Augustin Malroux vivant
Publié dans i) Coups de projecteur (79), le 11/07/2010 à 18:03, par Philippe Guerineau
Il y a déjà presque 20 ans, alors secrétaire de section du Parti Socialiste de Castres, j’invitai Anny Malroux à présenter son livre : « Avec mon père, Augustin Malroux »soirée émouvante et inoubliable en présence de Maître Roger Gabarrou, de Jean Jack Barthas, et de bien d’autres amis et camarades dont beaucoup ont disparu aujourd’hui.
A l’occasion du 70ème anniversaire de la commémoration du vote des 80 parlementaires, dont Augustin Malroux, député du Tarn, qui ont refusé le 10 juillet 1940 d’accorder les pleins pouvoirs à Pétain, je relis le livre qui retrace la vie de ce militant socialiste et laïque qui n’a jamais renié ses convictions.
Anny Malroux Louis Lanet, Castres Librairie Coulier -1991
Je retrouve les quelques notes m’ayant servi à l’introduction de cette soirée du 20 décembre 1991. « Il y a les hommes de rupture et les hommes de manœuvre, il y a l’intransigeance pour sauver l’âme ou l’habileté pour sauver les meubles, on rudoie ou on louvoie. Augustin Malroux appartenait à la première catégorie, toutes ses actions révèlent un caractère, un homme qui dit non, qui se bute, qui se braque, qui fait tout ce que « le sens des réalités » déconseille de faire. Faire l’Histoire était son utopie, la subir aurait été sa défaite… »
A ce jour, je n’ai pas lu d’articles dans la presse régionale et départementale . C’est dommage ! Suite à quelques échanges avec certains de mes proches , je m’aperçois que la mémoire vacille et que très peu connaissent l’histoire courageuse et tragique de ce député du Tarn.
A lire ci-dessous les principales étapes de sa vie faite d’engagements et de combats au service des autres ( source : Wikipédia)
Fils d’un ouvrier mineur très marqué par la pensée de Jean Jaurès, Augustin Malroux fit ses études à l’École primaire supérieure (collège) d’Albi, puis à l’Ecole normale d’instituteurs de Toulouse. Après son service militaire (1920 à 1922), il est en poste dans le Tarn de 1923 à 1936 avec son épouse, elle-même institutrice.
Les documents étudiés jusqu’ici par les historiens ne permettent pas de déterminer quand il adhère à la SFIO. Il est en revanche avéré qu’il fonde la section de Lafenasse 1928 et en devient le secrétaire. Il participe à tous les congrès de la fédération du Tarn. Au congrès national de la SFIO, tenu à Paris en juillet 1933, il soutient Léon Blum et s’oppose à Adrien Marquet et Marcel Déat. Le 4 février 1934, il devient secrétaire de la fédération du Tarn.
En 1935, il est élu maire de sa commune natale. L’année suivante, il est élu député du Tarn.
Il devient membre de la Commission Administrative Permanente, organe décisionnaire de la SFIO à l’époque.
Il effectue plusieurs visites en Aveyron, en Haute-Garonne, dans l’Hérault et même dans la région d’Oran, en avril 1937, pour appuyer les socialistes locaux. Son voyage en Algérie lui vaut d’être durement critiqué par certains journaux, car il manifeste son anticolonialisme.
En décembre 1938, il dépose un amendement à la chambre des députés pour exonérer de taxes les exportations de blé vers l’Espagne républicaine. En février 1940, il dénonce la partialité de la censure qui autorise la publication d’appels au meurtre explicites contre Léon Blum et d’atteintes à la laïcité. Il est alors pris à partie par quelques députés de droite et d’extrême droite, notamment Philippe Henriot.
Héros et martyr de la Résistance
Le 10 juillet 1940, il est l’un des quatre-vingts parlementaires qui votent contre l’attribution des pleins pouvoirs au maréchal Pétain. En septembre 1940, il participe à la fondation du Comité d’action socialiste (CAS) pour la zone Nord, offre son domicile parisien pour les réunions clandestines, puis assure la liaison entre le CAS Nord et le CAS Sud, fondé lui par Daniel Mayer. En mai, puis en décembre 1941, il participe aux réunions du CAS Sud. Il travaille activement avec Suzanne Buisson et Edouard Froment.
Augustin Malroux veille également à maintenir le contact avec les députés socialistes internés ou incarcérés. Il informe de ses activités Louis Noguères, autre député SFIO ayant voté contre les pleins pouvoirs, et assigné à résidence par le régime de Vichy.
Dès 1940, il est chargé d’établir le lien entre Libération-Nord et Libération-Sud. En 1942, ce mouvement le charge de créer un groupe de combat.
A la fin de 1941, il participe à la reconstitution clandestine du Syndicat national des instituteurs, dans un réseau d’enseignants fondé par Georges Lapierre, ancien secrétaire général du SNI (mort à Dachau). Ce réseau s’intègre dans la Confrérie Notre-Dame. Enfin Augustin Malroux adhère à l’Organisation civile et militaire.
Arrêté le 2 mars 1943 à Paris, Augustin Malroux est incarcéré à Fresnes. Le 15 septembre 1943, il est déporté en Allemagne. D’abord détenu dans le camp de Neue-Bremm, il est ensuite transféré dans les prisons de Francfort, Kassel, Halle et Berlin, puis détenu à Sachsenhausen (Kommando de Baad-Saarow) d’octobre 1943 à février 1945. Il est alors transporté à Bergen-Belsen, où il meurt le 10 avril.
Sa mort n’est certifiée que quelques semaines plus tard. Entre temps, la SFIO tarnaise en a fait sa tête de liste pour les élections municipales à Carmaux. Il est proclamé maire le 17 mai 1945.