Autoroute : pour éviter les trous de mémoire (1)
Publié dans Désenclavement de Castres, le 06/07/2010 à 19:11, par Philippe Guerineau« Le peu que je savais s’est effacé de ma mémoire » Jean Jacques Rousseau
Vous n’avez peut être pas lu les « cahiers d’acteurs » rédigés par nombre de collectivités locales, d’institutions, d’associations, de syndicats ou de partis politiques. Si vous les avez lus, il y a déjà plusieurs mois, vous n’avez plus en mémoire ce qu’ils disaient concernant le projet d’autoroute concédée Castres – Toulouse. C’est regrettable mais bien compréhensible.
Il faut pourtant s’y référer avant que ne commencent « les 2 ans nécessaires pour les études », voire même n’avoir aucun moment d’inattention à chacune des étapes . Ce blog va vous aider « à ne pas perdre la mémoire » ou à la retrouver. De nombreux partisans du Oui à l’autoroute concédée sans la moindre condition compteront sur « l’amnésie de beaucoup » et sans doute répéteront-ils avec cynisme que « les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent ».
A tout seigneur, tout honneur, commençons par le cahier d’acteur du Conseil Général. Nous pouvons lire : « Parce que notre assemblée souhaite l’équité dans le traitement des différents composantes de son territoire, nous ne validerons pas une solution financière défavorable aux citoyens du sud Tarn. En effet, le nord et l’ouest du département ont bénéficié de la liaison autoroutière vers Toulouse depuis maintenant plus de 10 ans, alors même que le sud et l’est sont toujours dans l’attente de l’infrastructure tout en ayant contribué financièrement par l’impôt à l’A 68.
Aussi les solutions de financement de l’ouvrage ainsi que la fixation du prix du péage (…) devront être supportables (14 € ??? ) alors que le prix Toulouse-Albi s’élève à 2,60 € – aller-retour-pour les citoyens tarnais, au premier rang desquels les habitants du bassin de vie du castrais mazamétain.
Ainsi, dans ce cas là, nous demandons à ce que la définition du prix pour l’usager prenne en compte les investissements publics déjà consentis sur les autres tronçons de la liaison Castres-Toulouse ( déviation de Puylaurens, de Soual,, etc…). Par ailleurs, le département du Tarn s’il était sollicité en co-financement ( subvention d’équilibre ?) des aménagements restants souhaite également que les contributions publiques soient répercutées à la baisse sur le prix pour l’usager .
Enfin il est rappelé que cette participation ne saurait s’envisager que dans un contexte de stabilité des collectivités territoriales tant sur le plan institutionnel (pas de disparition du conseiller général au profit d’un conseiller territorial ?) que financier »( sans doute compensation intégrale des transferts de l’Etat au département).
Rappelons qu’une motion avait été votée à l’unanimité au Conseil général. Celui-ci restera-t-il fidèle, s’il était sollicité pour une subvention d’équilibre à ce qu’il écrivait alors ?
Pour la CFDT , en titre du cahier d’acteurs : Pour une « Eco autoroute, socialement équitable » je ne suis pas sûr qu’éco autoroute relève pour l’organisation syndicale d’une figure de style du genre « obscure clarté » mais passons.
Il est écrit : « L’enjeu majeur pour finaliser cet ouvrage, c’est celui de son financement, dans un contexte difficile et incertain pour les finances publiques locales et nationales (…) la tarification devra être adaptée( ?) pour dissuader tout report massif du trafic sur les itinéraires de substitution » ( traversée de Soual et de Puylaurens (…)
Pour l’URI CFDT, l’Etat et les Collectivités Locales doivent s’entendre pour que le coût du péage indicatif 14 € aller et retour soit revu et fixé équitablement par rapport à ceux des autres agglomérations de Midi Pyrénées : 2,60 € pour Albi, 4,80 € pour Montauban…
La CFDT demande à l’Etat de réduire les effets négatifs sur les riverains, les éco-systèmes et les exploitations agricoles ( vaste programme !) A suivre…
« Roulez, profits »
Lu dans le Canard Enchaîné en date du 30 juin 2010 : « C’est fou, ces autoroutes. Plus elles sont amorties, plus elles coûtent cher à ceux qui les empruntent. Depuis 2005, le tarif des péages a grimpé plus vite que les cyclistes dopés sur le Tour : + 7,8 % sur les axes exploités par Cofiroute, + 11 % pour les Autoroutes du Sud de la France ( ASF). Et encore, c’est une moyenne. Car les sociétés d’autoroutes ont trouvé une combine en or, explique « Le Parisien » ( 27/ 06), une fois la hausse autorisée par l’Etat, elles sont libres de la répartir comme elles veulent (…) Jackpot !
En 2009, les 3 principaux exploitants, ( Cofiroute, ASF, Sanef) se sont goinfrés : 1,3 milliard de bénéf’ à eux 3 et des nèfles pour l’Etat. Merci Villepin, bravo Chirac ! En 2005, nos duettistes ont privatisé ces sociétés au moment même où elles se transformaient en vache à lait ! Bonne autoroute quand même »