegason ? Réponse : une commission de recrutement est prévue mi-juillet. Présence ou pas de la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles)? Sa présence conditionne le maintien du label « Scènes de musiques actuelles ».
2ème question : « Quelle leçon tire la municipalité de l’échec de la méthode initiée pour se procurer la carte d’abonnement pour la saison culturelle 2010/2011 ? » Difficile de nier qu’une attente de plusieurs heures est inacceptable mais l’explication est courte et se résume à l’augmentation du nombre d’abonnés. Comparaison est faite avec l’année 2001 ( année durant laquelle la Gauche gérait la ville).Mauvaise foi habituelle ! Remarque est faite qu’avec ce nouveau système de réservation, une minorité de personnes peut réserver les meilleures places toute l’année . Premier coup lointain de tonnerre.
3ème question : chacun sait l’importance des sommes- plus de 220 000 €- consacrées au festival « A tue-tête » dans le budget prévisionnel( on n’a toujours pas connaissance du budget réel de l’année dernière) ; la question était de savoir si les partenaires financiers escomptés avaient répondu. Le maire indique que le Conseil général et le Conseil Régional ont refusé. La part de la Ville sera donc encore plus importante.
S’il est vrai que ces 2 collectivités territoriales ne sont pas des guichets ouverts à toutes initiatives, un débat s’amorce sur les relations entre la Ville et le Conseil général. Il faudra en effet le mener sérieusement et concrètement
L’orage est maintenant au dessus de l’Hôtel de ville. Les deux questions des élus socialistes vont déc
upler la colère de Zeus. La 1ère, pour le moins étonnante : « Pourquoi la restructuration de l’Albinque et non de la place Soult ? La raison n’est-elle pas le domicile du maire ? » Cela ne fait jamais que 2 à 3 ans que le projet de l’Albinque est présenté. L’atmosphère devient électrique (commentaire censuré). La 2ème sur le projet de vidéosurveillance. Les 2 élus socialistes s’étaient abstenus au moment de la délibération. Ils deviennent aujourd’hui plus critiques.
La grêle tambourine maintenant sur les vitres. Il reste une dernière question. Le maire est maintenant hors de lui (j’avoue qu’à sa place, cela commence à faire beaucoup…)
Question concernant l’achat de manuels scolaires chez Leclerc au détriment des librairies. J’avais dans ce blog posé 2 questions, la 1ère : « Promesse avait-elle été faite il y a déjà plusieurs semaines à Leclerc ? » 2ème question : « Leclerc a-t-il été informé du prix proposé par les libraires ? » Le Maire répond fermement non à ces 2 questions. Je n’ai aucune raison de mettre sa parole en doute. Je pense que la municipalité n’avait pas tout simplement mesuré les conséquences d’un choix irréfléchi et trop rapidement pris.
Il reste une question d’André concernant l’existence ou pas d’urgence médicale en centre ville après le déménagement de l’hôpital. La confusion règne alors dans la salle du Conseil municipal . Le maire menace de ne plus répondre aux « questions orales ».
La séance est levée. Je serai rentré pour la deuxième mi-temps Espagne/Portugal.